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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 13:11

 Société | Ajouté le 09.11.2011 à 17H56

De Gaulle s'éteignait. Quel homme extraordinaire. J'ai eu beaucoup de chance de le connaître.

Tout petit, mes parents nous conduisaient au Mont Valérien, le 18 juin. Moments inoubliables et émouvants. J'étais jeune, juchés sur les épaules de mon père, tantôt Jean-Louis, tantôt moi attendions la venue du Général, non pas devant l'immense mausolée de grès des Vosges qui existe aujourd'hui et que le Général fera aménager aussitôt revenu au pouvoir, non, dans un endroit beaucoup plus petit, dans une clairière où nous pouvions encore imaginer le claquement sec des armes du peloton d'exécution qui apportait le martyre à ces héros parfois oubliés... Là se tenaient les survivants, les résistants, ces centaines d'hommes et de femmes qui arboraient des décorations pour moi mystérieuses. Beaucoup étaient blessés, tous pleuraient à l'évocation de certains souvenirs que mon père nous avait cent fois racontés.

Plus tard, après 1958, les cérémonies sont devenues officielles et grandioses, l'esplanade s'y prétait, mais je pensais alors que l'on nous avait volé notre cérémonie.

Pendant ces années, celles du début de la Vème République, la proximité de mes parents avec le Général De Gaulle était devenue manifeste : Ministre de la Justice puis Premier ministre, mon père a toujours été fidèle, non seulement au général mais surtout à la France qu'il incarnait. C'était l'époque de la fierté retrouvée, de l'indépendance affirmée face à l'Amérique, mais aussi des difficultés algériennes qui devaient s'achever par cette douloureuse séparation, des drames, les harkis, mais aussi de l'intransigeance. La France dans le monde était admirée, la diplomatie forte, notamment en Afrique, la politique appréciée. Quand De Gaulle allait à l'étranger, des foules immenses se déplaçauient pour l'acclamer. « Vive le Québec libre », mais aussi au Cambodge, au Mexique, en Allemagne, partout.

La démocratie était le maître mot du Général : souvenez-vous du référendum de 1969. Les Français peut-être lasses de la grandeur, ont voté non. De Gaulle est parti. Quel départ, émouvant et grandiose. Un an plus tard, le géant tombait, terrassé.

Pr Bernard DEBRÉ

Ancien Ministre
Député de Paris

Ci contre le Général de Gaulle et mon père (à sa gauche) lors de la Libération de Paris
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