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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 11:10

François FILLON explique que pour la 1ère fois depuis 1945 le budget 2012 verra les dépenses de l’Etat baisser, lors du Colloque « Les 10 ans de la LOLF » (Loi Organique relative aux Lois de Finances) à l’Assemblée Nationale, le jeudi 10 novembre 2011

 

Monsieur le Président de l’Assemblé nationale,

Monsieur le Premier Président,

Mesdames et Messieurs,

 

Le 6 janvier dernier, à l’occasion de la séance solennelle de la Cour des comptes et de l’inauguration de la galerie Philippe Séguin qui jouxte la grand Chambre de la Cour, j’avais déjà évoqué les effets de ce que nous appelons, entre nous, la LOLF et qui n’est finalement pas autre chose que la modernisation et la rationalisation de notre mode de fonctionnement budgétaire.

Et je vous avais dit, à l’époque tout l’intérêt que je portais aux travaux qu’engageaient les juridictions financières à l’occasion de ce bilan de la LOLF. Ce thème est d’autant plus important que nous célébrons ce dixième anniversaire dans une période qui place la question des finances publiques au cœur de toutes nos préoccupations.

Gérer avec rigueur nos finances c’est plus que jamais vouloir rester maître de notre avenir politique, économique mais aussi social parce que je ne dissocie pas la solidarité de la maîtrise de nos finances publiques.

 

Nous sentons tous le poids de l’héritage laissé par des décennies de gestion laxiste.

Je dis « tous », parce que nous sommes tous responsables, à droite comme à gauche, d’avoir laissé filer les déficits. Par imprévoyance, par facilité, nous avons choisi de vivre à crédit plutôt que d’ajuster nos dépenses à nos moyens réels.

Il est un peu facile de jeter la pierre aux seuls politiques parce que les responsables publics sont souvent au diapason du pays et notre pays, -et il n’est pas le seul en Europe-, a longtemps préféré le confort de l’endettement aux efforts de gestion.

 

Le déficit, la dette c’est, en quelque sorte, la drogue des Etats qui ont peur de se moderniser. Oui, pendant des décennies, nous avons hésité, nous avons louvoyé devant le phénomène inéluctable de la mondialisation qui venait percuter l’ancienne suprématie de l’Occident.

Nos richesses n’augmentaient plus aussi vite, notre compétitivité déclinait, nos exigences politiques et sociales n’osaient pas rompre avec la culture du « toujours plus », et fort logiquement, dans ce contexte, nos comptes ont dérivé.

Nous sommes arrivés au stade où cette fuite en avant doit être impérativement stoppée et je souhaite, avec vous, convaincre nos concitoyens que la discipline budgétaire, ça n’est pas un enjeu technique, ça n’est même pas un enjeu politicien, c’est un enjeu moral et un enjeu national.

 

Notre budget est en déficit depuis 1975 et ce déficit doit être progressivement ramené à zéro, comme nous nous y sommes engagés pour 2016. Et pour y parvenir, nos dépenses doivent être diminuées.

Si nous dépensions comme les autres pays européens, c'est-à-dire un peu moins de la moitié de notre richesse nationale, nous serions aujourd’hui en excédent budgétaire !

 

Pour la première fois depuis 1945, le budget 2012 verra les dépenses de l’Etat baisser. Et pour la première fois également, la masse salariale de l’Etat va diminuer. C’est en cela que le projet de budget 2012 marque une rupture avec les habitudes du passé. Lorsque j’ai utilisé cette formule « pour la première fois depuis 1945 », j’ai vu que tous les commentateurs se disaient « mais pour qui il se prend, qu’est-ce qui lui arrive ? ».

Pardon, mais depuis 1945, jamais les dépenses de l’Etat n’ont baissé. Il y a eu des Premiers ministres qui ont défendu des budgets de rigueur, qui étaient des budgets de rigueur parce qu’il y avait une augmentation forte des prélèvements obligatoires pour financer l’augmentation des dépenses publiques, mais un budget avec les dépenses de l’Etat en baisse, il n’y en a pas eu depuis cette date. Alors on me dit que ce n’est pas assez, c’est sûrement vrai mais c’est quand même la première fois, c’est donc que ça doit être assez difficile.

 

Je souhaiterais que ce sigle qui nous réunit, la LOLF, ne demeure pas une subtilité juridique et financière dont le sens ne soit pas perceptible par chacun de nos concitoyens. Je voudrais que l’esprit de ce colloque soit partagé par tous nos compatriotes.

La LOLF est une première condition à la maîtrise de nos finances publiques. Mais la LOLF c’est aussi un exercice de transparence, de lisibilité, en un mot de démocratie.

 

J’ai, sur ce sujet, pris connaissance du rapport récemment publié par la Cour des comptes.

La hauteur de vue des deux pères fondateurs de la LOLF, Didier Migaud et Alain Lambert, à nouveau réunis rue Cambon, n’a pas manqué de contribuer à la qualité de cette exercice.

Par ce rapport, la Cour des comptes s’est montrée, une nouvelle fois, à la hauteur du statut constitutionnel renforcé qui est le sien depuis la révision de 2008. La France a plus que jamais besoin de juridictions financières et c’est pourquoi le Parlement et le Gouvernement se sont engagés pour consolider leur rôle et pour accompagner Didier Migaud dans la poursuite des efforts de modernisation engagés.

Plusieurs dispositions, s’inspirant très directement de la réforme voulue par Philippe Seguin, ont été reprises dans la proposition de loi déposée par Bernard Accoyer, puis dans le projet de loi de répartition des contentieux, dont l’examen s’achève en ce moment au Parlement.

 

J’ajoute que le Gouvernement a souhaité marquer l’attention qu’il apporte aux missions des Chambres régionales des comptes, dans l’examen de la gestion et l’évaluation des collectivités territoriales et des politiques décentralisées. Dans le contexte d’une nécessaire évolution vers une meilleure efficacité de l’organisation de leur réseau, la loi de finances rectificative de juin dernier a ainsi confirmé la possibilité de concours exceptionnel pour le recrutement de leurs magistrats.

D'autres dispositions modernisant la gestion des ressources humaines des juridictions financières ont été insérées dans le projet de loi relatif à la fonction publique déposé par le Gouvernement.

 

Pour revenir au sujet de la LOLF, je veux rappeler ce matin avec vous son triple apport.

La LOLF a d'abord permis de responsabiliser les gestionnaires.

La globalisation des crédits à l'échelle des programmes leur a donné les moyens d'effectuer les arbitrages les plus pertinents pour l'affectation de leurs crédits, sans qu'il soit nécessaire pour eux de demander à chaque instant les autorisations qui bridaient autrefois leur action.

L'introduction d'une comptabilité en droits constatés, -assortie de la certification mise en œuvre par la Cour des Comptes- participe aussi à cette logique de responsabilisation. Cette dynamique doit encore être amplifiée, s'agissant du déploiement de la comptabilité analytique pour venir en appui aux efforts de modernisation de la gestion.

 

La loi organique de 2001 est également un outil au service de la démocratie.

Elle implique une meilleure lisibilité de l'action publique en nous imposant de structurer l'action de l'Etat en missions et en programmes, dont les contours sont parfois discutés, mais qui sont un progrès considérable par rapport au maquis d'autrefois.

Elle a surtout favorisé un élargissement considérable des capacités d'intervention du Parlement.

Celui-ci a été investi de pouvoirs renforcés, tant au stade de la discussion qu'à celui du contrôle de l'exécution des lois de finances. Je pense en particulier au droit des commissions des finances, désormais de saisir la Cour des comptes.

 

La LOLF a enfin introduit la logique de performance et d'évaluation au cœur de notre nouveau cadre budgétaire. Chaque programme budgétaire porte des objectifs et des indicatifs de performance qui doivent guider le suivi de nos politiques publiques.

 

Ce nouveau cadre organique de 2001 a également eu une sorte de deuxième vie, en irrigant la gestion publique de deux prolongements logiques.

Le premier concerne ceux que l'on appelle « les opérateurs ».

La LOLF a introduit cette notion en obligeant tout d'abord, et c'était une nouveauté en 2006, au recensement des emplois rémunérés par les organismes bénéficiaires d'une subvention pour charge de service public.

La LOLF réserve aussi à la loi de finances la capacité d'affecter à un tiers une recette existante de l'Etat, et elle institue un recensement annuel, à l'occasion du projet de loi de finances, des taxes affectées à des tiers.

Depuis lors, les progrès ont été constants, d’une part, dans le recensement des moyens affectés aux opérateurs, quelle qu’en soit l’origine ; et d’autre part, pour inscrire ces ressources dans une logique de performance.

 

Le projet de loi de finances pour 2012 en tire toutes les conséquences, en proposant de faire participer de façon très significative les opérateurs à l’effort de maîtrise de la dépense publique. Le projet de loi de finances pour 2012 renforce également le rôle du Parlement qui vote désormais le niveau des taxes affectées aux opérateurs, permettant ainsi d’avoir une vision complète des ressources financières publiques des opérateurs de l’Etat.

 

 

Deuxième prolongement logique, la LOLF a facilité la réforme de l’administration territoriale de l’Etat. La régionalisation autour d’un échelon régional ministériel de pilotage, et d’un échelon départemental interministériel de mise en œuvre, vise fondamentalement à renforcer le pilotage des politiques gouvernementales et leur adaptation aux territoires.

Il s’agit d’articuler les politiques ministérielles avec l’intervention des collectivités territoriales et la prise en compte des enjeux territoriaux dans le cadre privilégié du Comité d’administration régionale qui réunit autour du préfet de région, les préfets de départements et les directeurs régionaux.

 

Nous devons cependant rester vigilants pour que la mise en œuvre de ce chantier se traduise effectivement par une diffusion de la logique de politiques publiques portées par la LOLF. Je suis convaincu que cette culture n’est pas, contrairement à ce que j’entends souvent dire, source de contradictions, mais au contraire de synergie avec un pilotage interministériel très fort à l’échelon local.

 

Je veux d’ailleurs dire sur ce sujet que l’Etat, qui a longtemps été en retard par rapport aux collectivités territoriales dans la modernisation de son organisation, serait plutôt maintenant un petit peu en avance sur ces mêmes collectivités territoriales, qui vont devoir s’engager de façon plus résolue dans un effort de simplification de leurs structures, de rassemblement, s’agissant des communes, sur des territoires plus efficaces, en termes d’organisation.

Il y a encore de ce point de vue beaucoup d’efforts à faire.

 

Il ne faut pas oublier également que ce nouveau cadre a été dupliqué dans le champ social, à travers la loi organique relative aux lois de financement de la Sécurité sociale de 2005.

 

Je sais aussi que de nombreuses collectivités territoriales ont déjà anticipé sur l’extension des principes de la LOLF.

Le cadre budgétaire et comptable des collectivités, longtemps en avant sur celui de l’Etat reposait déjà sur un certain nombre de principes positifs de gestion rigoureuse.

Mais chacun le comprendra, le moment est venu d’aller encore plus loin dans ce mouvement comme d’ailleurs le préconise la Cour des comptes.

 

Le Gouvernement propose de franchir une étape significative en ce sens. Dans le respect de leur autonomie financière, nous avons en effet décidé de demander aux collectivités territoriales de s’engager en faveur d’une plus grande transparence de leur gestion comptable.

Pour les régions, pour les départements et pour les grandes communes, nous souhaitons que soit rendue systématique la publication chaque année de l’évolution de leurs effectifs et de leurs dépenses de train de vie.

 

La LOLF a donc représenté une avancée décisive pour la gestion de nos finances publiques.

Sa mise en œuvre dans la pratique ne s’est cependant pas avérée exempte de difficultés. Vos constations le démontrent sans fard, et c’est pourquoi le travail de suivi de l’application de la LOLF est essentiel et je veux à cet égard saluer le rôle de la mission parlementaire aujourd’hui présidée par Michel Bouvard.

 

Il serait cependant très excessif de jeter un regard négatif sur ces dix années écoulées. Personne aujourd’hui ne songerait d’ailleurs à revenir à l’ordonnance organique de 1959 qui régissait nos finances publiques jusqu’en 2006.

Et vous n’avez pas souhaité placer ces journées de réflexion sous le seul jour rétrospectif.

Je veux donc avec vous, à vos côtés, me tourner vers l’avenir.

 

 

Le nouveau cadre budgétaire institué par la LOLF est désormais entré dans les mœurs. Mais l’ambition qui animait la réforme de 2001 me semble aujourd’hui menacée par deux écueils.

 

Le premier d’entre eux c’est bien sûr le risque qu’un écart se creuse entre le cadre budgétaire qui fixe des principes et des règles, et la pratique observée. Il ne servirait en effet à pas grand chose que la France fabrique des lois organiques dont on célèbre les anniversaires si dans le même temps ses finances publiques n’étaient pas maîtrisées.

 

La LOLF a offert de nouveaux outils pour atteindre cet objectif de maîtrise. La loi organique nous oblige à une formulation plus claire des grands axes des politiques publiques et à une plus grande transparence. Cette meilleure information sur l’utilisation des deniers publics est absolument essentielle pour les choix budgétaires, qu’ils soient réalisés au niveau national par le Gouvernement et le Parlement ou au niveau des gestionnaires. Et aujourd’hui, ces choix budgétaires sont cruciaux.

Il nous faut trouver plus de 100 milliards d’euros d’ici à 2016 pour revenir à l’équilibre des finances publiques.

J’ai dit, lundi, notre effort porte pour plus de la moitié sur les dépenses et il permettra de faire baisser de trois points la part des dépenses publiques dans le PIB. Cette part des dépenses publiques dans le PIB nous l’avons déjà baissée de 0,3 point entre 2010 et 2011.

A cet égard, je voudrais aussi dire que la révision générale des politiques publiques n’entre pas en contradiction avec la LOLF.

Au contraire, elle prolonge la dynamique performante que la loi organique a contribué à insuffler.

Comme le rappellent les rapports successifs de la Cour des comptes, ce cadre budgétaire modernisé ne servirait à rien sans une volonté politique de tous les instants de le faire appliquer et c’est justement l’objectif de la révision générale des politiques publiques.

 

Le second risque que je voudrais évoquer pour l’avenir porte sur le fameux esprit de la LOLF.

La force véritable de cet esprit c’était le consensus républicain le plus large possible. Il ne s’agissait pas d’un consensus mou, il s’agissait d’un consensus d’action, de la modernisation de notre pays.

Bernard Accoyer s’en souvient, notre représentation nationale avait alors fait la démonstration de sa capacité à trouver le sens de l’intérêt général. Les ministres chargés du Budget et des comptes publics venus d’horizons politiques différents - Laurent Fabius, à l’origine au moment de la réflexion sur la LOLF, Jean-François Copé, qui avait eu la difficile tâche d’essuyer les plâtres de sa mise en œuvre - avaient su s’inscrire résolument dans cette démarche. Eh bien, cet esprit de la LOLF ne doit pas disparaître. Pierre Joxe, alors premier Président de la Cour des comptes parlait, je le cite, de « conjonction astrale favorable » pour décrire ce consensus.

Sur un sujet aussi fondamental que la bonne gestion des finances publiques, nous devrions savoir transcender les clivages politiques et je pense ici au débat sur l’introduction de la « règle d’or ».

 

En août 2001, la LOLF a été adoptée par une initiative conjointe des deux Assemblées de majorité politique opposée. Dix ans après, dans une configuration et dans un calendrier politique qui ne sont pas sans ressemblance, l’introduction de la règle d’or devrait faire l’objet d’un consensus identique.

Les dirigeants européens ont fixé le cap de son adoption partout en Europe dès 2012.

La France a su créer les conditions de la révolution copernicienne qu’a été la LOLF.

Eh bien, elle devrait faire de même sur la règle d’or, je veux dire sans autre forme de précaution que je regrette le refus de l’opposition de soutenir le projet de révision constitutionnelle pourtant directement issu des travaux consensuels de la commission Camdessus.

Je pense que dans la crise profonde que traverse en particulier la zone euro, ce serait un signe extrêmement fort de la volonté de toutes les forces politiques de notre pays d’atteindre l’objectif de déficit zéro qui constitue de mon point de vie le meilleur programme électoral pour les élections de 2012, parce que c’est la meilleure façon de protéger les Français, de protéger notre mode de vie, de protéger d’une certaine façon le modèle social auquel nous sommes tellement attachés.

 

Voilà, mesdames et messieurs,

Cet anniversaire de la LOLF marqué au sein du consensus doit continuer à nous inspirer. Quelles que soient nos appartenances politiques, nous devrions faire en sorte que la maîtrise de nos déficits, la réduction de notre endettement deviennent une priorité républicaine. Il n’y a pas de liberté sans souveraineté financière.

Et cette priorité elle n’est ni de droite ni de gauche, c’est la priorité de la France, qui doit toujours être en mesure de maîtriser son destin.

 

vidéo du discours de François Fillon lors du colloque "Les 10 ans de la LOLF

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 10:38

 Société | Ajouté le 14.11.2011 à 18H12




Peu de gens se souviennent de ces évènements obscurs des années 1980.  Cette vague d'attentats remontent à bientôt 30 ans. La France était prise dans une tourmente d’attentats commandités vraisemblablement déjà par la Syrie, par El Assad -Père dont Ilitch Ramirez Sanchez alias Carlos était le bras armé. Carlos, était un mercenaire sans foi ni loi, un terroriste prêt à tout pour terroriser qui que ce soit, où que ce soit. Voici un homme qui voulait tuer et détruire.

Pendant plusieurs années, la France a été blessées, meurtrie, par cette violence imprévisible. A de premiers atentats dans les années 1974-1975 succèdent ceux de 1982-1983 avec des explosions de plusieurs trains, vers Toulouse, à la Gare saint Charles à Marseille et, examiné aujourd’hui même, l'attentat de la rue Marboeuf à Paris.

Il faut aussi se souvenir de l’attitude du gouvernement et du ministre de l’intérieur de l'époque, M. Deferre. La Syrie demandait la libération de terroristes emprisonnés en France, le gouvernement socialiste de l’époque avait quasiment accepté. A 9h du matin, ce jour-là, devait se tenir une réunion. Les juges devaient accepter la libération des terroristes. Carlos et sa bande ont fait exploser une bombe 5 minutes plus tôt pensant pouvoir appuyer encore par la terreur la demande de la Syrie. Comme quoi la faiblesse ne paye jamais !

A l’époque, ce terrorisme était un terrorisme d’État, la Syrie demandait que la France quitte au plus tôt le Liban pour s’emparer de ce territoire. Pour se faire entendre, comme Kadhafi, elle tuait, comme elle tue d’ailleurs toujours. Tel père, tel fils !

Depuis, la menace terroriste a changé de forme et de motivations. Les attentats sont plutôt le fait de la mouvance islamique et non plus d’États à État. Cette guerre sale, larvée est le résultat d'une nébuleuse islamiste, d'une guerre d'idéologies : face à l'Islamiste : les Lumières, face à la charia, la laïcité républicaine. Comme jadis, ce terrorisme agit par des bombes, des assassinats, des enlèvements.

Que ces expériences doulooureuses du passé nous serve ! Il ne faut jamais répondre par la faiblesse à de telles actions. De même, nous savons depuis qu'il ne faut jamais lutter seul contre ces abominations, une coopération étroite dans le monde est nécessaire, beaucoup plus étroite qu’elle ne l’est aujourd’hui pour faire face à cette terreur. Une police internationale bien plus forte qu'Interpol dans les pays libres est nécessaire mais il faut aussi dans le monde une prise de conscience du caractère intolérable de ces actes.

Voici qu'enfin Carlos va être rejugé pour ces attentats et ces morts. Près de 30 ans se sont écoulés. Bien sûr, la justice est trop lente, même s'il a déjà été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour d’autres actes de terreur. Ce procès devait avoir lieu pour montrer au monde entier que la France ne « lâche » jamais, se souvient toujours et punit sans état d’âme.

Pr Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris
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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 08:39

 Pour une fois, nous sommes d’accord avec cette affirmation de Jean Blaise, d’août 2009.
Ce projet avait pourtant tout pour séduire et rassembler : faire de la Loire un centre d’exposition d’art moderne et faire de son estuaire un pôle touristique international.



Estuaire est un projet de gauche
Mais tant du point de vue qualitatif que quantitatif, les deux premières éditions ont été décevantes. Les chiffres du tourisme l’attestent, Nantes n’est toujours pas devenue le pôle culturel européen majeur qu’on nous avait promis (seulement 17.000 touristes étrangers en 2010, soit 13 fois moins qu’à Bordeaux !).
Le Maire s’est investi à fond dans l’aventure, ce qui s’est traduit comme à chaque fois par l’investissement du contribuable : 9,1 millions d’euros d’argent public ont été dépensés au total. Pourtant, ces ressources étaient insuffisantes, un déficit de 1,6 millions d’euros ayant été cumulé sur les deux éditions. Sans doute les conséquences de « la gestion au fil de l’eau » proclamée par le chef du projet.
Pire, malgré ces chiffres importants, aucune évaluation précise de la fréquentation n’a été prévue comme le pointe le rapport de la Chambre Régionale des Comptes.
En effet, dans ce type d’évènement, seul le nombre de visiteurs est pertinent. Or seul le nombre de visites a été comptabilisé, sans qu’aucune distinction ne soit faite entre les visites actives (visiteurs se déplaçant pour voir une œuvre d’Estuaire) et passives (visiteurs se déplaçant pour un autre objet, ce qui était particulièrement le cas autour des œuvres présentées à Nantes). En d’autres termes, les habitués des établissements du Hangar à Bananes ainsi que les salariés du Conseil Général, dans la cour duquel une œuvre était présentée, ont pu être comptabilités à de très nombreuses reprises.
Le seul chiffre fiable disponible est celui de la fréquentation de la croisière dont le taux de remplissage a chuté de 30 % entre les deux éditions. Peu réjouissant.
Entre gabegie, absence d’évaluation, chiffres opaques et culture paillette à l’apparence flatteuse mais trompeuse, Estuaire est effectivement un projet de gauche !

Contact : Ensemble pour Nantes, Mairie de Nantes 2 rue de l’hôtel de ville 44094 Nantes Cedex 1 / Tel : 02-40-41-92-07 / sophie.jozan@mairie-nantes.fr / www.ouvrezla-nantes.fr


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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 09:23
 

 

 

François Sauvadet, ministre centriste, déconseille à Hervé Morin, son patron au Nouveau Centre, de poursuivre dans son intention d'être candidat à la présidentielle.
François Sauvadet, ministre centriste, déconseille à Hervé Morin, son patron au Nouveau Centre, de poursuivre dans son intention d'être candidat à la présidentielle. | AFP
Le ministre de la Fonction publique François Sauvadet (Nouveau Centre, NC) prévient , le président de son parti qu'il ne soutiendra pas son éventuelle candidature à la présidentielle, la jugeant inutile et «dangereuse» pour le centre et la majorité.

«Hervé Morin est un ami et j'ai construit le Nouveau Centre, j'ai voulu le Nouveau Centre avec lui, nous l'avons porté, nous l'avons fait grandir, nous avons un groupe parlementaire à l'Assemblée Nationale qui a apporté aussi sa pierre dans l'exercice de la majorité», rappelle vendredi François Sauvadet dans un entretien au Talk Orange/le Figaro.  «Mais voilà, dit-il, une candidature à la présidentielle il faut qu'elle soit utile à la majorité et qu'elle soit utile au Centre.
Est-ce que c'est le cas pour la candidature d'Hervé Morin ? Je dis franchement non», répond l'ancien patron des députés centristes. Qui remarque cruellement que l'ancien ministre de la Défense, malgré le retrait de Jean-Louis Borloo, «reste scotché dans les sondages à 0,5/1%». S'entêter, pour Sauvadet, pourrait même conduire Morin à se décrédibiliser.

Pour le ministre centriste, «l'enjeu n'est pas de négocier après un deuxième tour un quelconque programme dans lequel nous aurions de l'influence, l'enjeu c'est d'avoir de l'influence à priori pour peser sur le projet qui sera porté par le candidat du second tour».

C'ets pourquoi, prévient-il, il ne soutiendra pas Hervé Morin s'il décidait tout de même d'être candidat.

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 14:37

A grand coup d’onéreuses campagnes publicitaires, la Région des Pays de la Loire s’oppose politiquement aux décisions du gouvernement et de la SNCF quant aux changements d’horaires sur le réseau ferroviaire.
Elle critique le « cadencement » qui consiste à construire des grilles horaires systématiques et plus lisibles pour les voyageurs. Ces changements sont indispensables car le trafic ferroviaire doit bénéficier d’une croissance de plus de 30 % sur les dix prochaines années.
Jacques Auxiette, président socialiste de la Région, a sans doute oublié que cette initiative a été mise en place par son ami politique Bernard Soulage qui était vice-président du conseil régional Rhône-Alpes en charge des transports.
De plus la Région des Pays de la Loire ainsi que la Région Bretagne ne souhaitent pas se plier à ces indispensables modifications en prétextant la construction de la LGV Bretagne-Pays de la Loire c’est-à-dire en 2016 ou 2017 ! Mais les autres régions limitrophes ne peuvent pas attendre.
Au lieu de surfer sur l’inquiétude des usagers et jouer les cavaliers seuls, notre Région devrait plutôt se satisfaire de la mise en place des Trains d’Equilibre du Territoire qui ont permis le maintien à Nantes de 60 trains par semaine. La SNCF reçoit de l’Etat, grâce à cette politique de proximité, une subvention annuelle de 210 millions d’euros.
En ces temps difficiles, la majorité régionale ne doit pas utiliser l’argent des contribuables ligériens pour ce type de propagande inutile, illustrant une fois de plus une gabegie financière au service d’une dérive populiste insupportable.

Par alliance-gaulliste-de-l-ouest.over-blog.com
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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 14:18
Jeudi 10 novembre 2011 4 10 /11 /Nov /2011 13:23
Julien BAINVEL
Nantes Métropole multiplie les réunions autour du chronobus. Avec à chaque fois le rappel des aménagements nécessaires pour faire gagner quelques minutes sur les trajets des futurs bus à haut niveau de service.

Exercice répété de pédagogie

 

Jean-François Retière, maire de Mauves-sur-Loire et vice-président de Nantes Métropole en charge des déplacements, a du mérite. Accompagné de techniciens et souvent d'un autre élu, il multiplie les réunions à Nantes et dans les communes périphériques pour présenter le chronobus et les aménagements qui en découlent. Lundi soir, c'est le boulevard Guist'hau qui a mobilisé son attention.

À chaque fois, avec beaucoup de pédagogie, Jean-François Retière rappelle le principe du chronobus : un bus d'apparence classique. La seule chose qui le différenciera sera sa livrée. Il aura en effet une signalétique particulière. « Grâce à des aménagements spécifiques, le chronobus doit permettre de gagner sur les lignes concernées jusqu'à 10 minutes par rapport aux trajets actuels sur des itinéraires très fréquentés. Avec une cadence rapide et une amplitude, de 5 h à minuit, se rapprochant de celle du tram. »

La philosophie est de contraindre la circulation automobile et de donner la priorité absolue au bus. Les techniciens et ingénieurs de Nantes Métropole et de la Semitan (tram et bus) ont imaginé toutes sortes de dispositifs.

Un bus, régulateur de la circulation automobile...

Des stations de bus sont avancées partout sur la chaussée. Le bus ne s'arrête pas sur une chicane au bord du trottoir, mais au milieu de la chaussée. Avec impossibilité pour les voitures de le doubler.

Autre constante : l'arrêt est placé avant un rond-point mais toujours après un carrefour à feux, pour ne pas ralentir.

...Qui commande les feux

Un dispositif embarqué permettra aux chronobus de commander le passage au feu vert. De ce fait, il ne sera plus stoppé par les feux rouges, quand ceux-ci n'ont pas été purement et simplement remplacés par des carrefours giratoires.

Pour le reste et quand cela est possible, il y a parfois une voie réservée au chronobus. Par exemple, route de Paris ou du côté du boulevard Schumann. Et sur les grands ronds-points, le bus, dans certains cas, coupera au milieu, sur une voie dédiée, comme le fait le busway.

L'UMP déjà critique

Reste évidemment à évaluer l'efficacité des premiers aménagements réalisés l'été dernier sur les futures lignes C1 et C2 (lignes actuelles 21 et 32). « Pour ma part et en tant qu'usager du bus, je suis très dubitatif », dit le conseiller municipal d'opposition Julien Bainvel (UMP). « Boulevard Schuman ou en bas du pont du Cens, les bus ne vont pas plus vite. Globalement, nous considérons que sur ce sujet, la majorité n'a pas de vision d'ensemble. Aux réunions chronobus, on n'entend jamais les mots « voiture » ou « vélo » et pas assez le mot « riverain ». Lundi soir, on n'a pas même pas pu me dire combien de voitures circulent sur le boulevard Guist'hau, actuellement, chaque jour. Si on veut fluidifier le trafic, c'est pourtant une donnée de base, me semble-t-il. »

Bref, le pari du chronobus n'est pas encore gagné. Et Jean-François Retière ne parviendra sans doute pas à convaincre tout le monde du bien fondé des choix effectués en faveur du transport en commun.

 

Dix lignes programmées. Quatre entreront en service en 2012, trois en 2013 et trois autres après 2014.

54,5 millions d'euros. C'est la somme nécessaire pour réaliser les sept premières lignes, dont 10,4 millions d'euros sont financés par l'État dans le cadre d'un appel à projets sur les transports en site propre.

Prochaine réunion sur le chronobus. Ce jeudi 10 novembre, à 18 h 30, elle concernera les lignes C3 et C6, empruntant les rues des Dervallières, du Parc-de-Procé, Littré, Lamartine. À la salle Coligny à Nantes, derrière le temps protestant, place Édouard-Normand, accès par la rue Menou.


Philippe GAMBERT

Ouest France 09/11/2011

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 13:29

 

Triple A - 13/11/2011 | 11:22
Copyright Reuters
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Bruno Le Maire a reproché dimanche sur Europe 1 à François Hollande de "jouer le jeu de la défaite" face aux marchés financiers par ses déclarations sur le triple A français.

Le candidat socialiste pour l'élection présidentielle a estimé vendredi que les marchés financiers avaient déjà anticipé une dégradation de la note française sur les marchés obligataires.

"Soit on fait le jeu de la spéculation, on est défaitiste, on fait comme François Hollande 'de toute façon c'est foutu, on n'y arrivera pas' et on se résigne à la défaite. Moi, je ne me résigne pas à la défaite", a déclaré le ministre de l'Agriculture sur Europe 1.

"Je reproche à François Hollande, en tenant ce genre de propos, de se résigner à la défaite face aux marchés financiers. Je reproche à François Hollande de jouer le jeu de la défaite", a insisté Bruno Le Maire.

Pour le ministre de l'Agriculture, "dans cette guerre-là, il faut choisir son camp et il faut tout faire pour sauver effectivement le triple A de la France."

Selon lui, le candidat socialiste pourrait "jouer un rôle utile" en annonçant par exemple qu'il demande aux socialistes de voter la "règle d'or" visant à encadrer les dépenses de l'Etat. Il pourrait aussi annoncer, a-t-il poursuivi, qu'il renonce à toutes les dépenses publiques qui sont prévues dans le projet socialiste.

Egalement sur Europe 1, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, avait estimé samedi que les propos de François Hollande allaient "à l'encontre de l'intérêt de la France".

"M. Hollande nous dit que les marchés anticipent déjà la dégradation de la dette. Cela signifie qu'il se résout à cette dégradation de la dette", s'était indigné le ministre.

Il reprochait également au candidat socialiste de ne pas appuyer le gouvernement lorsqu'il soumet au Parlement des mesures d'austérité. "Ni lui ni le Parti socialiste ne votent aucun des plans de redressement", a déploré Claude Guéant.

Gérard Bon

latribune.fr -
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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 13:18

ACTUALITÉ Politique

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Par Thomas Vampouille Mis à jour le 13/11/2011 à 12:22 | publié le 13/11/2011 à 10:54
La candidat socialiste arrivera-t-il à rassembler au-delà de son parti?
La candidat socialiste arrivera-t-il à rassembler au-delà de son parti? Crédits photo : CHARLES PLATIAU/Reuters
Empêtré dans des négociations difficiles avec les écologistes sur le nucléaire, le candidat socialiste à la présidentielle a été qualifié de «capitaine de pédalo» par le candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon.

François Hollande aura fort à faire pour rassembler la gauche en vue de 2012. Car le moins qu'on puisse dire, c'est que les alliés du PS ne lui facilitent pas l'entrée en campagne. La dernière pique en date lui a été lancée par Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de gauche à la présidentielle, qui le compare à un «capitaine de pédalo» dans une «saison des tempêtes», dans une interview au Journal du dimanche.

Au-delà de la formule, l'ancien socialiste se livre à une attaque en règle de l'analyse économique de François Hollande face à la crise. «Nicolas Sarkozy est pour la rigueur, et François Hollande est pour ‘donner un sens à la rigueur'», ironise Jean-Luc Mélenchon. Selon lui, les deux favoris à l'élection présidentielle «ont la même analyse de la crise» et sont «deux hommes d'un autre temps», qui «ne voient pas la faillite du système». Et de fustiger un candidat socialiste qui «enrobe de bons mots et de petites blagues une obstination sociale-libérale». «La ligne de Hollande est incapable de rassembler une majorité populaire pour battre Nicolas Sarkozy», conclut celui qui réclame un débat avec le candidat socialiste : «Il ne répond pas. Quel mépris !»

Autre sujet de raillerie de la part du frontiste de gauche : les actuelles négociations entre Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et le PS sur le nucléaire, qu'il qualifie de «carabistouille». Derrière la fermeté des positions affichées, «on s'aperçoit qu'ils échangent des centrales nucléaires contre des circonscriptions», déplore Jean-Luc Mélenchon, rejoignant l'analyse formulée samedi par le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé.

Les écologistes tiennent le bras de fer

Loin d'adoucir leur position, les écologistes ont relancé samedi leur ultimatum à François Hollande au sujet de l'EPR de Flamanville. «J'affirme solennellement, tranquillement, fermement, qu'il n'y aura pas d'accord avec les socialistes si nous n'avons pas d'arrêt du chantier de Flamanville. Il n'y a pas de plan B», a répété sur TF1 la candidate d'EELV à la présidentielle, Eva Joly. Le socialiste s'était prononcé lundi pour la poursuite du chantier, ce qui avait provoqué la suspension temporaire des négociations entre les deux partis.

«C'est un problème de volonté et de courage politique», a appuyé la secrétaire nationale d'EELV Cécile Duflot. Les deux meneuses d'EELV ont reçu le soutien sur ce sujet du candidat malheureux à la primaire écologiste, Nicolas Hulot. Dans une tribune au JDD, celui-ci juge aussi que la sortie du nucléaire est «un objectif moral incontournable». La coprésidente des Verts au Parlement européen, Rebecca Harms, y est aussi allée de son soutien, disant ne pas «comprendre pourquoi les socialistes français défendent ce réacteur», rappelant que la sortie du nucléaire a permis «380.000 nouveaux emplois» dans les énergies renouvelables en Allemagne.

Au vu du blocage de la situation, les négociations engagées entre EELV et le PS ont-elles une chance d'aboutir ? Cécile Duflot ne cache pas qu'elle n'a «aucune certitude». «On n'arrive pas à savoir si François Hollande est prêt ou pas à bouger et donner un signal suffisant pour trouver un point d'accord», développe Denis Baupin, en charge des questions programmatiques à EELV. Le député Vert de Paris Yves Cochet, lui, mise sur «la peur de l'isolement» que pourrait ressentir François Hollande, qui se veut rassembleur mais qui jusqu'ici «ne rassemble que le Parti radical de gauche». Un cadre du parti écologiste prévient : «Après six mois de négociations, ne pas aboutir à un accord, ça va lui revenir dans la figure, et affaiblir la dynamique pour battre Nicolas Sarkozy».

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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 13:13

Société | Ajouté le 10.11.2011 à 21H47

Il peut paraître pour les plus jeunes d'entre nous assez anachronique de commémorer le 11 novembre. Cet armistice a presque 100 ans. Il ne s’agit plus d’une actualité puisque ceux qui y ont participé sont tous morts mais d'une page d’Histoire, cette Histoire terrible de l’affrontement de peuples européens, de l'enterrement dans ce fracas des armes automatiques du Vieux Continent.

Fin de la Belle Époque, fin d'une insouciance des - jusqu'alors - puissances, fin des Empires allemand, austro-hongrois et russe. La revanche sur la guerre de 1870 devait être courte, ce carnage durera quatre longues années. Cette histoire sanglante est néanmoins celle de la lente, difficile, tâtonnante construction européenne.

En effet, ce long processus, du traité de Vienne de 1815 à celui de Versailles concluant la guerre entre l'Allemagne et la France, cette construction a été parsemée de guerres et de paix, d'histoires flamboyantes, et de drames atroces.

Faut-il remonter à Charlemagne ? Faut-il insister sur les épopées napoléoniennes si sanglantes ? Sans remonter autant dans notre passé en cette veille de 11 novembre, rappelons-nous que le siècle qui s'est achevé par l'effondrement du bloc soviétique et des Twins Towers de New-York, ce siècle a vu sinon la guerre de 1870, du moins celles de 1914-1918 et de 1939-1945.

Ces conflits paraissent, peut-être à tort, si lointains. Dans l’imaginaire de nos enfants, voire même des jeunes adultes, apparaissent des tranchées, la boue, la mort, peut-être les gaz, l’incompétence de certains généraux ou maréchaux ou la haine réciproque. On oublie trop vite qu’il s’agissait de jeunes appelés, très jeunes, bien loin d'une armée de métier. Celà reste polémique mais l'on oublie également qu'il n'aura manqué qu'une offensive (de Pétain et Pershing) prévue le 14 novembre pour achever l'armée allemande et tuer "dans l'oeuf" la thèse du "coup de poignard dans le dos" qu'utiliseront tant les nazis. Ce fut l'erreur tragique de Foch et de Clémenceau.

La France a communié dans le sang et la boue des tranchées. Divisés par la IIIème République radicale qui prônait l'« école sans Dieu », assurait la séparation des Églises et de l'État, quand une grande partie des Français demeurait royaliste ou catholique, tous se sont retrouvés unis dans cet enfer : le curé comme l'instituteur.

Certains avaient à peine 20 ans, la plupart moins de 30 ans. Combien de millions sont morts, dans les atroces brûlures pulmonaires des gaz, transpercés par les balles ou les baïonnettes, gelés dans les tranchés où les hivers furent si rudes ?

Alsacien d'origine, je sais ce que je dois à leur sacrifice. Ces concitoyens sont morts par millions. Chaque famille, chaque village fut frappé de cet impôt du sang pour défendre avant tout une terre, une nation, une société aussi et une certaine idée de la liberté. Cet impôt, les fils des survivants le renouvelleront en 1940 : mon ami Henri Amouroux disait qu'« en soixante jours, (la bataille de France fera) 92 000 morts, 120 000 blessés, c'est une « cadence » qui rappelle des grandes tragédies de la guerre victorieuse : l'autre ».

Cette première Guerre mondiale, première guerre totale et mécanisée était alors de loin la plus cruelle. Elle a eu lieu sur notre territoire, le front s'étendant comme une balafre à travers la Picardie, la Lorraine (Verdun !) et la Champagne, rasant les villages, éventrant les églises, mitraillant les forêts, remplaçant cette campagne par un pays de mort, lunaire, de terre retournée, glacé.

Dans les colonies, les îles, comme en métropole, fleuriront les monuments aux morts, pour se souvenir. Quant aux combattants, au delà de ce soldat inconnu qui est honoré sous l'Arc de Triomphe et à travers lui tous ses camarades, il faut avoir vu l'ossuaire de Douaumont, ces millions de tombes alignés, ces soldats enterrés sur notre sol français, là encore pour ne jamais oublier.

Faut-il sans arrêt remuer ces souvenirs morbides et fêter cet armistice alors que plus aucun des acteurs n’est en vie ? Je le crois. Cette attitude juste, digne, est bien moins morbide que ceux qui veulent salir ces sacrifices par une repentance hâtive, inique de ce tout qu'est notre Histoire. Il s’agit de nos arrières-grands-pères, de nos grands-pères et pour certains de nos pères. Il y a encore peu, lorsque les familles étaient plus unies que maintenant, que les souvenirs se partageaient plus, combien de fois furent-ils racontés ces exploits ?

Le temps n’est pas venu de tourner cette page sanglante de notre Histoire, ce livre ne doit jamais être refermé car ce sont ces chapitres qui ont dicté notre vie quotidienne, nos projets politiques actuels. Il fallait que les peuples de l'Europe subissent ce martyre pour que la construction de l'Europe devienne réalité.

Voici pourquoi il est si important de l'apprendre, de la montrer à nos enfants, de profiter de notre chance d'avoir tant de moyens vivants d'enseigner ce passé dont il reste tant d'images. Il faut rappeler, dire combien le sacrifice des uns a permis de préserver la liberté des autres. C'est un devoir moral, une honnêteté intellectuelle.

Puisse la folie des hommes en Europe ne jamais refaire surface. La construction européenne reste encore aujourd'hui une des grandes garanties de la paix.

Pr Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris
 
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13 novembre 2011 7 13 /11 /novembre /2011 13:11

 Société | Ajouté le 09.11.2011 à 17H56

De Gaulle s'éteignait. Quel homme extraordinaire. J'ai eu beaucoup de chance de le connaître.

Tout petit, mes parents nous conduisaient au Mont Valérien, le 18 juin. Moments inoubliables et émouvants. J'étais jeune, juchés sur les épaules de mon père, tantôt Jean-Louis, tantôt moi attendions la venue du Général, non pas devant l'immense mausolée de grès des Vosges qui existe aujourd'hui et que le Général fera aménager aussitôt revenu au pouvoir, non, dans un endroit beaucoup plus petit, dans une clairière où nous pouvions encore imaginer le claquement sec des armes du peloton d'exécution qui apportait le martyre à ces héros parfois oubliés... Là se tenaient les survivants, les résistants, ces centaines d'hommes et de femmes qui arboraient des décorations pour moi mystérieuses. Beaucoup étaient blessés, tous pleuraient à l'évocation de certains souvenirs que mon père nous avait cent fois racontés.

Plus tard, après 1958, les cérémonies sont devenues officielles et grandioses, l'esplanade s'y prétait, mais je pensais alors que l'on nous avait volé notre cérémonie.

Pendant ces années, celles du début de la Vème République, la proximité de mes parents avec le Général De Gaulle était devenue manifeste : Ministre de la Justice puis Premier ministre, mon père a toujours été fidèle, non seulement au général mais surtout à la France qu'il incarnait. C'était l'époque de la fierté retrouvée, de l'indépendance affirmée face à l'Amérique, mais aussi des difficultés algériennes qui devaient s'achever par cette douloureuse séparation, des drames, les harkis, mais aussi de l'intransigeance. La France dans le monde était admirée, la diplomatie forte, notamment en Afrique, la politique appréciée. Quand De Gaulle allait à l'étranger, des foules immenses se déplaçauient pour l'acclamer. « Vive le Québec libre », mais aussi au Cambodge, au Mexique, en Allemagne, partout.

La démocratie était le maître mot du Général : souvenez-vous du référendum de 1969. Les Français peut-être lasses de la grandeur, ont voté non. De Gaulle est parti. Quel départ, émouvant et grandiose. Un an plus tard, le géant tombait, terrassé.

Pr Bernard DEBRÉ

Ancien Ministre
Député de Paris

Ci contre le Général de Gaulle et mon père (à sa gauche) lors de la Libération de Paris
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