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Bernard Debré "Cessons la guerre des
chefs et des sous-chefs"
Article crée le 20.10.2011 à 08h00
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Quelles erreurs la majorité doit-elle éviter pour reprendre la main ?
Pour commencer, de grâce, arrêtons de nous focaliser sur les socialistes. Pendant ces journées parlementaires, je n'ai fait qu'entendre des élus furieux de la surexposition médiatique des
socialistes. Mais nous n'avons fait qu'en rajouter, en ne parlant que d'eux et de leur primaire, aussi dans les discours qu'entre nous. Maintenant, il faudrait aussi qu'un peu de calme
revienne à l'UMP. Que l'on cesse de dissertersur une éventuelle primaireà droite pour 2017 ou sur les futures candidaturesà Paris aux municipales de 2014. Comme si on était déjà dans la guerre de
succession entre Fillon et Copé, en donnant le sentiment d'anticiper la défaite de 2012. Cette attitude est non seulement stérile mais meurtrière. Ceux qui se focalisent sur 2017 sont des
naufrageurs. Arrêtons aussi de nous éparpiller en créant des courants, qu'ils s'appellent Droite populaire ou Rassemblement humaniste; ils sont totalement incompris de l'opinion et ne servent
qu'à faire parler de leurs leaders et de leurs factions. Une fois de plus, on est dans le bal des ego, en se livrant, cette fois, à la guerre des sous-chefs. On ferait mieux de se
contenter de la fierté d'être UMP.
Etait-ce une bonne idée d'organiser la contre-ataque en critiquant le programme des socialistes ?
Il faut bien sûr que la majorité soit critique envers le projet PS. Mais ne tombons pas dans le panneau, une fois de plus, de rester sur le terrain des socialistes. Ce n'est pas de cette façon
que nous reprendrons la main.
Que proposez-vous ?
Il va falloir, dans un premier temps, mettre en avant le bilan du quinquennnat. A force d'écouter les critiques, on finit par avoir le sentiment que rien n'a été fait. Rappelons que la politique
étrangère de la France, son rôle en Côte d'Ivoire ou en Libye, est un succès à mettre à son actif.
Idem en Europe, où la volonté de Nicolas Sarkozy, son implication dans le G20 ont boosté les autres pays. Rappelons encore la réforme des retraites, l'autonomie des universités, les
peines plancher. C'est un vraibilan même si l'élan a malheureusement été freiné par une crise économique sans précédent. Rappelons qu'en France, contrairement à ce qui se passe chez certains de
nos voisins, on n'a pas baissé le salaire des fonctionnaires de 10 à 20 % ni augmenté massivement les impôts. Pour gagner, il faudra aussi se battre sur un projet, en affirmant haut et fort nos
valeurs. Après la réforme des universités, il faudra enrayer le déclin de l'école publique, la libérer de ses carcans ; nous devons aussi défendre notre modèle de protection sociale, dire la
vérité, aussi bien sur les retraites que sur les soins, en mettant en avant notre détermination à lutter contre les fraudes et les dépenses inutiles, tout en garantissant le nécessaire soutien
aux plus démunis ; il faudra encore clamer notre volonté de redonner une âme à l'Europe, défendre l'idée que les traités existants doivent évoluer, pour rendre la coopération entre les pays de
l'Union plus efficace. C'est la seule manière de reprendre la main. En arrêtant enfin de courir derrière les socialistes
Propos recueillis par Josée Pochat