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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 13:40
François Fillon s'adresse aux parlementaires de l'UMP à Saint-Cyr-sur-Loire, le vendredi 14 octobre 2010.

Mes chers amis,

Je voudrais d'abord rendre hommage, en votre nom à tous, à une jeune femme de 30 ans, mariée, mère de deux enfants, gardienne de la paix, qui a été lâchement attaquée dans l'exercice de ses fonctions à la préfecture de Bourges, ainsi qu'à un de ses collègues qui a été blessé.

A travers elle, à travers eux, je veux rendre hommage à nos policiers, à nos gendarmes qui font des métiers si difficiles qui méritent tout notre respect et toute notre reconnaissance.

 

En débutant mon discours, je voudrais me tourner vers Philippe Briand qui nous reçoit chez lui avec le cœur qui le caractérise.

Je veux dire que Philippe suscite toute notre admiration.

Je suis venu souvent à Saint-Cyr-sur-Loire pour clore ses campagnes législatives.

Philippe prétend que je lui porte chance, et je lui dis que, le moment venu, je serai à ses côtés et à vos côtés pour mener la bataille.

 

Ma pensée est aussi tournée vers Gérard Larcher, et vers vos collègues sénateurs.

La perte du Sénat est un coup dur, mais cet avertissement est une occasion de nous mobiliser pour aller vers cette victoire que nous devons chercher de toutes nos forces et par toute notre unité.

Et cette mobilisation, elle doit s’enclencher dans les travées mêmes de la Haute Assemblée où nos sénateurs doivent défendre nos valeurs avec détermination.

 

La presse l’a peu noté, toute occupée qu’elle était à commenter les primaires socialistes, mais la désignation de Philippe Marini à la Commission des Finances est bien la confirmation que nous, notre majorité, avons réussi à imposer la modernisation de nos institutions.

Je dis bien «imposer», car si nous n’avions pas créé un précédent à l’Assemblée Nationale, jamais la gauche n’aurait fait un tel geste que je crois fécond pour la démocratie française.

Quoi qu’il en soit, le basculement du Sénat impose une cohésion parlementaire sans faille.

Autour de Christian Jacob, de Jean-Claude Gaudin, de Bernard Accoyer, de moi-même, je vous demande unité et sens de l’intérêt collectif.

Il faut démontrer aux Français que l’UMP set plus que jamais la force de stabilité et de changement que les circonstances réclame.

 

Mes chers amis,

Avec la chute du mur de Berlin beaucoup prophétisaient la fin de l’Histoire. Hors c’est le contraire qui s’est passé, l’Histoire s’est au contraire accélérée, libérant toutes ses virulences géopolitiques, spirituelles et économiques.

Avec la victoire du capitalisme, certains annonçaient l’émergence d’un universalisme commercial et financier; la crise a brisé le sacre d’un système qui pensait le monde comme un vaste casino au sein duquel les responsables publics seraient tenus de jouer le rôle de croupiers.

Après des siècles de domination occidentale, certains pariaient sur la lente remontée des continents émergents.

 

En 2009, la Chine a détrôné l’Allemagne comme premier exportateur mondial et est devenu le deuxième pays d’accueil des investissements étrangers.

En 10 ans seulement, la Chine, l’Inde, le Brésil se sont imposés de façon fulgurante sur la scène internationale, et, dorénavant, tout le défi est de maîtriser les élans de la mondialisation.

 

Au parti socialiste, les «impétrants» dissertent sur la «démondialisation», comme autrefois les états-majors se disputaient sur le tracé de la ligne Maginot.

 

Nous, nous assumons les temps nouveaux.

Nicolas Sarkozy s’est révélé un homme capable d’affronter les tempêtes les plus imprévues et les plus dures.

A la présidence du G20, notre pays agit en leader d’un monde désordonné en mal de repères.

Au moment opportun, là où la main peut trembler, la France a su offrir aux peuples ivoiriens et libyens le pouvoir de conquérir leur liberté, et je veux saluer, avec Gérard Longuet, la maîtrise de nos armées et el courage de nos soldats.

Au Proche-Orient, mon cher Alain, notre diplomatie présente courageusement aux Israéliens et aux Palestiniens les voies d’une solution responsable et audacieuse.

Et au sein de l’Union européenne, la France défend l’Europe comme elle défendrait son propre héritage national.

 

Nous imaginions que ce nouveau siècle,après un XXème siècle aussi sanglant, allait nous fournir l’espace d’une respiration ; que ce quinquennat se déroulerait sous les auspices d’une prospérité internationale qui semblait solide.

Rien de cela n’est arrivé.

2007-2012, ce quinquennat de combat fut mené pour protéger la France et pour protéger les Français de la pire bourrasque économique et financière que nous ayons connue depuis les années 1930.

 

Il est vrai qu’au printemps 2007, nous ne savions pas combien nos choix politiques nous aideraient à la gérer cette crise.

 

Bien avant la crise bancaire et la crise des dettes souveraines, notre majorité a entrepris de libérer notre société de l’illusion d’une prospérité tranquille.

Nous avons réformé, et nous avons réformé encore, et cela dans les pires conditions qui soient.

On parlera peut-être un jour "d'années courage" comme on parlait  des "trente glorieuses".

Aujourd'hui, je sais mieux que quiconque que le résultat des élections locales est un résultats qui est dur à vivre et pour nos amis, difficiles  à comprendre.

Mais, je vous en prie, pas de déception, pas de désertion !

 

Si le peuple français exprime son inquiétude, il nous dit aussi son besoin de progrès, son désir d'avancer, sa volonté de justice. Il nous interpelle, et nous n’avons pas à rougir de ce que nous sommes, de ce que nous voulons, de ce que nous avons fait.

 

Dans la crise, tenir le cap de la modernisation n’allait pas de soi.

Bien des gouvernements auraient mis le pied sur le frein. Nous n’avons pas cédé à cette facilité coupable.

Et je voudrais aujourd’hui, pour cette dernière réunion des parlementaires dans cette configuration, avant les élections rendre l’honneur qui leur est du aux parlementaires de l’UMP qui, malgré les protestations, malgré les risques d’impopularité, malgré les coups de l’opposition, ont tenu la ligne du changement.

 

Nous n’avons pas tout réussi ; plusieurs de nos objectifs ont été bousculés par la récession et la crise ; dans notre course pour transformer notre pays il nous est arrivé d’agir avec précipitation...

Il n’est pas besoin d’idéaliser notre bilan pour le rendre respectable.

Il y a une chose essentielle que nous avons réussi : nous avons retendu l’énergie française et nous avons remis à l’endroit les pensées qui faisaient marcher notre pays à l’envers.

Pas de solidarité sans productivité.

Pas de liberté sans sécurité.

Pas de rayonnement universitaire sans autonomie.

Pas de service public sans continuité du service public.

Pas d’intégration sans immigration contrôlée.

Pas de République sans laïcité.

 

Pour nous, l’avenir de notre nation repose sur son aptitude à regarder la vérité en face.

Et cette vérité à aujourd’hui un nom : c’est la dette !

La crise des dettes souveraines est plus qu’un problème financier. La crise des dettes souveraines révèle un problème de civilisation, et plus précisément le problème d’une civilisation européenne qui a préféré vivre au dessus de ses moyens en s’endettant plutôt que de se remettre en cause.

Tout parti politique et tout programme ignorant cette donnée cruelle mais cruciale devront être considérés comme disqualifiés pour défendre l’intérêt général.

 

Cet été, la première puissance du monde a vu sa crédibilité financière mise en doute.

Quant à l’Europe, nous savons qu’elle vit sur un volcan.

Nous sommes plongés au cœur des tensions de la mondialisation, et l’honneur des Chefs d’Etat est de dégager des solutions communes, en résistant tout à la fois au vertige du nationalisme et de la sélection darwinienne.

 

Ce qui est en jeu avec cette crise des dettes souveraines, c’est le sort de notre indépendance nationale, et c’est le sort de l’Union européenne.

 

Notre premier devoir, c’est d’affronter la réalité, sans démagogie et sans chercher d’excuses.

Quand on a plus de 1.600 milliards de dette, il est tout à fait inutile de s’en prendre aux agences de notation, aux banquiers, aux traders, ou qui sais-je encore…

Il faut avoir le courage de se reprendre en mains.

 

Notre second devoir, c’est d’agir collectivement, avec l’Europe et pour l’Europe.

En temps de crise, le mauvais réflexe, c’est de se replier sur soi. Contre l’Europe, contre l’euro, contre l’aide à la Grèce, cette musique suicidaire se fait entendre.

Je m’y oppose de toutes mes forces !

Avec le Président de la République, avec notre majorité, nous ne renoncerons pas aux acquis de l’Europe; nous ne lâcherons pas 60 années de construction politique.

 

N’écoutez pas tous ces défaitistes qui prétendent qu’en isolant la Grèce, en la laissant dériver, on sauvera le reste. La vérité c’est que si la solidarité européenne se rompt, la crise se propagera à tous.

Dénoncez ces démagogues qui opposent les efforts réalisés pour soutenir le système financier des efforts réalisés pour les peuples. Nous savons toujours qu’un désastre financier entraînerait une débâcle économique et sociale, et ce jour là, il sera trop tard pour se souvenir que les enjeux financiers sont aussi des enjeux concrets, des enjeux économiques, des enjeux sociaux.

 

Enfin, repoussez ceux qui murmurent que le scénario d'une sortie en douceur de l’euro est une option. Le retour du franc et la dévaluation qui s’en suivrait nous condamneraient pour longtemps à la récession et à la ruine.

 

Je refuse de voir l’idéal européen bradé par manque de foi et par manque de cran, par manque aussi de vision. Et d’ailleurs, s’il n’y avait pas aujourd’hui la politique, si on n’écoutait que l’avis des techniciens, des banquiers et des experts, nous aurions laissé tomber la Grèce et nous aurions laissé s’effondrer l’héritage de soixante années de construction européenne. C’est la politique qui nous permet d’éviter ce désastre.

Quand l’Europe s’éveillera : oui, imaginons ce sursaut qui n’a rien d’irréaliste, il faudra regarder les paramètres qui fondent la force d’une civilisation.

La cohésion démocratique et sociale, la richesse bien sûr, la formation, la technologie, les infrastructures, la culture. Et bien justement, tout ceci distingue notre continent.

C’est pourquoi, j’affirme que l’Europe de demain peut incarner l’espace le plus stable, le plus prospère et le plus influent du XXIème siècle.

 

Alors vous me direz que la crise que subit l’Union européenne peut mutiler ce destin.

Mais cette crise nous allons la surmonter, et nous en ferons le tremplin d’une nouvelle Europe politique.

Il faut du sang-froid face à des investisseurs et des marchés qui ont perdu leur boussole ; il faut méthodiquement mettre en œuvre les plans de soutien et les instruments de coordination que nous avons décidés au niveau européen.

Il faut plus de gouvernance politique, plus de gouvernance économique, plus d'harmonisation fiscale, plus de volontarisme commercial, et pour cela, il faut un leadership fort.

Nous avons tous écouté ce matin avec intérêt le discours du Président de la Commission européenne. Je lui ai d’ailleurs dit ce matin que sans leadership fort et sans le tandem franco-allemand il serait impossible de faire face à la crise. Le tandem franco-allemand est fait pour cela.

La France et l’Allemagne doivent être les pionniers d’une plus grande convergence budgétaire et fiscale. Ils doivent faire bloc, et donner à l’espace économique et social franco-allemand une harmonie aussi claire et aussi robuste que possible.

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont décidé qu’en 2013, la France et l’Allemagne auraient la même fiscalité sur les entreprises et un impôt sur les sociétés entièrement commun. Voilà, c’est une première étape concrète.

 

Grâce à l’impulsion franco-allemande, nous avons réussi à mobiliser et à créer dans l'urgence des moyens de répliquer à la crise.

Il faut maintenant les compléter pour structurer une réponse globale de l'Europe.

C’est ce qui sera fait lors du Conseil européen et du Sommet de la zone euro du 23 octobre, avec un plan de recapitalisation pour les banques européennes qui en ont le besoin, une stratégie crédible de court et moyen terme concernant la Grèce, une montée en puissance du Fonds européen de stabilité financière après la ratification des 17 parlements de la zone euro, une amélioration indispensable de la gouvernance de la zone euro, et enfin la nécessité pour tous les Etats membres de tirer les leçons institutionnelles de cette crise.

 

La semaine dernière, la Banque centrale européenne a annoncé des mesures décisives pour faciliter le refinancement des banques.

S’agissant de leurs besoins de recapitalisation, nous sommes d'accord avec l’Allemagne pour renforcer la structure du capital des banques en Europe.

Des travaux menés par l’Autorité bancaire européenne sont en cours.

Ce qu’il faut, c’est une étroite coordination européenne, et c’est de prendre les choses dans l’ordre.

D’abord, s’accorder sur les objectifs en termes de niveau des fonds propres. Les banques françaises ont annoncé qu’elles seraient à 9% de fonds propre dès 2013 : la France est favorable à une coordination européenne sur ce sujet.

Ensuite, il faut voir quels montants sont nécessaires pour quelles banques en Europe. Sur ce sujet, je voudrais rappeler que depuis 2008 les banques françaises ont considérablement renforcé leurs capitaux propres.

Enfin, au niveau européen, il faut, en premier lieu, mobiliser les revenus des banques elles-mêmes, qui doivent être réinvestis pour renforcer le capital, puis, seulement si cela est nécessaire, les capitaux privés apportés par les actionnaires et les investisseurs, et enfin, en dernier ressort uniquement et au cas où les autres sources de financement ne seraient pas suffisantes, les capitaux publics, mais avec des conditions qu’il faudra mettre.

Pour la France, je suis confiant dans la capacité de nos banques à mobiliser leurs bénéfices et tous les moyens dont elles disposent pour conforter leur assise financière.

 

Le 23 octobre, le défi de la croissance sera aussi au cœur des discussions européennes.

L'Europe ne peut pas dépenser plus, mais elle doit réaffecter ses moyens sur l'activité économique et sur l'investissement dans les secteurs d'avenir.

Cela passe par une dynamique en faveur du capital risque, cela passe par une réponse commune, Michel, au défi de la valorisation des brevets, des mesures pour accélérer le développement de l'économie numérique et un financement européen ciblé sur les infrastructures indispensables à l'innovation et à la compétitivité.

 

Mes chers amis,

Face à la crise, notre riposte est européenne, mais elle est aussi nationale.

Si nous ne faisons rien, si nous ne faisons pas l’efforts de réduire nos déficits et d’aller chercher la croissance nous-mêmes, alors aucune réponse européenne ne sera suffisante.

 

Avec Valérie Pécresse et François Baroin, nous avons présenté un budget pour 2012 qui est l’un des plus rigoureux que la France ait connus depuis 1945. Et pour la première fois, les dépenses de l’Etat ont baissé en proportion de la richesse nationale entre 2009 et 2012.

Naturellement ces efforts provoquent des remous.

Naturellement chacun préférerait en être dispensé.

Naturellement la baisse des effectifs dans la fonction publique, la rationalisation de la carte militaire, judiciaire, sanitaire, la réforme des collectivités territoriales, ftout cela fait grincer des dents.

Mais notre rôle est de dire à nos concitoyens que ces efforts nous protègent de sacrifices bien plus douloureux si nous laissions nos comptes dériver encore.

 

La discipline est nécessaire pour réduire nos déficits, mais en phase de reprise économique nous ciblons aussi nos politiques sur la productivité et l’inventivité.

Comme aucun gouvernement par le passé, nous avons, avec Luc Chatel et Laurent Wauquiez investi sur la recherche, sur l’université, sur l’innovation, sur la technologie.

La vérité c’est que la modernité, c’est nous !

Le programme des investissements d’avenir, c’est un acte de foi dans le développement de notre industrie, de notre appareil scientifique, de nos entreprises.

 

Avec la réforme de la taxe professionnelle, près de 5 milliards d’euros ont été remis entre les mains des entrepreneurs qui investissent pour réaliser de nouveaux produits, pour aller conquérir de nouveaux marchés.

Nous avons puissamment encouragé l’innovation en triplant le crédit impôt recherche.

Avec Nathalie Kosuciusko-Morizet, nous posons les bases de la croissance verte.

Avec Bruno LE MAIRE, nous soutenons et modernisons notre agriculture, pas par nostalgie, mais parce que notre force agricole se confond parfois avec notre identité et notre prospérité.

Depuis 2010, nous avons allégé le coût du travail pour les saisonniers dans l’agriculture: cela représente un effort de 500 M€ par an.

Mais il faut aller plus loin car l’amélioration de la compétitivité des entreprises agricoles passe aussi par une réduction du coût du travail permanent. C’est ce que nous allons faire dans le cadre du PLF 2012, et cette mesure va être notifiée auprès de la Commission européenne pour lever l'obstacle européen.

C’est la première fois qu’un Gouvernement prend de telles mesures et je rends hommage à ceux qui ont porté cette volonté et je pense particulièrement à Bernard REYNES.

 

Avec Xavier Bertrand, nous avons réformé le dialogue social pour renforcer sa légitimité démocratique. Ah, c’est une réforme qui va profondément changer la vie des français.

Nous avons connu un dialogue social inégalé depuis 4 ans : il n’y a jamais eu autant d’accords avec les partenaires sociaux signés.

Dans nos entreprises, près de 9 millions de salariés ont bénéficié des heures supplémentaires défiscalisées, pour un gain moyen de près de 450 euros par an.

Pour l’emploi et pour les jeunes, nous voulons, avec Nadine MORANO, généraliser l’alternance avec l’exonération des charges patronales pendant un an pour l'embauche d'un jeune.

 


Voilà, d’un côté la rigueur budgétaire, de l’autre le soutien à l’investissement, à la productivité, au travail : voilà notre politique.

 

Mais en cette période difficile, je voudrais aussi convaincre les Français que tout ne peut pas venir du sommet, que tout ne dépend pas de l’Etat ni de la puissance publique. Cela nous différencie d’ailleurs du programme des socialistes.

Beaucoup, peut-être même l’essentiel, dépend aussi du civisme et du sens des responsabilités qui imprègnent chaque citoyen.

Je ne crois pas qu’on puisse être un républicain de circonstance, selon ses intérêts et ses humeurs. Et je ne crois pas que la fierté d’être français, et je dirais même la chance d’être français, soit quelque chose qui se célèbre seulement une fois par an, le 14 juillet.

 

La récente étude consacrée aux cités de Clichy-Montfermeil semble être une découverte pour certains.

Oui, nous savons mes amis qu’en certains lieux de notre territoire, la République est en panne. Oui elle est parfois défiée par des communautés et des individus qui ignorent nos lois ou qui pire, sciemment les insultent, mais oui aussi, il existe dans nos quartiers une farouche envie de République et une profonde envie d’ordre et de réussite.

Comme Claude Guéantl’a souligné, le mal ne relève pas seulement d’un manque de moyens financiers.

Gouvernement après gouvernement, nous avons investi, démoli, rénové des quartiers entiers. En la matière, notre majorité en a plus fait que celles qui l’ont précédée, et Jean Louis Borlooy fut pour beaucoup.

 

Devant cette étude universitaire, certains parlent encore et toujours d’un manque de fraternité à l’égard des populations concernées.

Moi je ne parle pas fraternité, je parle action !

Action pour désenclaver les cités, action pour soutenir les élèves méritants, action pour casser les trafics de drogue, action pour stopper et renvoyer l’immigration irrégulière.

Action, mais aussi responsabilité, et aussi valeurs.

Là aussi, il ne revient pas seulement à l’Education Nationale d’instruire et d’éduquer les enfants et les adolescents, il revient aux parents de les prendre en mains.

Il ne revient pas seulement aux forces de l’ordre d’assurer la sécurité, il revient aussi à chaque citoyen de s’opposer par son comportement à la culture de la violence et de dénoncer ce culte de la force et de l’argent facile qu’alimentent les réseaux.

Et puis, il ne revient pas seulement à la France de se faire aimer et de se faire respecter de ceux qui là rejoigne, par ce que c’est aussi à chaque individu qu’il revient de faire l’effort de s’intégrer.

 

Mes chers amis,

Dans cette période si contrainte, seule la réforme, l’effort compétitif, la rigueur budgétaire, le civisme, sont en mesure de nous relancer.

Est-ce que la gauche est prête à assumer une telle évidence. L’exercice auquel nous venons d’assister nous prouve tout le contraire.

Tout le problème du socialisme français, c’est qu’il fut conçu et reste conçu pour distribuer les richesses de la croissance, or tout l’Occident est entré dans une période où ni la croissance, ni les richesses ne sont assurées.

 

Voilà maintenant plus d’un demi siècle que les socialistes allemands ont fait leur mue sur les questions économiques.

Chez nous, le parti socialiste cherche toujours des échappatoires: la crise, c’est la faute aux spéculateurs ; le chômage, la faute à la mondialisation ; les inégalités, la faute aux plus fortunés ; l’endettement, la faute à la droite.

C’est connu, celui qui cherche des boucs émissaires, ne cherche pas la vérité, il cherche seulement le moyen de protéger ses illusions. Et celui qui cherche toujours à plaire, ne cherche pas à élever la Nation mais à l’abuser.

 

Non, dans le programme du parti socialiste, qu’on me cite une seule mesure courageuse, une seule mesure tendant à indiquer avec franchise que certains de nos acquis doivent être réformés, une seule mesure indiquant qu’il faut se retrousser les manches face à la montée en puissance des pays émergents.

Non, dans le programme socialiste, tout est luxe, calme et volupté… Devant chaque problème de notre société, ça n’est que dépenses supplémentaires, emplois publics en plus, réformes en moins, et niches cachées qui seront soi-disant débusquées et qui régleront la note du statu quo.

 

Les heures supplémentaires défiscalisées ?

Supprimons-les, nous dit le parti socialiste, et revenons au partage du travail qui n’a pourtant jamais donné plus de travail aux chômeurs, qui comme nous le savons, a pesé sur la compétitivité de notre pays.

L’augmentation de l’âge de départ à la retraite ?

Supprimons là, nous dit le parti socialiste, pour revenir au symbole des 60 ans.

C’est à court terme 30 milliards de dépense, c’est immédiatement la perte du triple A, c’est immédiatement la ruine.

C’est absurde, c’est un mensonge, mais qu’importe, mieux vaut une absurdité trompeuse qu’une voix en moins !

La baisse du nombre de fonctionnaires, engagée dans tous les pays d’Europe, dirigés par la droite et la gauche ?

Arrêtons-là, nous dit l’opposition, et revenons aux bonnes habitudes d’autrefois, qui, pourtant, n’ont en rien amélioré l’efficacité de l’Etat et qui ont pesé sur l’endettement.

La réforme de la taxe professionnelle qui a accéléré l’investissement en France ?

Abrogeons-là, nous dit l’opposition, et revenons à la fiscalité locale d’antan, c’était tellement mieux avant. Et au surplus, abrogeons, dans la foulée, la réforme des collectivités territoriales car il serait tellement plus confortable de revenir au millefeuilles d’autrefois.

C’est vrai qu’il est cohérent de dire qu’il y a une crise rurale à cause de la monidalisation et de proposer de s’appuyer sur un système ancien.

 

A écouter le parti socialiste, on arrête tout, on revient sur tout. Comment voulez-vous que notre pays avance avec les rois du rétropédalage ?

 

J’en conviens, dans leur programme il y a deux de nos réformes sont épargnées, et je voudrais m’arrêter un instant sur ce point, qui en dit long sur le sérieux des arguments qui nous furent opposés lorsque nous les avons fait voter : ni l’autonomie des universités, ni le service minimum ne sont remis en cause.

Et pourtant, hier, l’opposition s’insurgeait contre la prétendue «privatisation» de notre enseignement supérieur et le supposé «musellement du droit de grève» : aujourd’hui, n’en disant mot, elle y consent.

Et bien cela est à l’image de cinq années d’opposition, où tout et n’importe quoi nous fut reproché, alors même que nous servions l’intérêt général.

 C’est vrai, on juge un gouvernement sur son bilan. C’est vrai. Mais est-il déraisonnable de juger une opposition sur le sien ?

 

La gauche s’interroge encore sur ce que sera ce nouveau siècle.

Ce nouveau siècle il est là, et le premier constat que l'on peut faire, c'est qu'il ne prend plus ses conseils comme ses prédécesseurs au bord de la Tamise, du Tibre, ou de la Seine.

Le monde n'est pas en train de changer, mes chers amis, le monde a changé ! Et le temps de la nostalgie, des regrets, le temps des hésitations, il est derrière nous.

Le grand mérite, si je puis dire, de la crise actuelle, est de nous dessiller les yeux, elle nous aide à comprendre, au travers l'éternelle dialectique du progrès et de la décadence des peuples, quel chemin notre pays doit emprunter.

 

Dans ce climat mouvant, tantôt étouffant, tantôt explosif, où le doute et la méfiance dominent, la qualité des relations entre gouvernants et gouvernés doit être une préoccupation de chaque instant.

Parce que la crise n'a aucun égard pour les citoyens. Elle installe les injustices, nourrit les prédateurs, invite à sa table les extrémistes et les faux prophètes.

Dans plusieurs capitales européennes, comme aux Etats-Unis, pourquoi des milliers de personnes campent sur les places publiques ?

Parce qu’ils ont perdu confiance.

La crise est financière, économique, mais elle peut aussi devenir une crise des démocraties.

 

Dans ce paysage entre chien et loup ce que demandent nos concitoyens c'est d’abord de la solidité, c'est de suivre un cap crédible qui guérit des peurs.

 

La fin du quinquennat et la campagne électorale de 2012 qui va s'ouvrir, correspondent a un moment crucial du monde démocratique.

Regardons les choses en face, et ne tremblons pas.

Notre génération a le difficile destin de vivre au croisement de deux époques. Dans les combats entre les anciens et les modernes ce sont toujours les modernes qui ont gagné. Or, c'est nous les acteurs de la rupture ; c’est nous les acteurs de l'innovation !

Le dur combat contre les vieilles lunes, les académismes, les facilités, n’est pas fini.

Si l'on vous demande notre programme, n'hésitez pas à le dire : notre programme c’est de prendre les clefs du XXIème siècle !

 

Mon dernier fils a 10 ans. Il aura 50 ans en 2050.

Quel jugement portera-t-il sur moi, sur nous tous, si nous n’étions pas à la hauteur de notre devoir ?

Je veux qu’il soit fier de ceux qui auront agi en 2011, en 2012 et après.

 

A quelques mois des élections, j’imagine d’avance le florilège de promesses. Je pressens déjà la tentation rassurante d’une médecine douce, qui ménage l’immédiat et rassure chacun.

Mais il y a beaucoup de Français lucides qui savent que l’action et le courage sont plus que jamais nécessaires.

Alors notre devoir est de combattre ensemble, de choisir en 2012 la bonne stratégie, d’en convaincre les Français, de leur montrer que le combat est juste, c’est surtout de leur montrer que nous ne le menons pas pour nous mêmes mais pour eux, pour la France, pour sa prospérité.

 

Cela ne sera pas sans sacrifices, sans décisions difficiles.

On l’a dit avant moi, beaucoup a été fait. Mais il est nécessaire d’avancer encore, et nous réussirons ensemble.

Alors on pourra dire en 2050 que du début du XXIème siècle, date un tournant qui a remis la France sur les rails.

Notre projet se résume facilement.

Une dette réduite en quelques années par un effort justement partagé ; un système éducatif personnalisé soutenant les plus faibles mais stimulant aussi les plus forts ; un modèle social rénové, plus simple et plus responsable ; la liberté d’entreprendre confortée par un authentique dialogue social dans l’entreprise ; l’essor de la recherche publique et privée au soutien de l’emploi ; et enfin une Europe puissante et libre.

 

Mes Amis,

Nous n’avons pas le droit de sombrer dans les marécages de la petite politique, nourrie par ces bruits de couloirs et ces tractations supposées.

Face aux vents contraires, nous devons tenir dignement notre cap, et nous n’avons pas le droit de baisser les bras.

Je n'ai jamais pensé qu'un travail comme le nôtre coulerait de source. A aucun moment nous n’avons été des démagogues ou à aucun moment nous avons eu des tentations populistes, au contraire. Avec Nicolas SARKOZY, nous avons choisi de traiter l'urgent, l'indispensable, ce qui fâche souvent et pas ce qui flatte.

Je ne considère pas que le temps des réformes s'achève, et j’estime que notre horizon politique reste ouvert.

Devant nous, avec Nicolas SARKOZY il y a un nouveau quinquennat possible et surtout, mais aussi devant nous un XXIème siècle qui s’impatiente.

Non, mes chers amis, rien n’est fini, rien n’est joué, tout commence, tout recommence, et tout nous invite à aller de l’avant.

 

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 09:20

 OF 08-10-11 1

Ouest France - 8/10/2011

Par Julien BAINVEL
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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 20:27
 



Hier soir le Conseil Municipal de la ville de La Roche-sur-Yon a voté l’achat de 2,4 millions d'€uros (soit 2.270 SMIC, 3 fois ce que gagnera un ouvrier toute sa vie !) pour des "machines mécaniques culturelles issues d'un bestiaire égyptien" à destination des bassins de la future place Napoléon.

Ce choix est indécent et scandaleux en période de crise économique et sociale forte.

La majorité socialiste, ainsi que ses alliés écologistes et communistes, est prise en flagrant délit d’hypocrisie !

Comment le maire peut-il oser continuer de prétendre que l’Etat aurait asphyxié notre ville, quand, dans le même temps, il dilapide de telles sommes pour des investissements à l’utilité douteuse ?

Combien de crèches, de services publics, d’aides aux clubs sportifs et aux associations, d’emplois de policiers municipaux, de prêts pour les étudiants, d'aides pour mettre aux normes d'accessibilité les commerces ne verront pas le jour ? Tout ca pour satisfaire les délires mégalomaniaques d’un maire qui se prend pour un pharaon ! Il ne manque plus que la pyramide et le sphinx !

Nous ne sommes ni à Nantes, ni à Liverpool, ni à Anvers.

Monsieur REGNAULT prépare-t-il sa candidature à la succession de Jean-Marc AYRAULT à Nantes ?

Les yonnais attendent de leurs élus des réponses concrètes et adaptées, aux questions d’emplois, de précarité, de sécurité, d’animation commerciale et touristique. Monsieur le Maire, dans sa soudaine passion animalière, devrait se souvenir de la fin tragique de la grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le bœuf !

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 16:40
Société | Ajouté le 13.10.2011 à 20H27
Depuis quelques mois, ej suis surpris de constater que le secret de l'instruction n'est plus. Plus personne ne respecte le dossier d'instruction, ce dossier qui dans le secret des bureaux des juges permet de remonter les filières, d'analyser les responsabilités supposées, de peser les motivations d'un non-lei ou de poursuite.

Il y a peu, Brice Hortefeux était accusé d’avoir eu connaissance de différentes conversations tenues lors de l’interrogatoire de Madame Gaubert, le secret de l’instruction a, dit-on, été violé ! La belle affaire ! Quand une personnalité est interrogée, dans les minutes qui suivent les journalistes sont au courant.

L’affaire Bettencourt, d’autres encore, ont été connues bien facilement, les bandes enregistrées par le maître d’hôtel étaient reproduites in extenso dans les journaux. Faut-il d’autres exemples ? Guérini ? On apprend aujourd'hui qu'une procédure est ouverte contre Arnaud Montebourg, depuis qu'il n'est plus dans la course.

Quelle instruction est gardée secrète ? C’est effectivement triste, car la justice s’en trouve entravée, elle manque de sérénité.
Mais au fait, qui livre ces secrets ?
Les juges eux mêmes, les greffières, des fonctionnaires, tous en réalité ; certains ont perdu l’idée du service de l’Etat, de la justice, de l’équité.
L'affaire Hortefeux est exemplaire. Si un journal, plutôt de gauche, avait eu les informations (il les a eu vraisemblablement) il les auraient publiées, personne n’aurait trouvé à y redire !
Mais, j’y pense, les conversations écoutées de Madame Gaubert, celles de leur fille ( !) ont été publiées dans tous les journaux.
Cette mascarade a assez duré, la gauche hypocrite crie au scandale, sauf quand un des siens est attaqué ! Quant à Montebourg, aujourd'hui, qui s'émeut de cette procédure ?

Ne nous attachons pas à la forme mais plutôt au fond. Il faut (secret ou non) que ces affaires soient élucidées le plus vite possible car il y a certainement beaucoup de manipulation et d’amalgame. Quoi qu’il en soit la campagne commence mal, les primaires socialistes s'achèvent dans les grincements de dents et les coups de griffe.

La magistrature suprême mérite plus de dignité !

Pr Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris
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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 16:38
Ajouté le 14.10.2011 à 18h09
François Fillon sera, vraisemblablement, candidat aux élections législatives à Paris. Si je dis, vraisemblablement, c’est pour sauvegarder les apparences ! Il est Premier Ministre, il se doit à sa tâche. En réalité, sa venue est décidée depuis longtemps, heureusement !

Il va calmer l’effervescence des clans, des chapelles, il va s’imposer. Que tel ou tel maire d’arrondissement, pour se faire « mousser » ait refusé son implantation parisienne n’a plus d’importance, je le vois mal s’insurger, se révolter contre la venue de François Fillon.

Paris, depuis un certain temps, n’a plus de leader, les élections de 2008 ont été catastrophiques, aucun programme, aucun souffle, aucun charisme. François Fillon pourra réunir autour de lui une équipe, des hommes et des femmes qui travailleront pour la capitale.

Sera-t-il candidat à la mairie de Paris ? C'est une autre questions. Il n'a parlé que des législatives. Il prendra sa décision après 2012 en fonction des évènements mais quoi qu’il arrive c’est lui qui sera le fédérateur.

La « guerre » entre lui et d’autres, Jean-François Copé, Rachida Dati, Claude Goasguen, Françoise de Panafieu, la « guerre de droite n’aura pas lieu » ! Depuis quelques mois, pour ne pas dire quelques années les révoltes étaient stupides et néfastes !

Aujourd’hui, à Paris, François Fillon calmera le jeu pour que les députés, sénateurs élus puissent se consacrer aux élections présidentielle et législatives, il était temps ! Certains observateurs auraient pu imaginer que des ambitieux penseraient plus à leur avenir qu’à Paris ou à la France.

Pr Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris
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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 15:25

.fr sur votre blog/site

 
Par Alain Madelin

Le blog de l’auteur

Cher Arnaud,

Vous avez choisi d’interpeller Martine Aubry et François Hollande sous forme d’une lettre ouverte. Vous prenez l’opinion à témoin. Aussi je souhaite vous répondre et à ma façon éclairer le débat. Si je reprends votre lettre au vol, bien que ne m’étant sans doute pas destinée, c’est parce que le libéral que je suis ne peut laisser les arguments qui font votre succès sans réponse.

 

Il est trop facile en temps de crise de jouer sur les peurs, de promettre d’illusoires protections, de dénoncer quelques boucs émissaires commodes.

J’entends d’abord, point par point, réfuter votre protectionnisme, un protectionnisme dont l’Histoire nous a appris tous les dangers. C’est un protectionnisme radical tout comme celui de Mélenchon et de Marine Le Pen.

Sans doute cette dernière comparaison vous irritera-t-elle, mais où est la différence lorsque celle-ci fait de la « mondialisation ultralibérale imposée par les Etats-Unis et la finance internationale » la cause de tous nos maux. Avec pour remède, la reprise du contrôle de l’économie et de nos frontières par le politique et la promesse d’un Etat fort pour mettre en œuvre « un protectionnisme social et territorial ».

En fait, votre tâche est d’autant plus facile que le refus de la mondialisation libérale et la condamnation des excès de la finance internationale sont devenues des figures de discours convenus, à gauche comme à droite. Vous ne faites le plus souvent, que surenchérir dans des propositions puisées chez d’autres.

Tous – ou presque- répètent leur volonté de protéger les français contre les soi-disant dumpings fiscaux, sociaux, environnementaux. Et la « préférence communautaire » – c’est-à-dire la version européenne de la préférence nationale – est une proposition de l’actuel président de la République. La TVA sociale qui prétend faire contribuer les produits étrangers au financement de notre protection sociale ou la taxe carbone sur les produits importés préparent les esprits.

Votre succès devrait d’ailleurs servir à ceux qui pensent pouvoir emprunter le discours protectionniste qui fraie le chemin aux extrêmes et qu’ils trouveront toujours un « mieux disant protectionniste ».

Aussi j’espère que les arguments que j’entends vous opposer serviront à combattre – bien au-delà de vous – la tentation protectionniste

1)  Vous souhaitez une France nouvelle mais votre réaction contre le libre échange n’a rien de bien nouveau. Elle est de toutes les époques. Déjà, d’autres que vous, au début du siècle dernier, dénonçaient la concurrence des travailleurs au rabais et les usines françaises établies en Pologne ou en Italie. Dit-on que la rapidité des moyens de communication modifie aujourd’hui la donne du libre-échange ? Hier, le textile parisien protestait parce que, avec le développement des chemins de fer, l’on assistait à « l’exode » des tissages et des filatures vers les Vosges pour « mettre les petits bergers des Vosges en concurrence avec les pauvres lingères brodeuses, mères de  famille de Lyon ou de Paris ».

Il est vrai que lorsque la machine à fabriquer les emplois est en panne et quand se prolongent les désordres financiers et monétaires, les arguments protectionnistes trouvent toujours un écho nouveau.

2) En fait protectionnisme repose sur une illusion d’optique. Ce que l’on voit, c’est une entreprise contrainte sous la pression de la concurrence de fermer ses portes ou de délocaliser. Mais le consommateur qui en achetant par exemple une paire de chaussures importée 110 € au lieu de 200, a gagné un pouvoir d’achat supplémentaire de 90 €. Ce que l’on ne voit pas derrière la perte du producteur national, c’est le profit de cet autre producteur qui bénéficiera de ces 90 €. Ce que l’on voit encore moins c’est que les 110€ touchés par le producteur étranger reviendront inéluctablement, directement ou indirectement, sous forme d’achat de bien ou de services dans notre  économie au profit d’un autre producteur. Ceci revient à dire que tout avantage obtenu par le producteur d’une activité protégée se fait nécessairement aux dépens du consommateur et de deux autres producteurs selon la règle « un profit, deux pertes » que les manuels d’économie enseignaient naguère.

C’est pourquoi globalement le libre-échange est toujours  gagnant-gagnant.

Certes, si le dynamisme entrepreunarial est insuffisant et l’économie peu compétitive, les nouveaux emplois de substitution ne verront pas le jour. Mais est-ce là la faute du libre échange ?

3) Le libre-échange est un jeu à somme positive, le gain de l’un n’est pas la perte de l’autre.

Le libre-échange est l’expression de droits fondamentaux : la liberté de produire, d’échanger, de choisir. La mondialisation n’est rien d’autre que cette extraordinaire opportunité offerte à tous les habitants de la planète d’échanger toute sorte de biens, de services, de capitaux, d’informations sans avoir à se préoccuper de l’existence des frontières.

Les pays pauvres ont tiré globalement profit des progrès du libre-échange. La pauvreté, la faim, la misère et l’oppression reculent. La démocratie avance, l’éducation progresse, la santé s’améliore, la liberté économique profite à tout le monde. La liberté permet la mobilité sociale, les droits de propriété protègent les plus pauvres. La démocratie libérale permet le développement ; les pays en développement ont besoin de liberté,  de libre-échange et moins de protectionnisme. Cela est si vrai que l’on se presse aux portes de l’OMC pour y rentrer et que personne je souhaite en sortir.

Vouloir réserver le libre-échange à des pays comparables, serait dire que les riches devraient échanger entre eux, les plus pauvres pourraient leur acheter, mais surtout pas leur vendre.

4) Le faux procès du dumping fiscal, social ou écologique

Les inégalités de conditions de concurrence ne constituent en rien du dumping.

Le mot dumping que tous utilisent volontiers n’est applicable qu’à des comportements potentiellement répréhensibles de vente à des prix inférieurs à ceux du marché national.

Si l’égalité des conditions de concurrence est nécessaire à l’organisation d’une course hippique, elle n’a pas de sens pour des activités économiques dans lesquelles la recherche de l’efficacité doit primer. Le climat, les aptitudes, la législation économique, les charges publiques, les salaires, l’abondance du capital, l’accès à des réserves de matières premières sont autant d’inégalités de conditions de concurrence qui, grâce à l’échange, vont créer de la valeur. D’ailleurs, il n’y a pas de différence entre la concurrence d’une main-d’œuvre étrangère bon marché et celle d’une machine qui économise le travail humain et fait baisser les prix.

Si l’on voulait égaliser les conditions de concurrence, encore faudrait-il dire lesquelles et jusqu’où ? Le temps de travail ? Les impôts ? Les salaires ? Et si oui, faut-il le faire par le haut, par le bas, par la moyenne ? Et que faire des conditions naturelles ? Faudrait-il harmoniser les jours de soleil pour préserver l’égalité des conditions de concurrence dans le tourisme ?

Dumping fiscal ? Assurément, beaucoup de pays ont des impôts inférieurs aux nôtres : un faible impôt sur les sociétés en Irlande, un impôt au taux unique d’environ 20% dans les pays Baltes, pas de plus-values en Belgique, pas d’ISF en Allemagne… Mais cela correspond à une dépense publique inférieure  (34% du PIB en Irlande avant la crise contre 53% en France). Qui doit se rapprocher de qui ? Baisser l’ISF, copier la flat tax… L’Irlande ne pourrait-elle pas reprocher à la France la concurrence déloyale de ses exonérations de charges ?

Dumping social ? Il faudrait soustraire nos producteurs nationaux à la concurrence d’exportateurs en provenance de pays aux droits syndicaux trop faibles et aux salaires trop bas. Il y a là beaucoup d’hypocrisie. Qu’on ne dise pas que l’on défend les droits fondamentaux quand on les réduit aux droits syndicaux. Quant aux salaires, s’ils sont bien entendu plus faibles dans les pays pauvres que dans les pays riches, c’est que la productivité globale y est aussi beaucoup plus faible. Augmenter le coût du travail dans ces pays reviendrait à supprimer leurs avantages comparatifs et à les condamner à la pauvreté ! Et si les désordres des changes engendrés par les manipulations monétaires des Etats empêchent souvent les ajustements de coûts, le libre échange n’est pas responsable.

Dumping écologique ? Les  contraintes environnementales que nous nous imposons sont loin d’être partagées par tous. En fait, la valeur de l’air, de l’eau ou d’un paysage, n’est pas la même dans un pays riche et dans un pays émergent confronté à la famine, aux épidémies et à la pauvreté. Et il n’est guère réaliste d’imaginer une taxe frappant les produits importés des pays qui ne pratiquent pas les mêmes limitations de rejets de CO2 que nous. Pourquoi pas une taxe frappant les exportations des pays riches en raison de leurs rejets passés dans l’atmosphère ?

Dans quel monde économique vivez-vous pour imaginer une agence publique chargée de fixer pour chaque produit le juste prix écologique ou social ? Voilà qui serait beaucoup plus for que  le contrôle des prix.

5) L’industrie ne disparait pas. Elle se transforme et s’internationnalise

Derrière le film catastrophe de la désindustrialisation que la France aime se projeter, la baisse de nos effectifs industriels a deux causes essentielles.

D’une part, l’externalisation des fonctions de service (gardiennage, nettoyage, cantine) autrefois comptabilisées dans les emplois industriels et passées aujourd’hui dans les services. La frontière entre industrie et services s’estompe. Au lieu de vendre un bien, on vend de plus en plus un service. Les industriels se font commerçants. Les commerçants se font industriels.

D’autre part, la hausse de la productivité dans l’industrie moins d’emplois et moins d’argent sont nécessaires par unité produite.

L’influence des délocalisations reste d’ailleurs marginale. Tous les rapports convergent pour montrer que les délocalisations sont globalement favorables à la croissance économique et à l’emploi.

Si l’Allemagne est devenue le premier exportateur de biens de haute technologie devant les Etats-Unis, à partir des mêmes facteurs de production que la France (même monnaie et même coût du travail).

La plupart des produits aujourd’hui sont le résultat d’assemblages extrêmement complexes à l’échelle de la planète et vouloir oppose des obstacles à cette prodigieuse division internationale du travail est puéril.

Apple en est un bon exemple. Prenez un iPhone, comptabilisé 179$ dans les statistiques américaines des importations en provenance de Chine. Une récente étude universitaire réalisée au Japon (Yuquig Xing et Neal Detert) a décomposé le processus de fabrication et la chaîne de valeur. Si la 3G, le Bluetooth et les composants audio sont « Made in USA », la mémoire flash et l’écran sont produits au Japon, le processeur et ses composants sont coréens, le GPS, la caméra et le Wifi viennent d’Allemagne. L’assemblage final en Chine ne représente que 6,5$ soit 1,3% du prix de vente aux Etats-Unis !

Ce que l’on voit, c’est un déficit commercial apparent de 1,9 Md pour les Etats-Unis avec l’iPhone, ce que l’on ne voit pas, c’est la captation de l’essentiel de la valeur créée par les américains et par Apple.

La mondialisation et la mutation de nos économies vers la société de la connaissance ne font que renforcer cette interdépendance des activités économiques et financières.

6) Le protectionnisme appauvrit les peuples

D’abord toute mesure de protection s’analyse comme un impôt de plus. Fermer nos marchés, c’est contraindre le consommateur français à acheter un produit européen à un prix supérieur à celui d’un produit extra-européen. La différence entre ces deux prix constitue un prélèvement obligatoire de plus que le consommateur devra verser non pas à l’Etat mais au producteur européen. Il s’agit même là – cela devrait vous préoccuper – d’un impôt sur les consommateurs les plus modestes, car cette préférence communautaire s’appliquerait et priorité sur les produits de grande consommation populaire.

Toutes les expériences protectionnistes montrent ensuite que protéger durablement un secteur, c’est détruire les signaux des prix qui permettent les adaptations permanentes. Avec pour résultat – le plus souvent – un décrochage par rapport au monde.

7) Ne faisons pas du libre-échange le bouc émissaire de nos désordres monétaires. En fait, les bas salaires sont le reflet d’une productivité globale beaucoup plus basse. Le fait que les salaires des pays pauvres soient plus faibles que ceux des pays riches ne constitue ni un fait nouveau ni une hérésie économique. Si les salaires chinois, vietnamiens ou indonésiens sont beaucoup plus faibles que les salaires européens, c’est parce que la productivité moyenne y est plus faible. C’est, en principe, la fonction du système des taux de change que de corriger ces inégalités de productivité.

Au fur et à mesure que les pays les moins productifs se développent, leur monnaie devrait dans un même temps se réévaluer et se rapprocher de ce qu’on appelle la parité de pouvoir d’achat. Sur ce point, je vous concède volontiers qu’il ne peut y avoir de fonctionnement normal du libre-échange que lorsque les Etats s’abstiennent de manipuler les monnaies.Or, aujourd’hui – ce n’était pas le cas dans les périodes les plus prospères du libre-échange – beaucoup de problèmes de compétitivité imputés au libre-échange sont clairement des problèmes d’ajustements monétaires.

Néanmoins, il est facile d’observer que sur les cinq dernières années, le coût du travail en chine, corrigé du taux de change, s’est apprécié d’environ 50%.

8) Promouvoir le protectionnisme, c’est se tromper de combat.

Il ne faut pas se tromper de combat et prétendre défendre nos emplois, face aux pays à main d’œuvre bon marché, en comprimant les salaires, en subventionnant les emplois peu qualifiés par d’artificielles baisses de charges tout en décourageant le capital et en sur fiscalisant les emplois qualifiés.

Ce n’est pas la baisse du coût du travail qui fait la compétitivité. Les baisses artificielles du coût du travail à coups de subventions publiques sont non seulement contre-productives mais aussi désespérantes socialement. Elles donnent le sentiment qu’avec la mondialisation, l’avenir est au « salarié low-cost » épuisable et jetable. Que l’entreprise idéale, c’est un patron avec des salaires américains et des employés avec des salaires tchèques.

L’avenir est à la France des bons salaires, pas à celle des bas salaires ! Il existe une saine augmentation du coût du travail au travers de la maîtrise des dépenses sociales et de meilleurs salaires rendus possibles par les gains de productivité et l’accroissement des investissements. Il est absurde, comme on le fait trop souvent, d’opposer le capital et le travail. C’est le capital investi qui fait les bons salaires de l’entreprise. Et c’est le niveau de capital productif qui fait le niveau général des salaires d’un pays. La déflation salariale allemande (imposée pendant dix ans à la suite de la surchauffe de la réunification) n’est pas un modèle. Le vrai secret de la compétitivité est ailleurs ; dans la qualité, la créativité, la qualification, l’innovation, l’investissement. Savez-vous qu’il y trois fois plus de robots dans les usines allemandes que chez nous (240 pour 10 000 employés, 85 en France) ?

Vos diatribes contre la finance appellent des réponses plus courtes.

Dire que l’on veut faire payer les banques car elles le méritent bien « flatte l’opinion ». La responsabilité  des banques dans la crise mériterait discussion. Une chose est sûre, c’est que l’activité bancaire est par nature hyper réglementée et que les failles de la réglementation relèvent pour la plus large part de la responsabilité des politiques de tous bords.

Certes les Etats dans la crise ont du soutenir les banques pour éviter la faillite du système de crédit mais l’on sait qu’en France le soutien apporté aux banques dans la dernière crise n’a rien coûté aux contribuables (et à même rapporté).

Quant à l’actuelle crise de notre système bancaire, ce n’est pas celle d’une quelconque spéculation mais bien la menace d’un défaut possible d’obligations souveraines présentées comme les plus sûres, d’une réglementation  qui a forcé leur détention par les institutions financières, et d’un dépassement dangereux des déficits autorisés par le traité de Maastricht, à commencer par la France.

Quant à « faire payer les banques », il faut comprendre que cela signifie « on va faire payer les clients des banques ». Depuis longtemps la sagesse fiscale nous a appris « que si l’on met un impôt sur les vaches, ce ne sont pas les vaches qui paient les impôts ».

Il en va de même d’une très éventuelle taxation des transactions financières qui, bien évidemment, serait répercutée sur le coût du capital et du crédit.

Je sais bien que vous n’êtes pas seul à la préconiser mais je vous conseille de relire les rapports des experts économiques auprès de Lionel Jospin ou des déclarations de Dominique Strauss-Kahn ou Laurent Fabius qui savaient si bien expliquer qu’une telle taxe serait « inefficace » et « irréaliste ».

Quant à prétendre mettre les banques sous tutelle sans indemnisation, c’est ignorer l’intégration mondiale des marchés financiers et la libre circulation des capitaux et les règles de droit européennes.

Imaginez que la France puisse faire « monde à part » ou « finance à part » est chimérique.

Tous les discours protectionnistes et dirigistes ne changeront rien – fort heureusement – aux évolutions du monde. Mais ils peuvent assurément faire perdre des chances à notre pays, aggraver nos problèmes d’emploi et de pouvoir d’achat.

Au total souhaiter que la France ou l’Europe fasse « monde à part » ou « finance à part » n’est pas une solution qu’il soit honnête intellectuellement de proposer à nos concitoyens, même si c’est peut-être ce qu’ils veulent entendre dans ces temps difficiles où il faut avoir le courage de dire et de rappeler que les causes des malheurs de la finance ne sont pas celles que vous pointez mais plus sérieusement des manquements des politiques publiques, des interventions intempestives de ces dernières dans l’économie (ainsi en est-il de la cause de la crise dite des subprimes) et pire encore des défauts des Etats à honorer leurs signatures sur les marchés faute d’avoir proposé des produits financiers sains, c’est-à-dire en reflet avec une valorisation réelle.

Etatiser les finances d’un pays ainsi que leurs institutions n’est pas le gage d’un comportement vertueux, souvenez-vous du Crédit Lyonnais !

Placer sa foi dans l’intervention publique en se défiant de l’initiative privée est une profonde erreur de raisonnement. C’est au nom des convictions qui sont les miennes que je crois nécessaire de vous le rappeler. Il n’ya pas une France vertueuse du service public et une France corrompue des entreprises privées. Ce clivage qui marque les idées qui sont semble-t-il votre succès divise encore une fois notre pays et ne le rassemble pas autour de ses talents créateurs qu’il faut encourager et non encadres, qu’il faut libérer et non contraindre.

Je sais que ce discours a peu de chance de retenir votre raison, tant il est vrai que le constat que je fais est toujours peu partagé par vos amis mais encore par ceux qui, à droite aussi, entendent promouvoir le retour de l’Etat.

Tant il est vrai que tenir un discours de responsabilité sur les causes de la crise et sur les solutions qui doivent être proposées, c’est marquer le pas sur une démagogie toujours plus facile.

Il n’empêche qu’il m’appartenait de vous répondre aussi complètement que possible même si j’ignore, à vrai dire, si ceux qui ont emporté le premier tour des primaires prendront ce même soin.

Croyez bien, Cher Arnaud, à l’expression de mes sentiments libéraux, démocrates et républicains.

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 15:05
Samedi 15 octobre 2011 6 15 /10 /Oct /2011 08:11
OF 08-10-11

Ouest France - 08/10/2011

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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 14:49
Ces Français qui renoncent à une mutuelle

LEMONDE.FR | 15.10.11 | 08h25

  
 
 

 

Depuis cinq ans, les tarifs des contrats de santé des complémentaires n'ont cessé de grimper, pour atteindre 50 euros en moyenne par mois et par assuré en 2011.

Depuis cinq ans, les tarifs des contrats de santé des complémentaires n'ont cessé de grimper, pour atteindre 50 euros en moyenne par mois et par assuré en 2011.AFP/FRANCOIS GUILLOT

 

"Je paie 1 440 euros de mutuelle par an, soit un dixième de mon revenu. Or, je n'ai jamais bénéficié de l'équivalent en remboursements, et de très loin. Car pour dépenser une telle somme en frais de santé, il faudrait qu'il m'arrive quelque chose de grave, qui serait en réalité intégralement remboursé par la Sécurité sociale. Je sais que c'est raisonner selon le principe de la roulette russe, mais je n'ai plus les moyens de voir les choses autrement."

A 62 ans, Dominique Vitalyos se dit, comme nombre de Français, étouffée par le poids croissant des dépenses de santé et en particulier par la hausse des cotisations des complémentaires. Si elle affirme adhérer aux valeurs mutualistes, elle a décidé de jeter l'éponge et de résilier la souscription à sa mutuelle. "J'ai fait ce que j'ai pu. Aujourd'hui, je ne peux plus, ni pour moi ni pour les autres", souffle-t-elle.

Depuis cinq ans, les tarifs des contrats de santé des complémentaires n'ont en effet cessé de grimper. Jeudi 13 octobre, c'est une augmentation de 4,7 % que la Mutualité française a annoncée pour 2012 afin de répercuter l'alourdissement de la taxation des contrats décidée par le gouvernement, dans le cadre de son plan de rigueur, afin de renflouer les caisses de la Sécurité sociale.

LES TAXES ONT AUGMENTÉ CINQ FOIS EN SEPT ANS

"Depuis quelques années, les taxes sont systématiquement répercutées sur les consommateurs", regrette Mathieu Escot, chargé de mission santé à l'association de consommateurs UFC-Que Choisir. Entre 2005 et 2011, les taxes sur les contrats de mutuelles ont été gonflées cinq fois par le gouvernement, soit 740 % d'augmentation et un montant moyen de 75 euros par an et par personne.

A cela, il faut ajouter l'augmentation des dépenses de santé, le vieillissement de la population et les désengagements de l'assurance maladie, répercutés de la même façon sur les tarifs des mutuelles. Au final, la note est salée pour les Français, avec une facture moyenne passée de 35 euros par mois et par assuré en 2005 à 50 euros cette année.

"En intégrant ces autres facteurs, nous tablons sur une hausse de 8 % du tarif des contrats de mutuelle l'an prochain, plutôt que les 4,7 % annoncés", estime Mathieu Escot.

"DÉMUTUALISATION"

Conséquence de cette inflation : la "démutualisation". Aujourd'hui, 4 millions de Français n'ont pas de couverture complémentaire. Pour certains, c'est un choix rationnel, découlant d'un calcul entre les sommes dépensées pour financer une mutuelle et les besoins de remboursement. "En additionnant les consultations de médecine générale et les frais dentaires, ophtalmologiques et pédiatriques, notre budget santé est bien inférieur à celui d'une complémentaire santé. Pour deux adultes et deux enfants, nous avons ainsi dépensé 230 euros en 2009, 920 euros en 2010 et 410 euros pour 2011, détaille Vincent Schreiber. Et en cas d'intervention grave à l'hôpital, nous serions remboursés intégralement par la Sécurité sociale."

Mais pour une grande majorité de personnes, l'absence de couverture mutuelle est une fatalité, faute de revenus suffisants pour la financer. "Nous vivons à trois avec 1 400 euros par mois, aides incluses, mais nous n'avons pas droit à la CMU, explique Guillaume Walch. Je limite donc mes visites chez le médecin, le dentiste ou l'ophtalmologue car je préfère consacrer l'argent économisé à ma famille. Aujourd'hui, la santé est devenue une variable d'ajustement budgétaire pour les bas revenus."

Le problème, ce sont ainsi les foyers trop pauvres pour cotiser à une mutuelle, mais pas suffisamment pour toucher la Couverture maladie universelle (CMU), qui rembourse intégralement les dépenses de santé et dont bénéficient 3,8 millions de personnes. "Chaque jour, je rencontre des patients qui abandonnent une mutuelle qu'ils ne peuvent plus financer, se désole Mady Denantes, médecin généraliste à Paris. On se retrouve alors face à des situations dangereuses pour la santé lorsqu'ils doivent reporter des bilans de santé, des radios ou des échographies faute de pouvoir payer leur part."

Les seniors sont les plus touchés par ce phénomène. Leurs cotisations sont en effet plus chères — puisque les tarifs dépendent de l'âge — avec 100 euros en moyenne par mois, soit 6 % de leurs revenus. Un poids dans le budget deux fois et demi plus élevé que pour la population générale. Selon les calculs de l'UFC-Que Choisir, même sans nouveaux transferts de remboursement de la Sécu vers les complémentaires, les taux d'effort de cette population pour se financer une complémentaire devrait s'élever à 8,9 % en 2020.

 MOINDRE COUVERTURE

De manière plus insidieuse, l'augmentation des tarifs des mutuelles se traduit aussi par le choix de se rabattre sur des contrats moins protecteurs. La moitié des assurés sont ainsi couverts par un contrat de mutuelle individuel, qu'ils choisissent de souscrire, à l'inverse des contrats d'entreprise. "Face aux augmentations répétées, beaucoup de Français descendent en gamme, et font l'impasse sur l'optique, les frais dentaires ou les dépassements d'honoraires, explique Mathieu Escot. C'est un vrai problème, qui va déboucher sur une population moins bien soignée."

Le système est par ailleurs injuste, selon les professionnels de santé. "Le gouvernement fait basculer les coûts de l'assurance maladie, système solidaire par essence, vers les complémentaires, dont les tarifs ne sont pas adaptés aux revenus de chacun, regrette le Collectif interassociatif sur la santé, qui représente les patients. Au final, c'est la santé qui en pâtit."

Audrey Garric
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15 octobre 2011 6 15 /10 /octobre /2011 14:24
samedi 15 octobre 2011

- La Baule Presqu'île

 

Cap Atlantique recense les projets de ses communes pour mieux discerner les projets prioritaires et établir un plan de financement. Jean-Louis Delhumeau nous éclaire sur ce « schéma d’accueil des entreprises », ses tenants et ses aboutissants. L’occasion d’apprendre que 56 M€ d’investissement doivent accompagner ce programme sur plusieurs années. Mais aussi de faire le point sur la commercialisation du village d’écoconstruction à Saint-Lyphard et sur bien d’autres projets de la presqu'île.

 

Je rêve de la même chose pour le Pays de Retz!!!! un peu d'industrialisation nous ferait grand bien, quand je suis à Corsept, et que je regarde en face, l'autre coté de la Loire, ça me fait mal aux tripes! pas vous?

 

alain Gouhier

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 10:06

ACTUALITÉ Politique

Par , Anne Rovan publié le 12/10/2011

Le ministre des Transports et fondateur du collectif de la Droite populaire, Thierry Mariani.
Le ministre des Transports et fondateur du collectif de la Droite populaire, Thierry Mariani. Crédits photo : PASCAL GUYOT/AFP
  • La droite accuse le PS de s'être «autorisé à redéfinir la citoyenneté» pour doper la participation à la primaire. 

À trois jours du second tour de la primaire socialiste, l'agacement ne faiblit pas à l'UMP. Mercredi, c'est le ministre des Transports et fondateur du collectif de la Droite populaire, Thierry Mariani, qui est monté au front. Avec un angle d'attaque inédit. Comment se fait-il, s'interroge Mariani, que le PS permette à des sympathisants de gauche de désigner le candidat socialiste de 2012 alors même que ceux-ci ne pourront pas voter l'an prochain ?

Mariani fait référence à deux catégories de votants auxquels le PS a ouvert les bureaux de vote de la primaire, sans en faire mystère : les jeunes de plus de 16 ans membre du PS ou du Mouvement des jeunes socialistes et les étrangers adhérents des partis organisateurs. «Ça veut donc dire qu'un mineur sans papiers peut participer à ces primaires !», s'émeut le ministre.

Alors qu'une partie de l'UMP tente depuis dimanche de relativiser la participation à la primaire socialiste et qu'une autre estime qu'il est temps de prendre acte du succès de cette primaire, Mariani souhaite éclairer la consultation d'un jour nouveau. Le mode d'organisation aurait permis de doper artificiellement la participation. Les mineurs de plus de 16 ans et les étrangers n'étant pas inscrits sur les listes électorales, Mariani émet ainsi de «sérieux doutes» sur les 2,6 millions de votants annoncés par le PS.

Mercredi, le maire de Nice, Christian Estrosi, assurait que des responsables socialistes avaient eux-mêmes reconnu des erreurs de comptabilisation dans les bureaux de vote des Alpes-Maritimes, gonflant de «7000» le nombre de votants.

 

«Électeurs sans carte»

Mariani, qui représente l'aile droite de l'UMP, estime plus largement qu'il y a là matière à prendre à témoin l'opinion publique. Sur la citoyenneté, d'abord. «En faisant voter des mineurs et des étrangers, le Parti socialiste est très loin de ce qu'il appelle les primaires citoyennes», critique ainsi le ministre, en brocardant un PS «qui s'est autorisé à redéfinir la citoyenneté». Sur le vote des étrangers ensuite. Un projet défendu ce mercredi soir par Martine Aubry et François Hollande lors de leur débat de la primaire. «Au second tour des primaires, il y a le choix entre la gauche molle et la gauche archaïque mais les deux se rejoignent sur un point : le vote des étrangers», accuse Mariani.

Ses critiques ont été relayées mercredi par le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, qui a rapproché les pratiques du PS «d'un certain nombre d'écrits qui sont fournis par l'association Terra Nova» et «qui prônent ouvertement le vote des étrangers et la naturalisation de davantage d'étrangers pour qu'il y ait plus de personnes qui votent pour le PS». De son côté, le ministre de la Recherche, Laurent Wauquiez, veut en savoir plus sur ces «électeurs sans carte». Il demande des «clarifications» au PS.

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