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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 13:39

 

 

  Le Général de Gaulle est depuis longtemps entré dans notre histoire. Mais on aurait tort de réduire le Gaullisme à un héritage ! Les temps difficiles que nous vivons font ressurgir ce besoin de dépassement qui irrigua le combat de la résistance puis de la reconstruction nationale. Deux fois, en 1940 et en 1958, le Général de Gaulle a été l’acteur d’un redressement spectaculaire de notre pays. Deux fois, la méthode a été la même : rassembler les Français, prendre les décisions qui s’imposent, arracher la France à ses obsessions pour relever les défis du monde.


Le Gaullisme est un art de l’union. Dans une France bien plus divisée qu’aujourd’hui, le Général de Gaulle n’a jamais cherché à opposer entrepreneurs et salariés, revenus du travail et revenus du capital – ce qu’il appelait « utiliser les vieilles recettes de la démagogie ». Rien de plus contraire non plus au Gaullisme que de distinguer les Français selon leurs votes, leurs origines ou leur religion. Pour le Général de Gaulle, « il n’y a que deux catégories de Français : ceux qui font leur devoir et ceux qui ne le font pas ».

 

Cette exigence d’unité est intemporelle. Par-delà nos différences, une seule chose compte : l’amour de la France et le respect des valeurs républicaines. Je crois à la fraternité du patriotisme qui transcende ces deux maux qui trahissent notre pacte national : le repli communautariste et le populisme. Il est plus que temps de rappeler que dans un monde concurrentiel de 7 milliards d’habitants, les 65 millions de français doivent faire bloc.

 

Aujourd’hui, les clivages et les postures devraient s’effacer devant le risque de déclin de la France. Et les réponses que nous devrions y apporter ne devraient pas s’embourber dans ces compromis électoralistes qui masquent la gravité de la situation.

 

Il est désolant de voir le pouvoir actuel traiter avec si peu de courage et d’urgence la question vitale de la compétitivité française. Il est dommageable de le voir s’entêter sur des sujets de société qui divisent notre pays en le détournant de l’effort de redressement économique que nous devons fournir pour ne pas déchoir.      

 

S’il y a une constante du gaullisme, c’est de prendre à bras le corps les difficultés. Rappelons-nous la terrible crise de compétitivité de 1958, lorsque confrontée au déficit extérieur et budgétaire, la France se demandait comment «boucler les fins de mois» et respecter sa promesse de mettre en œuvre le marché commun. A ceux qui demandaient des ajustements progressifs pour ne pas casser la croissance, à ceux qui voulaient enterrer le rapport Pinay-Rueff, le Général de Gaulle a opposé la voix implacable du courage politique. Dès la première semaine de son mandat, il prend parti pour une « remise en ordre » sans laquelle, ce sont ses mots, « nous resterons un pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité ».

 

Pour l’homme du 18 juin, il ne pouvait y avoir de souveraineté française sans indépendance financière, ni de justice sociale sans vérité des comptes. Le reste de l’histoire est connue : réduction drastique des dépenses, rétablissement spectaculaire de l’équilibre budgétaire, expansion sans précédent, âge d’or de l’industrie française.

 

La Vème République est conçue pour l’action. Elle donne au chef de l’Etat les pouvoirs les plus larges avec une seule corde de rappel, le vote populaire, et une seule exigence : décider. Notre Constitution permet au président de se comporter en homme d’Etat. A contrario, elle est impitoyable pour les hommes d’appareil. François Hollande s’élèvera-t-il un jour aux dessus de sa majorité ? J’attends et j’espère pour notre pays qu’il ait le cran de dire aux Français que l’intérêt général ne se confond pas avec le dogme socialiste. 


On nous dit que la mondialisation chamboule tous nos repères. Est-ce vraiment nouveau ?


Le gaullisme fut toujours une manière de refuser l’enfermement hexagonal pour affronter le monde tel qu’il est. Tout le génie de l’homme du 18 juin est d’avoir compris que la campagne de France s’inscrivait dans une guerre mondiale. Toute la grandeur du gaullisme de 1958 est d’avoir replacé la France dans l’actualité du jeu mondial : refus des blocs, fin de l’empire, modernité industrielle,  convertibilité du franc, adoption sans restriction du marché commun...


Regarder le monde en face, c’était pour le Général de Gaulle plus qu’un principe politique : une règle d’hygiène indispensable à la santé de la France – convaincu qu’il était que notre pays, coupé de son ancrage international, «se désintéresserait de lui-même et irait à la dislocation».


Face aux grands vents de la mondialisation, le gaullisme ne saurait prêcher le repli, ni la renonciation à nos valeurs. Il ne nous incite certainement pas à nous défendre en nous retranchant derrière la ligne Maginot de nos intérêts catégoriels ou de nos archaïsmes. Sachons faire le pari gaullien de la remise en mouvement. Sachons secouer nos conservatismes. Sachons travailler plus, innover plus, dépenser moins. Sachons élever le combat de la souveraineté nationale au niveau de la souveraineté européenne.


Aujourd’hui, le gaullisme appartient à tous les Français, mais il s’incarne dans l’une des sensibilités majeures de l’UMP. Au moment où notre mouvement s’apprête à renouveler ses instances dirigeantes, rappelons-nous ce que signifiait, pour le Général de Gaulle, cet engagement, ce « vaste et ardent concours d’adhésions et de dévouements ».


Etre gaulliste, ce n’est pas adhérer à une idéologie mais se battre pour des idéaux. C’est placer l’intérêt de la France au-dessus de toutes les doctrines. C’est rassembler notre peuple en tirant vers le haut le meilleur de son âme et non en flattant ses sombres penchants. C’est vouloir servir son pays et pas tout attendre de lui. C’est comprendre qu’il n’y a pas de redressement collectif sans engagement individuel. C’est être un militant de la France.

 

François Fillon.

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