Puis-je redevenir une candidate atypique à la primaire, après le tsunami qui a déferlé sur le Parti socialiste et noyé mon quotidien d’élue dans la tourmente médiatique ? La réponse est non.
A posteriori, et sans être sujette à une forme quelconque de paranoïa, la gêne de mes petits camarades de Solférino était palpable.
Je suis « la femme qui embarrasse le PS », celle par qui le scandale est arrivé un 15 mai au petit matin. Une espèce de dommage collatéral et hexagonal de l’affaire DSK. Je savais que ma carrière politique était plombée depuis longtemps par ce boulet, mais je n’imaginais pas que tout ce passé saumâtre puisse revivre aussi violemment.
On dit que les souris font peur aux éléphants. C’est bien possible.
Les médias débranchent le micro quand je m’exprime « hors du sujet ». Donner un avis sur les violences faites aux femmes est inaudible dès l’instant où je ne fais pas directement référence à « l’affaire ». On ne m’invite que pour parler de « ça ».
D’autre part, au PS, on veut des militants pour tracter et coller des affiches, pour écouter religieusement les discours des chefs ; des petits élus bien disciplinés pour servir de porte-flingue ou de fusible aux grands élus… pas pour qu’ils aient des idées ! Voyons, vous n’y songez pas ? Un(e) camarade qui n’a pas fait l’ENA, provincial(e) de surcroît, avoir des idées ? C’est parfaitement intolérable.