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3 août 2010 2 03 /08 /août /2010 14:28

L'annonce du ministre Jean-Louis Borloo ne va pas sans poser des questions sur le tracé final et le financement de cet équipement.

Quel tracé pour ce tram-train ?

 

Jean-Louis Borloo, ministre de l'écologie, des transports et du développement durable, a annoncé, dans les colonnes du quotidien Presse Océan, lundi, que l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes sera finalement desservi par la ligne de tram-train entre Nantes et Châteaubriant. Plusieurs possibilités avaient été évoquées quant à une liaison avec ce nouvel équipement, notamment celle de passer par la future ligne à grande vitesse Nantes-Rennes. C'est finalement la solution du tram-train qui a été retenue. C'est Jean-Louis Borloo en personne qui a confirmé ce choix à Michel Hunault, député Nouveau Centre allié à l'UMP de la circonscription de Châteaubriant.

Le trajet initial dessert les 13 communes prévues entre Nantes et Châteaubriant. Les travaux commencent à l'automne. Pour rejoindre l'équipement aéroportuaire il faudra équiper une quinzaine de kilomètres en rail. Point de départ ? Il se situerait aux alentours de La Chapelle-sur-Erdre. Michel Hunault précise « qu'un comité de pilotage réunissant les principaux acteurs du projet sera créé pour définir plus précisément ce projet. » Il se réjouit par ailleurs pour les habitants des communes desservies. « Les communes qui ne voyaient que des inconvénients au projet y auront au moins un avantage à présent. »

Et le financement ?

C'est évidemment là que le bat blesse. Si tout le monde s'accorde sur cette option à prendre, qui ouvrira le porte-monnaie ? Là, le président de la Région, Jacques Auxiette (PS), a des arguments. « Il est inenvisageable que seules les trois collectivités locales supportent le financement. Nous avons déjà envisagé ce raccordement en tram-train dans une délibération de 2008. Maintenant, si l'État le soutient, il doit participer à son financement. » Cette question des financements est en cours de décision. Ils seront arrêtés fin octobre. Jean-Louis Borloo parle d'une enveloppe de 75 millions d'euros pour ces travaux, chiffre confirmé par la SNCF qui estime qu'il s'agit là d'un ordre de prix réaliste pour un tel projet. Jacques Auxiette en revanche penche davantage pour les 150 millions d'euros...

Du côté de la SNCF ?

Personne n'est surpris du choix du tram-train. En effet on savait depuis longtemps déjà qu'il s'agissait d'une des possibilités. Les deux solutions étaient réalisables, elles n'avaient simplement pas les mêmes enjeux. Si le tram-train a été retenu, « c'est principalement pour une question de rapidité de mise en place, dans le but d'être opérationnel dès l'ouverture de l'aéroport », confirme Michel Hunault. Et une liaison en train à l'horizon 2025 alors ? Jacques Auxiette ne l'écarte pas. « Une gare est prévue dans la concession de ce nouvel aéroport et ce projet de desserte par train a toujours été écrit dans les projets. »

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27 juillet 2010 2 27 /07 /juillet /2010 17:40

Publié le 27/07/2010 à 11:07 -

Tensions entre Londres et Berlin sur l'adhésion de la Turquie à l'UE

Le Premier ministre britannique David Cameron se déclare être "l'avocat le plus déterminé" d'une adhésion de la Turquie à l'UE. La chancelière allemande Angela Merkel y est totalement opposée. © Montage Le Point.fr

 

La Grande-Bretagne et l'Allemagne se livrent, mardi, à une passe d'armes à distance. La raison de leur division ? L'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. David Cameron a ainsi exprimé sa "colère" face aux entraves à cette intégration. "Quand je pense à ce qu'a fait la Turquie pour défendre l'Europe en tant qu'alliée de l'Otan et ce que la Turquie fait maintenant en Afghanistan aux côtés des alliés européens, cela me met en colère de constater que votre marche vers une adhésion à l'UE peut être découragée de la façon dont elle l'a été", a dit le Premier ministre britannique lors d'une visite officielle mardi à Ankara.

"Je pense que c'est une erreur de dire que la Turquie peut monter la garde devant le camp, mais sans être autorisée à entrer dans la tente. Aussi, je resterai votre avocat le plus déterminé pour une adhésion à l'Union européenne et pour une plus grande influence à la table de la diplomatie européenne", a-t-il ajouté lors d'un discours devant des hommes d'affaires.

Les réticences françaises

De son côté, le chef de la diplomatie allemande Guido Westerwelle a estimé, à la veille d'une visite à Istanbul, que la Turquie n'était pas mûre pour intégrer l'UE. "Si la question devait être décidée aujourd'hui, la Turquie ne serait pas en mesure de rejoindre l'UE et l'UE ne serait pas en mesure de l'accueillir", a déclaré le ministre libéral dans un entretien au quotidien allemand Bild mardi. "Il est en revanche de notre intérêt que la Turquie s'oriente vers l'Europe, et pas seulement pour des raisons économiques", a-t-il ajouté. "Le pays peut aider de façon très constructive au règlement de nombreux conflits, qu'il s'agisse de l'Afghanistan, de l'Iran, du Yémen ou du Proche-Orient", selon lui. Mais "celui qui donne l'impression que l'adhésion est proche se trompe", a-t-il ajouté.

Il faut préciser que les libéraux du FDP de Guido Westerwelle sont considérés comme plus ouverts aux ambitions européennes d'Ankara que la chancelière allemande Angela Merkel et son parti chrétien-démocrate CDU. Ces derniers s'opposent totalement à une pleine adhésion de la Turquie à l'UE. Les négociations pour une adhésion turque à l'UE, entamées en 2005, avancent au ralenti, du fait notamment des réticences allemandes et françaises à voir un pays musulman de 73 millions d'habitants entrer dans l'Europe. "Nous sommes favorables à la poursuite des négociations, nous ne sommes pas favorables au point d'arrivée", c'est-à-dire une adhésion, déclarait, lundi, à Bruxelles, le secrétaire d'État français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche.

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26 juillet 2010 1 26 /07 /juillet /2010 11:29

 


 

La déclaration de fin de mission résume les constats préliminaires effectués par les représentants du FMI à l’issue de certaines missions (visites officielles, dans la plupart des cas dans les pays membres). Ces missions s’inscrivent dans le cadre des consultations périodiques (en général annuelles)au titre de l’Article IV des Statuts du FMI, ou sont organisées lorsqu’un pays demande à utiliser les ressources du FMI (à lui emprunter des fonds), ou encore dans le contexte des discussions sur les programmes suivis par le services du FMI, ou d’autres exercices de suivi de la situation économique.

 


Paris, le 15 juin 2010

L’économie française a mieux résisté à la « Grande récession » que la plupart des économies comparables. Toutefois, dans un contexte européen instable, la reprise économique en France est menacée par les possibles retombées de la crise de la dette souveraine. La confiance des marchés et par conséquent la croissance bénéficieront des actions décisives pour renforcer les cadres des politiques domestiques et leur mise en œuvre. Dans le même temps, la France doit demeurer l’un des moteurs des réformes à l’échelle européenne.

Une reprise fragile

1. Des mesures appropriées ont permis à la France de sortir rapidement de la récession, mais la reprise est fragile et se trouve à présent confrontée à l’affaiblissement de la demande domestique et européenne. La croissance devrait être atone en 2010 et n’enregistrer qu’une légère reprise au cours de l’année 2011. Le taux de chômage élevé, le retrait progressif des mesures de relance et l’effort de consolidation des finances publiques, imminent en France comme chez ses partenaires commerciaux, vont peser sur la demande ; tandis que la dépréciation de l’euro aura des retombées positives. La croissance potentielle devrait rester faible, sous l’effet conjugué des tensions liées au vieillissement de la population et des retombées de la récession mondiale passée. Dans ce contexte, l’inflation devrait rester modérée.

2. Compte tenu des turbulences sur les marchés de la dette publique en Europe et d’un programme ambitieux de réformes domestiques, les perspectives économiques de la France sont très incertaines. Les inquiétudes persistantes sur les risques souverains dans la zone euro pèsent sur la confiance. Si ces craintes ne sont pas dissipées, elles continueront d’influer de manière négative sur l’activité, en contribuant à limiter l’accès au crédit bancaire et à affaiblir la demande en France et chez ses principaux partenaires commerciaux. Une consolidation importante des finances publiques dans l’ensemble de la zone euro pourrait (tout en renforçant la confiance) se traduire par des tensions supplémentaires à court terme sur la reprise. En parallèle, la dépréciation de l’euro pourrait avoir un effet plus important que prévu sur les exportations. Des progrès visibles dans la réalisation du programme de réformes structurelles et budgétaires alimenteraient la confiance et stimuleraient la demande.

3. Quelles sont les mesures à prendre ? Les politiques devront porter sur trois domaines prioritaires d’intervention :

  • en matière budgétaire, il conviendra de définir une stratégie de consolidation pluriannuelle crédible et fondée sur une réforme des retraites ;
  • dans le domaine financier, les mesures prises devront contribuer au rétablissement complet du système financier et renforcer encore la stabilité financière ;
  • L’« Objectif Croissance » requiert des progrès visibles et accélérés en matière de réformes structurelles.

La consolidation budgétaire pour une croissance durable à moyen terme

4. Les mesures de relance budgétaire ont été un succès, mais la volatilité des marchés et la forte augmentation de la dette publique imposent un programme de consolidation inscrit dans une stratégie tournée vers l'avenir. Les mesures de relance budgétaire mises en œuvre en 2009-2010, temporaires et bien ciblées, ont contribué à maintenir la demande intérieure et à éviter une récession plus marquée. Toutefois, l’accroissement rapide de la dette et les évolutions récentes en Europe du Sud exigent un réexamen des politiques budgétaires à l’échelle européenne. Pour la France (dans un contexte de perspectives de croissance encore faibles) il convient de trouver l’équilibre délicat entre d’une part, la soutenabilité budgétaire et les mesures propres à renforcer la confiance et, d’autre part, l’objectif de croissance.

5. La stratégie budgétaire devrait viser la soutenabilité à moyen terme des finances publiques tout en limitant au maximum les risques pour la reprise. Dans le cadre du Pacte de stabilité et de croissance (PSC), les autorités se sont engagées à mettre en œuvre un processus de consolidation budgétaire ambitieux et intensif dans sa phase initiale, visant à ramener le déficit public du pays à 3 pour cent du PIB d’ici à 2013. Compte tenu des évolutions actuelles des marchés, cette trajectoire devrait être respectée de façon à ancrer les anticipations. Pour parvenir à la trajectoire de consolidation souhaitée, il conviendrait de concentrer les efforts d’ajustement sur des mesures propres à améliorer l’efficacité en limitant autant que possible les retombées négatives sur l’activité économique. D’importantes réformes de long terme (en particulier concernant les retraites et le système de santé), ne produiraient que des économies limitées dans l’immédiat, mais auront des effets positifs et significatifs en termes de crédibilité auprès des marchés financiers et sur la demande intérieure. La stratégie budgétaire devra également veiller de façon adaptée à limiter la hausse disproportionnée des dépenses des collectivités territoriales.

6. L'effort de consolidation devrait s’appuyer sur des hypothèses macroéconomiques réalistes. Alors même que l’ampleur des efforts budgétaires requis demeure incertaine, le fait que les autorités françaises retiennent des projections de croissance à moyen terme dans le haut des prévisions du consensus risque d’aboutir à une sous estimation significative de l’ampleur des efforts budgétaires requis. Afin d’éviter toute interruption prématurée du processus de consolidation et la perte d’élan qui s’ensuivrait, le programme d’ajustement budgétaire devrait reposer sur des prévisions macroéconomiques validées par un conseil indépendant. De plus, les autorités devraient préparer un ensemble de mesures contingentes prédéfinies susceptibles d’être mises en œuvre en cas de reprise plus lente que prévu.

7. La stratégie de consolidation budgétaire annoncée réunit un certain nombre d’éléments indispensables, mais la maîtrise des dépenses sociales est cruciale. Les mesures de rigueur prises par les administrations centrales, notamment la poursuite de la réduction des effectifs des fonctionnaires (avec le non remplacement d’un départ à la retraite sur deux) et l’annonce récente des gels des dépenses publiques en valeur nominale, permettront de maîtriser la hausse des dépenses des administrations publiques. Pour réussir, la démarche de consolidation doit inclure un contrôle renforcé des transferts de ressources de l’État à la fois vers les administrations de sécurité sociale et vers les collectivités territoriales. La proposition d’interdire l’introduction de nouvelles dépenses fiscales et exonérations de cotisations de sécurité sociale (mesure appliquée de fait à compter de mi-2010 et destinée à être, inscrite par la suite dans la Constitution) constitue un progrès encourageant dans l’amélioration de la discipline budgétaire.

8. La réforme des retraites et du système de santé doivent constituer la pierre angulaire de la stratégie budgétaire de moyen terme. En 2009 et 2010, les déficits des administrations de sécurité sociale ont contribué au déficit public pour près de 1,5 pour cent du PIB par an. Le gouvernement accorde donc à juste titre une attention particulière à une réforme des retraites visant à repousser l’âge effectif de départ à la retraite, des mesures concrètes devant être dévoilées sous peu. Il est important qu’une consultation publique ait lieu sur une telle réforme décisive ; il convient toutefois de résister aux pressions qui conduiraient à ne pas corriger les déséquilibres fondamentaux et à s’appuyer démesurément sur des mesures d’accroissement des recettes. L’augmentation rapide de la dette du système français de santé et d’autres composantes du système de protection sociale appelle la mise en place urgente de mesures audacieuses visant à rééquilibrer les comptes du système de sécurité sociale.

9. Les efforts déjà mis en œuvre pour maîtriser les dépenses des collectivités territoriales doivent être poursuivis avec détermination sur le moyen terme. L’accroissement des dépenses publiques avant la crise est attribuable pour une grande part aux collectivités territoriales, dont la forte autonomie de décision en matière de dépenses complique le processus de consolidation. Cependant, la réforme récente de la taxe professionnelle et les efforts pour renforcer la transparence et l’obligation de rendre compte, y compris en liant les futures augmentations de la fiscalité locale des entreprises à celles appliquées aux ménages, constituent des initiatives bienvenues. La réforme prévue en matière de consolidation budgétaire au niveau des collectivités territoriales pourrait contribuer à promouvoir un comportement plus responsable en matière budgétaire. Le gel des transferts en valeur nominale de l’État vers les collectivités territoriales sur la période 2011-2013 favorisera les gains d’efficacité, notamment en réduisant la taille de chacun des quatre niveaux d’administration locale et en limitant les doublons.

10. Un cadre budgétaire davantage assis sur des règles contribuera à la consolidation et renforcera la crédibilité des réformes de gouvernance budgétaire engagées à l’échelle européenne. Les premières mesures adoptées allant dans la bonne direction comprennent la mise en œuvre réussie d’un cadre de programmation budgétaire pluriannuel ainsi que la limitation de la capacité du parlement à créer des dépenses en dehors de la procédure budgétaire formelle. Les mesures plus ambitieuses envisagées à ce stade comprennent l’adoption d’une règle budgétaire. Cette mesure constituerait une réforme significative, en particulier si elle était formulée en termes structurels en vue de garantir la poursuite des efforts budgétaires après la sortie de crise. Afin d’être parfaitement crédible, cette règle devra être inscrite au plus haut niveau de la hiérarchie des normes. Elle doit surtout englober les administrations centrales et le système de sécurité sociale et prévoir un dispositif efficace afin d’assurer un comportement responsable des collectivités territoriales. Une telle approche – déjà adoptée par d’autres pays européens – enverrait un signal important qui stimulerait la confiance. Pour qu’une règle budgétaire structurelle fonctionne correctement, les calculs de production potentielle devraient être préparés ou validés par une autorité indépendante.

Retrouver la vigueur du secteur financier dans un environnement bien réglementé

11. Les banques françaises ont comparativement bien résisté à la crise financière mais la faiblesse de la croissance et les inquiétudes sur la dette publique européenne sont porteuses de nouveaux risques. L’aide de l’Etat a soutenu efficacement les banques françaises durant la crise. Celles-ci ont nettement renforcé leurs ratios de fonds propres et sont progressivement sorties du dispositif d’aide publique. du fait de la récession essentiellement, les prêts non performants sont plus élevés – bien que leur augmentation plafonnerait– la faiblesse de la croissance pourrait de nouveau peser sur la qualité des prêts et nécessiter des provisions supplémentaires. En dépit d’une exposition aux risques diversifiée et gérable, les banques françaises pâtissent de la perception qu’ont les marchés de leur exposition au risque souverain et au risque pays en Europe du Sud, ce qui pourrait d’augmenter le coût de refinancement. Comme les autres banques européennes, les banques françaises, subissent une pression sur les liquidités en dollar de long terme.

12. La croissance des prêts bancaires est redevenue positive mais reste faible. Afin d’éviter un resserrement du crédit pendant la crise, les autorités ont mis en œuvre plusieurs mesures destinées à soutenir l’activité de prêt. Ces mesures comprenaient l’obligation pour les banques bénéficiant de l’aide de l’Etat de s’engager à augmenter leurs encours de crédit de 3 à 4% et la création du  « Médiateur du crédit » chargé de garantir le traitement équitable des emprunteurs potentiels. En partie grâce à ces efforts, la croissance des encours de crédit pendant la récession n’a pas diminué autant que la moyenne de la zone euro. Cependant, la progression globale du crédit reflète, dans une certaine mesure, l’augmentation des prêts accordés aux ménages, y compris les prêts immobiliers. La raison fondamentale de la faiblesse des prêts octroyés aux entreprises reste difficile à déterminer mais des indicateurs tirés d’études montrent que les banques françaises ont assoupli leurs conditions de crédit et que la faiblesse de la demande constitue un facteur plus important. Les autorités demeurent néanmoins vigilantes et restent préoccupées par le fait que l’incertitude réglementaire (voir aussi ci-après) pourrait bientôt exercer une pression à la baisse sur le crédit.

13. La réforme des dispositifs de surveillance financière a bien progressé et les risques systémiques sont mieux contrôlés. La récente fusion des organismes de contrôle et de régulation des banques et des assurances au sein de l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP) constitue une étape importante. La nouvelle institution assure une surveillance mieux intégrée et contribue à réduire le risque systémique. La coordination de la surveillance macroprudentielle avec la Banque de France est essentielle pour aborder les liens macro-financiers. Compte tenu des liens forts qui existent avec les autres pays européens, il est à présent important de mettre en place le Conseil national de régulation financière et du risque systémique afin de permettre une coordination et une coopération étroites avec le Comité européen du risque systémique devant être mis en place par la BCE.

14. Une plus grande transparence et une meilleure communication pourraient faciliter l’évaluation du système financier français par les marchés. Dans le contexte de la crise de la dette souveraine, les demandes déjà exprimées par le passé en faveur d’une meilleure information sur les banques européennes, y compris françaises, ont resurgi. Les autorités et les acteurs du marché sont préoccupés à raison par le fait que certains stress– en particulier ceux concernant le risque souverain - pourraient contribuer à aggraver la crise. Cependant (alors que les stress tests coordonnés par le Comité européen des contrôleurs bancaires sont en bonne voie) il pourrait être utile de réexaminer la nature des informations susceptibles d’être communiquées. De même, une communication appropriée et coordonnée quant à l’exposition aux principaux risques, de préférence dans un contexte européen, pourrait fournir des orientations plus pertinentes aux marchés que celles des données publiques parfois trompeuses. Les superviseurs pourraient appuyer les efforts des banques en communiquant plus fréquemment (chaque trimestre par exemple) les données sur les principaux indicateurs relatifs à la stabilité financière dans le nouveau supplément au Rapport thématique sur la stabilité financière.

15. La France s’est montrée active dans la réforme de la réglementation internationale, mais les autorités tout comme les acteurs du marché remettent en question certains aspects des projets de réglementation actuels. La crise financière a encouragé les efforts pour une meilleure gestion des principaux risques des marchés financiers. Comme d’autres pays du G20, la France s’est totalement impliquée dans ces efforts et a participé à tous les forums appropriés. Si un consensus a été trouvé concernant un ensemble clé d’étapes nécessaires, d’aucuns craignent que certaines dispositions des dispositifs Bâle III et Solvabilité II de dimension macroéconomique, n’imposent (dans leur version actuelle) une hausse disproportionnée des coûts pour des systèmes avec des caractéristiques telles que celles observées en France. Les efforts sont encore en cours et il est important que la France continue à participer au processus; dans l’idéal, en trouvant un accord à l’échelle européenne de manière à progresser dès que possible sur les points les plus consensuels tout en s’assurant, pour les autres aspects, de la réalisation d’un calibrage attentif et d’une évaluation rigoureuse de leur impact sur l’économie réelle à travers des études supplémentaires.

Un programme accéléré de réformes structurelles visant à améliorer la croissance potentielle

16. Une économie plus orientée vers la croissance et la compétitivité est essentielle pour compenser les pertes de production potentielle liées à la récession. Une comparaison avec d’autres pays européens montre qu’en France le marché du travail et le marché des produits se caractérisent par d’importantes restrictions ainsi qu’un taux d’emploi relativement faible. De nouvelles réformes des marchés du travail et des produits, qui permettraient à la France d’adopter les meilleures pratiques existantes en Europe, pourraient améliorer le taux de croissance annuel du pays de plus de 0,75 pour cent.

17. La France est plus compétitive que de nombreux pays de la zone euro, mais l’écart de compétitivité vis-à-vis des pays les plus performants de la région s’accroît. Pour maintenir la position qu’elle occupe au sein de l’union monétaire, et afin que la zone euro dans son ensemble conserve sa place sur les marchés mondiaux, la France devra rattraper les pays les plus compétitifs de la zone euro. Au-delà des mesures à prendre concernant les marchés du travail et des produits (voir ci-après), il est impératif d’accorder plus d’importance à la recherche, au développement et à l’innovation. les efforts significatifs (35 milliards d’euros) engagés dans le cadre du « grand emprunt », vont dans la bonne direction, mais un suivi étroit de sa mise en œuvre sera nécessaire pour maximiser les bénéfices de cette opération.

18. Le renforcement de la concurrence intérieure permettrait d’accroître l’efficacité de l’économie. Le lancement, en 2009, d’une autorité unique en matière de concurrence a été une étape importante et des progrès ont été réalisés pour offrir plus de flexibilité aux distributeurs dans le secteur du commerce de détail. Cependant des barrières réglementaires à l’entrée subsistent dans des secteurs potentiellement concurrentiels, des restrictions à la concurrence en par les prix dans certains segments du secteur de la distribution, et des limites portant sur les horaires d’ouverture ou les périodes de soldes perdurent et devraient être supprimées. Dans le secteur des services, il conviendrait de mettre en œuvre les dispositions de la directive services européenne afin de parvenir à une plus grande libéralisation, notamment dans les services aux entreprises et les services de santé.

19. La forte hausse du chômage liée à la crise, requiert des mesures destinées à favoriser la création d’emplois et à renforcer les politiques d’activation. Les dispositifs temporaires de soutien à l’emploi, adoptés dans le cadre du plan de relance, doivent prendre fin à la date prévue afin d’éviter tout préjudice durable aux incitations à travailler et à l’efficacité économique. En parallèle, des mesures en faveur de la création d’emplois, telles que des incitations temporaires à l’embauche de catégories de personnes vulnérables, peuvent être envisagées. Pôle Emploi, acteur unique au service des demandeurs d’emploi, doit accompagner ces derniers dans leur recherche, y compris en leur proposant des formations, tout en faisant respecter les exigences en matière de recherche d'emploi. De plus, des mesures visant à réduire la dualité entre les CDD et les CDI permettraient de renforcer à la fois la motivation à travailler et l’équité sociale.

20. Au-delà des facteurs conjoncturels, il conviendra également de mettre l’accent sur le relèvement du taux d’emploi, trop faible en France à ce jour, en particulier chez les jeunes et les seniors. La modération du salaire minimum (SMIC) en l’absence de « coup de pouce » devrait être poursuivie, afin de rétablir progressivement une échelle des salaires incitative pour les jeunes et les travailleurs peu qualifiés. Pour soutenir l’emploi des seniors, le gouvernement a réduit les obstacles financiers pour qu’il soit plus facile de percevoir à la fois un revenu de travail et une pension de retraite tandis que la mise à la retraite obligatoire a été abolie. Les mesures destinées à augmenter les incitations à travailler, telle que la mise en œuvre effective d’exigences en matière de recherche d'emploi, doivent être poursuivies. Le relèvement de l’âge légal de départ à la retraite, inclus dans la réforme des retraites annoncée, constitue un facteur décisif de l’accroissement du taux d’emploi des seniors.

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23 juillet 2010 5 23 /07 /juillet /2010 11:54

Publié le 22/07/2010 à 09:21 - Modifié le 22/07/2010 à 09:23 lepoint.fr

INSEE

AFP

Le moral des ménages en berne au mois de juillet

En juillet, l'opinion des ménages sur leur situation financière personnelle s'est dégradée selon l'Institut national de la statistique © Sipa

Les ménages français sont aussi pessimistes sur la situation économique en juillet qu'en juin, l'indicateur qui mesure leur moral s'étant stabilisé "à un bas niveau" (- 39 points), a annoncé, jeudi, l'Insee. L'indicateur qui résume l'opinion des ménages sur la situation économique a baissé depuis le début de l'année, chutant de 9 points depuis janvier, selon l'Institut national de la statistique.

En juillet, l'opinion des ménages sur leur situation financière personnelle se dégrade (- 2 points, à - 28), mais leur opinion sur leur situation financière personnelle future est stable, tout comme sur l'opportunité de faire des achats importants.

Crainte du chômage

En revanche, l'inquiétude sur l'avenir de l'économie française s'atténue légèrement. En baisse depuis le début de l'année, les perspectives d'évolution du niveau de vie en France progressent un peu (+ 2 points par rapport à juin), tandis que l'opinion des ménages sur le niveau de vie passé en France reste stable, à un très bas niveau.

Les craintes des ménages vis-à-vis du chômage persistent cependant. Après être passé de 8 à 89 points entre janvier 2008 et juin 2009, l'indice a baissé jusqu'en octobre dernier. Il se maintient depuis lors autour de 65 points, largement au-dessus du niveau moyen sur une longue période (33 points), relève l'Insee.

Comparé à juin, les ménages jugent en juillet que le moment est bien plus opportun pour épargner (+ 8 points). Mais ils estiment plus difficile de pouvoir le faire, faisant valoir que leur capacité à épargner dans les mois à venir se dégrade (- 3 points).

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 10:00

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Publié  30/06/2010 à 14:56 lepoint.fr

 

 

Baroin lance la réorganisation de l'État pour économiser 10 milliards d'euros

François Baroin a annoncé le deuxième volet de Révision générale des politiques publiques censée déboucher sur 10 milliards d'euros économies © SIPA

François Baroin a présenté, mercredi, en Conseil des ministres 150 mesures censées permettre à l'État d'économiser 10 milliards d'euros en trois ans, dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP). Dans un document de plus de 250 pages diffusé par ses services (cliquez ici pour lire une version résumée du rapport), le ministre du Budget confirme que ces dispositions se solderont par la suppression de 100.000 postes de fonctionnaires supplémentaires sur la période 2011-2013. L'engagement de restituer aux fonctionnaires la moitié des économies engendrées par le non-remplacement d'un agent partant à la retraite sur deux sera maintenu.

Selon Bercy, cela permettra de ramener le nombre de fonctionnaires en France au niveau de 1990 dès la mi-2012, année de l'élection présidentielle, et de faire une économie de l'ordre de trois milliards d'euros. L'objectif est également de réduire de 10 % les dépenses de fonctionnement de l'État et de ses opérateurs, soit une économie d'environ deux milliards d'euros d'ici 2013. À cela s'ajoutera une réduction de 10 % des dépenses d'intervention de l'État (subventions, aides sociales, etc.) - une économie que Bercy chiffre à environ cinq milliards d'euros bien que ces dépenses d'intervention s'élèvent à 67 milliards d'euros dans le budget 2010. Parallèlement, les administrations centrales devront avoir réduit leurs effectifs de 10 % sur l'ensemble du quinquennat.

C'est le deuxième train de mesures de la RGPP, dont la première vague aura permis à l'État d'économiser sept milliards d'euros sur la période 2009-2011, précise le ministère.

Moins d'espace pour les fonctionnaires

L'un des enjeux de cette "RGPP II" est d'apporter une "contribution majeure au redressement des finances publiques", souligne François Baroin, qui assure qu'elle vise également à améliorer la qualité des services publics. La grande majorité des suppressions d'emplois portent sur les fonctions support de l'État, qui seront mutualisées, et sur les missions "périphériques", comme les gardes statiques pour la police et la gendarmerie, précise le ministre. Bercy a également décidé, par exemple, de "rationaliser" les fanfares de la police et de la gendarmerie, qui sont aujourd'hui au nombre de cinq et emploient plus de 600 personnes.

Parallèlement, le suivi individualisé des agents et la "culture du résultat" assortie de primes seront développés dans les administrations, comme les concours communs de recrutement. En matière de mutualisation des fonctions de support, ce sera notamment le cas des systèmes d'information, avec la création d'un "directeur des systèmes d'information de l'État". La RGPP II s'attache également à supprimer les doublons et les formalités inutiles et à augmenter l'usage d'Internet pour les démarches administratives. Selon Bercy, la centralisation de tous les achats de l'administration permettra d'économiser 700 millions d'euros supplémentaires, en plus des 300 millions réalisés en 2010.

Dans le domaine de l'immobilier, les surfaces occupées par l'État baisseront de plus de 500.000 m2 en trois ans. En Ile-de-France, par exemple, aucun bail de plus de 400 euros par m2 et par an ne sera signé, promet François Baroin, qui attend une économie de 300 millions de cette politique immobilière. Désormais, "chaque fonctionnaire disposera d'un espace de travail de 12 m2 contre 18 m2 actuellement", précise-t-il dans une interview publiée mercredi par Le Parisien. Il prend cependant soin de préciser que beaucoup de ces mesures ont été proposées par les ministères eux-mêmes.

Des corps d'État condamnés

Parmi d'autres mesures, Bercy annonce 300 millions d'euros d'économies grâce à la modernisation de l'informatique de l'État, la division par 10, d'ici fin 2012, des quelque 570 sites Internet gouvernementaux, la réduction d'un tiers des 100 millions de courriers envoyés chaque année par les impôts, la diminution de 15 % du parc automobile de l'État et de ses opérateurs, qui comprend près de 90.000 véhicules, etc. Est par ailleurs annoncé le lancement d'un programme quinquennal de fusions de corps de l'État, qui se soldera par la suppression de 150 de ces corps.

Les opérateurs de l'État seront soumis aux mêmes règles : non-remplacement d'un agent sur deux partant à la retraite, soit une diminution des effectifs de 1,5 % par an ; réduction de 10 % des coûts de fonctionnement, rationalisation immobilière, etc.
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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 08:52

Dominique de Villepin a enfin franchi le Rubicon le 19 Juin 2010 en lançant son mouvement, République Solidaire, à la Halle Freyssinet. Revendiquant l’héritage gaulliste et chiraquien, l’ancien hôte de Matignon a délivré un discours électoraliste manquant cruellement d’épaisseur… 

Villepin se présente en héritier

Dans une salle plutôt remplie (environ 4000 personnes), le bleu se mêlait au rouge comme au bon vieux temps du RPR. L’atmosphère était plutôt bon enfant, Manu Chao résonnant même à plusieurs reprises dans l’enceinte. Mais l’entrée en matière fut pourtant des plus laborieuses. Durant plus de deux heures, aux tables rondes improvisées succédaient des clips visant à renforcer la mythologie villepiniste.

Mais lorsque Dominique de Villepin fait son entrée sur la scène, l’atmosphère monte forcément d’un cran. Dans un discours offensif aux accents fatalement gaulliens, l’ancien hôte de Matignon réveille la salle. L’ancien Premier Ministre balaye d’un revers de main la réflexion récurrente qu’on lui adresse, celle de n’avoir jamais été élue, en endossant le bilan de Jacques Chirac. Sa légitimité ? Il la puise dans ce legs historique. Se présentant comme l’héritier du chiraquisme mais aussi du gaullisme, il s’estime en mesure de « reprendre le flambeau… pour incarner une certaine idée de la France ». Dans la défense de son bilan personnel à Matignon, il n’esquive cependant pas « l’échec du CPE » et estime « en avoir tiré les leçons »…

Les hommages répétés à Jacques Chirac tout au long du meeting sont d’ailleurs des signes qui ne trompent pas. L’ombre de l’ancien Président planait en permanence au dessus de l’évènement. Avant le début du meeting, j’ai pris le temps d’observer avec attention l’attitude d’Hugues Renson, conseiller aux affaires intérieures de Jacques Chirac. Il semblait véritablement au cœur de l’organisation logistique. Ayant pu discuter quelque peu avec lui, il m’a confirmé que sa présence pouvait être interprétée comme un signe de soutien de Jacques Chirac. Autre présence remarquée, celle d’un Azouz Begag, tout sourire. Quand je l’interroge sur son engagement au Modem, il me répond : « J’ai toujours été villepiniste, je suis dans ma famille ici. Un rapprochement entre Bayrou et Villepin, est toujours possible selon moi… »

Le parti des abstentionnistes

Dans la lignée de ses précédentes sorties (Bondy, Mantes la Jolie…) , Dominique de Villepin a axé son discours en direction de cette France qui ne vote plus. Dès le début du meeting, des personnalités issues des banlieues et du monde associatif prennent la parole. Le ton est donné. Ça sera le fil conducteur du meeting.

Dominique de Villepin se mue en porte-parole des sans voix et le formulera d’ailleurs très clairement dans son discours : « Il faut imaginer un mouvement qui ira à la rencontre des Français et en particulier de tous ceux qui sont orphelins de la République »..

Pour séduire les quartiers, Dominique de Villepin s’appuie sur son fait d’arme : le non à la guerre en Irak en 2003. Mais il multipliera également dans son discours les appels du pied en direction des français issus de la diversité : critique du débat sur l’identité nationale, défense de l’égalité des chances, prise de position pour la création d’un Etat Palestinien…

Dans la défense de l’égalité républicaine Dominique de Villepin endosse son meilleur rôle et délivre une partition plutôt réussie : « N’oublions pas, parmi les enfants de notre pays, les fils et petit-fils d’immigrés. On voudrait qu’ils renoncent à une partie d’eux-mêmes, comme expulsés de leur propre vie. Mais ce serait réduire leur identité, alors qu’ils peuvent être fiers de ces histoires, de cette histoire qu’ils portent en eux. Là encore, c’est d’abord de reconnaissance qu’il s’agit. Reconnaissance de leur existence et du lien si personnel qui les attache à la France. » Des références à Senghor à celles d’Aimé Césaire, le natif de Rabat, pourfend la politique assimilationniste et défend une France pluriculturelle et pluriethnique.

Malheureusement, le reste du discours de Dominique de Villepin fut moins authentique, moins marquant également. Récitant des platitudes, recourant parfois à la démagogie, il a axé l’essentiel de « son programme » sur un bilan-critique du sarkozysme. Affirmant pourtant que son mouvement n’était pas créé « contre quelqu’un », il a néanmoins pris le temps d’énumérer tous les erreurs de son adversaire de toujours (le discours de Dakar, le mot « Karcher », l’ouverture, la méritocratie…). Il n’adressera qu’une seule pique à l’égard de la gauche qui n’a selon lui, pour unique « projet qu’une société de l’impôt et de l’assistance », réservant toutes ses flèches au curare pour le Président actuel.

Peu convaincant sur le plan économique, son discours manquait cruellement d’épaisseur et de propositions pour véritablement être crédible. Dominique de Villepin semblait pris dans ses contradictions : entre son antisarkozysme et son envie de faire de la politique autrement, entre ses envolées souverainistes et ses convictions fédéralistes, entre son pragmatisme libéral et ses intonations socialisantes…

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 20:39
Ancien Premier ministre de François Mitterrand, Michel Rocard dit et répète à l’envi qu’il est socialiste -
 ou plutôt social-démocrate. Il est aussi Rocard, et entend le rester : un homme à part.

Michel Rocard 

Michel Rocard

 

Qu’on se le dise : c’est son credo, son destin, son statut. Mais le social-démocrate Rocard ne change pas avec l’âge : au-dessus de tout, il place la pensée libre, fût-elle dérangeante. Traduction : quand il félicite Eric Woerth pour son « courage » (dans l’affaire des retraites) ou quand il reproche à Martine Aubry de s’enfermer, sur la question des 60 ans, dans une posture archéo, cela ne veut nullement dire qu’il change de camp, qu’il passerait de gauche à droite.

France-Soir. Il y a vingt ans exactement, vous commandiez le premier Livre blanc sur les retraites. Qu’est-ce qui vous poussait, dès cette année-là, à entamer cette démarche ?
Michel Rocard.
Je suis alors Premier ministre et je m’aperçois, s’agissant des retraites, que les enjeux sont terrifiants. Il était déjà évident que le coût du système était en augmentation vertigineuse et qu’on ne pouvait pas en rester là. Mais je pense depuis cette époque qu’aucun gouvernement n’a une légitimité suffisante pour décider en la matière tout seul. Le bon moyen de s’en sortir – le seul moyen –, c’est la négociation de contrats qui doivent associer l’Etat, les employeurs et les salariés.

F.-S. Comment vous y prenez-vous ?
M. R.
J’appelle le patronat, la CFDT et Force ouvrière pour leur demander s’ils seraient d’accord pour établir un diagnostic commun, complété d’une boîte à outils. Ils répondent positivement. Quand l’INSEE achève le Livre blanc, en 1990, je leur envoie donc le travail, et j’obtiens leur accord sur le diagnostic et sur la boîte à outils. La deuxième étape a été le lancement d’une mission de dialogue sur les retraites, confiée au secrétaire général des cadres de Force ouvrière, Robert Cottave, flanqué de trois hauts fonctionnaires. Leur mission : organiser partout en France des débats sur l’avenir du système de retraite. Je leur ai dit : « Je vous donne deux ans pour qu’il n’y ait plus en France un seul syndicaliste qui ose nier les chiffres. ». J’avais en même temps annoncé que la troisième étape serait l’ouverture des négociations entre le patronat, les syndicats et l’Etat, et que la quatrième serait la ratification de cette négociation par la loi.

F.-S. Alors, qu’est-ce qui a coincé ?
M. R.
La mission a admirablement travaillé. Mais j’ai dû démissionner le 15 mai 1991. J’ai alors été remplacé par Mme Cresson, dont le principe était simple : « Rocard a mal gouverné, donc il faut faire le contraire de ce qu’il a fait. » Elle a donc mis fin au travail de la mission, puis n’a plus rien fait sur le sujet.

F.-S. Pierre Bérégovoy lui a assez vite succédé…
M. R.
Mon ami Bérégovoy pas eu le temps de faire quoi que ce soit, puis nous avons perdu les élections de 1993. Balladur, devenu Premier ministre, note que la progression lente du déficit du régime des retraites se fait sentir. Il s’aperçoit aussi que l’opinion a bien changé, grâce à mon boulot. Il prend fin juillet – par décret et par la loi – des mesures de rééquilibrage. Il traite ainsi le problème du déséquilibre comptable pour dix à quinze ans. Mais il a brisé en même temps tout goût pour la négociation chez les partenaires sociaux. Car la décision de « boucler » le problème par la loi et le décret sans autre consultation a cassé ma démarche, a déconsidéré les responsables syndicaux et a encouragé les positions jusqu’au-boutistes.

F.-S. A la lumière de votre expérience, comment jugez-vous la réforme d’Eric Woerth ?
M. R.
C’est une réforme non négligeable et courageuse. Le gouvernement a eu raison de la faire. Je suis socialiste, je le reste, mais je le dis : Eric Woerth est un type bien, qu’il faut défendre. En tant que social-démocrate, je regrette, en revanche, que le gouvernement n’ait pas suivi la voie de la négociation. Il est quand même passé en force, même s’il bénéficie du fait que l’opinion est devenue plus sérieuse, plus responsable, un peu mieux informée. Reste que beaucoup de problèmes ne sont pas tranchés. Pour commencer, les régimes spéciaux ne sont pas touchés. Or c’est un morceau énorme.

F.-S. Vous a-t-on demandé vos conseils ?
M. R.
Oui. Les deux ministres du Travail successifs, Xavier Darcos puis Eric Woerth, m’ont convié à venir leur parler. Comme je suis démocrate, j’accepte les invitations. J’ai insisté auprès d’Eric Woerth : « Il faut négocier. » Sa réponse a été : « Mais ils ne veulent pas négocier ! » Je crains qu’il ait raison, à cause du piège que Fillon et Raffarin ont tendu à la CFDT il y a cinq ans. Cela se paie aujourd’hui.

F.-S. Quand François Mitterrand a décidé d’abaisser l’âge légal de la retraite de 65 à 60 ans, en 1981, vous étiez présent lors de ce fameux Conseil des ministres…
M. R.
Oui. Et, autour de la table, tous les ministres en charge de l’économie – même Fabius et surtout Delors – étaient effondrés, décomposés. Moi aussi. Mais il s’agissait de faire plaisir au Parti communiste et de magnifier le caractère social du gouvernement ! Le résultat a été la sacralisation de ce chiffre de 60 ans. Depuis, nous sommes encombrés d’un symbole alors que ce chiffre est, au fond, le moins significatif de tous les paramètres, même si c’est le plus visible.

F.-S. Pour vous, il aurait donc mieux valu ne pas s’en prendre aujourd’hui à ce « symbole » ?
M. R.
Eh ! Pourquoi agiter un drapeau rouge devant le taureau au lieu de contourner le problème ? C’était d’ailleurs une des conditions posées par la CFDT pour négocier : ne touchez pas à l’âge légal, et on se débrouillera avec le reste. Mais cela avait un inconvénient pour le gouvernement : ôter de la visibilité au résultat final. Pourtant le fond de l’affaire est connu : il faudra un jour arriver à une retraite à la carte, avec une cessation progressive d’activité.

F.-S. Le bilan de la réforme Woerth, c’est tout de même, pour vous, positif ?
M. R.
Au total, avec cette réforme, nous allons gagner un répit de dix ans sur le plan comptable. Ce n’est pas rien dans cette période d’inflation énorme, de déficits et de dette. Mais la contrepartie, c’est que la négociation n’est décidément plus un instrument de travail dans le dialogue social. Je trouve cela terrible.

F.-S. Le PS s’oppose à la remise en question des 60 ans et affirme qu’il reviendra dessus en cas de victoire en 2012…
M. R.
Le PS a du mal à devenir ce qu’il devrait être profondément : un parti social-démocrate. C’est un peu le parti faible dans l’Internationale sociale-démocrate. En faisant de l’âge légal un symbole, le PS est encore en train de se tromper de combat. Pour moi, c’est une des premières fautes de Martine Aubry qui, par ailleurs, fait du bon boulot. Pour ce qu’elle fait, je la défends plutôt. Mais là, elle a commis une erreur. Elle a été trop sensible au poids d’un symbole. Or on ne négocie pas sur les symboles, on les abandonne. Je crois que le PS se bloque sur une carte perdante. Quant à faire reposer les retraites sur la fiscalité, c’est absurde et « dangerosissime ». Je parlerai même d’imbécillité. Il faut absolument que le régime des retraites s’auto-équilibre. Il n’y a pas d’autre solution.

F.-S. Faudra-t-il une nouvelle réforme des retraites dans dix ans ?
M. R.
Dans dix ans, ou peut-être avant, je ne sais pas. Une certitude : le problème des retraites reste devant nous. D’autant que nous ne sommes pas sortis de la grande crise. Nous n’en avons traité qu’une petite partie, et mal : les banques reconquièrent leur pouvoir. Rien sur les paradis fiscaux, rien sur les produits dérivés. C’est effrayant. Nous allons donc vers des coups durs économiques fréquents dans un contexte de croissance lente. Dans ces conditions, le poids des régimes de retraite va devenir assez vite intolérable, une fois absorbé l’allégement temporaire signé Woerth-Sarkozy-Fillon.

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 16:55
Présentation de la statue du Général de Gaulle.



De Gaulle en statue à Nantes
Une statue du général de Gaulle a été inaugurée hier esplanade des 5 communes (en bout du cours des Cinquante-Otages, face au monument érigé en mémoire des Français fusillés par l’occupant en représailles de l’assassinat du colonel Hotz) à l'occasion du 70e anniversaire de son appel de Londres, en présence de Julien BAINVEL, Marie-Laure LE POMELLEC, Laurence GARNIER et Hervé GRELARD pour le groupe Ensemble pour NAntes, en l'absence du maire de la ville mais devant plusieurs centaine de personnes, dont une quarantaine d'anciens combattants.
L'oeuvre en bronze de l'artiste nantaise Françoise Boudier représente le général de Gaulle marchant, son képi sous le bras, à l'âge de sa venue à Nantes en 1945.
Haute de 2,20 m, elle est érigée au bout du cours des 50 otages. Sur le socle sont inscrits des extraits du discours prononcé par l’homme du 18 juin le 14 janvier 1945, lors de la remise de la croix de la Libération à Nantes.
Nantes est la première des 5 villes à avoir obtenu l'insigne de l'Ordre des compagnons de la Libération, suivie par Grenoble, Paris, Vassieux-en-Vercors et l'Ile de Sein.


Samedi 19 Juin 2010
Ensemble pour Nantes


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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 10:19
Du 17 juin au 18 juin 1940, de la résignation à l'espoir

De l'allocution du maréchal Pétain le 17 juin 1940 à midi annonçant aux Français la demande d'armistice, à l'appel à la résistance du général de Gaulle le 18 juin dans la soirée depuis Londres: le destin de la France s'est joué en une trentaine d'heures.

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 09:22
 
 Le fmi prévoit une reprise lente et incertaine en france
 La France a mieux résisté à la récession que d'autres pays mais la croissance est atone et les incertitudes consécutives à la crise de la dette souveraine menacent la reprise, prévient le Fonds monétaire international dans un communiqué publié jeudi.
"Des mesures appropriées ont permis à la France de sortir rapidement de la récession, mais la reprise est fragile et se trouve à présent confrontée à l'affaiblissement de la demande domestique et européenne", indique le FMI à l'issue d'un réexamen régulier de la situation économique du pays.
"La croissance devrait être atone en 2010 et n'enregistrer qu'une légère reprise au cours de l'année 2011."
Le taux de chômage élevé, le retrait progressif des mesures de relance et l'effort de consolidation des finances publiques vont peser sur la demande, explique le FMI, tout en notant que la dépréciation de l'euro aura des retombées positives.
Le Fonds recommande une stratégie de consolidation budgétaire crédible qui viserait la soutenabilité à moyen terme des finances publiques tout en limitant les risques pour la reprise.
S'agissant de l'objectif affiché par Paris de ramener le déficit public à 3% du PIB d'ici 2013, contre 8% attendu cette année, il juge que, "compte tenu des évolutions actuelles des marchés, cette trajectoire devrait être respectée de façon à ancrer les anticipations".
DEMANDE DE PRÉVISIONS ÉCONOMIQUES "RÉALISTES"
Mais il demande aussi que la stratégie budgétaire s'appuie sur des hypothèses macroéconomiques "réalistes" pour ne pas sous-estimer l'ampleur des efforts requis.
Le gouvernement français a une prévision de croissance de 1,4% cette année et mise ensuite sur une croissance de 2,5% à partir de 2011, une hypothèse jugée peu crédible en mars par la Commission européenne.
"Le fait que les autorités françaises retiennent des projections de croissance à moyen terme dans le haut des prévisions du consensus risque d'aboutir à une sous-estimation de l'ampleur des efforts budgétaires requis", écrit le FMI.
Dans leurs dernières prévisions, les économistes du Fonds anticipent une croissance de 1,5% en 2010 en France puis de 1,8% en 2011.
Dans le document publié jeudi, l'institution prend acte des "mesures de rigueur" prises par le gouvernement, notamment la poursuite de la réduction des effectifs de fonctionnaires et le gel des dépenses publiques en valeur nominale.
"La stratégie de consolidation budgétaire annoncée réunit un certain nombre d'éléments indispensables, mais la maîtrise des dépenses sociales est cruciale", écrit le FMI.
La réforme des retraites et du système de santé doivent constituer la pierre angulaire de la stratégie budgétaire de moyen terme, ajoute-t-il.
Le document a été rédigé avant la présentation, mercredi, du projet de réforme des retraites qui prévoit notamment de repousser de deux ans l'âge légal d'ouverture des droits à la retraite et l'âge de la retraite à taux plein, à respectivement 62 et 67 ans.
"Il est important qu'une consultation publique ait lieu sur une telle réforme décisive ; il convient toutefois de résister aux pressions qui conduiraient à ne pas corriger les déséquilibres fondamentaux et à s'appuyer démesurément sur des mesures d'accroissement des recettes", souligne le FMI.
Le document demande encore des "mesures audacieuses" pour rééquilibrer les comptes du système de sécurité sociale et la poursuite des efforts pour maîtriser les dépenses des collectivités territoriales.
Le rapport constate enfin que les banques françaises ont comparativement bien résisté à la crise financière mais ajoute que "la faiblesse de la croissance et les inquiétudes sur la dette publique européenne sont porteuses de nouveaux risques."
Véronique Tison, édité par Sophie Louet
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