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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 10:20
Economie et social | Ajouté le 19.04.2013 à 10H11
Fred Dufour/Reuters
En relisant attentivement les promesses de François Hollande, on ne peut qu’être sidéré de la succession de lieux communs, mais surtout de l’ignorance qu’il avait de l’état de l’Europe et de la France. A moins qu’il ne s’agisse, et c’est peut-être le cas, d’une succession de mensonges éhontés.

Arrivé au pouvoir, il tourne le dos à tout ce qu’il a promis sachant parfaitement bien que c’était irréalisable. Mais pire, il divise la France. Voici les espoirs déçus des ouvriers qu’il avait mis en avant, leur promettant monts et merveilles. Voici l’espoir déçu des petits chefs d’entreprises qu’il avait tenté de séduire, même s’il n’y était pas arrivé. Ils se sont aperçus que la présidence de François Hollande était pire que ce que l’on pouvait imaginer. Voici qu’il a déçu l’Europe, n’y connaissant rien, n’étant jamais sorti de France à l’époque. Il affronte tantôt le Nord du continent, tantôt le Sud. Il ne s’entend avec personne et n’y comprend rien.

Sur le plan extérieur, mis à part au Mali, il n’y a plus de France. Elle n’existe plus en Chine, en Asie, en Amérique. L’Afrique a été abandonnée au nom d’une idéologie anticoloniale primaire. Bref, au niveau extérieur, François Hollande n’existe plus.

Quant à l’économie, c’est pire que tout. François Hollande avait laissé quelques espoirs à ceux qui avaient voté pour lui ou à ceux qui avaient voté contre Nicolas Sarkozy. Il a, et il faudrait qu’un psychologue puisse l’analyser, pris des décisions stupides parce qu’il voulait faire de l’antisarkozysme. Il a donc méthodiquement abrogé les lois que l’ancienne Majorité avait établies, même si beaucoup de ces lois étaient indispensables. Il a ainsi ravivé les plaies, les antagonismes et surtout, il a meurtri notre pays.

Quant aux premières décisions économiques qu’il a pu prendre, elles sont tellement psychédéliques, tellement invraisemblables, que peu de gens pouvaient les imaginer. Il est d’ailleurs très intéressant de se remémorer les primaires socialistes. Quand François Hollande annonçait les contrats de génération, il était critiqué, vilipendé, ridiculisé par ses concurrents et en particulier Martine Aubry ou d’autres encore, plus clairvoyants. Quand il a proposé les contrats jeunes, combien de socialistes ont crié à la mystification ? Elu, il a fait ce qu’il avait dit pendant les primaires et l’on voit ce que cela donne : rien !

Mais il y a plus grave encore : l’augmentation des impôts qui va continuer en 2014 contrairement à ce qui a été promis. Maintenant, nous savons tous que François Hollande ment comme un arracheur de dents, que Ayrault ne comprend rien à ce qu’il fait et que Moscovici n’est qu’un simple exécutant. Nous aurons donc une augmentation d’impôts, de taxes et voilà que la Cour des Comptes, pourtant dirigée par un socialiste, le critique avec méchanceté, sans parler du FMI, ni même de l’Europe. Le résultat est que la France n’a jamais été aussi endettée avec 94% du PIB.

Cerise sur le gâteau, au lieu d’unir la France dans cette période difficile, qui exacerbe les passions et les extrêmes, François Hollande a décidé de faire passer des lois sociétales qui ne présentent pas de caractère d’urgence ni ne recueillent l’assentiment d’une majorité de Français. Il s’en suit de grandes manifestations de droite comme de gauche, mais qui pourraient s’unir et entrainer des grèves ou des troubles graves.

Les socialistes ont allumé un feu de forêt. Ils ne savent plus comment l’éteindre et cherchent des coupables. Ils sont eux-mêmes les coupables et portent une très lourde responsabilité sur le manque de stabilité de notre pays. On pourrait analyser encore la situation à l’éclairage de ce qu’a fait Jérôme Cahuzac, des déclarations ambiguës de Pierre Moscovici, de Jean-Marc Ayrault, sur les lois précipitées qu’ils sont en train de nous « vendre ».

Bref, François Hollande (« Pépère ») est en train de tuer la France au point de vue économique, international, sociétal et le risque est grand d’une explosion populaire. Ce n’est pas ce que j’appelle de mes vœux, mais qu’il ne vienne pas accuser la droite d’en être responsable.


Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris
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