Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 08:40
AFP
Découvrir aujourd’hui le devoir d’humanité est surprenant ! La médecine, tant curative que palliative, doit être mue par ce droit, ce doit être son credo. En fin de vie, ce droit est impératif et c’est bien sûr arrêter la souffrance qui accompagne parfois une agonie. Ainsi, les médicaments antalgiques doivent être augmentés jusqu’à la cessation de cette douleur insupportable… Même si la mort en est la conséquence. C’est le devoir d’humanité.

Cette décision doit être prise par le médecin en concertation avec d’autres. Il est évident qu’à l’hôpital ou en clinique, elle ne doit pas être déléguée à l’infirmière seule pendant que le médecin s’en va. Cette décision doit être prise également en concertation avec la famille ou avec le patient lui-même s’il est conscient. C’est ce que disent aussi bien la loi Léonetti que le rapport Sicard.

Là où je diverge avec le Conseil de l’Ordre des médecins, c’est sur l’établissement d’un comité médical qui serait habilité à donner son accord à une sédation terminale. Qu’est-ce donc que ce comité qui ne connaitrait pas le cas médical du malade, son histoire humaine, son environnement et qui s’arrogerait le droit de lever le pouce ou de l’abaisser ? Drôle de conception de « l’humanité » ! Ce comité siègerait-il en permanence ou à jour fixe ? Qui seraient ces juges qui autoriseraient cette sédation ?

Le Conseil de l’Ordre fait fausse route. Cette décision doit être prise au plus près du malade, avec lui et sa famille, avec le personnel infirmier et médical. Que viennent faire les membres de ce comité ? De la paperasserie supplémentaire. En France, tout doit être administré, réduit à un comité. Il y en a pourtant déjà tant.

La vie, la sédation, la mort sont des décisions trop sérieuses pour les déléguer à de tels comités. Le devoir d’humanité est la base de notre vocation, supprimer la douleur est notre devoir, accompagner le malade jusqu’à la mort est notre fierté. La loi Léonetti, le rapport Sicard sont là pour nous le rappeler.


Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris
 
Partager cet article
Repost0

commentaires