Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 12:19

 

La Sécurité sociale est fondamentale pour notre cohésion nationale. Et pourtant, comme pour les autres budgets, elle est en déficit permanent.
Ces déficits s’accumulent d’année en année. Rien que pour 2012, ce déficit est de plus de 13 milliards d’euros.

Ce budget, une nouvelle fois oserais-je dire, est fait « d’économies de bouts de chandelles ». Aucune réforme de fond n’est envisagée.
Voici une augmentation des taxes sur les bières, sur les cigarettes, une taxation des revenus des retraites, etc. Malgré un peu plus de 3 milliards d ‘économie, ce budget reste en déficit structurel.

Quelques pistes devraient pourtant être étudiées.

D’abord les hôpitaux. Depuis des années, j’ai demandé qu’il y ait une rationalisation de l’offre de soins. Il y a trop d’hôpitaux en France, presque tous les 20 kilomètres. Beaucoup sont peu actifs et n’ont pas le matériel moderne nécessaire, ni d’ailleurs les personnels (médecins et chirurgiens, infirmiers ou infirmières). C’est le mythe de l’hôpital « en bas de chez soi » alors qu’il faudrait regrouper autour de grands plateaux techniques plusieurs services et par là même diminuer le nombre des hôpitaux de petite taille.
Cet « hôpital en bas de chez soi » est dangereux. Prenons l’exemple de l’infarctus du myocarde. « En bas de chez soi », il n’y a pas de cardiologue interventionniste qui pourrait poser un stent (petit matériel qui est introduit dans l’artère coronaire et qui va la déboucher). Cette intervention salvatrice doit être pratiquée avec un matériel moderne et par un spécialiste entrainé…
« En bas de chez soi », ni matériel, ni spécialiste. Il serait vain d’imaginer qu’il serait possible de les y mettre (il n’y a pas assez de médecins et le matériel coûte très cher). D’autre part, pour être compétitif, il faut que le médecin puisse poser de nombreux stents… ce qui ne serait pas le cas « en bas de chez soi ».
Aussi, la réduction du nombre des hôpitaux, qui représentent 50 % des dépenses médicale, est un impératif. Elle doit s’accompagner d’une plus grande accessibilité pour les Français en développant les moyens de transports médicalisés : ambulances, SAMU, SMUR, pompiers, … Il ne serait pas imaginable de les regrouper.
Moins d’hôpitaux, mais qui seraient plus modernes. Plus de médecins, plus d’infirmières par hôpital. Cette politique a commencé il y a longtemps, mais dans la douleur et de façon insuffisante. Tant de règles !

Une autre source d’économies pourrait porter sur les médicaments. La France est championne du monde de la consommation. J’ai coécrit un livre « choc » récemment, je n’y reviendrai pas. Il y a entre 10 et 14 milliards d’économies à réaliser…

Quant à l’AME qui permet aux étrangers en situation irrégulière d’être soignés gratuitement, elle est source de dépenses trop importantes. Le gouvernement Fillon avait décidé que les étrangers éligibles à l’AME devaient, comme chaque Français, payer un forfait de quelques euros. Ce forfait a été supprimé de façon stupide et inacceptable. Les étrangers en situation irrégulière sont soignés gratuitement alors que les Français à la CMU doivent participer à l’effort de soins !!!

Mais il y’a d’autres économies à envisager dans le fonctionnement même des hôpitaux (trop d’administration, trop lourde, trop de dépenses aussi bien dans les examens effectués par les médecins que dans les médicaments délivrés, …).

C’est une véritable révolution des mentalités qu’il faut envisager. On est loin des petites mesures du PLFSS.
Une nouvelle fois, ce budget est mauvais, à côté de la plaque, constitué de « mesurettes » qui pèseront sur les Français, réduisant leur pouvoir d’achat sans rien résoudre sur le fond.


Pr. Bernard DEBRE

Ancien Ministre
Député de Paris
Partager cet article
Repost0

commentaires