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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 13:21
Economie et social | Ajouté le 20.09.2011 à 11H26
Depuis un ou deux ans que la Grèce affronte officiellement la crise de l’Euro, nous savons comment fonctionne son économie ou plus exactement comment elle ne fonctionne pas…

Il n’y a pas de cadastre, donc pas de taxe d’habitation, ni d'impôts fonciers. Quand une maison pourrait être estimée à 2.000.000€, le propriétaire ne la déclare que pour 20000€… Il n’y a pas de paiement par carte bleue, ou très peu car l’économie est en « liquide » ce qui veut dire qu’elle est souterraine, pas d’impôt, pas de TVA, pas de taxe…

Comment veut-on que la Grèce accepte les décisions de l’Union européenne ? Il y a donc deux solutions : ou bien le gouvernement grec peut « seul » réformer et rendre efficace l’économie de ce pays (et il doit alors le faire vite et sans tergiverser), soit il ne le peut pas ce qui implique, si la Grèce veut rester dans l’Euro, d'être mise sous « tutelle » de l’Europe,  une équipe européenne prenant la place de l’équipe économique du gouvernement grec ! Tel est la seule alternative du gouvernement grec à ce jour.

Impossible pensez vous ? Alors que faire ? Combler à l’infini les pertes et les dettes ? Impossible économiquement, intolérable moralement, car nous, quand je dis nous, ce sont les autres pays de l’Europe, disparaîtront, entraînés par la faillite grecque et nous ne pouvons exiger des contribuables des autres pays de la « zone euro » de multiplier les sacrifice pour remplir le tonneau des Danaïdes.

Il y a un autre point qu’il faut détailler. Si l’Europe veut se faire entendre des « économistes » il faut qu’elle parle vite, agisse vite et de manière cohérente, sans cacophonie. Rien n’est plus mauvais que de voir des querelles s’étaler au grand jour, les décisions attendre. Cette fédération économique de l’Euro-zone est indispensable pour retrouver de la crédibilité.
Aujourd’hui, je ne vois pas ce qui pourrait enrayer la crise de confiance des économistes :
- la nationalisation des banques ? Impossible, inutile et sans effet.
- la séparation entre les banques de dépôts et les banques d’investissements ? Pourquoi pas, mais toutes les mesures n’entraîneront pas la diminution de la dette souveraine.

Nous, Français, avons réagi avec vitesse sans précipitation, mais les autres pays de la « zone Euro » sont trop lents, trop hésitants. Que veulent-ils ? La chute de l’euro ? Ce serait une crise bien plus importante qui verrait le jour. Les démocraties occidentales risqueraient de tomber, l’euro entraînant le dollar dans sa chute… Je n’ose y penser.

Cette crise déboucherait sur des tensions politiques, peut-être militaires d’une puissance inouïe !
Restons optimistes malgré tout !


Pr Bernard DEBRÉ

Ancien Ministre
Député de Paris
 
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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 08:53

Le
club Nouveau Siècle était présent au Campus de l’UMP à Marseille leBernard2.jpgs 3 et 4 septembre 2011. C’était bien loin le temps où Malraux disait du rassemblement du Mouvement gaulliste « C’est le métro à 18 heures ! ». Ici nous avons vécu un grand show à l’américaine, où la parole était encadrée et la jeunesse, en grande cohorte, subventionnée à gogo. La question sociale, à défaut d’être absente, ne fut traitée qu’avec parcimonie et retenue. Club Nouveau Siècle, nous étions quasiment les seuls présents au stand dédié au « Clubs et Think Tanks » par l’UMP.

En ce qui nous concerne – Nicolas Callegari, Jean-Philippe Casoni, Jacques Godfrain, Sylviane Leroy, Marie-Hélène et Théophile Gonzalès, Jean-Claude Pasty, Alain Terrenoire et moi-même - nous avons rencontré dans cette présence au stand des « Clubs et Think Tanks » un réel succès d’estime et d’adhésion aux grandes idées du gaullisme social. À défaut de pouvoir le faire devant le Conseil national, nous avons pu nous exprimer lors d’interviews par les médias. Nous leur avons déclaré : 

« En 2007 c’est sans ambigüité que nous avons soutenu avec conviction et détermination la candidature de Nicolas Sarkozy, la seule qui s’inscrivait dans une vision gaullienne, la seule capable de donner un nouvel élan à la France dans ce monde moderne. Depuis 4 ans nul ne doute que le travail de réforme accompli est important, avec notamment la courageuse réforme des retraites.

En revanche, sur le plan de la cohésion sociale, de ce qui fait que chaque citoyen doit se sentir considéré, de ce qui fait qu’à tout progrès économique doit correspondre un progrès social, on a eu des mots, des discours mais peu d’actes.

Il est en effet pour le moins paradoxal de fabriquer de nouveaux pauvres tout en refusant l’argent des riches. Quant à la question du chômage et de la valeur travail, il convient à notre sens d’engager une démarche de fond visant à redonner le goût au travail à des populations qui n’aspirent plus à travailler. A cet égard pourquoi alors négliger ce formidable outil qu’est la participation1.

Dans ce monde moderne devenu sauvage la faillite du système est une évidence. La vision socialiste n’est plus qu’une illusion engloutie par les ambitions de leurs porteurs qui l’ont mué en un système inopérant. La chute du mur de Berlin a consacré le triomphe du capitalisme mais ce dernier a vite trouvé ses limites, incapable qu’il est de la moindre régulation en dehors de discours d’intentions invariablement démenties par les faits.

Alors n’est-il pas temps de profiter du retour d’expérience de la situation de la France à la veille de la Révolution de 1789 ? N’est-ce pas le moment d’essayer avec courage et détermination, la troisième voie, celle de la participation prise - comme nous le répétons inlassablement - comme une nouvelle philosophie vécue au quotidien, qui permette de générer de nouveaux rapports entre l’homme et son entreprise, entre l’entreprise et ses salariés. Mais aussi entre le citoyen et ses élus et entre les élus et les citoyens.

Bien fidèlement à vous.

Bernard Reygrobellet, Président du club Nouveau Siècle

Par alliance-gaulliste-de-l-ouest.over-blog.com - Publié dans : politque
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20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 08:31

M. André Trillard attire l'attention de M. le ministre de la défense et des anciens combattants sur l'insuffisante prise en compte des maladies professionnelles pour les personnels militaires. Ainsi par exemple, les personnels militaires qui auraient été exposés à l'amiante, admise en cas de maladie imputable au service, ne peuvent bénéficier du dispositif de l'ACAATA (allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante), car la notion même de maladie professionnelle ne figure pas au code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre. Les dispositions dudit code, instauré pour remédier aux conséquences des blessures et maladies occasionnées par les guerres du siècle dernier, semblent aujourd'hui inadaptées à certaines situations. Parmi les solutions préconisées par plusieurs associations représentatives figurent en particulier l'introduction de la notion de maladie professionnelle qualitative des maladies « hors guerre » avec l'établissement d'un barème associé à un répertoire des maladies professionnelles, la suppression de « l'imputabilité par preuve » au profit d'un « recours au faisceau de présomptions », à charge pour l'administration d'apporter la preuve contraire, la modification du guide barème pour suppression du seuil de 30 % ouvrant droit à pension, la suppression du taux seuil de réversion (60 %), la suppression de la commission consultative médicale, ou bien la réduction du délai de traitement pour la première demande. Il lui demande donc quelle est sa position quant à la possibilité d'introduire ces mesures correctrices de façon à garantir une égalité de protection sociale entre civils et personnels militaires pour une même maladie entraînant les mêmes effets.

 

Réponse du Ministre de la défense et des anciens combattants

 

Le régime de la sécurité sociale relatif à l'indemnisation de l'invalidité, auquel sont affiliés les salariés du secteur privé, et celui du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre (CPMIVG), dont relèvent les militaires, sont deux régimes distincts, ayant chacun leur cohérence, qui ne sauraient, dans leur globalité, être déclarés plus favorable l'un que l'autre.

Concernant la prise en compte des maladies professionnelles des militaires, le CPMIVG dispose que le droit à pension peut être ouvert, soit au titre de la preuve, soit par présomption d'imputabilité au service. Si le régime de la preuve impose effectivement au militaire d'établir l'imputabilité de l'affection à un fait de service, l'administration effectue également, dans la pratique, toutes les enquêtes nécessaires, considérant qu'il est de son devoir de prévenir les éventuelles difficultés engendrées par les démarches de reconnaissance des pathologies découlant des activités de service.

À cet effet, l'attention des gestionnaires du personnel a toujours été appelée sur la nécessité d'établir, avec le plus grand soin et la plus grande objectivité possible, les circonstances de chaque accident ou maladie ayant causé l'infirmité donnant lieu à la demande de pension, mais aussi d'assister les militaires dans leurs démarches. Le CPMIVG prévoit également que le droit à pension peut être ouvert par présomption d'imputabilité de la pathologie au service.

Cette présomption est applicable à tous les militaires en temps de guerre ou en opérations extérieures, ainsi qu'aux appelés ayant servi en temps de paix pendant la durée de leur service national, à condition que la blessure ait été officiellement constatée entre le premier et le dernier jour de service, et la maladie entre le 90e jour de service et le 60e jour suivant le retour du militaire dans ses foyers. Dans ces circonstances, il appartient alors à l'administration de démontrer que l'infirmité subie est consécutive à une faute de l'intéressé et détachable du service.

Si une telle preuve ne peut être apportée, alors la présomption d'imputabilité est infirmée.

Au regard des dispositions qui précèdent, l'imputabilité au service des maladies d'apparition différée, telles que celles liées à l'exposition à l'amiante, ne peut donc être admise, pour les militaires, que par le régime de la preuve.

Si ce régime est parfois considéré comme étant moins adapté à la reconnaissance des pathologies à caractère professionnel que celui de la sécurité sociale, il doit être rappelé que la démarche d'imputabilité par preuve peut être entamée par tout moyen et à tout moment. Par ailleurs, la jurisprudence du Conseil d'État admet que la preuve puisse résulter d'un « faisceau de présomptions », au cas par cas, en tenant compte de tous les éléments d'appréciation du dossier, scientifiques et juridiques, et en tenant compte des règles utilisées par les autres régimes comme éléments de comparaison.

Le raisonnement médical de l'imputabilité repose alors sur l'analyse du poste de travail du militaire, sur les risques effectivement rencontrés et sur l'existence d'une pathologie pour laquelle les connaissances scientifiques actuelles admettent un lien avec les risques auxquels le militaire a été exposé.

À cet égard, sans avoir de valeur impérative, les listes de maladies professionnelles du code de la sécurité sociale constituent une source d'informations importantes.

Par ailleurs, le dispositif de suivi post-professionnel pour les militaires exposés à des produits cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction, mis en place prochainement, est destiné à non seulement renforcer la prévention des maladies découlant de l'activité professionnelle, mais aussi à faciliter, s'il en était besoin, la démonstration future de l'imputabilité d'éventuelles infirmités.

De plus, l'imputabilité au service examinée par un médecin agréé indépendant de l'administration, ainsi que la possibilité de contester le constat provisoire par lequel est notifié le résultat de l'instruction administrative et médico-légale de la demande de pension d'invalidité devant la commission de réforme, donnent des garanties d'examen impartial et complet des requêtes.

Les dispositions du CPMIVG et leur mise en œuvre se révèlent donc équilibrées et permettent d'examiner les demandes d'indemnisation pour des pathologies d'apparition différée, en tenant compte de tous les éléments d'appréciation figurant au dossier des requérants.

Dans le cadre du dispositif de prise en compte des maladies professionnelles prévu par le régime de la sécurité sociale, il est rappelé que la survenue d'une pathologie ne permet pas d'ouvrir, à elle seule, le droit à indemnisation. Si, est présumée d'origine professionnelle toute maladie désignée dans l'un des tableaux des maladies professionnelles annexés au code de la sécurité sociale, cette présomption d'imputabilité est toutefois soumise à des conditions strictes et déterminantes : de délais, dits « délais de prise en charge », dans lesquels la maladie doit survenir pour être qualifiée de « professionnelle » ; d'activités professionnelles : le salarié doit avoir exercé une des activités professionnelles visées très précisément par le tableau et considérées comme susceptibles de provoquer la maladie ; d'exposition à des substances expressément énumérées, et pendant une durée minimale déterminée.

Si ces conditions ne sont pas remplies, il appartient alors au salarié du secteur privé de démontrer l'imputabilité directe de sa pathologie à l'activité qu'il a exercée. Les procédures pour y parvenir sont longues et contraignantes, étant précisé que la notion « d'éventualité de l'exposition » n'est aucunement prise en compte par le régime général.

Le CPMIVG, pour sa part, n'impose aucune de ces exigences : il ne fixe pas de restriction quant au délai de survenance de la pathologie, à l'environnement professionnel du militaire au moment des faits, ou à ses conditions d'exposition au risque ; il ne détermine aucun périmètre aux pathologies qu'il est en mesure d'indemniser. Ce point constitue par ailleurs l'un des principes fondamentaux du régime de l'imputabilité par preuve.

Le CPMIVG n'est donc pas moins protecteur que le code de la sécurité sociale. Concernant l'allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante (ACAATA), destinée à permettre à certains salariés du secteur privé, exposés à l'amiante lors de travaux limitativement énumérés, de cesser leur activité avant l'âge légal de départ en retraite, son dispositif prévoit que l'âge auquel il est possible d'en bénéficier est soixante ans diminué du tiers des années durant lesquelles le demandeur a été exposé à l'amiante.

Ainsi, un départ à cinquante ans, âge minimal, nécessite de réunir trente ans d'exposition. Dans ces conditions, une transposition de ces mêmes dispositions aux militaires ne peut être envisagée dans la mesure où le statut des militaires leur fait d'ores et déjà bénéficier d'un dispositif plus favorable permettant un départ anticipé avec une liquidation immédiate de leur pension de retraite avant l'âge de cinquante ans.

Par ailleurs, les dispositions du CPMIVG permettent d'indemniser, selon un régime propre au statut militaire, des pathologies notamment imputables à l'exposition à l'amiante. Le bénéfice du dispositif de l'ACAATA ne paraît donc pas s'imposer. S'agissant des anciens militaires, ils perçoivent une pension militaire de retraite dont le calcul intègre les années d'exposition à l'amiante.

Or, selon une jurisprudence constante du Conseil d'État (CE, 6 juin 1980, M. Garnier), une même période d'activité ne peut être prise en considération pour l'attribution de deux prestations liées à la durée des services.

Par conséquent, il n'est pas possible, en droit, de prendre en compte les années de services militaires pour le calcul des années d'exposition à l'amiante ouvrant droit au dispositif de l'ACAATA.

Dès lors, les différences constatées entre les dispositions relevant du régime général et celles du CPMIVG tiennent au fait que les militaires et les salariés du privé ne sont pas placés dans la même situation vis-à-vis du droit à l'ACAATA, ni au regard de leurs fonctions respectives.

Dans leur globalité, aucun de ces régimes ne peut être considéré comme plus favorable l'un par rapport à l'autre. En revanche, une réflexion est menée concernant la situation des anciens militaires reconvertis dans le secteur privé, sans droit à pension, et plus largement, celle de l'ensemble des fonctionnaires devenus salariés du privé. En effet, certains d'entre eux ont effectué, durant leur carrière au sein de l'une des fonctions publiques, des travaux identiques à ceux ouvrant droit au dispositif de l'ACAATA. Or, ces personnes ne peuvent aujourd'hui bénéficier de ce droit, ou voient leur départ en retraite différé, du fait de l'absence de prise en compte de ces années d'exposition. Il est envisageable que le droit à l'ACAATA puisse être apprécié en prenant en considération l'ensemble des activités de même nature accomplies durant toute une carrière, quels que soient les différents régimes successifs d'affiliation de l'intéressé.

 Pour entreprendre cette réforme, appelée de ses vœux par la mission d'information de l'Assemblée nationale sur la prise en charge des victimes de l'amiante, il conviendrait au préalable de modifier l'article 41 de la loi n° 98-1194 portant financement de la sécurité sociale pour l'année 1999 et instituant l'ACAATA.

Dans la mesure où, par équité, le principe d'équivalence entre les différentes périodes de travail d'exposition à l'amiante devra concerner tous les actifs et pas uniquement les militaires radiés des cadres ou des contrôles sans droit à pension militaire de retraite ou à pension d'invalidité, une évolution de la législation en vigueur ne peut être envisagée par le ministère de la défense et des anciens combattants, que dans le cadre de travaux menés à l'initiative du ministère chargé du travail.

 
 
Par André TRILLARD - Publié dans : Au Sénat
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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 15:53

 Divers | Ajouté le 16.09.2011 à 11H08

Sur le fond, cette tranche politicienne a été d’un ennui extraordinaire. Trop long, trop incantatoire. Les mots lancés, les intentions affichées étaient d’une banalité incroyable.

Croissance ? Bien entendu ! mais comment ?
Emploi ? Bien évidemment ! mais comment ?
La réforme fiscale ? mais quelle réforme fiscale ?

Je suis sorti épuisé de cette écoute, en mélangeant les propositions qui n’en étaient pas. Surtout ne pas recommencer l’exercice.

Quant aux candidats... Jean Michel Baylet a été sans hésitation le plus mauvais (qu’il me pardonne). Incompréhensible et approximatif, il n’avait pas l’air de connaître ses sujets quand il parle d’économie. Il est dangereux quand il évoque le cannabis. Il reste inaudible sur les questions de société.

Arnaud Montebourg n’a pas été bon non plus. « La démondialisation »... Que veut-il dire ? Les barrières douanières aux frontières de la France ou de l’Europe ? Voudrait-il revenir au XIX siècle ? Son incantation vis-à-vis de la finance était attendue mais tellement confuse !

Je dirais que Manuel Valls a été le plus à l’aise. Il voulait faire du socialisme avec des idées libérales ! Ses attaques contre Nicolas Sarkozy étaient déplacées, surtout qu’il l’a remercié de sa politique étrangère. Néanmoins, humainement, c’était le plus sympathique.

Du côté des femmes, Ségolène Royal, fidèle à elle même, mais agaçante avec ses répétitions permanentes, reste étonnante et même comique avec les tracts qu’elle brandissait à tout bout de champs. On aura compris qu’elle va distribuer ses papiers, n'en déplaise aux Verts...

Que dire de Martine Aubry ? Disons tendue, mais dangereuse. Elle va provoquer des dépenses, « lever l’impôt », mais n’a pas pu convaincre. Oh, elle n’a pas déçu, car elle était aussi transparente que d’habitude.

Last but least (!), François Hollande. Je l'ai trouvé décevant.Il était considéré comme le premier de la classe, le plus attendu des socialistes mais s’est montré d’une agressivité déplacée dès le début, à la limite du mépris tant vis-à-vis de David Pujadas que de Martine Aubry.

Finalement, cette première émission a eu un grand mérite : elle a montré que ni les uns ni les autres ne sont capables de gouverner la France.
- Quel programme économique ? Taxes, impôts, déficits, chasse aux riches aux classes moyennes.
- Quelle solution pour combler le déficit de la sécurité sociale ? Tiens, personne n’en a parlé.
- L’immigration ? Seul Manuel Valls a osé aborder ce thème.
- La sécurité ? A peine abordée, sauf par Manuel Valls, encore une fois.
- Quelle politique étrangère ? Personne n’a abordé le début du commencement d’une position. Même l’Europe a été oubliée sauf par Jean-Michel Baylet qui veut faire disparaître la France dans une entité supranationale. Vaste programme...

Je pourrais ainsi décliner mes déceptions et pourtant comme beaucoup j’aurais tant aimé comprendre autre chose que ce que j’ai compris. Ils n’ont vraiment pas la surface pour diriger la France.



Pr Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris
 
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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 15:39
Union pour un mouvement populaire

L'édito de Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, du vendredi 16 septembre 2011

 

Hier, en voyant les images de Nicolas Sarkozy acclamé par la foule à Benghazi en Libye, j’ai été ému, j’ai senti vibrer en moi la fierté d’être Français. Fier de voir l’accueil exceptionnel que le peuple libyen a accordé à notre Président. Fier de voir l’hommage rendu à notre pays, à notre action. Fier enfin que nous soyons parvenus à faire triompher nos valeurs de liberté et de respect des peuples dans un pays qui a subi plus de 40 années de dictature.

A l’aube d’une transition démocratique qui revient désormais aux Libyens, je salue encore la détermination exceptionnelle de Nicolas Sarkozy qui, le premier, a su mobiliser la communauté internationale en faveur de la Libye. Je rends aussi hommage à notre armée qui a montré une fois de plus son dévouement, sa compétence et son abnégation dans la défense de nos valeurs et de nos intérêts dans le monde. Elle est l’honneur de la France.

Quel contraste avec le triste spectacle auquel nous avons assisté lors du premier débat télévisé entre les candidats à la primaire socialiste ! Ce débat d’hier, je l’ai pourtant pris très au sérieux. Parce c’est en partie sur la base de ces débats que sera désigné le candidat du Parti Socialiste à l’élection présidentielle de 2012. Ce que j’ai entendu ne m’a pas rassuré. Loin de là. Parce que ce débat révèle une nouvelle fois le décalage abyssal qui existe entre les prétendants socialistes en compétition dans la primaire et le monde dans lequel nous vivons, marqué par une succession de crises graves.

Dans ce contexte, les candidats PS, après avoir beaucoup parlé d’eux-mêmes, ont préféré s’adresser aux Verts plutôt qu’aux Français. C’est le signe d’une désinvolture inouïe ! La sortie du nucléaire et la dépénalisation du cannabis ont monopolisé un temps fou, François Hollande et Martine Aubry se livrant à une incroyable course au laxisme pour déterminer lequel d’entre eux donnerait le plus de gages à Cécile Duflot. Comme si l’heure était à la sortie du nucléaire –gage de notre indépendance énergétique et d’une électricité peu chère pour les Français- et à la dépénalisation du cannabis –au mépris de toute préoccupation de santé publique et quitte à donner un blanc-seing aux mafias de la drogue ! Et que dire de l’absence totale de crédibilité des candidats PS face à la question de la dette, pourtant centrale en cette période de crise ? Chacun y est allé de sa nouvelle dépense publique irréaliste et non financée- les 300 000 emplois jeunes pour Martine Aubry, les 70 000 postes dans l’Education et le contrat d’avenir pour François Hollande- ou de sa chimère passéiste -la démondialisation pour Arnaud Montebourg, la mise sous tutelle des banques pour Ségolène Royal. En revanche, aucun candidat n’a eu le courage de prendre des engagements de réforme pour l’avenir. Cette démagogie est choquante : on ne peut pas tout se permettre pour gagner une primaire

L’heure n’est plus au cynisme, j’appelle les socialistes au principe de vérité : ils ont le devoir de sortir du flou artistique qui règne sur leur programme, pour que les Français n’aient aucun doute sur ce qu’ils leurs proposent. J’appelle les socialistes au principe de responsabilité : plus que jamais, en période de crise, l’intérêt général doit primer sur les calculs politiciens. J’appelle les socialistes au principe de réalité : ils ne peuvent continuer à penser au 21ème siècle comme si rien n’avait changé depuis 1981.


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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 15:29

L'Express, qualifié de "tabloïd" par Dominique Strauss-Kahn dimanche sur TF1, "ne s'est jamais écarté des faits" dans le traitement de l'affaire impliquant l'ancien patron du FMI, a assuré auprès de l'AFP, Christophe Barbier, directeur de la rédaction du magazine.

 
Photographe : Loic Venance :: Christophe Barbier, directeur de la rédaction du magazine L'Express, le 8 mars 2011, à Paris. photo : Loic Venance, AFP

Pour son grand retour médiatique, DSK a évoqué "ce tabloïd qu'est devenu L'Express", l'accusant d'"acharnement" pour avoir présenté "comme un rapport médical ce qui n'était que la fiche d'entrée à l'hôpital de Nafissatou Diallo".

"Un tabloïd? C'est évidemment faux", a répondu Christophe Barbier, interrogé par l'AFP, invitant l'ancien ministre de l'Economie à se pencher sur la couverture des tabloïds américains qui, au début de l'affaire à New York, avaient usé de Unes extrêmement tapageuses comme "Le Perv" ("le pervers").

"L'Express a toujours fait un travail d'investigation. Il ne s'est jamais écarté des faits", a-t-il précisé, expliquant que l'hebdomadaire avait reproduit le contenu "d'un vrai rapport médical" tout en accusant DSK "de travestir la réalité".

"Il nous accuse d'acharnement", a-t-il insisté. "Je ne vois pas en quoi, nous n'avons pas fait plus de Unes que les autres. Ou alors est-ce parce que nous avions fait une Une lors de l'affaire Piroska Nagy en 2008. On avait alors expliqué avant les autres qu'il avait un problème avec les femmes, chose qu'il a reconnue ce soir".

"Dès jeudi soir, j'avais été alerté sur cette attaque", a également dit Christophe Barbier, soulignant qu'il avait assisté dimanche soir sur TF1 "à une très belle opération de communication, très préparée".

 
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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 08:17

M. André Trillard attire l'attention de M. le ministre du travail, de l'emploi et de la santé sur le plafond des ressources pour bénéficier de la pension de réversion.

Pour être éligible à une pension de réversion, il faut disposer de ressources annuelles ne dépassant pas, pour une personne seule, 2 080 fois le montant horaire du Smic (soit 18 720 € annuels au 1er janvier 2011).

Si le taux de la réversion a été porté de 54 à 60 % dans le régime général grâce à une majoration de pension pour l'ensemble des conjoints survivants âgés de plus de soixante-cinq ans et dont la retraite totale n'excède pas 800 euros, le niveau de ce plafond a pour effet de priver de ce mécanisme de solidarité des personnes veuves dont les revenus ne sont pas pourtant pas considérables et dont, il faut le rappeler, le conjoint décédé a cotisé durant toute sa carrière. La FAVEC (Fédération des associations de conjoints survivants) demande donc la suppression du plafond de ressources pour l'attribution de la pension de réversion.

Il lui demande de bien vouloir lui faire part de sa position au vu des arguments exposés ci-dessus.

 

Réponse du Ministre du travail, de l'emploi et de la santé

 

Le ministre du travail, de l'emploi et de la santé a pris connaissance avec intérêt de la question relative au plafond des ressources conditionnant l'attribution de la pension de réversion.

La condition de ressources prévue pour le bénéfice de la pension de réversion servie par le régime général est relativement souple, dans la mesure où certains revenus ne sont pas pris en compte pour apprécier si elle est ou non satisfaite : il s'agit notamment des pensions de réversion servies par les régimes de retraite complémentaire obligatoires des salariés et travailleurs indépendants et des revenus tirés des biens mobiliers ou immobiliers acquis par suite du décès du conjoint.

Ces revenus peuvent se cumuler en totalité avec la pension de réversion, même si cela entraîne un dépassement du plafond annuel de ressources de 18 720 € pour une personne seule et de 29 952 € pour un couple.

Les revenus d'activité éventuellement perçus par le conjoint survivant âgé d'au moins 55 ans sont, pour leur part, retenus après un abattement de 30 %. Pour ces raisons, il n'est donc pas envisagé de modifier le plafond de ressources de la pension de réversion du régime général.

 

Par André TRILLARD - Publié dans : Au Sénat
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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 15:44

L’éducation et la sécurité aux oubliettes. L’indépendance énergétique de la France détruite…

Aucun des prétendants du PS n’a pris la mesure des enjeux

Création de 60.000 postes dans l'Education nationale, dépénalisation du cannabis, retour de la retraite à 60 ans, 300 000 emplois jeunes, privatisation des banques, fin des stages pour les jeunes…

Jeudi soir, les prétendants à la Primaire du PS ont inventé un nouveau jeu télé : « Qui veut dépenser des millions ».

Toujours plus de fonctionnaires, toujours plus d’impôts, toujours plus de fausses promesses, toujours plus de droits sans la contrepartie des devoirs, toujours plus de dépenses autour d’un projet du siècle dernier qui n’avait que pour fil directeur l’anti-sarkozysme.

6 monologues égocentriques pour 6 candidats mais aucune proposition sérieuse sur le marché de l'emploi, sur la compétitivité de notre pays, sur l'éducation, sur le collège unique, sur la sécurité, sur les collectivités, sur la sécurité sociale... Aucune vision, aucune perspective, aucune proposition courageuse : la gauche française a démontré une fois de plus son manque collectif de crédibilité et de responsabilité.

Entre les images de Nicolas Sarkozy face au peuple libyen acclamant la France et le débat navrant des prétendants socialistes, entre le chef de l’Etat et l’état du PS, le fossé est immense. La rose est bien fanée : pas de stature internationale, pas d’incarnation de l’autorité, pas de cohérence pour l’avenir, pas de projet crédible, pas d’espérance pour les Français, pas de cap pour la France.

Ce triste spectacle démontre une fois de plus que le Parti socialiste est déconnecté des réalités de notre monde, promettant une explosion de la dépense et de la dette publique à force de surenchères électoralistes. Tout cela conduit immanquablement à des hausses d’impôts.

« Abasourdi » par l’absence totale de propositions crédibles en matière de financement de leurs programmes, Jean-François Copé s’ « étonne » que lors de ce débat pas un seul des candidats n’ait évoqué les thèmes majeurs que sont la sécurité et l’éducation « alors que les socialistes prétendent depuis des années connaître les questions éducatives ». Un « manque de courage » flagrant pour Jean-François Copé.

« Pas un mot sur le collège unique dont chacun sait qu’il est intenable en l’état. Pas un mot sur la manière d’évaluer les enfants qui rentrent en collège sur les savoirs fondamentaux. Pas un mot sur l’apprentissage et de sa revalorisation dans le système éducatif français. Pas un mot sur la qualification des jeunes qui rentrent sur le marché du travail… », détaille Jean-François Copé très inquiet également de la programmation, par les socialistes, de l’anéantissement de l’indépendance énergétique de la France, cela « dans la seule volonté de plaire » à leurs alliés Verts.

« Je suis d’autant plus inquiet, poursuit Jean-François Copé, que leur objectif est de mettre à terre l’une des plus grandes filières d’excellence de la France reconnue dans le monde entier ainsi que tous ses ingénieurs, chercheurs, salariés et toutes celles et tous ceux qui ont porté depuis des décennies par le fruit de leur travail l’indépendance énergétique de notre pays ».

Pour Jean-François Copé « c’est une folie … que de priver la France d’un élément clé de son indépendance énergétique. Folie de faire croire aux Français que le photovoltaïque et l’éolien vont pouvoir remplacer ce que produit l’énergie nucléaire ».

La conséquence sera immédiate : explosion du coût de l’énergie et renoncement de fait au développement de cette énergie comme un élément de l’indépendance énergétique de la France à un moment où la question de l’énergie va être centrale.

Autant de propositions qui montrent combien les socialistes sont beaucoup plus préoccupés par leurs potentiels accords électoraux et fausses promesses que par la destinée de la France et des Français.

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 15:07

Julien BAINVEL et les élus du groupe Ensemble pour Nantes dénoncent l’utilisation par le PS des écoles nantaises, mises à disposition gratuitement, pour l’organisation de ses primaires.

 

En effet, dans la liste des bureaux de vote présentée par le PS, figurent sur Nantes, pas moins de 10 écoles*.

Pour les élus du groupe Ensemble pour Nantes, les bureaux de vote pour la primaire ne devraient pas être des écoles, lieux habituels de vote, pour éviter toute confusion avec les élections officielles.

 

Pourtant les élus du Groupe Ensemble pour Nantes avaient demandé que seules des salles municipales soient mises à disposition.

 

Julien BAINVEL note d’ailleurs que toutes les villes du département ont mis à disposition des locaux municipaux (salles des fêtes, bibliothèques, maison des jeunes, centre médico-social…).

Seules les 3 plus grandes villes du département, Nantes, Saint-Nazaire et Saint-Herblain, réquisitionnent des écoles alors même que ces communes disposent d’un très grand nombre de salles municipales.

 

Rappelons qu’en plus de créer de la confusion dans l’esprit des électeurs, la mise à disposition d’écoles entraine des coûts supplémentaires liés à la désinfection des classes à effectuer après les opérations de vote. Coût qui sera bien sur supporté par le contribuable.

 

Julien BAINVEL regrette l’attitude du Maire dans la gestion de ce dossier et dénonce des choix qui ne vont pas dans l’intérêt des Nantais, mais uniquement dans l’intérêt du parti. Ainsi Monsieur Ayrault fait passer ses rêves de portefeuille ministériel avant les principes fondateurs de notre République

 

* Écoles maternelles Lucie Aubrac, Contrie, Baut, Chauvinière, Gaston Serpette, Molière, Gustave Roch, André Lermitte, Plessis Cellier et groupe scolaire Jean Zay.

 

Par Julien BAINVEL - Publié dans : Ouvrez la à Nantes !
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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 14:52
Contre les prières de rue, une nouvelle mosquée déjà comble

LEMONDE.FR | 16.09.11 | 20h54

  
 
 

 

La première prière du vendredi, le 16 septembre, dans le nouveau lieu de culte du XVIIIe arrondissement de Paris, boulevard Ney.

La première prière du vendredi, le 16 septembre, dans le nouveau lieu de culte du XVIIIe arrondissement de Paris, boulevard Ney.Angela Bolis

 

Les prières de rue, c'est terminé, a assuré le ministre de l'intérieur Claude Guéant. Décision soudaine, qui est venue rompre une vieille habitude du quartier de la Goutte d'Or, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Le phénomène, en effet, concernait près de 3 000 fidèles musulmans, et ce depuis une vingtaine d'années.

A partir de ce vendredi 16 septembre, les fidèles de la mosquée de la rue Myhra et de la rue Polonceau ne seront plus contraints de prier sur le bitume, faute de place dans leurs lieux de culte. Les associations musulmanes ont trouvé un accord avec la préfecture pour délocaliser la grande prière du vendredi dans une ancienne caserne désaffectée. Elle est située à trois stations de métro de là, porte de Clignancourt, plus exactement boulevard Ney. Une solution transitoire, en attendant l'ouverture d'un Institut des cultures d'islam dans le quartier, prévue en 2013.

Pour l'heure, l'information n'est manifestement pas arrivée aux oreilles de tout le monde rue Myrha. Une heure avant la grande prière de 14 heures, les premiers fidèles arrivent, butant sur la porte de la mosquée fermée. Placardé dessus, un écriteau indique le chemin.

Devant l'échoppe jouxtant l'édifice, Samir s'interroge : "Je ne comprends pas pourquoi ils l'ont fermé. La caserne devrait être un complément pour ceux qui n'ont pas de place. Ils vont avoir le même problème là-bas..." La suite lui donnera raison.

 

Devant la mosquée fermée de la rue Myhra, le vendredi 16 septembre 2011, une affichette indique comment se rendre au nouveau lieu de culte.

Devant la mosquée fermée de la rue Myhra, le vendredi 16 septembre 2011, une affichette indique comment se rendre au nouveau lieu de culte.Angela Bolis

 

A deux pas de là, rue Polonceau, les fidèles ne semblent pas plus au courant du changement de programme. L'imam, Moussa Niambélé, reste jusqu'au dernier moment devant sa mosquée, indiquant le chemin de la caserne à ceux qui, venus prier, voient avec surprise leurs habitudes chamboulées.

Du coup, les commentaires vont bon train. "Pourquoi faire tant d'histoires pour ces prières, alors que je vois régulièrement des femmes se faire agresser dans ce quartier. Et ça, personne ne s'en préoccupe." "Ils ont interdit la prière ici ? Décidément, en France, on ose à peine dire qu'on est musulman", répond un autre homme. Certains fidèles viennent de banlieue pour écouter le prêche rue Myrha et rue Polonceau. Parce qu'ils aiment particulièrement ces imams, qu'ils travaillent dans le quartier, ou simplement qu'ils y passent faire des courses.

Moussa Niambélé, lui, file prestement par la rue des Poissonniers : "C'est l'heure !"

 

L'imam de la mosquée Al Fath, rue Polonceau, oriente les fidèles vers le nouveau lieu de culte, vendredi 16 septembre 2011.

L'imam de la mosquée Al Fath, rue Polonceau, oriente les fidèles vers le nouveau lieu de culte, vendredi 16 septembre 2011.Angela Bolis

 

Depuis le métro ou des deux mosquées parisiennes, une file de fidèles afflue vers la caserne. Le bâtiment peut contenir, dans deux grandes salles, 2 500 personnes. Il n'est pas encore tout à fait aménagé, ouvert quelque peu dans la précipitation pour mettre un terme aux prières de rue. Des travaux sont prévus pour la sécurité et l'aménagement des lieux de cultes.

 

Arrivée à la nouvelle mosquée, aménagée dans une ancienne caserne, boulevard Ney.

Arrivée à la nouvelle mosquée, aménagée dans une ancienne caserne, boulevard Ney.Angela Bolis

 

Le recteur de la mosquée de la rue Myrha, cheik Mohammed Salah Hamza, entame son discours. "Le terrain appartient à l'Etat. Mon souhait, c'est qu'ils nous le vendent et qu'on y construise une belle mosquée, inch'Allah", dit-il, laissant entrevoir le souci, pour les musulmans du quartier, de pérenniser ce vaste lieu de culte parisien.

Puis vient l'imam. Son prêche portera sur le stress et les risques de dépression, causés par "la course acharnée, dans ce bas-monde, vers plus de profit, plus de consommation, suivre la mode..." Pendant ce temps, la salle se remplit, bientôt comble. Les derniers tapis sont posés sur le moindre espace restant.

 

Prêche de l'imam dans l'ancienne caserne aménagée.

Prêche de l'imam dans l'ancienne caserne aménagée.Angela Bolis

 

Force est de constater que ce nouveau lieu de culte est, lui aussi, trop étroit pour accueillir tous les fidèles. De grands tapis sont déroulés en hâte à l'extérieur de la caserne. Pour ce premier jour, l'organisation n'est pas encore bien rôdée : faute de hauts-parleurs, les fidèles entendent davantage les crépitements des flashs des photographes que le prêche de l'imam.

"Finalement, on prie quand même dehors. A la différence qu'ici, personne ne nous voit", ironise Abdel-Aziz. Mais pour le jeune homme, faisant écho à un discours largement partagé chez les musulmans présents, tout vaut mieux que de prier dans la rue, en bloquant la circulation, au milieu des passants, entre les pneus de voiture... "Les trois quart des gens présents ici sont pour ce nouveau lieu de culte, explique-t-il. On ne recherche pas le confort, on peut prier lorsqu'il fait -20 °C s'il le faut ! Mais on demande juste un lieu approprié."

 

Des fidèles ont dû s'installer à l'extérieur du bâtiment, celui-ci n'étant pas assez grand.

Des fidèles ont dû s'installer à l'extérieur du bâtiment, celui-ci n'étant pas assez grand.Angela Bolis

 

Certains, en tout cas, ne sont pas du même avis. Une dizaine de jeunes débarqueny soudain, précédés par leurs cris "Allah Aqbar" ("Dieu est grand"). Et décidés à en découdre. Ils se réclament du groupuscule radical "Forsane Alliza", qui a déjà appelé à la "résistance" sur son site Internet face à l'interdiction des prières de rues. Retenus par la sécurité, entourés par les caméras des journalistes, les membres du petit groupe sont à deux doigts d'en venir aux mains.

Autour, les fidèles musulmans se disent choqués et prennent soin de se dissocier des agitateurs. Zakaria, habitant du quartier depuis cinquante-cinq ans, n'a jamais vu ces jeunes. Que disent-ils ? "N'importe quoi. Ils ne priaient pas dans la mosquée de la rue Myrha, mais ils demandent qu'on reste là-bas. C'est une honte. On vient pour la prière sacrée du vendredi, pas pour se battre."

 

Devant l'ancienne caserne, un groupe de jeunes proteste contre le changement de lieu de la prière.

Devant l'ancienne caserne, un groupe de jeunes proteste contre le changement de lieu de la prière.Angela Bolis

 

Le groupe évacué, la prière commence. C'est finalement dans la convialité que repartent ensuite les milliers de musulmans venus prier, pour la première fois, dans ce lieu de culte atypique.

 

 

Angela Bolis
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