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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 14:34

Déclenchée par un courrier anonyme il y a deux ans, l'affaire Guérini a viré, à l'approche des élections cantonales et au gré de fuites dans la presse, au règlement de comptes politique dont les enjeux semblent à la fois locaux et nationaux.

   
Photographe : Boris Horvat :: Le président (PS) du conseil général des Bouches-du-Rhône Jean-Noel Guérini prononce un discours, le 17 février 2011 à Allauch photo : Boris Horvat, AFP

Depuis l'incarcération en décembre d'Alexandre Guérini, un patron de décharges soupçonné de malversations multiples touchant à des marchés publics des Bouches-du-Rhône, les regards se sont tournés vers son frère Jean-Noël, président du conseil général et patron de la fédération départementale du PS.

Avec une question: l'affaire Alexandre Guérini deviendra-t-elle la sienne ?

En janvier, lors de ses voeux à la presse, Jean-Noël Guérini, également sénateur, a martelé que non, quand certains ne faisaient plus de sa convocation par le juge qu'une question de jours, avant ou après le scrutin de mars voué théoriquement à le reconduire à la tête du conseil général des Bouches-du-Rhône où le PS dispose d'une large majorité.

A deux semaines des élections, il n'a toujours pas été entendu.

Des élus locaux, à l'instar de la conseillère régionale Europe Ecologie Laurence Vichnievsky ou du sénateur UMP Bruno Gilles, ont cependant pris de l'avance sur la justice en attaquant M. Guérini sur le terrain politique à la lumière d'écoutes téléphoniques parues dans la presse. Des fuites répétées qui sèment la suspicion sur leur origine.

Certaines d'entre elles, remontant à près de deux ans mais versées récemment au dossier, ont relaté, pour la première fois, des conversations entre les deux frères, sans fournir à ce stade d'élément probant à l'encontre de M. Guérini, selon des sources proches du dossier.

Dans ce procès avant l'heure, le rapport au vitriol du député PS Arnaud Montebourg sur les pratiques de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, adressé à Martine Aubry et révélé cette semaine par Le Point, a pris des allures de réquisitoire.

Dénonçant un "système de pression féodal reposant sur l'intimidation et la peur", qu'exercerait depuis des années M. Guérini, il a réclamé sa destitution, au plus vite "au vu des menaces judiciaires" qui pèseraient sur lui.

Solférino, qui avait validé en septembre l'accession de M. Guérini à la tête de la fédération, pourtant incompatible dans les statuts du PS avec sa présidence du conseil général, a pris ses distances avec le rapport en donnant l'impression de marcher sur des oeufs.

M. Guérini et la fédération départementale ont, eux, porté plainte contre M. Montebourg, qu'ils soupçonnent de "collusions avec la droite" marseillaise.

Dans quel but commun ? En mettant hors-jeu M. Guérini, certains élimineraient un adversaire pour la mairie de Marseille en 2014, quand d'autres pourraient reprendre en main une fédération dont les voix pèseront lourd dans les primaires du PS pour la présidentielle.

Dès le début de l'affaire, les Guérini ont d'ailleurs crié au complot, accusant Renaud Muselier d'être derrière le courrier anonyme à l'origine de l'affaire. Ce que dément le député UMP, qui vise la mairie de Marseille après avoir été privé de la présidence de la communauté urbaine par le PS en 2008.

"Je crois qu'aujourd'hui la vraie peur de la droite, c'est de perdre la ville de Marseille en 2014, c'est pour ça que Jean-Noël Guérini fait l'objet de ces attaques", a déclaré jeudi Jean-David Ciot, premier secrétaire délégué de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône.

Et de mettre en garde: "aujourd'hui, on commence très mal cette campagne des primaires (...) c'est une erreur politique personnelle d'Arnaud Montebourg, mais ça pourrait devenir une erreur politique nationale".

 
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