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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 09:36
Société | Ajouté le 30.11.2011 à 17H04
Comme à l'accoutumée, le Parti socialiste utilise des ficelles bien grosses pour essayer de décrédibiliser la majorité. Bien entendu Claude Guéant n’a rien à voir avec le Front national.

Voici à nouveau le temps de la censure et du caviardage : il est des mots qui sont interdits, ainsi en a décidé l'inquisition bien-pensante socialiste : immigration, identité nationale, reconduite aux frontières, sécurité. Le parti de la rose agite un épouvantail, il faut bien stigmatiser, par tous les moyens, la majorité.

De quoi s’agit-il ? Le PS fustige le sens des responsabilité du Ministre de l'Intérieur. Un Etat quel qu’il soit a le droit et le devoir vis-à-vis de ses ressortissants de réguler ses flux migratoires, de réglementer l'entrée et le séjour des étrangers sur son territoire : c'est une des conséquences de la souveraineté nationale, puisqu'il semble qu'il faille revenir aux « fondamentaux ».

Un Etat a donc d’abord le devoir d’éviter l’immigration clandestine qui bafoue les droits (des étrangers et des ressortissants nationaux) et le Droit lui-même (sans Droit, point de liberté). Dans tous les pays, cela est aussi inacceptable que dans le nôtre.

De plus, au-delà de la question de l'immigration irrégulière, se pose celle de l'immigration régulière. chaque pays a le droit aussi de réguler son immigration officielle : il est légitime de s'interroger sur l'ouverture de ses frontières dans un pays où un taux de chômage reste élevé, par exemple.

Certes, il est indispensable je dirai même fondamental que les étranger d’où qu’ils viennent puissent accéder aux grandes écoles, aux facultés et obtenir des diplômes comme d’ailleurs un certain nombre de Français  (trop peu d'ailleurs) en obtiennent en Angleterre, en Belgique, au Canada ou surtout aux Etats-Unis.

Certains, à juste titre d’ailleurs, veulent après l’obtention de leurs diplômes rester en France, y faire carrière. L'exemple des États-Unis en la matière, laisse songeur. La multiplicité des étrangers qui s'y sont installés, ont acquis la nationalité américaine et participent à la recherche et à l’enseignement montre la qualité de cette immigration choisie. L'envers du décor n'est pas à négliger : le communautarisme des minorités hispanique, afro-américaine.

La porte est évidemment étroite entre la régulation d’une immigration de très haut niveau et le refus d’accepter tout étranger même diplômé. Il faut donc, au cas par cas, raisonnablement que nous puissions accepter un certain nombre d’étrangers par le biais de la voie « compétence et talents », ce qui suppose diplômes et promesses d’embauche réelle.


Malgré l'actuelle tension sur l’emploi, la présence d'un certain nombre de ces étrangers vivifiera la recherche, attirera quelques « cerveaux » du monde. Ceci montre qu’il ne faut pas être systématique dans le refus des visas.

Cette politique est extrêmement importante, elle permet non seulement de réguler les flux, sans retirer aux pays en voie de développement leurs cerveaux, leurs forces vives, tout en attirerant chez nous certains de ceux qui peuvent apporter leur savoir et leur intelligence.

Pr Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris
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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 14:55
  • Nicolas Sarkozy, lundi, dans la cour des Invalides, lors de la traditionnelle cérémoniede prise d'arme d'automne
    icolas Sarkozy, lundi, dans la cour des Invalides, lors de la traditionnelle cérémoniede prise d'arme d'automne Crédits photo : POOL/REUTERS

    Le chef de l'État n'a pas abandonné l'idée de faire voter la règle d'or budgétaire avant la fin du quinquennat.

    Ce jeudi, Nicolas Sarkozy prononcera à Toulon un deuxième discours sur la crise et l'Europe, trois ans après le discours de Toulon, devenu depuis l'une des références du quinquennat, et la semaine où le chômage est reparti à la hausse. Le chef de l'État veut de nouveau frapper les esprits. Il veut rappeler que certains engagements ont été tenus, par exemple sur les paradis fiscaux, il veut aussi déclarer solennellement que le combat continue pour la «moralisation du capitalisme», via les sommets du G20. Mais il expliquera aussi comment d'au­tres crises se sont ajoutées à celle de septembre 2008 et ont différé d'autant les solutions déjà complexes et multilatérales qu'il préconisait il y a trois ans.

    Il s'agira donc, encore une fois, d'un exercice pédagogique sur «les trois crises du quinquennat: la crise bancaire, la crise économique et la crise de la dette», selon un conseiller. Ce sera aussi une feuille de route sur la stratégie de sortie de crise et «les cinq années d'effort qui nous attendent», résume Valérie Pécresse, ministre du Budget . Enfin, il s'agira aussi d'annoncer un «nouvel équilibre européen». La tâche n'est pas facile: ce nouvel équilibre sera plus solidaire, plus intégré, mais ne devra pas attenter pour autant à la précieuse souveraineté des États. Ce point est toujours l'objet de discussions approfondies avec Berlin. Angela Merkel doit d'ail­leurs s'exprimer vendredi sur le sujet.

    Garder l'initiative

    Sarkozy se doit de préciser sa vision de l'Europe dans la crise, alors que son «amie» Merkel a déjà mis sur la table des propositions lors du dernier congrès de la CDU. Mais il doit aussi pousser son avantage face à François Hollande. Un mois après le sommet de Bruxelles et le G20 de Cannes, il peut de nouveau garder l'initiative face à un candidat socialiste englué dans la gestion de ses alliances et espérer en retirer un avantage comparatif: «Si les Français refusent plus de fédéralisme, ils comprennent majoritairement qu'ils ne peuvent plus se sortir seuls de la crise», analyse un proche du chef de l'État.

    Henri Guaino, la plume du président, est depuis lundi enfermé dans son bureau pour écrire ce qui est annoncé comme le deuxième grand discours du quinquennat. Plus de 5000 personnes sont attendues pour écouter la «messe» présidentielle, programmée à 18h30, comme le 25 septembre 2008 à Toulon. Il faut dire qu'au moment où le chef de l'État s'exprimera, tout ne sera pas encore complètement clarifié entre Paris et Berlin.

    Car l'une des grandes questions posées par le discours de Toulon, ce jeudi soir, sera de savoir comment sauver durablement la zone euro. Jeudi, lors d'une conférence de presse à Strasbourg, Merkel et Sarkozy ont répondu d'une formule simple: «l'indépendance de la Banque centrale européenne». Interprétée comme une humiliation de Sarkozy par Merkel, cette affirmation par la chancelière de l'indépendance intangible de la BCE est, au contraire, un encouragement fait à la banque européenne de prendre ses responsabilités, par les moyens qu'elle juge appropriés, pour juguler la spéculation contre la zone euro. «L'indépendance de la BCE vaut aussi vis-à-vis de l'Allemagne», résume un connaisseur. En échange de cette nouvelle sagesse allemande à l'égard de la BCE, Sarkozy se doit de proposer une amélioration significative du contrôle des déficits des États membres.

    C'est là que la règle d'or revient sur la table des négociations. Sarkozy n'a jamais abandonné l'idée de la faire voter avant la fin du quinquennat. Outre la mise en œuvre des sanctions existantes dans les traités européens, le président souhaiterait définir une nouvelle norme européenne d'équilibre budgétaire qu'il reviendrait à chaque État membre de transposer dans sa législation nationale. «Cela permet l'appropriation nationale de règles plus fortes, au lieu de laisser une instance supranationale s'immiscer dans la vie des États membres», confie un conseiller. Au PS de reconnaître qu'il acceptera lui aussi de procéder à la transposition de cette norme. Selon certaines sources, des contacts seraient en cours à ce sujet entre l'Élysée et la Rue de Solferino. Ce que l'entourage de Nicolas Sar­kozy dément.

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 12:46
Samedi 26 novembre 2011

François Fillon rappelle que pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy notre pays a gagné en lucidité et il a gagné en courage lors de la réunion des cadres de l'UMP le 26 novembre 2011.

 

Mes Chers amis,

 

A cinq mois maintenant des échéances électorales, nous sommes ici pour nous mettre en ordre de bataille et nous sommes ici pour créer les conditions d’une mobilisation qui devra être totale.

Elle devra solliciter tous les talents, toutes les bonnes volontés.

Je veux dire que les doutes, les rancoeurs, les calculs personnels, tout cela devra être mis de côté au profit d’une aventure collective. D’une aventure vous le savez qui est bien plus importante que chacun d’entre-nous.

 

Je m’engagerai à vos côtés, partout où il faudra défendre nos couleurs, et je le ferai avec les membres de mon Gouvernement qui devront redevenir des militants parmi les militants.

Je m’engagerai pour le Président de la République, pour la majorité, pour l’UMP.

Je le ferai avec Jean-François Copé auquel je tiens à apporter mon soutien et à dire ma confiance face aux attaques calomnieuses dont il est l’objet.

J’ai toujours combattu cette méthode malsaine qui consiste à jeter en pâture l’honneur des hommes publics qu’ils soient de droite ou de gauche.

Ca n’est pas ma conception de la République et ça n’est pas notre conception de la République

 

Mes amis,

 

Dans notre Vème République, l’élection présidentielle est une rencontre singulière entre un homme et le pays, et cette règle devrait être d’autant plus forte que le Président de la République n’est pas un candidat comme les autres : entre lui et les Français, le rendez-vous sera évidemment un rendez-vous très personnel !

Pour autant, ce face à face ne peut réussir que s’il est porté par une énergie collective.

Rien ne remplace la foi de milliers de militants et de sympathisants qui sont prêts, avec vous, à s’engager pour leurs idées et pour notre nation.

La victoire ne récompensera pas seulement le meilleur des candidats, elle récompensera aussi le parti le plus décidé à aller la chercher.

 

Après les cinq années que nous venons de vivre, je mesure le travail difficile qui est le vôtre sur le terrain, là où le cœur et l’esprit de chaque Français doivent être inlassablement reconquis.

A l’enthousiasme et la fraîcheur de 2007 a fait place la gravité, et il faut dire que la succession des crises que nous avons dû surmonter se prête peu aux élans spontanés.

Mais je suis aussi venu vous dire que l’enjeu est décisif et que notre succès est possible !

 

L’enjeu est décisif parce que la France est face à trois défis devant lesquels elle n’a pas le droit de flancher sous peine de déclin assuré et prolongé.

 

Il y a d’abord, le défi de la crise des dettes qui peut s’abattre sur nous au moindre relâchement budgétaire.

Ce jour là, vous le savez bien, il sera trop tard pour se souvenir que la question financière est aussi une question de souveraineté nationale, aux conséquences économiques et sociales qui peuvent être dévastatrices. .

Tout dérapage dans le rétablissement de nos comptes publics nous est interdit, et, à ce titre, je veux dire que le projet de loi de finances pour 2013, le premier du prochain quinquennat, sera stratégique.

Ou bien la discipline est maintenue et nous sortirons progressivement de l’épreuve, ou bien elle est négligée et alors nous entrerons dans une spirale incontrôlable qui peut ruiner notre pays. .

 

Ensuite, il y a le défi de l’euro et le défi de l’Europe dont l’unité, peut, à la moindre faiblesse, se déliter, et, ce faisant, entraîner notre continent à jouer définitivement les seconds rôles dans la compétition économique mondiale.

Dans l’année qui vient, l’Europe va jouer son avenir politique.

Et cette crise peut être un tremplin pour renforcer ses structures institutionnelles et pour sanctuariser ses idéaux communs, mais elle peut aussi être un toboggan entraînant chaque nation à se replier dans un désordre suicidaire.

Pour éviter ce scénario catastrophe, la France et l’Allemagne ont une responsabilité particulière, la France et l’Allemagne ont un rôle crucial à jouer que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel assument avec beaucoup de sang froid, avec beaucoup de courage et avec une grande vision du poids de leurs responsabilité face à l’histoire.

Mais nous ne devons pas nous y tromper : ce tandem franco-allemand, il ne peut continuer de fonctionner que si notre pays fait des efforts, des efforts de compétitivité et des efforts de désendettement.

Sans cela, nous n’avons aucune chance de conserver notre influence au côté de notre partenaire.

C’est notre redressement économique et financier qui justifie aujourd’hui et qui justifiera demain notre leadership commun.

Si la France dérape dans sa gestion, ce ne sont pas les pétitions de principe sur notre amitié réciproque qui sauveront notre rang et donc le couple franco allemand et donc la dynamique de redressement du continent européen.

 

Enfin, il y a un défi culturel qui va se cristalliser au moment des présidentielles.

Conservatisme ou progressisme, socialisme ou réformisme: les Français vont devoir choisir.

Je voudrais vous dire depuis 2007, il y a une chose essentielle que nous avons réussi à installer dans notre société. Face aux difficultés de la crise, nous n’avons pas pu réussir tout ce que nous avons entrepris. Et j’attire votre attention sur le fait que dans cette campagne il ne faut pas être arrogant, il ne faut pas prétendre que nous savons tout et que nous avons tout bien fait mais il faut avoir la force d’expliquer à nos concitoyens les difficultés que nous avons rencontrées et les changements profonds que nous avons introduits dans la société française. Je veux parler de l’idée de changement.

On peut être hostile aux réformes que nous avons conduites, on peut nous reprocher d’être allés trop loin ou pour d’autres de ne pas être allé assez loin, mais ce qui est sûr c’est que nous avons mis la France en situation d’accepter le mouvement face aux réalités.

Et tout ceux ici qui sont engagés dans la vie politique depuis longtemps savent que pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy notre pays a gagné en lucidité et il a gagné en courage.

 

 

 

Sous notre impulsion, il y a plusieurs verrous qui étaient des verrous qui condamnaient la société française à l’immobilisme, des verrous qui ont sauté.

Avec l’autonomie des universités, nous avons cassé l’uniformité derrière laquelle s’abritaient les conservatismes depuis si longtemps.

Avec le service minimum, nous avons redonné du sens au principe de la continuité du service public, et, ce faisant, nous avons délégitimé la prise en otages des usagers qui était devenue un acquis pour certains. Et d’ailleurs, je vous invite à jeter un regard en arrière sur ces cinq ans pour constater qu’il y a eu bien sûr des contestations, il y a eu des mouvements sociaux mais aucun qui ait paralysé le pays et aucun qui ait empêché le Gouvernement de conduire les réformes qu’il avait choisi de conduire.

Avec les heures supplémentaires défiscalisées, nous avons rehaussé la valeur du travail, à un moment de l’histoire de notre pays où l’on ne parlait plus que des RTT.

Avec l’interdiction de la burqa, nous avons affermi l’autorité de la République face au relativisme ambiant.

Avec la réforme de nos administrations et la réduction du nombre de fonctionnaires, nous avons commencé à sortir de l’Etat providence.

Enfin, avec la baisse des dépenses publiques, nous avons provoqué dans l’opinion une prise de conscience des limites d’un progrès qui a été acheté à crédit.

 

Ces exemples, parmi d’autres, signent l’évolution culturelle d’un pays qui s’est longtemps abrité derrière les illusions et derrière les tabous.

 

Cette mutation des esprits est capitale, car, en politique, c’est l’âme du peuple qui guide le sens des actes.

Mais cette mutation des esprits, elle est, vous le savez bien, encore fragile…

Tout le défi de la présidentielle c’est de conforter, c’est d’amplifier cette mutation face au contre-courant socialiste qui nous replongerait dans le bain des idées fausses : moins de réformes, moins de compétitivité, plus d’emplois publics, plus de dépenses, bref, toute cette vieille idéologie insouciante qui a si longtemps détourné la France de la vérité et de l’action.

 

Enjeu des dettes souveraines, enjeu de l’Europe, enjeu de la réforme : le caractère vital de ces trois enjeux pour notre pays nous commande de battre une opposition et son programme qui va à l’encontre de tout ce qu’il convient de faire pour hisser la France hors de la crise.

 

Je n’exagère pas !

Quand on est capable, dans les circonstances actuelles, vous le savez, qui sont périlleuses, de proposer le recrutement de 60.000 fonctionnaires en plus alors qu’il faut réduire nos dépenses publiques, quand on est capable de proposer le retour à la retraite à 60 ans contre toutes les évidences démographiques et financières, quand on est capable, en une seule nuit de démanteler notre politique nucléaire qui a été et qui est la fierté d’un peuple qui a su au nom de son autonomie, au nom de son indépendance trouver les ressources intellectuelles, technologiques, industrielles, financières pour se doter de la première industrie nucléaire au monde, quand on a été capable en une seule nuit de tractations de le faire pour s’assurer l’appui des Verts, c’est qu’il y a un lourd problème de fond qui peut s’avérer fatal pour notre pays..

 

Au fond, comme l’a très bien dit Jean-François à l’instant, les socialistes, notamment dans cet accord avec les verts, semblent s’ingénier à priver la France de tous ses atouts. L’atout de la crédibilité financière, l’atout de l’indépendance et de l’autonomie énergétique, l’atout de notre place au Conseil de sécurité des Nations-Unies qui nous donne la possibilité tout simplement d’influer sur le cours du monde, sur son organisation, de peser dans le contexte de la mondialisation. Au fond, il ne reste plus qu’une question qui n’a pas encore été posée. Je serais curieux de savoir quel serait l’avis de Madame Joly et des Verts sur notre dissuasion nucléaire et sur la politique de défense de notre pays, elle qui ne voulait plus voir nos soldats défiler dans les rues de notre capitale le 14 juillet.

 

Cette manière de procéder du parti socialiste qui préfère brader ses convictions, s’il y en a, pour des accords électoraux avec ses partenaires n’est pas nouvelle. Les plus anciens d’entre vous se souviendrons que cette réforme de l’Université qui a mis à bas l’Université française, qui l’a entraînée vers le bas, qui l’a entraînée vers le déclin, cette réforme qui avait été conduite par le ministre socialiste Savary était une réforme qui avait été exigée par le parti communiste dans le cadre de l’accord sur le programme commun et Monsieur Savary se confiait peu de temps après avoir fait voter cette réforme en disant qu’il n’était pas fier de ce qu’il avait fait pour l’Université française mais qu’il avait dû le faire sous la contrainte d’un accord électoral. Et plus près de nous à la fin du quinquennat de Lionel Jospin, vous vous souviendrez peut-être que le Parlement avait voté une loi scélérate qui mettait à bas l’économie française, il l’appelait, ironie du sort, la loi de modernisation sociale qui introduisait tellement de contraintes sur les entreprises françaises et sur l’économie française que les pays de l’Europe de l’Est semblaient être de vrais eldorados de liberté par rapport à cette vision qui était celle de la gauche de l’économie. Là encore, c’était encore une loi qui était simplement imposée par le parti communiste dans le cadre d’un accord électoral. Et bien ce problème de fond, ce problème qui peut s’avérer fatal pour notre pays, il se résume très simplement : les socialistes n’ont toujours pas pris la mesure de la tempête qui souffle sur l’Europe et ils n’ont toujours pas compris que l’occident n’était plus le centre du monde.

Il est vrai que pour eux, la réalité est déchirante, parce que le socialisme est fondamentalement conçu pour distribuer les richesses de la croissance et satisfaire toutes les clientèles. Or il n’y a plus ni richesses abondantes, il n’y a plus de croissance assurée.

Restent les clientèles auxquelles les socialistes essayent de faire croire que tout est possible, dans le meilleur des mondes.

 

Pour la France et pour l’intérêt national, notre victoire est donc nécessaire, et je veux vous dire que je la crois possible sous quatre conditions.

 

D’abord, nous devons gagner la bataille du rassemblement.

Face à une gauche morcelée, pétrie de contradictions, dont les ténors s’accusent réciproquement de mollesse ou d’intransigeance, nous devons faire bloc autour du Président de la République afin de démontrer aux Français que nous incarnons le parti de l’unité et de la solidité.

 

Alors je vais demander à chacun de faire un effort, les Gaullistes, les libéraux, les centristes, les radicaux, la droite populaire, la droite sociale, que sais-je encore, tout cela maintenant doit converger au profit d’une seule volonté de vaincre ensemble pour servir sérieusement la France.

 

Nous devons ensuite gagner la bataille de la crédibilité, et au cœur de cet objectif, il y a le redressement de nos comptes publics.

Jamais la question des finances publiques n’aura été à ce point au centre du débat présidentiel.

Je sais que certains pourraient trouver cela frustrant, tant la discipline budgétaire contrarie notre culture politique qui a si longtemps relégué les aspects financiers au second rang mais nous n’avons pas le choix. Il faut revisiter cette culture !

Tout le mérite du programme de l’UMP, autour duquel vous planchez avec Bruno Le Maire, c’est de partir de l’idée que la contrainte financière doit être au cœur de la réflexion. J’ai dit au fond le meilleur programme pour l’élection 2012, c’est le déficit zéro. Et à ceux qui m’accuseront de ne pas avoir une immense vision en disant cela, je dis que c’est tout le contraire parce que c’est en atteignant cet objectif que nous n’avons jamais atteint depuis plus de trente ans que nous redonnerons à notre pays de vraies perspectives et que nous redonnerons à nos concitoyens et à nos enfants surtout une liberté et un avenir.

 

Mais cette contrainte ne doit pas être paralysante !

Elle ne limite nos ambitions et nos projets que dans la mesure où nous restons figés sur des schémas anciens, avec pour seule et sempiternelle logique d’augmenter les dépenses pour tenter de résoudre des problèmes qui ne sont pas seulement conjoncturels mais bien structurels et culturels.

 

D’une certaine façon, la contrainte financière c’est une occasion stimulante de repenser notre organisation, de repenser nos réglementations, de revoir nos habitudes; bref, c’est une opportunité pour définir encore plus précisément les réformes nécessaires pour aller chercher le progrès économique et social.

 

Dans bien des domaines, la France peut obtenir de meilleurs résultats avec de nouvelles façons de s’organiser, avec de nouvelles façons de travailler, avec de nouvelles façons de dépenser, et de garantir la solidarité.

D’ailleurs, si la force d’un pays se jugeait exclusivement au montant de ses dépenses publiques, cela ferait longtemps que nous serions en tête de tous les pelotons. Or ça n’est pas le cas.

Pourquoi ça n’est pas le cas?

Parce que le recours permanent à l’endettement a stérilisé les idées, les initiatives, les remises en cause.

Désormais, parce que nous avons le dos au mur, nous devons chercher ensemble d’autres voies.

 

L’orthodoxie budgétaire ce n’est pas une fin en soi.

C’est pourquoi, devant les Français, je vous propose d’élever la question au niveau politique et au niveau moral.

Se désendetter, c’est aller chercher de nouvelles marges de manœuvre pour construire l’avenir.

C’est se libérer d’une culture asservissante et avilissante qui n’est pas digne d’une grande nation comme la nôtre.

Se désendetter, c’est conserver la maîtrise de notre destin politique, économique et social. C’est garantir à la République le pouvoir d’agir en conscience, et non sous la pression extérieure.

Enfin, se désendetter, c’est tout simplement protéger nos enfants du plus cruel des maux : celui de payer une faute de leurs parents.

 

Oui, nous devons assumer une politique rigoureuse ; mais nous ne devons pas l’assumer comme on irait à Canossa, mais comme une chance de relancer notre pays !

 

J’écoute les critiques de François Hollande, je veux dire comme elles sont incohérentes.

Un jour il déplore l’austérité de notre politique, le lendemain il déplore que nous n’en fassions pas davantage pour réduire les déficits.

Un jour il nous accuse de baisser les dépenses de l’Etat, le lendemain il nous reproche d’élever le taux intermédiaire de la TVA.

Alors si on ne peut ni toucher aux dépenses, ni toucher aux recettes, je me demande bien comment Monsieur Hollande entend trouver les 100 milliards d’euros d’économies qui sont nécessaires pour arriver à «zéro0 déficit» d’ici 2016.

L’art de dire tout et son contraire à des limites.

 

Faute de rien y comprendre, il nous reste à juger sur pièces.

La gauche avait annoncé dans les discussions du PLF qu’elle donnerait lieu au Sénat à un débat «projet contre projet». On allait voir ce qu’on allait voir.

Le Sénat vient de terminer l'examen de la première partie du PLF, et, en effet, nous voyons…

 

Le parti socialiste a créé ou étendu 30 taxes qui viennent s’ajouter aux 17 taxes que le Sénat a adopté à l’occasion du PLFSS.

Il a créé ou élargi 13 niches fiscales pour un montant de 2,5 milliards d’euros.

Au total, en quelques jours de débats, la nouvelle majorité du Sénat aura augmenté les impôts de 29,5 Md€, ce qui ferait augmenter notre taux de prélèvements obligatoires de 1,5 % en une seule année.

Il atteindrait un record absolu à près de 47 en 2012.

Cette augmentation porte essentiellement à hauteur de 2,5 Md€ sur l'impôt sur le revenu, essentiellement des classes moyennes ; à hauteur de 20,3 Md€ sur l'IS - ce qui revient, mes chers amis, à augmenter l'impôt sur les sociétés, qui est déjà très élevé dans notre pays, de 50% ; et enfin à 3,5 Md€ sur le patrimoine et ses revenus.

 

L’examen de la seconde partie du PLF n'a pas encore commencé, que le PS a déjà créé 650 millions de dépenses nouvelles, au seul bénéfice des collectivités territoriales.

Alors que le gouvernement a demandé un effort raisonnable aux collectivités locales - parce qu’elles ne peuvent pas être les seules à être dispensées de l’effort national - le Sénat est donc revenu là dessus.

Est-ce cela l’intérêt général ?

Est-ce cela la discipline budgétaire ?

Au-delà des discours, voilà donc, dans les faits, le parti socialiste en action. Mes chers amis cela nous éclaire sur sa conception de la gestion des finances publiques.

 

Mes chers amis,

 

Nous devrons aussi gagner la bataille de la cohérence.

On ne l’emporte pas sur un bilan, mais nous pouvons démontrer à nos concitoyens que les réformes entreprises depuis 2007 constituent un socle pour aller plus loin et pour faire mieux.

Toute notre réflexion doit se concentrer autour d’un objectif central qui dicte tout le reste : faire de la France un pays compétitif et productif capable de répondre au défit de l’économie mondiale.

Et pour ce faire, l’avenir de notre pacte économique et social doit pouvoir être débattu librement sans tabou.

C’est la mission de Jean-François Copé et de toute l’équipe dirigeante, assignée par le président de la République.

 

L’UMP a des convictions, des valeurs et des idées qu’elle développe au sein de ses conventions.

Alors, l’opposition semble surprise et gênée de voir notre mouvement lui contester le pouvoir de faire des propositions. Comme si la gauche avait le monopole de la pensée !

Pour elle, tout ce que nous avons fait doit être abrogé, stoppé, dissous.

La réforme des retraites, la réforme de l’Etat, la réforme des collectivités locales, la défiscalisation des heures supplémentaires…

La gauche, c’est la contre-réforme.

Son conservatisme est revanchard et brutal.

A l’inverse, nous devons incarner la continuité réformiste, nous devons incarner la progression réformiste, nous devons incarner l’expérience réformiste !

 

Et puis enfin nous devons gagner la bataille des valeurs.

Et dans cette bataille, nos principes – ceux qui nous ont fait gagner en 2007 - restent toujours d’actualité.

Pour nous, il n’y a pas de solidarité sans productivité et il n’y a pas de productivité sans valorisation du travail des français.

Il n’y a pas d’efficacité économique sans dignité sociale.

Il n’y a pas de liberté sans sécurité et pas de sécurité sans respect de l’autorité.

Il n’y a pas d’égalité sans mérite.

Il n’y a pas d’unité nationale sans conscience de notre héritage.

Il n’y a pas de République sans fraternité et pas de fraternité sans laïcité.

Il n’y a pas non plus de citoyenneté sans devoirs. Et, je veux dire à ce titre, que je m’oppose, de toutes mes forces, au droit de vote et d’éligibilité des étrangers aux élections locales.

 

Ce droit de vote et d’éligibilité des étrangers aux élections locales que la majorité socialiste du Sénat s’apprête à débattre et à adopter.

Outre le fait qu’il me semble qu’il y a une conception étrange de la démocratie quand on va chercher un texte qui a été voté par une majorité qui n’existe plus, une majorité qui a été désavouée par les français pour le faire aujourd’hui voter par un Sénat qui dans l’équilibre des pouvoirs de la cinquième République ne peut en aucun cas avoir le dernier mot mais qui, d’une certaine manière grâce à la procédure que le Sénat va employer, pourrait l’avoir. Il y a là une sorte d’atteinte à un fonctionnement normal de la démocratie et au respect de notre constitution mais il y a plus grave. Pour nous, le droit de vote ne se justifie pas par les impôts que l’on paye. Le droit de vote, c’est le résultat d’une volonté de partager un destin commun, c’est une volonté qui est scellée par l’acquisition de la nationalité française.

Je suis contre les communautarismes, c’est la raison pour laquelle je suis contre le droit de vote à géométrie variable !

Ce droit de vote qui tourne le dos à toute notre tradition républicaine est ainsi faite : nous sommes une nation d’intégration, et l’intégration signifie que l’étranger qui souhaite jouir de tous les droits civiques est tout simplement invité à rejoindre pleinement la nation en devenant citoyen français.

 

Voilà, mes chers amis, les réflexions que je voulais partager avec vous avec toute la confiance et toute l’amitié qui marquent notre solidarité.

La crise est loin d’être finie, les temps sont difficiles, l’élection sera disputée, mais j’ai l’intime conviction que nous pouvons gagner notre pari autour du président de la République.

En son temps et en son heure, Nicolas Sarkozy entrera en campagne, et je crois que je vous surprendrais en vous disant que vous pouvez lui faire confiance pour que cette nouvelle aventure ne soit pas tiède !

 

Alors tenez vous prêts, rassemblez-vous, ignorez les polémiques et les débats accessoires qui nous détournent de nos vrais devoirs, soyez solidaires, soyons conquérants, et battons-nous ensemble pour avoir l’honneur de prolonger notre action au service la France.

 

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 12:40

OF 25-11-11

Ouest France - 25/11/2011

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30 novembre 2011 3 30 /11 /novembre /2011 12:34
mercredi 30 novembre 2011

- A la une

Le serpent de mer a la peau dure. À l’heure où le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est sur orbite, de nombreux élus et chefs d’entreprise relancent le débat sur la nécessité d’ériger un nouvel ouvrage permettant de franchir la Loire. Sous peine de voir le réseau routier de l’agglomération nantaise « définitivement asphyxié ».

Redoutant d’être enclavé, le département de la Vendée a orchestré, hier soir à Challans, une impressionnante opération de lobbying. Un vrai meeting de campagne - fédérant 1000 partisans du projet, en Loire-Atlantique et en Vendée - en présence du ministre des Transports, Thierry Mariani.

Quatre options de franchissement sont à l’étude, parmi lesquelles la création d'un pont levant près d'Indre. Thierry Mariani prête une oreille attentive, mais peu de subsides : le nouveau pont est jugé « nécessaire » mais il « revêt une dimension locale ».

Plus d'informations ce mercredi dans Presse Océan.

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 11:00

 

Monsieur le Directeur général,

Mesdames et Messieurs,



Pour un département – je veux parler de la Sarthe – qui aime passionnément l’automobile, c’est un grand plaisir de voir se dessiner ici, au fond, les dernières avancées qui vont faire la voiture de demain. Ce site que je viens de visiter, pas pour la première fois mais avec beaucoup de plaisir, est un site qui est lié à l’électronique depuis longtemps. Et comme SAGEM, comme JOHNSON CONTROLS par le passé, VALEO a fait de ce site un lieu qui est un lieu d’avant-garde technologique.

La modernité de ce que nous venons de voir m’inspire une grande fierté – une grande fierté de Sabolien, une grande fierté nationale par rapport à notre industrie – et je veux féliciter chacun des personnels de VALEO ici à Sablé pour cette réussite.

Je viens d’essayer la PEUGEOT 508 qui intègre la deuxième génération des boîtiers de « Stop and Start » fabriquée ici.

Ce dispositif – dont je me souviens d’ailleurs qu’il m’avait été présenté dans sa première version lors d’une visite que j’ai dû faire en 2004 ou en 2005 – est une véritable prouesse industrielle, mais aussi un progrès formidable pour la préservation de l’environnement puisqu’il permet de réduire les émissions de CO² de cinq grammes par kilomètre et d’économiser 15 % de carburant en conduite urbaine.

C’est le fruit des investissements très importants réalisés dans l’usine de Sablé et c’est le résultat de plusieurs années de recherche et développement menées par VALEO et menées par PSA. Le succès de la technologie I-StARS, c’est celui d’une politique intelligente d’investissement dans l’innovation. Ces produits, qui ont déjà conquis le groupe PSA, NISSAN, sont appelés – j’en suis certain – à beaucoup d’autres réussites. En tout cas, c’est une très bonne nouvelle pour l’usine de Sablé qui a déjà rebondi de façon spectaculaire puisqu’elle est remontée de 170 employés au cœur de la crise à près de 600 c’est-à-dire un chiffre bien supérieur à celui d’avant la crise.

On s’en souvient, au dernier trimestre 2008, le marché européen, sous les effets de la crise financière mondiale, avait chuté de 15 %. Ça s’était traduit par un effondrement de plus de 40 % de la production de véhicules en France. L’année 2009 s’annonçait extrêmement mal et certains prédisaient même la disparition de pans entiers de l’industrie automobile française.

Nous avons mis en place un soutien rapide et décisif. Il y a eu le soutien à la demande avec la mise en place de la prime à la casse. Il y a eu le soutien au financement pour que nos constructeurs continuent d’avoir les moyens d’investir dans de nouvelles technologies. Et puis il y a eu le soutien à l’emploi en favorisant l’activité partielle. Grâce à toutes ces mesures, le marché automobile et la production automobile française ont pu tenir le coup et ont pu reprendre rapidement.

En 2010, les entreprises de la filière ont affiché des résultats positifs. C’est évidemment le cas de VALEO avec un chiffre d’affaires qui a progressé de 28 %.

Toutes ces mesures n’allaient pas de soi. Elles ont, pour certaines, été beaucoup critiquées. Il y avait ceux qui nous suggéraient de laisser le marché faire le tri. Il y avait ceux qui considéraient qu’on n’en faisait pas assez. Nous, nous les avons prises parce que nous croyons à l’avenir du secteur automobile. C’est un secteur qui est clef pour le développement de notre pays. C’est un employeur, évidemment, très important pour les Français et c’est un secteur qui, contrairement à ce qu’on commence à écrire, au fond, sur l’idée de la fin de l’automobile, est source d’innovation stratégique pour l’économie française.

Mais notre ambition, ce n’était pas seulement d’aider le secteur automobile pendant la crise, c’était aussi de le faire sur le long terme. Nous voulons que l’industrie automobile française soit plus robuste face aux défis concurrentiels et technologiques. Et pour cela, nous avons développé une double stratégie. D’abord, il faut construire une filière qui soit mieux structurée sous la responsabilité de ses principaux acteurs. Entre les grandes entreprises et les petites, il faut de véritables partenariats.

Ce mouvement a été engagé dans le cadre de ce qu’on a appelé le Pacte automobile. Il faut l’amplifier en prenant appui sur les outils que nous avons mis en place et je pense en particulier au Fonds de modernisation des équipementiers automobiles. À l’instant, Monsieur le directeur général, vous faisiez allusion à la compétitivité de l’économie française par rapport à l’économie allemande. Il y a bien des sujets sur lesquels il faut que nous fassions des efforts. Il y en a un notamment où nous avons encore à progresser, c’est cette notion de filière et cette relative solidarité qui existe en Allemagne entre les industriels d’un même secteur, pour ne pas employer un autre mot.

Ensuite, il faut mettre le paquet sur l’innovation. C’est le deuxième axe stratégique. À travers le programme des Investissements d’Avenir, nous avons consacré 750 millions d’euros à ce qu’on appelle le véhicule du futur pour que la recherche débouche rapidement sur des programmes industriels et sur de nouvelles activités et de nouveaux emplois. Les acteurs de ce secteur se sont beaucoup mobilisés pour participer à ce projet et VALEO est au premier rang de ces acteurs. Les premières décisions d’attribution de ces soutiens à l’innovation et à la recherche seront prises avant la fin de cette année.

Aujourd’hui, le marché reste difficile pour nos constructeurs qui sont confrontés à une guerre des prix, qui souhaitent limiter leurs stocks. Pour certains sous-traitants, nous savons que la situation est incertaine. La filière entière doit faire face à une certaine atonie du marché européen qui reste son principal débouché. Et dans ce contexte, il est naturel que chacun défende sa compétitivité avec détermination.

Mais gagner en compétitivité, ça ne doit pas se faire en sacrifiant l’emploi et ça ne doit pas se faire non plus en faisant pression seulement sur les sous-traitants et sur les sous-traitants les plus fragiles. Je crois que la responsabilité de nos grands constructeurs et de nos équipementiers, c’est aussi de protéger leur empreinte industrielle, de protéger leurs capacités d’innovation en France et, pour cela, de préserver l’emploi et le savoir-faire français. Et je veux, à ce sujet, saluer l’accord qui vient d’être trouvé au sein du groupe VALEO pour implanter de nouvelles activités en France à Nogent-le-Rotrou.

Pour être plus compétitif, il faut utiliser tous les leviers possibles. Dans le contexte économique particulièrement difficile que nous connaissons, pour muscler notre organisation, c’est-à-dire la réponse de l’État aux besoins parfois de crise des industriels, j’ai demandé à René RICOL, qui s’occupait déjà, pour le Gouvernement, des Investissements d’Avenir, de coordonner tous les dispositifs publics d’appui aux entreprises, notamment au niveau régional, pour que nous soyons vraiment réactifs et au plus près des entrepreneurs.

Pour favoriser l’investissement, nous avons déjà supprimé la taxe professionnelle, c’est-à-dire un impôt qui était uniquement basé sur l’investissement des entreprises, qui n’existait que dans notre pays et qui pénalisait particulièrement l’industrie automobile.

Pour encourager l’innovation – et je vous remercie d’y avoir fait allusion –, nous avons réformé le crédit impôt recherche, ce qui a largement relancé l’effort de recherche et développement des entreprises. Je pense que nous sommes, aujourd'hui, parmi les grands pays développés, l’un des plus attractifs en matière de soutien à la recherche et à l’innovation et je demande à chacun d’entre vous de réfléchir. On entend parfois des commentaires un peu stupides, pas très réfléchis sur ce qu’on appelle les niches fiscales. Eh bien il y a des niches fiscales qui méritent d’être supprimées – d’ailleurs, j’essaye d’en supprimer un maximum –, mais il y en a d’autres qui méritent d’être préservées. Le crédit impôt recherche, c’est une niche fiscale, ça consiste à dire à un industriel : « Ce que vous allez investir dans la recherche, vous n’allez pas le payer en impôts, vous allez le déduire de vos impôts. » Et donc il y a des niches fiscales qui sont extrêmement utiles au développement économique de notre pays.

Pour affronter la concurrence internationale et pour soutenir l’emploi, nous avons aussi à nous poser la question de la réduction du coût du travail. Et quand on parle de réduction du coût du travail, je veux dire qu’il ne faut pas croire qu’on parle de réduction des salaires, on parle de tout ce qui environne le salaire. Dans la comparaison avec l’Allemagne, les salaires ne sont pas plus bas en Allemagne qu’en France, c’est l’ensemble des charges qui pèse sur le travail dans notre pays qui fait la différence de compétitivité avec notre voisin allemand.

Alors nous avons déjà agi avec les allègements de charges qui sont essentiels au maintien de la productivité et de l’emploi dans un secteur exposé comme le vôtre. Nous l’avons fait avec la loi facilitant le recours aux heures supplémentaires mais nous savons que ce n’est pas suffisant et qu’il reste, sur le coût du travail, des écarts avec certains de nos partenaires européens et notamment avec notre partenaire allemand.

Nous devons donc aller plus loin en matière d’allègement du coût du travail. Ça implique, évidemment, de réfléchir aux évolutions possibles en matière de financement de notre protection sociale puisqu’au fond, les charges, c’est le financement de la protection sociale. Et la question qui est posée et qui est de plus en plus souvent posée, c’est : est-ce qu’il faut, est-ce que c’est légitime que la protection sociale, qui est de plus en plus universelle et qui n’est plus une assurance comme c’était le cas dans le passé, continue à être essentiellement financée par le travail ou est-ce que cette protection sociale doit être financée plus largement par la fiscalité et supportée par l’ensemble des Français, pas seulement par les salariés, et supportée aussi par les produits qui sont importés dans notre pays qui, eux, naturellement, aujourd'hui, ne paient pas de participation à cette protection sociale ? C’est une question stratégique qui doit être posée comme la question de l’assiette la plus adéquate à trouver pour que le financement pèse moins sur le travail et qu’il permette à notre protection sociale de répondre aux grands défis parce que nous savons tous que les besoins en matière de protection social ne vont pas aller en diminuant. Au contraire, ils vont aller en augmentant et en particulier avec le vieillissement de la population. Et donc si on ne fait rien, on va avoir un coût de la protection sociale qui augmente, donc des charges sociales qui augmentent, un coût du travail qui va continuer de monter sans que vos salaires, vous, vous n’en voyiez l’amélioration et des emplois qui vont disparaître dans notre pays par rapport à la compétition avec les autres Européens. Nous n’avons donc pas le droit de refuser de réfléchir à cette question parce que c’est une question qui est vraiment vitale pour, en particulier, l’industrie française.

Le deuxième levier, enfin un autre levier, c’est notre politique énergétique. C’est un levier très important de notre compétitivité économique. Il y a cinquante ans, la France a choisi de développer un parc électronucléaire. Aujourd’hui, ce parc nous assure des prix de l’électricité qui sont compétitifs. Là, pour une fois, on est meilleurs que la plupart des autres pays européens et notamment que nos amis allemands. Et surtout il nous assure une indépendance énergétique qui est réelle. Nous ne dépendons pas, nous, complètement des tuyaux de gaz entre la Russie et l’Allemagne ou seulement de l’importation de pétrole.

Au moment où les prix de l’énergie augmentent partout en Europe, est-ce qu’il est raisonnable de remettre en question un modèle qui participe à la compétitivité de la France à l'échelle européenne ? Je veux que mon choix, notre choix, c’est celui d’un nucléaire qui doit être toujours plus sûr, bien sûr, dont la sécurité maximale est garantie par une autorité indépendante. Et c’est aussi le développement progressif des énergies renouvelables et l’amélioration de notre efficacité énergétique. Je veux dire que l’écologie ne doit pas consister à affaiblir notre industrie. Elle doit imprégner ses objectifs, ses réalisations et ses innovations pour maîtriser le progrès et pas pour l’enrayer. J’ajoute d’ailleurs, s’agissant de l’électricité, que tout ce que vous m’avez montré laisse prévoir des voitures qui utiliseront de plus en plus d’électricité donc il faudra en produire de l’électricité dans des conditions qui devront être les plus rentables possibles.

Pour que nos usines se modernisent, pour que nos produits soient de qualité, pour que les projets rentables voient le jour, il faut que les financements nécessaires soient disponibles. Et nous savons bien que dans le contexte actuel de crise financière, de crise de l’endettement, les banques pourraient être tentées de se désengager pour réduire leurs risques. Je veux dire qu’il serait fou qu’au nom d’une prudence excessive, on en vienne à assécher notre économie, ce qui nous conduirait tous vers la récession et qui d’ailleurs aboutirait, finalement, à des résultats catastrophiques aussi pour les établissements financiers eux-mêmes.

Le financement des entreprises ne doit pas être une variable d’ajustement alors qu’il y a d’autres solutions qui sont possibles pour les banques, à commencer par une gestion rigoureuse des dividendes que ces banques versent à leurs actionnaires ou des bonus qu’elles versent à un certain nombre de leurs salariés. Les banques doivent augmenter leurs fonds propres conformément aux directives internationales pour être plus sûres. Mais la meilleure façon d’augmenter leurs fonds propres, c’est de verser moins de dividendes, d’être plus raisonnables en matière de salaire et de bonus et pas de réduire les crédits à l’industrie et à l’activité économique. C’est en tout cas le message que j’ai fait passer au début du mois aux dirigeants des grandes banques françaises et j’ai mis en place un système d’observatoire, de suivi régulier pour que l’on puisse en particulier surveiller les versements de prêts aux établissements industriels et en particulier aux PME.

Au-delà des crédits bancaires, les entreprises ont besoin de fonds propres parce que c’est l’argent que les actionnaires apportent qui permet aussi d’emprunter et d’investir. À la fin de 2008, en pleine crise financière, à un moment où les investisseurs privés se retiraient, nous avions décidé, avec le président de la République, que l’État ne pouvait pas rester les bras croisés et nous avons créé le Fonds stratégique d’investissement.

En février 2009, lorsque ce fonds a investi dans VALEO, l’entreprise était extrêmement fragilisée. Elle valait le cinquième de ce qu’elle valait deux ans plus tôt. Plus personne ne voulait mettre un centime dans le secteur automobile et encore moins dans les équipementiers. L’État a mis vingt-quatre millions d’euros . Aujourd’hui, l’entreprise vaut trois fois plus. Ça montre à quel point il est nécessaire d’avoir une vision à long terme et de ne pas avoir le nez sur le guidon comme l’ont, évidemment, les investisseurs qui sont trop souvent des investisseurs de court terme.

Alors, bien sûr, l’État ne peut pas se substituer aux banques, il ne peut pas se substituer aux acteurs privés, mais je pense que c’est très important, lorsque le marché est myope, lorsque le marché ne valorise à presque rien, des entreprises qui sont des fleurons industriels de notre pays, lorsqu’il oublie de financer les petites entreprises technologiques qui feront la croissance de demain, je crois qu’il est absolument nécessaire que l’État intervienne. Et nous avons décidé de créer, à partir du Fonds stratégique, ce qu’on va appeler Fonds stratégique d’investissement Régions qui sera doté de 350 millions d’euros et qui pourra investir directement dans les petites et moyennes entreprises.

Mesdames et Messieurs, avec la crise, avec l’émergence de nouvelles puissances, qui sont à la fois pour vous des concurrents et des clients, notre pays est confronté à des défis qui sont des défis considérables. Au fond, on est dans la situation qu’ont connue déjà beaucoup de civilisations dans l’histoire. On croyait qu’on était tout seuls à pouvoir produire, qu’on était seuls au monde, qu’on pouvait dominer le monde. On l’a fait pendant des décennies et des décennies puis aujourd'hui, il y a des pays qui viennent nous expliquer qu’eux aussi, ils ont le droit à partager la richesse mondiale. Ce qui rend la compétition plus rude. Ça met les responsables politiques face à des responsabilités qui sont très lourdes. Certaines décisions économiques et sociales qui ont été prises ces trente dernières années apparaissent aujourd’hui comme des erreurs profondes, il ne faut pas les rééditer. Nous avons des choix stratégiques qui doivent être faits et qui engagent l’avenir de notre économie et de notre industrie.

Chacun doit donc bien, dans ce contexte qui est très particulier, mesurer la portée de ces propositions et chaque Français, naturellement, se décidera le moment venu en son âme et conscience. Mais ce qui est important, c’est de ne pas se tromper sur l’état de notre pays. La France a des handicaps et ces handicaps, il faut les examiner lucidement, sans démagogie, sans crainte de nous renouveler. Mais elle a aussi des atouts dont on ne parle jamais assez : une productivité qui est exceptionnelle, le savoir-faire de ses travailleurs, l’inventivité de ses ingénieurs, une tradition industrielle, des infrastructures.

Et d’ailleurs, les investisseurs étrangers ne s’y sont pas trompés puisque la France est aujourd'hui, malgré les handicaps qu’on évoquait tout à l'heure, la deuxième destination préférée en Europe pour les investissements créateurs d’emplois et la première destination dans les projets dans l’industrie et les énergies renouvelables.

Voilà, Mesdames et Messieurs, ce que je souhaitais vous dire à l’occasion de cette inauguration et de cette visite. Je voudrais juste peut-être ajouter un mot un tout petit peu plus personnel pour dire que ce qu’il faut, c’est aimer l’industrie. Et pour aimer l’industrie, il faut essayer de la comprendre. Bon, moi, je ne suis pas un industriel, je n’ai jamais travaillé dans une usine, mais depuis 30 ans, j’ai essayé de faire en sorte que l’emploi industriel, dans ce bassin de Sablé, se développe. Quand j’ai été élu maire pour la première fois en 1983, il y avait un peu moins de 4000 emplois salariés sur le bassin de Sablé, il y en a un peu plus de 11 000 aujourd'hui.

On s’est battus. On a été les premiers à créer une agence de développement économique municipale. On a été les premiers – dans la Sarthe en tout cas – à créer un club de développement économique pour essayer d’utiliser les chefs d’entreprise et les acteurs économiques comme les porte-paroles du territoire pour aller chercher des investisseurs. Et puis on s’est relevés les manches, on s’est retroussés les manches à chaque fois qu’il y a eu des drames et il y en a eu beaucoup. Je raconte toujours que j’ai commencé ma vie politique en gérant un abattoir, celui de Sablé, l’abattoir municipal de Sablé qui avait déposé son bilan quasiment le jour de mon élection. Et donc je suis passé directement du cabinet ministériel de Joël LE THEULE, venant de l’université, à la gestion de l’abattoir ménager. Ça a été un choc culturel assez important mais ça m’a appris beaucoup. Et ça m’a appris en particulier une chose, c’est qu’il faut toujours se battre, mais se battre de façon positive pour utiliser l’énergie qui existe dans tous les sites industriels, même dans ceux qui ne marchent pas, qui sont en difficulté, pour les aider à rebondir et pour y faire, le cas échéant, des choses nouvelles.

Et je voudrais en terminer par là en disant que souvent, dans notre pays, on a un regard qui est un regard critique et très excessif et en particulier sur les industriels. Un chef d’entreprise, c’est quelqu’un qui prend des risques. S’il ne prend pas de risques, il n’arrivera jamais à créer de l’activité. Alors, évidemment, quand on prend des risques, parfois, ça ne marche pas. Et ici, on est dans un endroit qui est très symbolique puisque je ne crois pas que VALEO serait installé ici s’il n’y avait pas eu, il y a très longtemps, un industriel local qui manquait de prudence – c’est le moins qu’on puisse dire –, qui était un peu… Je n’ose pas utiliser un mot qui va être répété par la presse et qui va le vexer lorsqu’il va le voir mais enfin, disons qu’il a pris beaucoup trop de risques. Mais n’empêche que s’il n’avait pas été là, s’il n’avait pas créé une entreprise ici sur ce site, est-ce qu’ensuite SAGEM aurait repris ce site ? Est-ce que JOHNSON CONTROLS aurait repris ce site et est-ce qu’aujourd'hui, on serait avec VALEO ? Peut-être mais il n’y a rien de moins sûr car si VALEO est venu ici, c’est parce qu’il y avait une opportunité, il y avait des investissements, il y avait des personnels qui avaient été formés. Et voilà, cette personne, quand elle a déposé son bilan, on l’a traitée de tous les noms, on a estimé que, naturellement, c’était un incapable.

Bon, bien sûr, ça aurait été mieux s’il n’avait pas déposé son bilan pour lui comme pour les salariés parce que certains, dans cette affaire, y ont perdu, mais ce que je veux illustrer par là, c’est la nécessité de soutenir les entrepreneurs qui prennent des risques, qui innovent et d’être avec eux quand ça va bien et quand ça va mal. Souvent, dans notre pays, on est avec les gens quand ça va bien. Quand ça va mal, on les laisse tomber.

Voilà, Mesdames et Messieurs, en tout cas, je suis heureux d’avoir pu être à vos côtés aujourd'hui à la fois pour rendre hommage aux dirigeants de VALEO, aux personnels de l’usine de Sablé et puis pour dire, d’une façon plus générale, à nos concitoyens qu’ils ont des ingénieurs, qu’ils ont des techniciens, qu’ils ont des ouvriers dont ils peuvent être fiers et qui font, au fond, l’avenir de notre pays. Je vous remercie.

 

lien vers la vidéo du discours de François Fillon

 

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 09:11

André TRILLARD, Sénateur de Loire Atlantique, Conseiller général du canton de Saint-Gildas-des-Bois, dénonce l’attitude du Président du Conseil général de Loire Atlantique dans le dossier du RSA.

 

En proposant que les bénéficiaires du Revenu de Solidarité Active puissent travailler au service de la collectivité, le Président de la République a lancé une expérimentation de laquelle il conviendra de tirer, à moyen terme, des leçons.

 

Quoi qu’il en soit, André TRILLARD s’étonne que l’actuel Président du Conseil général s’oppose à une telle mesure. Celle-ci doit permettre à des bénéficiaires du RSA socle, c’est-à-dire des hommes et des femmes éloignés de l’emploi, de renouer avec le travail.

 

Si cette mesure permet de trouver un emploi à ne serait-ce que 1 000 personnes, soit 5% du total des bénéficiaires du RSA, cela constituera une réussite.

 

La raison d’être du RSA est d’éviter, aux personnes reprenant un emploi, de perdre des ressources liées à l’arrêt de certaines prestations.

 

La réaction du Président du Conseil général démontre la vision socialiste des questions sociales : conforter les personnes sans emploi dans leur situation.

 

En proposant aux personnes sans emploi d’effectuer 7 heures de travail par semaine dans des collectivités ou des associations en contrepartie du versement du RSA sociale, le Gouvernement prouve sa détermination à remettre les gens dans l’emploi.

 

Il met également en avant la République des droits et devoirs voulue par les Français.

 

du Conseil Général: André TRILLARD, Sénateur de Loire Atlantique, Conseiller général du canton ...

 

 Par André TRILLARD Publié dans : Communiqué de Presse
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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 08:40

 

Lundi 28 novembre 2011

Parce qu’il espérait que l'opposition accepte sans broncher une nouvelle augmentation du nombre de membres de sa commission permanente avec les indemnités qui vont avec, Jacques AUXIETTE fait payer ce refus de bon sens à son opposition.

En effet, à la fois pour des raisons de coût et de fonctionnement l'opposition régionale UMP-MPF s'est opposée à cette nouvelle dépense particulièrement indécente en cette période où l'on demande des efforts aux Français.

Comment auraient-ils pu comprendre cette nouvelle gabegie de la gauche  si ce n'est par un petit arrangement entre élus?

En représailles, à la fois mesquines et d'un autres temps,  Jacques AUXIETTE bloque depuis deux sessions, le remplacement de Catherine DEROCHE-HERVE (démissionnaire depuis sa réélection au Sénat) à la Commission Permanente et refuse aujourd'hui toute permutation de commissions entre élus d'un même groupe.

C'est du jamais vu à la Région. En démocratie l'élection au suffrage universelle donne comme premier devoir de respecter sa minorité, Jacques AUXIETTE semble une nouvelle fois l'avoir oublié et revient à cette gouvernance autoritaire qui a longtemps fait sa réputation en Vendée

Par Francois PINTE - Publié dans : conseil régional

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 08:25
Lundi 28 novembre 2011

OF 26-11-11

OF 26-11-11 1

Ouest France - 26/11/201

Par Julien BAINVEL

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29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 08:08
Santé | Ajouté le 25.11.2011 à 18H14
Il est vraisemblable que les fraudes sociales mises bout à bout représentent plus de 20 milliards d’euros. Il s’agit là de quelque chose d’inacceptable, je l’ai dit à plusieurs reprises, je le redis et je l’affirme.

Il y a plusieurs types de fraude. Non seulement, existe la première à laquelle on pense, la fraude de substitution : quand la carte vitale est utilisée par et pour plusieurs personnes. Il y a aussi la fraude utilisant les fausses cartes vitales car, comme tous les papiers officiels (cartes grises, cartes d’identités, permis de conduire...) la carte vitale peut être copiée à l’infini, en modifiant les photographies et les noms des individus, malgré une amélioration de ce support. Il y a en circulation, on le sait, des millions de cartes vitales utilisées frauduleusement.

Parmi la fraude sociale, il y a aussi la fraude en bandes organisées qui consiste à produire des faux certificats de travail, des faux arrêts de maladie, des fausses mises au chômage, des faux certificats familiaux.

C’est ainsi que certaines personnes peuvent, comme on l’a vu ces derniers jours, « arnaquer » la Sécurité sociale de plusieurs millions. Ce sont donc, et il faut le souligner, des fraudes par connivence. Je le dis très brutalement et avec beaucoup de tristesse : un certain nombre de médecins se prêtent à ces fraudes (faux arrêts de maladie ou arrêts de maladie de complaisance, fausse déclaration de prise à 100%...).

Les médecins en sont responsables, tantôt ils sont malhonnêtes et on l’a vu récemment également, tantôt simplement laxistes, ils n’osent pas refuser à un patient la demande d’arrêt de travail ou de prise en charge à 100 %.

Ils ont tort car ils font énormément de mal à la médecine mais aussi à l’économie et à la sécurité sociale. Bref, il y a encore d’autres façons de frauder et il est normal comme l’ont dit Nicolas Sarkozy, mais aussi Xavier Bertrand, que ces fraudes soient pourchassées.

Le plus curieux,dans un combat qui ne devrait pas être partisan mais bien civique, est que les socialistes ne sont pas d’accord avec cette lutte contre la fraude, arguant du fait qu’on irait « traquer » les plus faibles.

Cette argumentation est irrecevable et fausse. Ce ne sont pas les plus faibles qui fraudent, ce sont des voleurs et des escrocs qui mettent en péril l’équilibre de la sécurité sociale et donc la solidarité qui doit exister entre les Français ou les ayants droits. Si notre système de sécurité sociale vacille, ce seront précisément les plus défavorisés qui perdront le plus.

Alors oui, luttons sans arrière pensée et sans faiblesse contre cette fraude. Il faut punir les fraudeurs mais aussi sévir contre les médecins laxistes.

Pr Bernard DEBRÉ

Ancien Ministre
Député de Paris
Membre du Comité consultatif national d'éthique
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