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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 12:54
Economie et social | Ajouté le 29.06.2011 à 17H45
Quand la France et l’Europe de l’ouest, à l’époque, sortaient de la guerre, les finances de ces pays étaient exsangues. Il a fallu le plan Marshall pour que nos pays s’en sortent. C’est à dire d‘énormes investissements, privilégiant l’avenir au quotidien.

Pour revenir encore plus en arrière, quand en 1929 la crise économique et financière mondiale s’est abattue sur tous les pays, les Etats-Unis ne s’en sont sortis que par le New Deal qui a lui aussi favorisé les grands investissements.

Nous voici dans la même situation : une crise économique mondiale, suivie, comme c’était prévisible, par une immense crise sociale. Il fallait gérer cette crise au quotidien : sauver les banques, sauver le plus possible d’industries, préserver notre modèle social. Cela a été fait, plus particulièrement en Allemagne et en France. Nicolas Sarkozy s’est imposé aux autres pays européens mais aussi plus loin aux autres pays par le G8 et le G20. La France aurait pu s’en sortir plus mal, on l’oublie un peu vite. Certes, il y a 500 000 chômeurs de plus. Certes, la crise a secoué les citoyens, mais nous ne sommes ni dans la situation de la Grèce, ni celle du Portugal, de l’Espagne, ou de l’Irlande.

Aujourd’hui, la sortie de crise est presque là, timidement bien sûr, mais le travail reprend, le chômage stabilisé va à la baisse, il semble que notre croissance atteindra 2,1% en 2011, que 150 000 chômeurs trouveront du travail…

Il faut maintenant passer à la vitesse supérieure et investir pour l’avenir.

C’est à l’évidence dans la recherche et l’enseignement supérieur qu’il faut investir, dans les communications et les nouvelles technologies. Il en va de l’avenir de notre pays, pour qu’il devienne compétitif vis-à-vis des autres (Chine, Inde…). Certes, il faut continuer à traiter la crise qui n’est pas terminée, mais surtout déjà prévoir les lendemains

Le parti socialiste et ses amis de gauche sont restés à des idées du Xxème voire XIXème siècle. Ils font fausse route. Quant à Marine Le Pen, elle s'essaie, après son père, à une démagogie dangereuse. Il est tentant pour ces partis d’opposition de ne voir que le conjoncturel. Promettre toujours promettre (35 heures, retraite à 60 ans, emplois aidés de fonctionnaires...), ces idées sont mortifères. C’est la le danger du parti socialiste et de ses amis de gauche.

Les gisements d’emplois sont certes à trouver dans les nouvelles technologies ; elles ne sont pas encore aujourd’hui inventées, mais demain elles révolutionneront le monde.

Le challenge est important. Dans 25 ans seront-nous capables de concurrencer les autres pays du monde ? Oui si nous investissons dans l’intelligence, c’est à dire dans la recherche. C’est le sens du grand emprunt, c’est la seule voie possible.

Pr Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris
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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 12:42
Santé | Ajouté le 01.07.2011 à 11H00
Il est vrai qu’aujourd’hui la mode mais aussi la nécessité est de fabriquer des aliments biologiques, c’est le retour en arrière.
Attention cependant à ne pas faire n’importe quoi. Les « épidémies » dues au bacille Eschérichia Coli entéro hémorragique, si tant est que cela soit vérifié, sont en partie la conséquence de l’inconséquence…

Depuis des années les aliments sont cultivés sur d’immenses surfaces agricoles, arrosées de pesticides et autres substances qui, mal surveillés, peuvent être nocives. Cela dit, nourrir 6 milliards d’hommes et de femmes dans le monde nécessite d’immenses quantités de produits alimentaires. Sachons que les réserves sont maigres, 60 jours d’aliments c’est tout.

Les OGM sont maintenant interdits en France, ils sont autorisés presque partout dans le monde permettant une productivité supérieure à celles d’antan mais cette « nouveauté » fait peur…

Les bio-carburants, nouvelle lubie des écologistes nécessitent des millions d’hectares qui ne sont plus cultivés pour l’alimentation et déjà sur le continent américain les produits alimentaires commencent à manquer.

Il est bien de faire fonctionner les voitures avec du bio éthanol, il est néanmoins préférable de donner à manger aux hommes…

Quant aux cultures biologiques, refusant les adjuvants chimiques, elles nécessitent des engrais « naturels » issus des animaux, purin, déjections, etc. qui sont, certes, riches en azote mais aussi en microbes…

C’est ce qui est arrivé pour partie lors de cette épidémie, nous sommes revenu au moyen âge…où tant d’épidémies ont décimé des populations entières…
Ce retour en arrière est extrêmement ambigu. Plus d’électricité nucléaire, plus de pétrole, plus d’engrais chimique, comment allons nous vivre dans 10 ou 20 ans ?
Certes, il faut un équilibre, une surveillance, des précautions, mais refuser la modernité c’est aussi accepter les drames.

Alors, ne soyons pas tributaires de décisions des écologistes fervents amateurs du passé. Sachons sereinement accepter les contrôles et les études agroalimentaires, sachons accepter les produits phytosanitaires, il en va non seulement de l’équilibre nutritionnel du monde mais aussi de la sécurité sanitaire des populations.

Cette épidémie est grave, mais nous trouverons les soins nécessaires à son éradication, les médicaments utiles et efficaces.

Ne serait-il pas mieux de ne pas avoir ces infections qui sont graves et parfois mortelles ? Mais surtout il nous faut la vérité, quels sont ces aliments, comment ont-ils été cultivés ?

Pr Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris
 
     
  
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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 12:28

Lorsque le Premier ministre se rend dans notre région pour annoncer la participation de la Vendée à l’appel d’offres pour l’éolien offshore, le président du conseil régional n’est pas présent.
A l’occasion du déplacement aujourd’hui, du chef de l’État et du Premier ministre dans la Sarthe, sur la qualité alimentaire, dans la 2ème région agroalimentaire de France, l’exécutif régional n’est pas représenté. Pendant ce temps Jacques Auxiette rédige son communiqué de soutien à la candidature de Martine Aubry…

 

Fait encore plus inadmissible, lorsqu’il convoque l’ensemble des conseillers régionaux, avec présence obligatoire, lundi 20 juin dernier pour la présentation des schémas régionaux, le président ne s’y rend pas !
J’ai manifesté mon désaccord quant à cette désinvolture en souhaitant ne pas être présent à une deuxième convocation une semaine plus tard pour donner un blanc seing à ces schémas qui seront soumis pour consultation à nos partenaires…après le vote de l’assemblée régionale. Comme l’a rappelé hier Christophe Béchu « c’est une concertation factice. On nous fait prendre part au vote sur une version provisoire ».
Alors, qu’en conclure ? Manque de considération à l’égard des élus ? Nouvelle forme d’exercice de la politique clanique, irrévérence à l’égard des électeurs ou absence de respect républicain ?

 

Franck LOUVRIER le 28 juin 2011

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 12:22

Le maire de Nantes a une nouvelle fois montré son relatif sens de l’équilibre en contestant la politique éducative du gouvernement.
Il est important de rappeler que notre pays résiste aux difficultés de la crise internationale en raison notamment de la décision de non-renouveler un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.
Ceci n’empêche pas la Loire-Atlantique de se voir attribuer ces deux dernières années 107 emplois supplémentaires d’enseignants du 1er degré. Jean-Marc Ayrault oublie aussi de préciser que la croissance démographique de notre département a amené l’Académie de Nantes à relever à la rentrée de cette année les seuils de manière à équilibrer les ouvertures de classes par des fermetures en nombre suffisant. Il y a ainsi en 2010 en Loire-Atlantique plus d’ouvertures que de fermetures de classes : 69 ouvertures contre 59 fermetures !
Pour 2012, contrairement à ce qu’écrit le maire de Nantes, l’annonce présidentielle du maintien du nombre total de classes de primaire sera effective car l’ancien enseignant n’est pas censé ignorer que ces décisions se prennent bien avant le mois de mai de l’année de la rentrée.
Enfin en ce qui concerne le nombre de postes ouverts au concours du 1er degré, il sera annoncé prochainement et permettra bien évidemment de tenir l’engagement du président de la République sur le maintien du nombre de classes.
La logique politicienne de M. Ayrault, qui entretient des inquiétudes, est vraiment irresponsable quand on connaît l’ampleur de la tâche du personnel éducatif pour préserver la qualité de l’enseignement dispensé.

 

 

Franck LOUVRIER Le 26 Juin
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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 12:16
Incroyable ! 

Celui qui ferme nos églises en Algérie, vient en France inaugurer une mosquée ...   

SAÔNE-ET-LOIRE Ministre du Culte algérien et député de la communauté algérienne, Bouabdallah Ghlamallah est venu inaugurer la nouvelle mosquée de Torcy, en Bourgogne. Une présence qui montre limportance grandissante de la communauté algérienne dans cette commune « de France ». C'est vendredi en milieu daprès-midi que Bouabdallah Goulamallah a été accueilli par le premier magistrat de Torcy en la personne de Roland Fuchet (PS). Accompagné notamment par le consul général venu de Lyon, Abdelkader Kacimi El Hassani, et le président de la fédération régionale Sud-Ouest de la Grande Mosquée de Paris, Abdallah Zekri, le haut représentant de la communauté algérienne a pu constater dentrée « l'importance et la considération accordée à celle-ci au niveau local ». La présence de ce ministre algérien en France, venant prendre acte d’une nouvelle étape de l'islamisation du pays, est particulièrement choquante : cest ce même Bouabdallah Ghlamallah qui avait, l'année dernière, fait fermer 10 églises, et sétait justifié au journal L'Expression par cette phrase : 

« J'assimile l'évangélisation au terrorisme. » 


La « réciprocité » de la « tolérance » ne semble pas encore d'actualité. 
  
Rendormez vous mes frères, ça pénètre en douce. 
NDLR: à noter que l'église de Torcy s'appelle Saint-Barthélémy.

Par Gaullistes de Bretagne et Pays de la Loire
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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 10:18

*Vivre à la Française signifie notamment ne pas porter le voile islamique.

 

On va te juger.” Mercredi, vers 1 h, voilà ce qu’a entendu un homme de 29 ans après la visite surprise de ses trois beaux-frères dans son appartement de la rue Roucher, dans l’Écusson (Montpellier). Ces individus, âgés de 17, 18 et 25 ans, ont frappé violemment à sa porte, avant d’entrer, de refermer, de confisquer la clé et de sommer le beau-frère et sa femme - leur sœur donc - de s’asseoir sur le canapé.

Ces jeunes Français d’origine algérienne ont donc “jugé” l’homme en lui reprochant d’être d’origine marocaine… Pire, selon les déclarations des victimes, “ils l’ont accusé de laisser leur sœur vivre à la française, à savoir fumer, boire et ne pas porter le voile“, révèle-t-on au commissariat.

La sanction n’a pas tardé à tomber : le beau-frère a été frappé à coups de pied et de poing - il a notamment le nez cassé et de nombreux hématomes au visage. Même son épouse a été battue lorsqu’elle a tenté de s’interposer…

Le calvaire des victimes a pris fin lorsque les individus se sont endormis. Le couple a alors réussi à s’emparer de la clé, à s’enfuir et à prévenir le commissariat.

[…]

Outre ces actes désolants de violence, les policiers en ont profité pour résoudre d’autres affaires.

L’aîné, condamné en 2005 à dix ans de prison pour des coups mortels par les assises de l’Hérault, était recherché pour évasion. Bénéficiant d’une permission de sortie, il n’avait pas réintégré la prison de Seysses (Lot-et-Garonne) depuis près d’un mois… Celui de 18 ans a été condamné en comparution immédiate pour des cambriolages, voilà trois semaines, à six mois de prison, peine qu’il devra donc purger à partir d’aujourd’hui. Il est impliqué dans un cambriolage perpétré le 11 juin, tout comme le troisième, 17 ans, soupçonné d’autres vols.

 

Source: Midi Libre le 21 Juin 2011

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 15:46
Éolien en mer : Areva postule pour le projet à 10 milliards
Par Marine Rabreau
29/06/2011 
Site d'éoliennes en mer au Danemark.
Site d'éoliennes en mer au Danemark. Crédits photo : Anonymous/ASSOCIATED PRESS

Après s'être allié à GDF Suez et Vinci pour répondre à une partie de l'appel d'offre éolien offshore français, Areva rempile et se rapproche du géant espagnol Iberdrola pour obtenir le reste du projet géant.

Après l'accident nucléraire japonais du 11 mars dernier de Fukushima, qui a remis en cause la sécurité des centrales nucléaires dans le monde, Areva entend sécuriser ses investissements en se plaçant comme acteur majeur de l'éolien en mer. Ainsi, après s'être déjà allié à GDF-Suez et Vinci pour répondre à une partie de l'appel d'offre géant lancé récemment par le gouvernement français, le groupe nucléaire a annoncé ce mercredi matin avoir signé un partenariat stratégique avec Iberdrola Renewables, filiale du géant espagnol Iberdrola et numéro un mondial de l'éolien offshore, pour répondre à l'autre partie de l'appel d'offres. Le projet, détaillé en janvier dernier par Nicolas Sarkozy après avoir été plusieurs fois reporté, consiste pour sa première phase à implanter quelque 600 éoliennes d'une puissance installée de 3000 mégawatts (MW) en France. À l'horizon 2020, le gouvernement vise un objectif de 6000 MW de puissance éolienne en mer, soit 1200 unités à construire. Le montant global de l'appel d'offre se montant à environ 10 milliards d'euros. À noter que le cahier des charges de l'appel d'offres sera publié en juillet, soit avec deux mois de retard sur le calendrier initial.

 

Dans le détail, «Areva et Iberdrola visent deux grandes zones sur les cinq retenues pour la première phase de l'appel d'offres», explique le groupe français dans un communiqué : Saint-Brieuc et Saint-Nazaire. Ce qui complète, pour Areva, sa candidature faite avec GDF Suez et Vinci, qui porte sur les trois autres zones, à savoir Dieppe-Le Tréport, Fécamp (toutes les deux en Seine-Maritime) et Courseulles-sur-Mer (Calvados). Si l'alliance était retenue, Iberdrola Renewables développerait le projet comme il le fait en Allemagne ou au Royaume-Uni tandis qu'Areva fabriquerait et fournirait exclusivement des éoliennes de 5 MW.

 

À l'heure actuelle, Areva/Iberdrola, GDF Suez-Vinci-Areva et EDF Energies Nouvelles/Alstom sont donc candidats à l'appel d'offres. Cette annonce pourrait être la dernière faite sous la direction d'Anne Lauvergeon dont le mandat expire le 30 juin. Luc Oursel prendra alors la tête du directoire demain, jeudi.

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 13:11

Le Point.fr - Publié le 28/06/2011 à 16:53

Le braqueur a été interpellé à Lille. Il avait échappé à un vaste coup de filet il y a quelques mois.

Policière municipale tuée à Villiers-sur-Marne : un suspect interpellé

Redoine Faïd avait échappé en janvier à des interpellations. © Ibo / Sipa

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Redoine Faïd, un braqueur qui avait échappé en janvier à des interpellations dans l'enquête sur une policière municipale tuée lors d'une fusillade en mai 2010 dans le Val-de-Marne, a été interpellé mardi à Lille, a-t-on appris de sources proches du dossier. Les policiers de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) l'ont interpellé alors qu'il était vraisemblablement sur le point de participer à un projet de braquage de transport de fonds dans la région lilloise, a dit cette source, selon les tout premiers éléments de l'enquête.

 

Il a été arrêté à 14 h 30 à Villeneuve-d'Ascq (banlieue de Lille) et placé en garde à vue à Lille, selon une autre source, et se trouvait avec deux autres hommes, dont on ignorait s'ils avaient été eux aussi placés en garde à vue. Vingt-sept personnes avaient été interpellées en janvier 2011 lors d'une vaste opération policière, placées en garde à vue et certaines avaient été mises en examen dans l'enquête sur la mort de la policière municipale Aurélie Fouquet, 26 ans, tuée le 20 mai 2010 à Villiers-sur-Marne lors d'une fusillade entre braqueurs et policiers.

 

Redoine Faïd avait échappé de peu aux enquêteurs, qui s'en étaient émus, laissant entendre qu'il avait été prévenu du coup de filet. Il venait de publier un livre, où il racontait son itinéraire de délinquant des cités, se disant spécialiste, repenti, des attaques de fourgons blindés. Il avait contribué pour une large part au documentaire du journaliste Jérôme Pierrat, diffusé le 3 janvier dernier sur Canal+, décrivant de l'intérieur les nouveaux "caïds" des cités HLM. Redoine Faïd était le principal protagoniste de ce documentaire vu, selon la chaîne cryptée, par plus d'un million d'abonnés.

Par Laurence Neuer

 

Le Point.fr
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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 13:06

 

François FILLON s'est rendu à La Mure (Isère) pour un déplacement sur le thème de l’action de l’Etat dans les territoires, en présence de Claude GUEANT le Lundi 20 juin 2011.

 

 

Mon cher Fabrice,

 

Après les visites à la fois passionnantes et émouvantes, simples, que nous avons effectuées à l’instant avec Claude GUEANT, au fond, ce discours est assez superflu. Cette visite que j’avais voulue pour illustrer la politique de proximité de l’Etat est parfaitement symbolisée par les haltes que nous avons faites sur les projets de la commune de La Mure.

 

Je voudrais remercier tous les élus qui ont accepté de participer à cette journée qui incarne le respect que la République se porte et je voudrais, en particulier, remercier le président du Conseil général de sa présence.

Enfin, je voudrais dire à Fabrice que je savais, en venant à La Mure, que je serais impressionné, impressionné par son dynamisme, impressionné par son éloquence, impressionné par sa capacité à réaliser des projets qui peuvent parfois paraître sans doute aux habitants de La Mure, lorsqu’il les leur présente, inatteignables. Je veux juste lui dire que 27 ans, c’est un très bel âge, c’est celui auquel j’ai été élu maire de Sablé, auquel je suis rentré au Parlement. Voilà, je vous laisse simplement imaginer quel peut être l’avenir de Fabrice.

 

J’ai voulu venir à La Mure pour évoquer avec vous l’action de l’Etat dans les territoires. Si nous avons voulu, avec le Président de la République, engager des réformes profondes de notre pays, et au fond si nos concitoyens nous ont confié ce mandat, c’est pour remettre un certain nombre de structures anciennes au diapason des mouvements qui traversent notre société et qui traversent le monde qui nous entoure.

 

L’Etat est là pour soutenir l’ambition des territoires, leur activité économique, leur offre de service, leur offre culturelle, comme on a pu le voir tout à l’heure avec l’inauguration de cette magnifique médiathèque. Il doit être là aussi pour garantir l’égalité territoriale, la même sécurité, la même protection, la même santé, le même accès aux nouvelles technologies, pour tous nos concitoyens sans distinction.

 

Et pour répondre à tous ces enjeux, il est impératif que l’Etat se renouvelle, se renouvelle dans ses structures, dans son organisation.

On le voit bien avec l’exemple de la sécurité, nos territoires ont traversé des mutations très profondes, mais en même temps on est resté très longtemps figé sur des schémas, sur des organisations, sur des découpages entre police et gendarmerie, quasiment immuables. Eh bien, c’est cela que nous avons choisi de changer.

En inaugurant la gendarmerie de La Mure, je suis venu rendre hommage aux gendarmes et à l’ensemble des forces de sécurité qui sont engagées ces dernières années dans des évolutions qui sont des évolutions importantes et qui ont suscité naturellement bien des craintes et des critiques et des appréhensions.

Je suis venu leur dire toute la confiance et tout le respect que leur action, leur sens des responsabilités, leur dignité dans l’épreuve inspirent au Gouvernement et au-delà du Gouvernement, à l’ensemble de nos concitoyens. Je suis venu pour évoquer les enjeux du présent et de l’avenir que symbolisent d’une certaine façon les nouveaux bâtiments que nous avons vus tout à l’heure.

La loi Gendarmerie du 3 août 2009 est venue se substituer à une loi qui remontait au 17 avril 1789 et à un décret organique du 20 mai 1903. Eh bien, il fallait s’adapter aux réalités économiques et sociales. Il fallait répondre aux mutations de la délinquance. Il fallait resserrer les liens entre les gendarmes et les policiers.

 

Mais l'unité n'est pas l'uniformité. La Gendarmerie nationale a conservé dans la réforme son originalité, c'est-à-dire ce statut de force à statut militaire, au service de missions d'ordre civil en France, ou en opérations extérieures, comme ce fut le cas récemment en Haïti il y a un an ou tout récemment en Côte d'Ivoire, et je veux dire combien les gendarmes s'y sont particulièrement distingués. Je veux aussi évoquer l'Afghanistan, où près de 200 gendarmes assurent en ce moment même l'encadrement et la formation des futurs policiers afghans.

 

Avec le rapprochement entre la police et la gendarmerie, nous avons cherché à rationaliser des moyens dont nous savons qu'ils ne sont pas illimités. Mais surtout ce rapprochement relève d'une logique opérationnelle, parce que les deux forces sont appelées à lutter contre les mêmes phénomènes de délinquance. D'un côté la Police nationale a développé le concept de police d'agglomération, de l'autre la Gendarmerie met en place celui de police des territoires. Et l'objectif est simple : il s'agit d'assurer partout et pour chaque citoyen un niveau de sécurité identique, une même réponse en matière d'assistance, de prévention et de répression.

 

Sous l'impulsion du Président de la République et grâce à l'action qui est celle des gendarmes et des policiers, cette politique de sécurité a gagné en impact et elle a donné des résultats. Je n'ai pas besoin de rappeler les chiffres, je veux simplement dire qu’une politique de sécurité qui réussit c'est une politique qui fait reculer la délinquance, c'est une politique qui permet d'augmenter le taux d'élucidation des affaires, c'est une chaîne pénale qui fonctionne. Mais, nous sommes en face d'une délinquance qui évolue presque plus vite que les méthodes nouvelles que nous mettons en place, que les réformes que nous réalisons, que les adaptations qui sont les nôtres, et donc, il faut en permanence avoir présent à l'esprit cette nécessité d'adapter les structures, de faire appel aux technologies les plus modernes, comme on l'a vu tout à l'heure, tout en respectant les traditions et les valeurs qui sont celles de nos forces sécurité.

 

Je veux évoquer la lutte pour la Sécurité routière qui a connu elle aussi une évolution marquée, c'est un sujet évidemment extrêmement sensible, et je ne peux pas en venant ici dans ce département ne pas me souvenir du terrible accident de la descente de Laffrey il y a quatre ans, où étaient décédés des pèlerins polonais. Vous savez, en 1976, il y avait 20.000 morts sur les routes françaises. Il y a dix ans, il y avait encore 8.000 morts sur les routes françaises, et en 2010, on est passé pour la première fois en dessous des 4.000 morts, et 4.000 morts c'est encore beaucoup trop.

Je regardais les chiffres tout à l'heure pour votre département ; même s'ils sont en baisse, 27 décès, je crois, pour l'année passée, ce sont des chiffres qui sont considérables à l’échelle de notre pays et nous avons le devoir de continuer la lutte pour assurer la sécurité de nos concitoyens sur les routes.

Et assurer la sécurité de nos concitoyens sur les routes, c’est d’abord leur demander de respecter les règles. J’entends bien toutes les remarques et toutes les critiques de tous ceux qui sont confrontés, parce qu’ils roulent beaucoup, aux contrôles, mais enfin, les règles sont les mêmes pour tout le monde. Elles doivent être respectées, elles doivent être respectées parce qu’elles sauvent des vies, la limitation de la vitesse, le respect du code de la route, le respect des règles qui conduisent à ne pas prendre la route après avoir bu ou encore pire s’être drogué. Mais le respect des règles c’est aussi et tout simplement le respect de la vie en société. Et quand on commence à choisir les règles que l’on veut respecter et celles que l’on ne veut pas respecter, alors c’est l’ensemble de l’organisation de notre société qui est menacé.

 

Nous ne nous satisfaisons pas de ce bilan sur la sécurité routière comme sur la lutte contre la délinquance. On ne peut pas seulement produire des chiffres. Il faut répondre à l’attente légitime des Français dont l’insécurité mine la confiance dans l’avenir. Nous devons poursuivre notre effort face aux nouvelles formes de délinquance et nous devons continuer à chercher les solutions les plus efficaces et les modes de fonctionnement les plus pertinents.

 

C’est dans cet esprit que le ministre de l’Intérieur, Claude GUEANT, vient de donner des directives pour renforcer la synergie entre les forces et il s’est appuyé sur un certain nombre d’expériences qui ont été conduites et en particulier sur des expériences qui ont été conduites ici dans l’Isère. Il y a en effet des problématiques de sécurité communes à la police et à la gendarmerie qui demeurent dans les zones charnières entre les agglomérations, les territoires ou les départements c’est-à-dire entre les aires de compétences respectives des gendarmes et des policiers.

C’est l’objet de la coordination opérationnelle renforcée entre les agglomérations et les territoires que d’y remédier et le préfet de l’Isère, Eric Le DOUARON , en est l’un des promoteurs depuis sa prise de fonction, il y a près d’un an maintenant.

 

Cette coordination opérationnelle c’est un atout.

En Isère, les résultats sont là avec une délinquance qui continue d’enregistrer une baisse avec un taux de résolution des affaires qui progresse de près de 8 % par rapport à la même période en 2010. Mais la sécurité n’est pas le domaine exclusif de l’Etat. Les élus et leur police municipale sont tout particulièrement impliqués. Les contacts directs entre les maires, les gendarmes et les policiers ainsi que la coordination entre les polices municipales et les forces de gendarmerie ou de police nationale garantissent une sécurité globale qui bénéficie de tous les leviers d’action locaux.

 

Le renforcement du lien de confiance noué entre les forces de l’ordre et les habitants, permet également d’associer la population à sa propre sécurité. Il s’agit de promouvoir la solidarité citoyenne pour une meilleure sécurité de tous. Je veux dire que la sécurité c’est l’affaire des forces de sécurité, c’est l’affaire de la justice, c’est l’affaire des responsables publiques, mais c’est aussi l’affaire de chaque citoyen et c’est en éduquant ses enfants, c’est en veillant à ce qu’ils aillent à l’école, c’est en leur donnant l’exemple, s’agissant du respect des règles, y compris en matière de sécurité routière, que l’on participe à construire une société plus sûre.

 

Ce renouveau de notre politique de sécurité, il est à l’image de l’ambition de réforme qui nous anime depuis 2007. La France est un pays riche de traditions anciennes et profondes et cela n’est pas renier notre héritage que de les moderniser. Tout le monde reconnaissait l’enchevêtrement, la complexité accumulée au fil du temps de notre organisation territoriale. Tout le monde le reconnaissait, mais lorsque des habitudes sont en passe d’être bousculées, beaucoup préfèrent trouver soudain des vertus au statu quo. Est-ce qu’il fallait une fois de plus ne rien faire, ne rien changer pour ne bousculer personne ? Ca n’est pas l’esprit qui nous anime. Et nous avons engagé la loi sur la réforme des collectivités locales en 2010 et le tableau des effectifs des conseillers territoriaux vient d’être voté par le Parlement. C’est donc une réforme qui est maintenant en ordre de marche.

 

Dès 2014, le conseiller territorial sera l’acteur essentiel de cette nouvelle décentralisation. Elu dans un canton, ce sera un élu de terrain, c’est le conseiller territorial qui portera la voix de la Matheysine, à la fois à Grenoble et à Lyon. Et c’est par cet élu que la cohérence se fera entre le département et la région.

C’est une évolution d’autant plus essentielle que la répartition des compétences et des financements sera clarifiée, avec une clause de compétence générale maintenue pour les communes et une spécialisation des compétences des départements et des régions et la possibilité pour toutes les collectivités de s’investir dans des domaines nouveaux d’intervention non encore prévus par la loi, comme ce fut le cas pour les technologies de l’information et de la communication au cours des dernières années.

 

Cette réforme des collectivités locales produit déjà ses premiers effets, les tableaux de rationalisation de l’intercommunalité sont entamés sur l’ensemble du territoire.

La procédure d’élaboration des schémas départementaux de coopération intercommunale a été engagée.

Cette démarche accorde une place très importante au dialogue avec les élus. Je sais qu’ici en Isère cette concertation est intervenue très en amont, et je sais que l’association des maires y a joué un rôle très important.

 

Je sais aussi que dans la Matheysine, il y a un enjeu fort de rapprochement de trois intercommunalités, qui existent sur ce territoire du sud de l’Isère.

Ici comme dans d’autres départements, des élus ont regretté les délais d’élaboration du schéma qui leur paraissait court au regard des ambitions affichées. Ces délais ont été voulus par le Parlement, qui a souhaité que la rationalisation de l’intercommunalité soit achevée suffisamment longtemps avant les élections municipales de 2014. Et c’est donc la date du 1er juin 2013 qui s’impose, parce qu’elle a été votée par l’Assemblée nationale et le Sénat.

Mais j’ai déjà eu l’occasion de le dire et je veux le répéter devant vous, il ne faut pas s’attacher à la seule question du respect scrupuleux des délais, ce qui compte c’est l’intensité de la concertation, c’est la solidité des orientations posées. Et c’est la raison pour laquelle avec le ministre de l’Intérieur nous avons offert la possibilité dans les cas où c’est nécessaire de se donner un peu plus de temps pour conduire les discussions. L’important c’est d’aboutir. Si on aboutit dans les délais c’est mieux, si on aboutit un peu après les délais, cela n’est pas grave du moment que l’état d’esprit général qui préside à la réflexion et à la concertation est bien celui de rationaliser notre organisation, d’être plus efficace, d’aller vers une plus grande mutualisation des moyens et au fond d’adapter notre pays aux enjeux qu’il doit chaque jour affronter.

 

Donner une nouvelle impulsion aux territoires c’est aussi consolider les finances des collectivités locales.

Depuis la loi de finances pour 2010, nous avons mis en œuvre la réforme de la taxe professionnelle. Elle a été évidemment considérablement critiquée. Je pense que chacun constate aujourd’hui qu’une bonne partie de ces critiques étaient très excessives. Et nous avons en face de cette réforme une reprise considérable des investissements des entreprises. Pour l’année 2011, c’est près de 17 % d’investissements supplémentaires que les entreprises vont faire. Il y a une part naturellement qui est liée à la reprise de l’activité, à la croissance économique. Mais il y a une part aussi qui est liée aux mesures que nous avons prises pour alléger de 5 milliards d’euros la fiscalité des investissements des entreprises ou encore pour aider les entreprises qui investissent dans la recherche et dans l’innovation.

 

Après une année de transition en 2011, tous les nouveaux outils fiscaux seront donc en place en 2012. Au-delà des ajustements qui ont été nécessaires pour une réforme d’une ampleur considérable, je retiens que les nouveaux outils créent des ressources dynamiques en lien direct avec les activités économiques dans un contexte de croissance qui repart.

Nous avons aussi porté une attention particulière à la péréquation des ressources entre collectivités et cette péréquation bénéficie largement aux communes des espaces ruraux.

 

Des ressources fiscales plus efficaces, des ressources fiscales plus dynamiques, une péréquation renforcée, c’est autant de marges de gestion pour les collectivités locales, tout en restant dans la trajectoire de redressement des comptes publics qui conditionne l’indépendance financière de notre pays.

Nous ne sommes pas dans une compétition entre l’Etat d’un côté et les collectivités territoriales pour savoir qui fait le plus, qui fait le moins, qui aide le plus, qui aide le moins. Nous sommes devant un défi à relever qui est de réduire l’endettement de notre pays.

1.500 milliards d’euros de dettes accumulées depuis 36 ans, 45 milliards d’intérêts payés chaque année aux banques qui nous prêtent de l’argent, c’est une situation dangereuse. Et c’est une situation qui ne peut pas durer. Et on a bien vu, on voit bien avec ce qui se passe autour de nous en Europe que l’époque où on pouvait considérer que les Etats étaient intouchables et que leur situation financière était sans conséquence, cette époque-là est révolue. Et désormais, si nous voulons rester un pays indépendant, si nous voulons continuer à emprunter à des taux bas, c’est-à-dire à financer notre développement, si nous voulons que les générations qui nous suivent ne portent pas un regard extrêmement critique sur l’action qui a été la nôtre, alors il faut désendetter notre pays . Et pour désendetter notre pays, il n’y a pas trente six solutions, il faut que toutes les sources de la dépense publique fassent l’objet d’un effort de rationalisation, de modernisation, l’Etat, les collectivités territoriales, l’ensemble de notre système social. C’est un impératif. Je dis d’ailleurs que cet impératif, au-delà des joutes préélectorales, c’est un impératif qui s’imposera à tout le monde.

Nous avons aussi décidé de redonner des marges de manœuvre aux collectivités locales en desserrant les contraintes des normes.

Nous avons mis en place en 2010 un moratoire des normes nouvelles.

Une commission d’élus a été mise en place qui examine désormais les projets de textes réglementaires avant leur publication.

Et cette commission est de plus en plus exigeante, et c’est normal, vis-à-vis des services de l’Etat qui élaborent les normes, souvent sans se préoccuper des conséquences qu’elles auront sur les collectivités locales, et sur leurs finances.

A l’automne, une proposition de loi d’allègement de normes opposables aux collectivités territoriales sera examinée.

Je tiens à ce que ces travaux d’allègement soient menés à bien avant 2012.

Enfin, notre attention aux territoires ruraux est renforcée.

Il y a un peu plus d’un an, le comité interministériel d’aménagement du territoire consacré aux territoires ruraux, qui a fait suite d’ailleurs à une large consultation, a pris des décisions pour favoriser l’égalité territoriale.

Je veux évoquer la mobilisation des investissements d’avenir sur le haut et le très haut débit.

Nous avons en effet décidé de consacrer près de 30 milliards d’euros aux investissements d’avenir pour stimuler la reprise de notre économie, une partie importante de ces dépenses d’avenir sera dirigée vers les nouvelles technologies de l’information, et dans ce cadre-là, vers l’accès de tous les territoires à ces nouvelles technologies.

C’est aussi le financement de 250 maisons médicales.

C’est la signature d’un accord avec 11 opérateurs de services publics pour expérimenter, dans 23 départements, la mutualisation des points d’accès aux services au public.

C’est l’engagement d’une deuxième génération de pôles d’excellence rurale, aujourd’hui mise en place.

C’est encore la création d’une dotation d’équipement des territoires ruraux, d’un montant de 615 M€, destinée à cofinancer les projets locaux.

J’avais aussi, à l’occasion des 25 ans de la loi « montagne », annoncé le lancement d’un bilan de ce texte emblématique.

Les inspections générales et le Conseil national de la Montagne viennent d’achever ce travail de bilan.

Je réunirai donc à l’automne le Conseil national de la Montagne pour tirer tous les enseignements du travail qui a été fait, et je sais que vous y serez très attentifs.

Voilà, mesdames et messieurs, monsieur le maire et mon cher ami, le mouvement de réforme que nous avons lancé en 2007 est en train de porter ses fruits et je veux croire qu’avec le temps, malgré les débats, malgré les difficultés, sa pertinence s’imposera de plus en plus dans les esprits et dans les faits.

Mais il y a une chose qu’il me tient à cœur de dire ici aujourd’hui : c’est que contrairement à ce discours convenu, que j’entends d’ailleurs depuis trente ans, dans la bouche des élus de droite quand ils sont dans l’opposition, et dans la bouche des élus de gauche quand ils sont dans l’opposition, cette politique n’est pas une politique de «casse des services publics». Ça n’est pas une politique d’abandon des territoires. Rien n’est plus faux et rien n’est plus injuste.

Il s’agit d’adapter la France. Il s’agit d’adapter la France pour lui permettre de tenir son rang dans la mondialisation. Nous modernisons les structures de notre pays pour améliorer les missions, pour améliorer les services. Nous réformons notre organisation pour soutenir nos territoires. Nous essayons simplement de faire vivre la République. Et faire vivre la République, ce n’est pas sans arrêt invoquer ses mânes, c’est mettre au goût du jour une organisation qui doit être au service de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

 

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 13:02
 
François FILLON s'est rendu à Verdun (Meuse) pour la commémoration du 95ème anniversaire de la bataille de Verdun le Dimanche 26 juin 2011.

 

 

Monsieur le ministre,

Monsieur l’Ambassadeur,

Mesdames et Messieurs les parlementaires et élus,

Messieurs les officiers généraux,

Monseigneur,

Mesdames, Messieurs,

 

Le soldat Biron avait 31 ans, et on l’évacuait de Verdun, lorsqu’il écrivit la lettre suivante :

« Ma chère mère,

Par quel miracle suis-je sorti de cet enfer ? Je me demande parfois s’il est bien vrai que je suis encore vivant. Nous sommes montés mille deux cents, et redescendus trois cents. Pourquoi suis-je de ces trois cents, je n’en sais rien. (…) Personne ne pourra jamais savoir par quelles transes et quelles souffrances horribles nous avons passé. (…) huit jours sans manger et presque sans boire, huit jours à vivre au milieu d’un charnier humain, couchant au milieu des cadavres, marchant sur nos camarades tombés la veille. Ah ! J’ai bien pensé à vous, durant ces heures terribles. »

Le 11 septembre 1916, à l’hôpital de Chartres, Gaston Biron mourait de ses blessures.

 

 

Il existe tant de lettres comparables, tant de lettres d’amour et d’adieux écrites en enfer, et chacune d’entre elles pouvait être la dernière.

Un matin, l’épouse, les parents, découvraient la missive officielle et l’atroce nouvelle, puis venait le temps de l’absence, du deuil, et parfois de la course éperdue pour savoir, pour comprendre, pour accepter.

 

Trois raisons m’ont conduit à laisser à un «poilu» les premiers mots de cette allocution.

La première est symbolique. Elle tient au respect des morts, à l’ombre dans laquelle leur héroïsme nous relègue, à la préséance éternelle que le sacrifice leur a acquise.

La deuxième est historique. Depuis la mort de Lazare Ponticelli, en mars 2008, il n’y a plus de combattants français de la Grande Guerre. Les soldats de Verdun ne vivent plus qu’à travers nous. Il nous incombe de relayer leurs voix, de perpétuer leur témoignage.

La troisième, enfin, vient du cœur : elle vient du choc que m’inspirent les lettres retrouvées des soldats, leur nombre, leur fièvre, leur anxiété.

 

 

 

A Verdun la guerre n’avait donné lieu à cette rage d’écriture, à cette profusion de courriers, de récits poignants, de notes griffonnés du bout du crayon, sous les balles, sur un coin de planche, à la veille du dernier assaut.

A Verdun, le soldat écrit pour prouver qu’il reste humain.

A sa femme, à ses enfants, pour se convaincre qu’il peut encore aimer. A ceux de l’arrière, pour leur dire qu’il est toujours là, qu’il tient, qu’il reste aussi capable de s’indigner.

Aux vivants, pour crier qu’il appartient encore à leur monde – quand chaque jour qui passe lui donne de nouveaux défis et de nouveaux motifs d’en douter.

 

Le 21 février 1916, comme un symbole, le premier obus allemand tombe dans la cour de l’évêché de Verdun.

En 24 heures, un million d’autres le suivent, formant ce que le commandement allemand nomme un feu «en roulement de tambour». Un million d’obus qui ressemblent déjà à une fin du monde et qui ne sont, en réalité, que les prémices de neuf mois d’affrontements.

 

 

Le 24 février, le général de Castelnau arrête les troupes allemandes sur la rive droite de la Meuse, mais il ne peut empêcher que le lendemain, le fort de Douaumont, le plus vaste de la région, tombe sans combats.

 

Très vite, la bataille s’enlise. Elle était mobile, elle devient statique.

On n’avance plus, on s’arc-boute, on s’enterre, on se rencogne dans des abris qu’on imagine provisoires.

Les semaines passent.

Le provisoire s’éternise. L’approvisionnement tarde.

Les tirs d’artillerie fixent chaque camp dans ses boyaux, dans ses casemates de fortune. La tranchée devient un tombeau, dont on n’émerge que pour tenir et pour mourir.

Les hommes perdent leur vie dans des offensives de dix mètres, au gré desquelles on conquiert un fossé, un talus, un parapet qu’on perd le lendemain. Dans les deux camps, tout se défait et s’épuise – pugnacité, force d’âme, soif de revanche.

 

Pour forcer le destin, on masse toujours plus de troupes.

 

En avril, 500 000 Français se tiennent au coude à coude, du Mort-Homme à Châtillon. 500 000 soldats sur lesquels les tirs de mortiers projettent une grêle continue de boue et d’éclats.

Sous les explosions, la terre semble fondre. Ses formes se creusent, s’arasent, se soulèvent par vagues.

Des unités entières se dissolvent avec elle, comme aspirées par les cratères des bombes.

 

En première ligne, les nouvelles unités perdent en moyenne le quart de leur effectif le premier jour. 10 000 fantassins tombent pour défendre la cote 304 – une crête si dérisoire qu’elle n’a même pas de nom.

Pour les remplacer, on organise le «tourniquet des combattants».

Sur la Voie Sacrée, route unique, décisive, mal empierrée, le commandant Girard et le capitaine Doumenc envoient 6 000 camions par jour.

Des 330 bataillons de l’infanterie française, 259 se relaient.

Valides et mutilés se croisent dans la même noria.

La relève permanente masque l’échec d’une stratégie. Depuis longtemps, à Verdun, il n’y a plus de triomphe possible. Victoire et défaite sont indistinctes.

 

Le général Mangin croit reprendre le fort de Douaumont le 22 mai. Il le perd le 24.

Le 11 juillet, Falkenhayn pense détruire le fort de Souville. Le 12, les mitrailleurs du fort brisent son ultime assaut.

Lorsque le 2 novembre 1916, Nivelle, ayant investi le fort de Vaux, repousse les Allemands sur leurs lignes initiales, la bataille a fait près de 800 000 morts, disparus ou blessés.

 

Mesdames et messieurs,

La guerre ne commençait pas à Verdun, où elle ne devait d’ailleurs pas finir.

Dès 1914, la France avait connu la bataille de la Marne.

En 1915, l’armée avait souffert en Artois, en Champagne.

Fin 1916, elle combattrait sur la Somme, plus meurtrière encore...

Pourtant, c’est à Verdun que la Première guerre mondiale a gravé son horreur dans l’esprit des peuples européens. Et c’est ici, devant ce saillant, sur cette rive de la Meuse, que leurs angoisses les plus terribles ont pris corps.

Parce que la guerre des tranchées était monstrueuse, informe, terrifiante d’indécision.

 

Parce que la guerre moderne – celle des gaz, des lance-flammes, des premiers avions – semblait faite pour accuser encore la fragilité dérisoire de l’homme.

De la mêlée, beaucoup ne revinrent pas; et ceux qui revinrent, revinrent trempés par l’épreuve, brisés aussi.

Les uns avaient perdu leurs membres, leurs poumons, leur visage; d’autres - qui n’étaient pas moins atteints – avaient perdu leur jeunesse.

Dans leurs familles, ils ramenaient la fierté, mais aussi le deuil et le silence.

Chaque survivant avait l’ombre d’un mort à son côté.

La France entière portait comme une blessure sa terrible victoire.

 

Verdun est l’une de ces batailles que la paix n’efface pas.

Ceux qui l’ont traversée ont voulu que leurs souffrances ne restent pas sans leçons.

Au cœur des combats, ils ont découvert la fraternité profonde de ceux qui risquent leurs vies ensemble.

Héros, ceux qui s’élancèrent sous les balles avec la certitude qu’un compagnon sur quatre serait fauché.

Héros, ceux qui feignirent la confiance, pour ne pas gagner les autres à leur désespoir.

 

Héros ceux qui se battirent pour la victoire sans perdre leur âme.

 

La paix venue, ils ont voulu qu’on honore le soldat et refusé qu’on exalte la guerre.

Mieux encore : dans ces Allemands qu’à vingt mètres d’eux, ils entendaient vivre, parler, chanter - et sur lesquels ils devaient pourtant faire feu - ils ont reconnu des frères.

 

Ils ont crié : plus jamais ça ! Et leur cri a été entendu.

Nous savons que leur pacifisme n’a pas empêché le retour de la guerre.

Mais nous savons aussi que Verdun reste, dans nos consciences, l’une des pierres d’angle de la réconciliation européenne.

 

La France enracine à Verdun une part de sa légende.

Elle entretient avec les traces de la guerre, avec les blessures du paysage, avec les croix des cimetières militaires, avec les monuments et les mémoriaux, avec les vestiges de la fureur passée le dialogue d’un pays qui ne veut ni oublier, ni répéter ses drames.

 

 

Je veux remercier ceux qui entretiennent la mémoire de ces lieux et celles de nos braves.

Dans trois ans, le centenaire du déclenchement de la Première guerre sera l’occasion de commémorer, avec une solennité particulière, leur courage et de méditer leurs avertissements.

 

Dès à présent, l’œuvre mémorielle se renouvelle dans nos villes, dans nos villages, et sur les sites des combats.

Avec le temps, l’attachement des Français à leurs lieux de mémoire évolue. S’ils viennent à Verdun, ce n’est plus sur les traces d’un père ou d’un grand-père, mais c’est à la rencontre d’un patrimoine bouleversant.

L’Etat s’engage pour que ce patrimoine soit respecté, qu’il soit entretenu, qu’il soit expliqué.

 

En 2009, il a conclu avec le département de la Meuse, un accord cadre relatif au tourisme de mémoire. Cette année, il contribuera à la mise en place une nouvelle signalétique des sites militaires et de la Voie Sacrée.

Ici même, à Douaumont, il poursuivra son soutien pour mener à bien la restauration de l’ossuaire et d’ici 2014, conduira celle de la Nécropole.

Enfin, il appuiera d’autres chantiers: la refondation du mémorial-musée de la bataille de Verdun ; l’ouverture au public des forts de Vaux et de Douaumont, dont l’État vient de transférer la propriété au Conseil général ; la mise en valeur de la « tranchée des baïonnettes », ce lieu symbolique autour duquel le mythe et la vérité agitent encore tant de débats.

 

L’homme a vécu à Verdun l’une des pires épreuves de sa condition mortelle. Ici, plus que sur aucun front, il a vu sa raison déchirée sur les barbelés. Ici, plus qu’en aucun combat, son abnégation l’a porté au sacrifice.

Nulle part on n’a tant obtenu du courage de tant d’hommes. Et nulle part la vaillance et la désespérance ne se sont si douloureusement entremêlées.

 

Mesdames et messieurs,

Peut-on aujourd’hui, en ces temps de paix, ces temps où nul adversaire ne nous menace d’invasion, ces temps où le bonheur de la vie est légitimement célébré, oui peut-on prononcer devant toutes ces tombes, le mot: «merci».

Les plus sceptiques diront que cette reconnaissance se perd dans le vent.

Ils diront que mes mots ne ressuscitent personne, qu’ils ne sauvent pas tous ceux qui auraient dû être épargné il y a 95 ans.

Et pourtant, je les prononce.

Je les prononce pour chaque homme tombé pour la France, tombé pour l’honneur, tombé sous les ordres, tombé pour les copains, tombé pour une raison intime qui ne tenait plus qu’à un fil.

Je les prononce en imaginant que la terre de Verdun porte encore un peu de la vie de tous ceux qui n’en revinrent pas.

Je prononce ces mots, pour nous, bien vivants, si vivants et parfois insouciants devant le sacrifice de ceux qui périrent sous le feu dans l’espoir que nous n’ayons jamais à choisir entre la servitude et l’hécatombe.

Parce que la guerre de 1914-1918 fut une épreuve atroce, certains voudraient que le temps nous en libère. Mais les Français sont-ils prisonniers de leur mémoire ?

Non, ils ne le sont pas, et je veux, bien au contraire, qu’ils en soient les gardiens.

 

La France salue ceux de Verdun. Elle salue ses poilus à qui elle doit sa liberté.

Sous leur regard, elle salue la paix reconquise.

Vive la République ! Vive la France !

 

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