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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 09:47

Interview accordée au quotidien La Montagne à l'occasion de mon déplacement ce jeudi 27 juin 2013 à Montluçon

A quoi ressemble le "propre chemin" de François Fillon ? Quelles sont les idées force de votre projet d'alternance ?

J’étais la semaine dernière à Mandelieu, aujourd’hui à Montluçon à l’invitation de Daniel Dugléry qui est un élu de grande qualité. Je ressens le besoin d’écouter, de dire ma vérité. La France est confrontée à une crise structurelle. Le décrochage nous guette. Je suis gaulliste, et je ne peux pas concevoir la France en petit et à genoux.

Notre nation peut se relever. Mais il faut au préalable enclencher une sorte de révolution culturelle. La France ne s’en sortira pas si chacun dit «et moi, et moi !». Il faut dire «nous!», car c’est ensemble que nous relèverons la tête. Il faut ensuite convaincre le pays que le progrès est possible, dès lors que nous nous réconcilions avec le gout du travail, du risque, de l’audace. Il faut mettre le paquet sur la productivité en libérant notre économie ; il faut moderniser le marché de l’emploi pour lutter contre le chômage de masse; il faut réduire nos déficits qui étouffent nos capacités d’investissement et menacent nos enfants ; enfin, il faut restaurer l’autorité et le prestige de la République pour ressouder la nation.

Je récuse ceux qui pensent que la France va bientôt aller mieux comme le fait la gauche pour se rassurer, et je récuse ceux qui disent que la France est fichue. Contre le mensonge et le défaitisme, je veux tracer un chemin républicain et réformateur.

Entre vous et Nicolas Sarkozy, y-a-t-il une simple différence de style, où également une différence d'idées pour sortir le pays de la crise ?

Avec le Président Sarkozy, nous avons formé un tandem solide et complémentaire, précisément parce que nos personnalités sont différentes. J’assume les succès et les revers de notre quinquennat car je ne me défausse pas. Je suis loyal et lucide. Maintenant, je trace ma route. La question n’est pas de savoir comment je me situe par rapport à Nicolas Sarkozy ou à tel autre de mes amis, mais que faire par rapport à François Hollande et à sa politique qui ont plongé notre pays dans la récession ! C’est ça notre défi. Je regarde devant, pas vers le passé ou sur les côtés.

Pensez-vous qu'il faille "recentrer" l'UMP ? (où passer à autre chose ? Force républicaine ?)

L’UMP doit être fidèle à ses racines, c’est-à-dire à l’union de la droite républicaine et du centre. Sur cette base, notre parti doit se donner pour objectif de rassembler largement les Français pour redresser notre pays. Et pour ce faire, il ne faut pas découper la France en tranches et céder par opportunisme aux tentations populistes ! Avec l’UMP, Force Républicaine a pour ambition de fédérer celles et ceux qui veulent s’engager pour le redressement national. Il y a parmi nous des adhérents de l’UMP, mais il faut aussi aller à la rencontre des abstentionnistes, des jeunes, des sympathisants de l’opposition qui sont désabusés… Avec eux, je veux bâtir un projet et créer une dynamique collective.

Quelles positions claires avoir vis-à-vis du FN ? (un commentaire sur le résultat des élections à Villeneuve-sur-Lot ?)

La crise alimente les peurs et la protestation. Le FN en profite, mais ne propose rien de réaliste. Il agrège des Français de tous bords comme nous l’avons vu avec l’élection de Villeneuve sur Lot. La gauche est rejetée, mais la droite n’est pas pour autant triomphante. Il y a une radicalisation de notre société, plus qu’une droitisation. Nous avons le devoir de résister au populisme, d’où qu’il vienne. A ceux qui m’interrogent sur nos relations avec l’extrême droite, je réponds “soyons forts et soyons nous-même, car c’est ainsi, et seulement ainsi, que nous retrouverons la confiance des citoyens”. Et puis, je veux convaincre les électeurs qui ont voté pour le Front National de nous rejoindre, en leur parlant avec réalisme et franchise. Je ne les juge pas, mais ne les flatte pas non plus. Ceux qui pensent pouvoir les séduire en utilisant des grosses ficelles ne sont pas crédibles et, au surplus, cela discrédite la droite républicaine qui a vocation à gouverner la France.

Etes-vous favorable à un rapprochement avec l'UDI ?

Je suis favorable à tout ce qui permet à l’opposition républicaine de réfléchir et de travailler ensemble. Il ne s’agit pas de gommer nos différences mais de les conjuguer intelligemment.

Etes-vous partisan d'un régime de retraite unique, pour tous ?

Toutes les réformes engagées par la droite depuis 2003 tendent à harmoniser progressivement les règles qui régissent le secteur public et le secteur privé. Il faut continuer dans cette direction. La gauche a toujours été d’une lâcheté sans nom sur cette question des retraites. Maintenant, elle est face à ses responsabilités, et nous allons voir si le courage et l’intérêt général sont pour elle supérieurs à la démagogie et au clientélisme. J’ai des doutes sur la détermination de François Hollande et de son gouvernement. Je crains que la solution des impôts soit encore et toujours celle des socialistes.

Pensez-vous que l'on puisse encore augmenter la durée des cotisations sans augmenter l'âge légal de départ à la retraite ?

Il faut à la fois augmenter l'âge légal de départ à la retraite jusqu'à 65 ans et, pour tenir compte de l'augmentation de l'espérance de vie, prolonger le dispositif que nous avions mis en place en 2003, celui d'une augmentation de la durée de cotisations assurant un partage entre le temps de la retraite et celui de l'activité. L'augmentation de la seule durée de cotisations ne règle en rien nos problèmes de financement à court terme, contrairement à l'augmentation de la durée légale. Cela signifie d’abord que le gouvernement augmentera les cotisations et ensuite qu'il va s'attaquer au niveau de vie des retraités. Inutile d'ajouter que c'est la solution de facilité puisque ça ne concerne que très peu de gens dans l'immédiat, mais surtout c'est l'hypocrisie absolue de parler de 44 ou 45 ans de cotisations quand on sait que les "jeunes" générations commencent à cotiser vers 21/22 ans. Hypocrisie et manque de courage non seulement vont peser sur la croissance et l'emploi mais mettre en péril nos retraites par répartition que seule la droite a eu la volonté de sauvegarder depuis 1993. Où en serions nous sans nos réformes qui ont toutes été combattues par la gauche?

Votre "propre chemin" pourrait-il à nouveau croiser celui de Laurent Wauquiez, qui a engagé un tour de France sur le thème de la moralité et de la transparence ?

J’ai eu l’occasion d’en parler avec lui, et je souhaite que nos chemins restent mêlés. Lors de l’affaire Cahuzac, je n’ai pas hésité, comme Laurent, à faire connaitre mon patrimoine. Mais j’estime que la politique ne mérite pas tous les procès d’intention qui lui sont dressés. Faire de la politique, c’est un engagement noble pour son pays, c’est un engagement difficile qui n’est pas dominé par la volonté de faire fortune. Je récuse le prétendu «tous pourris». L’immense majorité des élus sont intègres et dévoués. Il faut défendre la politique car sans elle la République tombe ! Notre devoir est de faire au mieux pour le pays, il est de dire la vérité et d’arbitrer avec franchise entre ce qui est souhaitable et ce qui est possible et nécessaire. Il faut avoir le courage d’agir pour nos enfants et pas seulement pour nous. Pour moi, c’est cela la politique.

Comment Patrick Stefanini vous a-t-il présenté l'Auvergne et de l'Allier ?

Patrick Stefanini a gardé un excellent souvenir de l’Auvergne où il a servi l’Etat pendant deux ans comme préfet de région. Il m’a décrit l’Auvergne comme une terre très attachante, faite d’hommes et de femmes qui n’aiment pas l’esbroufe ou le clinquant, sans doute parce qu’ils vivent dans un environnement naturel parfois éprouvant- l’Auvergne est une terre de montagnes- Il a insisté sur l’engagement de l’Auvergne dans la production de biens et de richesses aussi bien dans le secteur de l’agriculture, qu’il s’agisse des céréales ou de l’élevage, que dans le secteur industriel avec des entreprises mondialement connues comme Michelin ou encore Limagrain ou Aubert et Duval et d’autres qui le sont moins , mais qui apportent en toute discrétion leur pierre à l’effort national. Il m’a dit aussi l’attente de l’Auvergne en matière de désenclavement et de ce point de vue je ne peux que condamner par avance la tentation qui pourrait être celle du gouvernement actuel de reporter au-delà de 2030 la desserte de l’Auvergne- une des rares régions de France à n’en point bénéficier plus de 30 ans après l’inauguration de la ligne Paris –Lyon- par le TGV. Pour Patrick Stefanini, l’Auvergne et donc l’Allier, ce n’est pas seulement le cœur de la France, c’est d’abord le choix du cœur.

Interview accordée au quotidien La Montagne à l'occasion de mon déplacement ce jeudi à Montluçon

A quoi ressemble le "propre chemin" de François Fillon ? Quelles sont les idées force de votre projet d'alternance ?

J’étais la semaine dernière à Mandelieu, aujourd’hui à Montluçon à l’invitation de Daniel Dugléry qui est un élu de grande qualité. Je ressens le besoin d’écouter, de dire ma vérité. La France est confrontée à une crise structurelle. Le décrochage nous guette. Je suis gaulliste, et je ne peux pas concevoir la France en petit et à genoux.

Notre nation peut se relever. Mais il faut au préalable enclencher une sorte de révolution culturelle. La France ne s’en sortira pas si chacun dit «et moi, et moi !». Il faut dire «nous!», car c’est ensemble que nous relèverons la tête. Il faut ensuite convaincre le pays que le progrès est possible, dès lors que nous nous réconcilions avec le gout du travail, du risque, de l’audace. Il faut mettre le paquet sur la productivité en libérant notre économie ; il faut moderniser le marché de l’emploi pour lutter contre le chômage de masse; il faut réduire nos déficits qui étouffent nos capacités d’investissement et menacent nos enfants ; enfin, il faut restaurer l’autorité et le prestige de la République pour ressouder la nation.

Je récuse ceux qui pensent que la France va bientôt aller mieux comme le fait la gauche pour se rassurer, et je récuse ceux qui disent que la France est fichue. Contre le mensonge et le défaitisme, je veux tracer un chemin républicain et réformateur.

Entre vous et Nicolas Sarkozy, y-a-t-il une simple différence de style, où également une différence d'idées pour sortir le pays de la crise ?

Avec le Président Sarkozy, nous avons formé un tandem solide et complémentaire, précisément parce que nos personnalités sont différentes. J’assume les succès et les revers de notre quinquennat car je ne me défausse pas. Je suis loyal et lucide. Maintenant, je trace ma route. La question n’est pas de savoir comment je me situe par rapport à Nicolas Sarkozy ou à tel autre de mes amis, mais que faire par rapport à François Hollande et à sa politique qui ont plongé notre pays dans la récession ! C’est ça notre défi. Je regarde devant, pas vers le passé ou sur les côtés.

Pensez-vous qu'il faille "recentrer" l'UMP ? (où passer à autre chose ? Force républicaine ?)

L’UMP doit être fidèle à ses racines, c’est-à-dire à l’union de la droite républicaine et du centre. Sur cette base, notre parti doit se donner pour objectif de rassembler largement les Français pour redresser notre pays. Et pour ce faire, il ne faut pas découper la France en tranches et céder par opportunisme aux tentations populistes ! Avec l’UMP, Force Républicaine a pour ambition de fédérer celles et ceux qui veulent s’engager pour le redressement national. Il y a parmi nous des adhérents de l’UMP, mais il faut aussi aller à la rencontre des abstentionnistes, des jeunes, des sympathisants de l’opposition qui sont désabusés… Avec eux, je veux bâtir un projet et créer une dynamique collective.

Quelles positions claires avoir vis-à-vis du FN ? (un commentaire sur le résultat des élections à Villeneuve-sur-Lot ?)

La crise alimente les peurs et la protestation. Le FN en profite, mais ne propose rien de réaliste. Il agrège des Français de tous bords comme nous l’avons vu avec l’élection de Villeneuve sur Lot. La gauche est rejetée, mais la droite n’est pas pour autant triomphante. Il y a une radicalisation de notre société, plus qu’une droitisation. Nous avons le devoir de résister au populisme, d’où qu’il vienne. A ceux qui m’interrogent sur nos relations avec l’extrême droite, je réponds “soyons forts et soyons nous-même, car c’est ainsi, et seulement ainsi, que nous retrouverons la confiance des citoyens”. Et puis, je veux convaincre les électeurs qui ont voté pour le Front National de nous rejoindre, en leur parlant avec réalisme et franchise. Je ne les juge pas, mais ne les flatte pas non plus. Ceux qui pensent pouvoir les séduire en utilisant des grosses ficelles ne sont pas crédibles et, au surplus, cela discrédite la droite républicaine qui a vocation à gouverner la France.

Etes-vous favorable à un rapprochement avec l'UDI ?

Je suis favorable à tout ce qui permet à l’opposition républicaine de réfléchir et de travailler ensemble. Il ne s’agit pas de gommer nos différences mais de les conjuguer intelligemment.

Etes-vous partisan d'un régime de retraite unique, pour tous ?

Toutes les réformes engagées par la droite depuis 2003 tendent à harmoniser progressivement les règles qui régissent le secteur public et le secteur privé. Il faut continuer dans cette direction. La gauche a toujours été d’une lâcheté sans nom sur cette question des retraites. Maintenant, elle est face à ses responsabilités, et nous allons voir si le courage et l’intérêt général sont pour elle supérieurs à la démagogie et au clientélisme. J’ai des doutes sur la détermination de François Hollande et de son gouvernement. Je crains que la solution des impôts soit encore et toujours celle des socialistes.

Pensez-vous que l'on puisse encore augmenter la durée des cotisations sans augmenter l'âge légal de départ à la retraite ?

Il faut à la fois augmenter l'âge légal de départ à la retraite jusqu'à 65 ans et, pour tenir compte de l'augmentation de l'espérance de vie, prolonger le dispositif que nous avions mis en place en 2003, celui d'une augmentation de la durée de cotisations assurant un partage entre le temps de la retraite et celui de l'activité. L'augmentation de la seule durée de cotisations ne règle en rien nos problèmes de financement à court terme, contrairement à l'augmentation de la durée légale. Cela signifie d’abord que le gouvernement augmentera les cotisations et ensuite qu'il va s'attaquer au niveau de vie des retraités. Inutile d'ajouter que c'est la solution de facilité puisque ça ne concerne que très peu de gens dans l'immédiat, mais surtout c'est l'hypocrisie absolue de parler de 44 ou 45 ans de cotisations quand on sait que les "jeunes" générations commencent à cotiser vers 21/22 ans. Hypocrisie et manque de courage non seulement vont peser sur la croissance et l'emploi mais mettre en péril nos retraites par répartition que seule la droite a eu la volonté de sauvegarder depuis 1993. Où en serions nous sans nos réformes qui ont toutes été combattues par la gauche?

Votre "propre chemin" pourrait-il à nouveau croiser celui de Laurent Wauquiez, qui a engagé un tour de France sur le thème de la moralité et de la transparence ?

J’ai eu l’occasion d’en parler avec lui, et je souhaite que nos chemins restent mêlés. Lors de l’affaire Cahuzac, je n’ai pas hésité, comme Laurent, à faire connaitre mon patrimoine. Mais j’estime que la politique ne mérite pas tous les procès d’intention qui lui sont dressés. Faire de la politique, c’est un engagement noble pour son pays, c’est un engagement difficile qui n’est pas dominé par la volonté de faire fortune. Je récuse le prétendu «tous pourris». L’immense majorité des élus sont intègres et dévoués. Il faut défendre la politique car sans elle la République tombe ! Notre devoir est de faire au mieux pour le pays, il est de dire la vérité et d’arbitrer avec franchise entre ce qui est souhaitable et ce qui est possible et nécessaire. Il faut avoir le courage d’agir pour nos enfants et pas seulement pour nous. Pour moi, c’est cela la politique.

Comment Patrick Stefanini vous a-t-il présenté l'Auvergne et de l'Allier ?

Patrick Stefanini a gardé un excellent souvenir de l’Auvergne où il a servi l’Etat pendant deux ans comme préfet de région. Il m’a décrit l’Auvergne comme une terre très attachante, faite d’hommes et de femmes qui n’aiment pas l’esbroufe ou le clinquant, sans doute parce qu’ils vivent dans un environnement naturel parfois éprouvant- l’Auvergne est une terre de montagnes- Il a insisté sur l’engagement de l’Auvergne dans la production de biens et de richesses aussi bien dans le secteur de l’agriculture, qu’il s’agisse des céréales ou de l’élevage, que dans le secteur industriel avec des entreprises mondialement connues comme Michelin ou encore Limagrain ou Aubert et Duval et d’autres qui le sont moins , mais qui apportent en toute discrétion leur pierre à l’effort national. Il m’a dit aussi l’attente de l’Auvergne en matière de désenclavement et de ce point de vue je ne peux que condamner par avance la tentation qui pourrait être celle du gouvernement actuel de reporter au-delà de 2030 la desserte de l’Auvergne- une des rares régions de France à n’en point bénéficier plus de 30 ans après l’inauguration de la ligne Paris –Lyon- par le TGV. Pour Patrick Stefanini, l’Auvergne et donc l’Allier, ce n’est pas seulement le cœur de la France, c’est d’abord le choix du cœur.

François FILLON

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