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4 juillet 2013 4 04 /07 /juillet /2013 10:07

Discours prononcé hier soir à Sant-Cloud par François FILLON, lors d'une réunion publique UMP de la 7e circonscription des Hauts-de-Seine

Mes chers amis,

Je suis heureux d’être parmi vous, avec Valérie Pécresse, à l’invitation de deux amis dont je veux saluer la solidité et la loyauté.

D’abord Patrick Ollier que je connais depuis si longtemps car nous avons débuté ensemble à l’Assemblée Nationale… Au Parlement comme dans notre mouvement, Patrick, c’est une voix qui compte !

C’est une personnalité expérimentée, respectée, et c’est, au surplus, un compagnon qui reste fidèle aux valeurs du gaullisme. Voilà pourquoi j’ai été fier de l’avoir à mes côtés parmi les membres de mon gouvernement.

Et puis, il y a Eric Berdoati, qui est un élu de grande qualité. Vous avez de la chance de l’avoir comme maire car c’est un homme de cœur qui ne craint ni l’action, ni d’afficher ses convictions.

Dans cette salle, je vois beaucoup d’autres visages amis, que je ne puis tous citer… mais à tous les élus ici présents, je veux dire ma profonde estime.

A l’heure où les responsables publics sont décriés, vilipendés par le premier démagogue venu, je veux rappeler avec force que la politique est un engagement noble !

Nous ne sommes pas des stars vivant dans un univers de paillettes. Nous sommes des serviteurs de la République et les héritiers de la longue histoire de France que nous avons la responsabilité de transmettre aux générations futures.

Comme beaucoup d’entre vous, je me suis engagé pour un idéal.

A 14 ans, j’avais punaisé sur le mur de ma chambre la photo du général de Gaulle... et le temps peut passer, les évènements peuvent changer le monde, je reste convaincu de deux choses : d’abord que la France est un pays exceptionnel qui mérite d’être servi et aimé; ensuite que les Français doivent toujours être tirés vers le haut, sinon notre nation sombre dans la division et le déclin.

Notre patrie n’est pas devenue la cinquième puissance du monde par hasard.

Il a fallu des siècles d’acharnement au travail; il a fallu le génie de nos inventeurs et de nos entrepreneurs; il a fallu que des héros donnent leur vie pour notre liberté et pour notre indépendance.

Tout cela, je ne l’oublie pas, et je sais que vous ne l’oubliez pas car vous êtes des militants de la France !

Et pour les militants, la démocratie est belle mais parfois plus cruelle qu’à d’autres.

En 2012, nous avons tout perdu : la présidentielle, les législatives, et en novembre 2012, l’élection à la présidence de l’UMP s’est terminée par un fiasco.

Dans de telles circonstances, nos devoirs sont plus grands que jamais.

Notre premier devoir est de faire passer l’intérêt général avant nos intérêts particuliers.

Et en parlant d’intérêt général, je pense d’abord à notre famille politique qui a été mise à mal par l’élection tronquée de novembre dernier.

J’aurai pu rompre, mais j’ai choisi de privilégier l’unité de notre mouvement car ma personne à moins d’importance que vous tous qui êtes ensemble dans cette salle.

Pour l’unité de l’UMP, je n’ai pas rompu, mais je me suis battu pour l’honneur de notre parti.

J’ai voulu le remettre sur des rails démocratiques solides afin que ce qui s’est passé ne se reproduise plus jamais !

Ce week-end, vous avez été nombreux à voter pour nos nouveaux statuts, et ce vote va changer la donne.

Désormais, l’UMP - plus qu’aucune autre formation politique en France - sera dotée de statuts démocratiques exemplaires.

Les élections internes seront contrôlées par une autorité indépendante, et, désormais, le pouvoir des adhérents sera vraiment en mesure d’être respecté.

L’instauration de primaire pour désigner notre candidat à l’élection présidentielle est également actée, et cela constitue une révolution démocratique pour nous.

En 2016, c’est vous et vous seuls qui désignerez celui que vous jugerez le plus à même de rassembler les Français et de battre la gauche.

Certains prétendaient que ce principe des primaires ne correspondait pas à notre ADN politique…

Il y a eu des débats, et il est désormais clos.

Nous allons passer des conciliabules secrets et des sondages pour désigner notre candidat à une procédure transparente, démocratique et populaire.

C’est une page qui se tourne, et c’est un progrès !

Cette rénovation des statuts étant faite, notre devoir est maintenant de concentrer nos forces sur les élections à venir.

Les municipales seront notre premier test.

L’heure est venue d’aller à la reconquête des territoires perdus et d’adresser au gouvernement l’avertissement qu’il mérite.

Dans nos villages, nos villes, nos métropoles régionales, nous devons incarner une autre façon de diriger nos collectivités locales, avec plus de courage, plus de réalisme, plus de volonté réformatrice.

Pour ces élections, j’irai partout où je pourrais être utile à nos candidats et je défendrai nos couleurs partout où la gauche se croit en terrain conquis.

En Ile de France comme à Paris, il est urgent de développer une vision plus moderne de la capitale et de la région.

L’intuition du « grand Paris» développée par Nicolas Sarkozy était bonne et doit être relancée par l’UMP qui doit avoir l’audace de transcender les querelles de clochers.

A travers ces élections, notre devoir sera de ramener le Président de la République à la réalité.

Notre pays est enfoncé dans les marais de la récession, et François Hollande n’a pas pris la mesure de la crise.

Il nous dit que le plus dur est passé, mais tous les feux sont au rouge: l’investissement recul, les exportations reculent, la consommation recule, le pouvoir d’achat recul, seuls les déficits et le chômage avancent !

La dette ? C’est déjà 100 Md€ de plus depuis l’arrivée de la gauche.

Le chômage ? Il bat malheureusement tous ses records et il gangrène les quartiers, les territoires, les familles.

Le Président de la République promet fébrilement de stabiliser sa courbe à la fin de l’année, mais nous savons pertinemment que son pari repose sur l’utilisation massive des emplois subventionnés par nos impôts.

La France va mal, et il est temps que le Chef de l’Etat arrête d’en accuser les autres.

La récession française ne trouve sa cause ni dans la mondialisation, ni dans la zone euro, ni dans le bilan de Nicolas Sarkozy, ni dans l’action du Président de la commission européenne, et Angela Merkel n’y est pour rien…

La récession française est la conséquence directe du choc fiscal décidé par la gauche !

Le moteur de l’investissement et de la consommation a été noyé sous le flot des impôts.

2012-2013 : c’est 50 milliards d’euros de plus pour les Français et les entreprises !

Les «riches», c’est vous tous : votre ménage dépasse 5000 euros, vous avez un appartement à louer, vous disposer de quelques actions à la banque, vous êtes un auto-entrepreneur, vous êtes un investisseur, vous avez une aide à domicile… cela suffit pour vous faire passer pour Crésus.

A force de «tondre» tout ce qui pousse, l’ascenseur social est en train de devenir le descendeur social : les classes supérieures deviennent les classes moyennes, les classes moyennes deviennent les classes populaires, et les classes populaires n’ont plus le rêve de pouvoir monter les marches de la promotion sociale.

Voilà où nous mène la culture du nivellement par l’impôt et par le bas.

En réalité, les socialistes ont préféré demander aux ménages et aux entreprises de payer la note des déficits plutôt que d’exiger de l’Etat qu’il se serre la ceinture.

On réembauche 60.000 enseignants, on renonce au principe de ne recruter qu’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, on retarde la réforme des administrations, on supprime pour la fonction publique le jour de carence en cas d’arrêt maladie contrairement aux salariés du privé…

Bref, les socialistes ont choisi l’Etat plutôt que l’économie, ils ont choisi de sacraliser les 35 heures et les emplois jeunes plutôt que la compétitivité, ils ont choisi les impôts plutôt que la réduction des dépenses publiques, et ce qui devait arriver arriva: l’activité s’est bloquée.

Parmi les grands pays industrialisés, la France est le seul à être en récession. Etats-Unis, Japon, Allemagne, Grande-Bretagne, tous connaissent une reprise économique plus ou moins importante. Sauf nous !

François Hollande n’a aucune excuse.

Il a trop promis durant sa campagne présidentielle et la colère d’aujourd’hui est la rançon de ses mensonges; il a fait un mauvais diagnostic sur l’état de la France et il continue en poursuivant une politique récessive; et, au surplus, il a divisé les Français au moment où il aurait dû les rassembler.

La République est notre bien le plus précieux et je la vois secouer sur ce qu’il y a de plus sacré, la famille et la sécurité.

Le «mariage pour tous» a déchiré la société française.

La France attachée à la tradition du mariage et à la filiation, et disons-le, attachée à une certaine idée de la famille, a été dédaignée.

Cette idée de la famille, le gouvernement la maltraite à nouveau avec le rabotage du quotient familial.

Ce que je crois, c’est que la famille, c’est une valeur, c’est un refuge. Ça n’est pas une variable d’ajustement budgétaire comme les autres !

Quant à l’insécurité, elle regagne du terrain.

Vols, cambriolages, atteintes aux personnes… la violence avance, et Monsieur Valls peut multiplier les déclarations indignées, l’exaspération grandit.

Et elle grandit parce que l’Etat se désarme.

Il est absurde et dangereux de vouloir supprimer les peines planchers alors que devons être inflexible avec les multirécidivistes ; absurde et irresponsable de laisser entendre, comme le fait la Ministre de la Justice, que c’est la prison qui crée la délinquance alors que c’est le contraire; absurde et incohérent de prétendre vouloir combattre la drogue et dans le même temps d’ouvrir des salles de shoot ; absurde et inconscient de prétendre, d’un côté, maitriser l’immigration et, de l’autre, promettre le droit de vote aux étrangers.

L’autorité de la République exige moins d’angélisme et plus de réalisme ! Et en la matière, nous devons êtes les porte-paroles des Français qui hurlent leur colère devant cette violence qui mine notre unité nationale et l’idée même de fraternité.

Inutile, Mes Amis, de s’étendre davantage sur la politique gouvernementale car les résultats parlent d’eux-mêmes…

Notre économie est à plat et le discrédit du gouvernement et de la Politique en générale s’étend.

Bref, la France souffre, et les démagogues sont en embuscade.

Certains pensent qu’en leur faisant les yeux doux on récoltera quelques voix de plus…

Cela, c’est de la petite tactique, et les électeurs ne sont pas dupes !

Plus nous céderons à la démagogie, plus la démagogie s’étendra et nous contaminera tous.

Notre devoir, c’est au contraire de hisser la France au-dessus de ses peurs, c’est d’offrir aux Français une raison de se rassembler pour relancer leur pays et retrouver confiance en l’avenir.

Et au cœur de ce rassemblement et de ce redressement, je veux vous parler d’un ressort qui a poussé notre patrie durant des siècles et qui s’est brisé, une sorte de force en nous qui s’est perdu : je veux parler de la foi dans le Progrès.

Nos ancêtres n’avaient peur que d’une chose : de mourir dans leur lit.

Nous, on nous a appris à avoir peur de tout : de la neige en hivers, du nucléaire, des mutations économiques, des innovations scientifiques, du voisin de palier lui-même…

Au premier souci, on est conduit vers une cellule psychologique. Au premier accident, on fait une loi et un règlement.

Ca n’est pas avec cette peur au ventre que nous relancerons la croissance, que nous conquérons des marchés nouveaux, que nous redonnerons aux Français la volonté de se retrousser les manches.

Je veux réconcilier notre pays avec cette idée de progrès, et lui dire que le redressement est possible.

Pour s’en convaincre, regardons l’Histoire.

En 1889, la France est au bord du gouffre.

La crise immobilière, bancaire, économique tétanise l’activité et nos industries voient passer sous leurs yeux les révolutions industrielles : l’anglaise avec la machine à vapeur, l’allemande avec la mécanisation, l’américaine avec l’électricité.

Dans nos rues, les ligues factieuses défilent et on ne parle que du scandale de Panama.

Les journaux titrent : «la Grande Dépression».

Tout en apparence semble perdu.

Mais le culte de l’innovation est tel qu’il portera la France à l’apogée de sa prospérité en 1900.

Photographie, électricité, téléphone, métallurgie fine, automobile, aéronautique, notre pays réagit.

En onze ans, la France passe de la «Grande dépression» à la Belle Epoque.

Cette tranche d’histoire est la preuve qu’un retard qui parait insurmontable peut être rattrapé en quelques années par la puissance du travail, la stimulation de l’investissement et la fougue de la créativité.

Rappelons-nous aussi la terrible crise de compétitivité de 1958, lorsque la France se demandait comment «boucler ses fins de mois».

Dès la première semaine de son mandat, le Général de Gaulle prend parti pour une «remise en ordre» sans laquelle, ce sont ses mots, «nous resterons un pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité».

Le reste de l’histoire est connue: réduction drastique des dépenses, rétablissement spectaculaire de l’équilibre budgétaire, mise en chantier de notre politique nucléaire, aéronautique, spatiale, et puis commence l’âge d’or de l’industrie française.

Et cet âge d’or, s’est traduit par des avancées spectaculaires dans la vie de tous les jours : l’énergie nucléaire est allée de pair avec la mise en réseau de tout le pays; l’électroménager a révolutionné la vie des femmes ; les avancées scientifiques et médicales ont augmenté l’espérance de vie de quinze à vingt ans; le train à grande vitesse a décongestionné la France…

Aujourd’hui, nous regardons ce passé avec nostalgie, et nous sommes portés à croire que tout est fichu.

Et pourtant, le progrès français est encore possible !

Nous en avons les atouts.

Nous avons l’atout du nombre et de la jeunesse car nous sommes le pays d’Europe dont la démographie est la plus soutenue.

Nous avons l’atout de la productivité des salariés car malgré les 35 heures, nous sommes l’une des nations dont les travailleurs sont les plus performants.

Nous avons l’atout de l’éducation et de la recherche, et là encore, malgré nos lacunes, les nobels français excellent dans les mathématiques, la médecine, la physique.

Nous avons des leaders économiques qui exportent et fédèrent autour d’eux les filières des PME.

Il y a Airbus qui double Boeing, EDF, GDF-Suez qui figurent parmi les premiers producteurs d’électricité au monde, Areva qui conquiert l’Inde après la Chine, AXA qui assure le monde, Orange qui est un des principaux acteurs mondiaux de la téléphonie mobile et de l’Internet, Michelin, LVMH, Kering, Total, Carrefour, Danone, Lafarge, Vinci, tous numéro 1 mondiaux dans leur domaine…

Nous avons encore entre nos mains les instruments de la souveraineté nationale.

L’agriculture et l’agro-alimentaire qui assurent notre indépendance alimentaire.

L’énergie nucléaire qui garantit notre indépendance énergétique.

Nos forces armées qui sont considérées parmi les plus performantes du monde.

Notre culture et la beauté de la France qui font d’elle le foyer de toutes les admirations.

Oui nous avons des atouts et c’est en s’appuyant sur eux que nous devons être une place forte de l’innovation, de l’investissement, de l’entrepreneuriat.

Mes amis, il faut mettre le paquet sur les investissements d’avenir en concentrant les efforts de la nation sur les secteurs stratégiques qui feront les ruptures de demain: les transports du futur, les biotechnologies, les économies d’énergie, les réseaux d’information à très haut débit…

Cette stratégie d’innovation doit être boostée par une baisse du coût du travail qui est supérieure en France à la moyenne européenne.

Plus le travail coûte cher moins les entreprises innovent, moins elles innovent plus elles perdent des parts de marché, plus elles perdent des parts de marchés moins elles embauchent.

Voilà pourquoi il faut une baisse forte et simple du coût du travail.

Cette stratégie d’innovation doit être épaulée par nos universités qui doivent être autonomes et imbriquées à l’activité de la nation.

Il faut arrêter de considérer notre enseignement supérieur comme une sorte de club intellectuel. Là se joue l’avenir de nos élites scientifiques, technologiques, économiques.

A cet égard, la décision du gouvernement actuel de casser la loi sur les universités que nous avions mise en place avec Valérie est une faute impardonnable.

Nous avions donné à nos universités le pouvoir d’être plus libres, plus dynamiques, et d’être dirigées par leurs présidents de façon claire et responsable.

Par idéologie, la gauche a réintroduit dans la gouvernance de nos universités la pagaille en réintroduisant les représentants syndicaux, étudiants, enseignants… Bref, il n’y a plus de patron !

C’est le retour des mammouths, alors que nos universités doivent avoir l’ambition d’être parmi les meilleurs du monde. Et pour l’être, elles doivent pourvoir librement s’organiser sur le plan pédagogique et scientifique.

Cette stratégie d’innovation doit être articulée au niveau européen afin de démultiplier notre puissance technologique et scientifique.

Il faut inventer et produire Français et européen, car ce sera bien plus efficace que de nous replier derrière nos frontières.

Et pour cela, l’Europe doit s’organiser comme une place forte de la mondialisation.

Elle doit favoriser la constitution de grands groupes européens au lieu de les freiner.

Elle doit exiger la réciprocité dans les échanges internationaux car nous ne sommes pas une passoire. Et au passage, elle doit réclamer des Etats-Unis des explications claires et nettes sur les prétendues écoutes d’espionnage dont l’Europe serait, parait-il, la cible.

Si ces faits sont avérés, des excuses américaines sont nécessaires et des mesures pour arrêter ces pratiques doivent être prises rapidement.

Ni la France, ni l’Europe ne sont des adversaires des Etats-Unis, et dois-je préciser que ni la France ni l’Europe ne doivent être des puissances qu’on traite avec mépris.

Nous sommes des alliés et des amis des Etats Unis, non des vassaux qu’on écoute ou qu’on soupçonne.

Tout cela doit s’arrêter, et si ce n’est pas le cas, il faut suspendre les négociations actuelles concernant la zone de libre-échange entre nos deux continents.

Qui dit innovation dit aussi, Mes Amis, prise de risque.

Le principe de précaution ne doit pas tout étouffer.

Un exemple : beaucoup d’experts estime que le gaz de schiste peut être la ressource du futur.

Les Etats-Unis n’hésitent pas à l’exploiter, et une partie de la croissance américaine est liée à cette nouvelle politique énergétique.

Aux Etats Unis, au terme de plusieurs décennies de recherche, la production de gaz non conventionnel a progressé de 5% en 2005 à 30% en 2012, et elle devrait représenter 46% de leur approvisionnement en 2035.

Bref, les Etats Unis vont devenir les maîtres de la prochaine révolution énergétique.

Pour des raisons environnementales, la France a stoppé tout forage de gaz de schiste, pire elle a stoppé toute recherche en la matière.

Est-ce digne de la France que de dire «non» avant même d’avoir cherché ?

La peur de la recherche, c’est la certitude de ne jamais progresser !

Qui dit innovation dit aussi refus des préjugés.

Je me souviens, lorsque je fus nommé ministre de la poste et des télécommunications, en 1995, j’ai fait venir dans mon bureau l’un des grands pontes de ce secteur.

Je lui ai parlé d’internet qui commençait à se développer outre-manche et j’ai encore sa réponse dans mes oreilles : « Monsieur le Ministre, internet c’est une mode, dans six mois on en parlera plus».

Je ne l’ai pas écouté !

J’ai engagé la réforme de France Télécom et ouvert le secteur des télécommunications à la concurrence.

En l’espace de cinq ans, quasiment tous les Français disposaient d’un mobile, les prix des communications étaient divisés par deux ; en dix ans, quasiment tous les Français disposaient d’un ordinateur et maniaient l’informatique, des milliers d’emplois d’informaticiens, programmeurs, réparateurs étaient créés.

Voilà ce que certains appelaient autrefois une «mode». Par habitude, par peur, par manque d’audace et de curiosité.

Eh bien c’est cela que je veux avec vous combattre.

C’est ce goût de l’innovation et du risque que je veux faire naître dans le cœur des Français.

Mais pour faire surgir ce nouvel état d’esprit, et il y a une condition à remplir : c’est la liberté, dont le corolaire est la responsabilité.

Nous sommes l’un des pays au monde qui compte le plus de réglementations.

Chez nous, tout est encadré, calibré, surveillé : de l’extension de votre terrasse aux conditions d’embauche d’un jeune, de l’organisation des taxis à la gestion du personnel d’une PME.

Comment voulez-vous que le Progrès surgisse au milieu de tant de défiance ?

La France a besoin d’oxygène et les Français doivent être placés en situation de bâtir leur destin personnel.

Pour cela réformons l’Etat et invitons la société à s’investir; allégeons le code du travail qui étouffe l’emploi; ouvrons les champs du dialogue social de terrain; renforçons la participation dans les entreprises ; ouvrons intelligemment les professions réglementées ; célébrons le mérite de ceux qui se retroussent les manches; faisons confiance aux familles qui ne doivent pas se défausser de leurs devoirs.

J’ai la conviction, mes amis, que le progrès français est encore possible.

Mais rien ne pourra s’enclencher en l’absence d’une sorte de révolution culturelle car l’adversaire est en nous.

Ils s’appellent le doute, le défaitisme, la peur d’échouer.

Il faudra un peu de temps pour chasser ces mauvais génies qui étouffent le véritable génie de la France, car oui, notre pays a été brillant, il a été téméraire, et il peut le redevenir si chacun s’y met.

Récemment un journaliste me demandait si je m’estimais être «l’homme de la situation»… C’est un non-sens car en République chaque Français est l’homme de la situation !

L’entrepreneur qui se bat pour son entreprise est l’homme de la situation !

Le salarié qui fait des heures supplémentaires est l’homme de la situation !

Le fonctionnaire qui accepte de revoir les régimes spéciaux de retraite est l’homme de la situation !

Le retraité qui donne de son temps pour aider les enfants déscolarisés est l’homme de la situation.

Le citoyen qui se dresse dans son quartier pour dénoncer les trafics de drogue est l’homme de la situation !

Celui qui, par respect, se lève lorsque la Marseillaise est jouée, celui qui, par courage, ne baisse pas les yeux lorsqu’une femme est agressée dans le métro, celui qui, par patriotisme, dit «nous» plutôt que «moi», est l’homme de la situation !

Le redressement du pays, mes amis, ne viendra pas seulement du sommet. Il viendra de nous tous.

Il viendra de votre lucidité, de votre courage, de votre travail.

En chaque être humain, je crois qu’il existe une lumière qui ne demande qu’à briller. Et ce sont tous ces lumières que nous devons rallumer, valoriser et fédérer.

Sur le chemin de la reconquête, nous sommes et nous serons tous utiles car chacun a en soi une force qui ne demande qu’à grandir.

Voilà notre mission, et voilà mon espérance pour la France et pour la République.

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