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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 18:29
Plus d'une centaine de parlementaires cumulards vont peser sur les primaires du Parti Socialiste, prenant véritablement en otages François Hollande, Martine Aubry et Ségolène Royal.
Jean-Mars ayrault est l'archétype du cumulards socialistes
Jean-Mars ayrault est l'archétype du cumulards socialistes SIPA

Autant de députés et sénateurs socialistes, patrons de droit divin sur le territoire, où ils monopolisent le pouvoir, tout en bénéficiant d’argent de poche à gogo et de retraites canons. Cependant, tous mandats confondus, leur indemnité mensuelle ne doit pas dépasser 9.853,49 € brut. Leur mandat de parlementaire leur donne droit également à l’IRFM (indemnité représentative de frais de mandat) d’un montant mensuel net de 6.412 € net (pour les députés) ou de 6.240,18 (pour les sénateurs). Ils sont les seuls Français et seuls parlementaires de l’Union européenne à pouvoir profiter d’une note de frais forfaitaire sans avoir à présenter le moindre justificatif. Ces indemnités représentent de vrais privilèges puisque ces parlementaires les touchent même s’ils viennent très rarement ou pas du tout à l’Assemblée nationale ou au Sénat.

Des frais qui sont payés deux fois aux cumulards

Ce qui, pour un parlementaire non cumulard, peut paraître justifié. Mais une disposition qui s’assimile à un gaspillage d’argent public quand on sait que cette IRFM fait double emploi avec les frais auxquels a droit tout patron d’un exécutif local. En effet, cet élu a droit à des frais sur justificatifs de toutes sortes (restaurant, hôtel, voyages…), à du personnel de secrétariat, de cabinet et à une voiture de fonction avec chauffeur. De plus, un mandat de parlementaire permet de toucher une pension de retraite sans équivalent dans l’Hexagone, où un salarié du privé bénéficie d’une retraite moyenne de 1.300 € pour plus de quarante années de cotisation. La pension moyenne versée aux sénateurs retraités est de 4.440 €  contre 2.700 € seulement pour les députés. Un sénateur empoche une retraite d’environ 1.932 € pour un seul mandat de six ans et 6.440 € après vingt-deux ans et demi de carrière. Un député un peu moins : 1.600 € pour un mandat de cinq ans et 6.192 € pour vingt-cinq ans. Tous ces élus peuvent cumuler leur pension de parlementaire avec celles d’élu local et de fonctionnaire.

Très indépendants par rapport à la direction du parti, ces parlementaires cumulards feront tout (on les comprend !) pour garder ces privilèges exorbitants. Ces élus restent peu connus au plan national à l’exception d’une vingtaine de barons plus médiatiques que les autres. Pourtant, ils dirigent la majorité des grandes villes, des départements et des régions dans l’Hexagone et les départements d’outre-mer. Et bien sûr, leurs préférences pèseront lourds dans les primaires socialistes d’octobre prochain, avec ou sans DSK. Déjà elles-mêmes non cumulardes, Martine Aubry et Ségolène Royal veulent que le règlement interne du PS interdise le cumul des mandats parlementaire-patron d’un exécutif local. Derrière cette suppression se joue la rénovation du PS. C’est-à-dire plus de femmes, de jeunes et d’élus issus de la diversité pour les sénatoriales en septembre 2011, puis aux législatives de juin 2012. A l’inverse, le cumulard François Hollande, député et président du conseil général de Corrèze, s’en remet quant à lui à une loi d’interdiction du cumul qui pourrait être votée à l’issue de la victoire de la gauche à la prochaine présidentielle.

Martine Aubry met les pouces face aux sénateurs

Cela explique que la grande majorité des 140 parlementaires cumulards du PS ait pris position en faveur de l’ancien premier secrétaire du parti. Martine Aubry a réussi à l’imposer : pour être candidat du parti aux prochaines législatives, ils devront en principe abandonner tous leurs mandats de patron d’un exécutif local (commune, département, région) ou de participation à un de ces exécutifs (maire adjoint ou vice-président). A l’inverse, l’ex-patronne du PS est tombée sur un os avec les 87 sénateurs socialistes cumulards. Ils pourront toujours cumuler mandat local et national. En effet, l’interdiction du cumul sénateur-patron d’un exécutif local réduirait en miettes la chance historique du PS de faire basculer à gauche le Sénat en septembre prochain.

Pour gagner le Sénat, le Parti socialiste doit prendre à la droite un peu plus d’une vingtaine de sièges sur trois cent quarante-trois au total. La victoire se jouera donc à quelques sièges.Cette « reculade » de Martine Aubry, la relative discrétion de Ségolène Royal et les silences de François Hollande sur le sujet résultent de la présence de cumulards ultra-puissants dans leur entourage.

Gaëtan Gorce, député-maire recyclé en sénateur cumulard

Le cas du député maire de la Charité-sur-Loire (Nièvre), Gaëtan Gorce, 52 ans, est exemplaire. Pour des questions démographiques (le département de la Nièvre perd sans cesse des habitants), sa circonscription législative sera supprimée en 2012. La perte de son mandat de député ne lui laisserait plus alors que sa « maigre » indemnité mensuelle brute de maire, soit 2.090,81 €  pour une ville de 3.500 à 9.999 habitants. Perte sèche mensuelle pour l’énarque Gaëtan Gorce : 7.100 € brut d’indemnité parlementaire et 6.412 € net d’Indemnité représentative de frais de mandat. Rapporteur de la loi sur les 35 heures votée à l’initiative de Martine Aubry, ce proche de Ségolène Royal a réussi le tour de force de se faire nommer candidat sur la liste socialiste pour les sénatoriales de septembre prochain. Il y avait quatre candidats pour les deux sièges de sénateurs socialistes qui ne se représentent pas dans ce département. Dans la Nièvre, les deux sénateurs socialistes sont systématiquement réélus avec plus de 60 % des voix.

Le porte-parole de Ségolène Royal roi des cumulards

Reine du non-cumul, la présidente du conseil régional de Poitou-Charentes, Ségolène Royal, 57 ans, a abandonné son mandat de député à l’une de ses proches, Delphine Batho, 38 ans. Mais, le porte-parole de l’ancienne candidate à la présidentielle de 2007, Guillaume Garot, 45 ans, reste un roi du cumul. Ce « monsieur-fait-ce-je-dis-pas-ce-que-je-fais » empoche chaque mois 2.757,34 € brut comme maire de Laval, 7.100,15 € brut (plus 6.412 € net d’IRFM) en tant que député de la Mayenne et 4.181,62 € brut comme président de la communauté d’agglomération de Laval. Soit un total de 20.384 € par mois. Curieusement, le mandat président de communauté d’agglomération ou urbaine n’entre pas en ligne de compte dans le calcul du cumul des mandats.

Ce qui permet aux parlementaires-maires, maires ou simplement parlementaires socialistes de garder ce mandat de président très juteux financièrement : de 3.421,32 € brut mensuels (jusqu’à 49.999 habitants) à 5.512,13 € brut par mois (pour plus de 200.000 habitants). C’est le cas des députés Laurent Fabius, Jean-Marc-Ayrault, Pierre Moscovici, Pierre Cohen, Alain Rodet, Michel Sapin, Philippe Duron, des sénateurs François Rebsamen et Gérard Collomb. Tous sont visés par les projets de règlement anticumul de Martine Aubry. Mais pas celle-ci ! Battue aux législatives de 2002 et non candidate à la députation depuis, l’ex-première secrétaire du PS cumule les fonctions de maire de Lille (225.000 habitants) et de présidente de Lille métropole communauté urbaine (1.100.000 habitants). Aussi, elle empoche chaque mois, tout à fait légalement, deux fois 5.512,13 € brut d’indemnité pour ces deux mandats. Discrète partisante d’une stratégie de cumul de juteux mandats locaux, Martine Aubry a redistribué en conséquence les cartes dans le Nord-Pas-de-Calais, où les parlementaires devront se contenter d’être parlementaires.

 

Une indemnité de 15.000 à 20.000 € mensuels

Les 140 parlementaires cumulards du PS sont aussi présidents de conseils régionaux (pour huit d’entre eux), de conseils généraux (vingt-neuf), et maires de villes de plus de 3.500 habitants (cent). La République leur verse une indemnité mensuelle totale comprise entre 15.000 et 20.000 €, dont plus de 6.000 € pour leurs frais. Parmi eux, on retrouve presque tous les barons du PS : François Hollande (Corrèze), Jean-Marc Ayrault (Nantes), Jean-Noël Guérini (Bouches-du-Rhône), Arnaud Montebourg (Saône-et-Loire), Henri Emmanuelli (Landes), Manuel Valls (Evry), Michel Vauzelle (PACA), Michel Delebarre (Dunkerque), Gérard Collomb (Lyon), Alain Rousset (Aquitaine), François Rebsamen (Dijon), Jean-Louis Bianco (Alpes-de-Haute-Provence), Daniel Vaillant (Paris XVIIIe), Claude Bartolone (Seine-Saint-Denis), Michel Destot (Grenoble), Alain Rodet (Limoges), Daniel Percheron (Nord-Pas-de-Calais), Marisol Touraine (Indre-et-Loire), Pierre Cohen (Toulouse), Valérie Fourneyron (Rouen) et Philippe Duron (Caen). Rien d’illégal à cela, la loi interdit simplement à un parlementaire de cumuler plus d’un mandat de patron d’un exécutif local.

Par Yvan Stefanovitc france soir

Par Gaullistes de Bretagne et Pays de la Loire - Publié dans : Politique
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