Interrogé sur le nouveau plan de rigueur, présenté lundi par François
Fillon, François Baroin a provoqué immédiatement l'ire des socialistes ce mardi à l'Assemblée nationale. Le ministre de l'économie « est allé trop loin » pour Jean-Marc Ayrault, le
chef de file des députés socialistes. « C'est comme si on avait fait un coup d'Etat », poursuit-il. François Baroin a fait « une faute politique », pour le député et il
réclame que le ministre de l'économie fasse des « excuses ».
De son côté, Lionel Jospin juge « scandaleux » les propos de François Baroin. L'ex-premier ministre socialiste Lionel Jospin, est au premier rang de l'attaque frontale du ministre de
l'économie cet après-midi. Il avait été nommé en 1997, après après la victoire de la gauche aux législatives. « Je réagirai si nécessaire aux propos scandaleux de François Baroin quand je
serai de retour en France la semaine prochaine » a-t-il annoncé de New-York où il est actuellement pour un colloque.
"La droite va hurler Guérini dès que Hollande va parler"
Sur Twitter, le président du conseil régional de PACA (Provence-Alpes-Côte-d'Azur) a estimé qu'« il y a(vait) beaucoup de nervosité » dans l'assemblée nationale. «
Les députés de droite m'ont
insulté quand je défendais les victimes des inondations, quelle honte face à la détresse de nos concitoyens »a ainsi écrit Michel Vauzelle. Derrière lui, alors qu'il a posé une question sur
les inondations dans sa région, de nombreux députés UMP criait «
Guérini, Guérini ». Les députés de droite évoquaient ainsi le président socialiste du conseil général des
Bouches-du-Rhône qui refuse de démissionner alors qu'il a été mis en examen dans une affaire de grand banditisme. «
Toute la campagne (de 2012, ndlr) va se dérouler dans cette atmosphère où
la droite va hurler Guérini dès que François Hollande va parler », a encore redouté Michel Vauzelle.
Sur un autre compte Twitter encore, celui de Julien Dray, on pouvait lire en ce mardi : « Baroin fait une grosse faute à l'assemblée ».
"J'espère que cette campagne ne sera pas celle des petites phrases"
Pour le président du Parti Radical de gauche, Jean-Michel Baylet, les propos de François Baroin sont encore « contraires à nos valeurs républicaines et démocratiques » alors que pour
la porte-parole du groupe socialiste à l'assemblée nationale Aurélie Filippetti, il s'agit d'« une blessure pour le peuple français ».
Le député UMP Bernard Debré regrette quant à lui « ces insultes fusées » dans l'assemblée « à droite comme à gauche ». « J'espère que cette campagne ne
sera pas celle des injures et des petites phrases », a-t-il ajouté se disant « attristé » par ce qui venait de se passer à l'Assemblée nationale.
François Baroin s'en est vivement pris au Parti socialiste mardi devant les députés qu'il a accusé d'avoir pris le pouvoir en 1997 « par effraction ». « Est-ce du courage de
mentir, de basculer dans la démagogie, de taire la vérité, de vous accrocher à des vieilles lunes socialistes qui vous ont certes conduit, par effraction, au pouvoir en 1997? Vous n'avez rien
fait de la croissance venue de l'extérieur à travers la bulle Internet ?, a demandé le ministre de l'Économie. Oui, par effraction, car c'est sur un coin de table que vous avez rédigé l'affaire
des 35 heures, c'est sur un coin de table que vous avez rédigé, Monsieur Strauss-Kahn et Madame Aubry l'affaire des emplois de jeunes (sic). Et c'est sur un coin de table que vous êtes arrivés
en effet aux affaire. Et c'est sur un coin de table que vous rédigez un projet qui est aujourd'hui caduc. »