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Conseiller Municipal 44640 SAINT JEAN DE BOISEAU Président de l'Association "LE C.R.I"....... CITATION: A la base de notre civilisation, il y a la liberté de chacun dans sa pensée,ses croyances, ses opinions, son travail, ses loisirs. Charles De Gaulle

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Côte d'Ivoire : « Je suis homme et rien de ce qui est humain ne m'est étranger »

Côte d'Ivoire : « Je suis homme et rien de ce qui est humain ne m'est étranger »
Humanitaire | Ajouté le 20.04.2011 à 23H53
A la suite de la mise en œuvre de la Résolution 1975 du Conseil de Sécurité, Laurent GBAGBO, battu aux élections du 29 Novembre, a été arrêté, les 9000 casques bleus de l'ONU et la force Licorne ont apporté leur soutien aux forces républicaines de Cote d’Ivoire. Après quatre mois d’impuissance et de tergiversations la communauté internationale a pu enfin valider le vote populaire et sortir le pays d’une impasse où violence humanitaires, destructions économiques et embargo menaient le pays à un désastre encore plus grave.

Quelques voix se sont élevées, dans l'opposition française et certains milieux d’Afrique de l’ouest, pour crier à l'ingérence dans la situation intérieure d’un État souverain. Pour notre part, nous faisons nôtre cette citation de Térence : »Je suis un homme et rien de ce qui est humain ne m’est étranger ». Dans le contexte actuel, où une partie des pays de la Méditerranée et du Mashreq est en ébullition, ainsi que certains pays d'Afrique subsaharienne, aucune puissance ne doit se désintéresser de la situation ivoirienne. Avant même d'évoquer la légitimité, de cette intervention, rappelons que l'enlisement de cette crise, qui prend le pays et, plus largement, la région en otage depuis 2002, est grave et menace le développement démocratique et économique même de toute l’Afrique de l’ouest. La stabilité est un impératif de développement et de co-développement qui incombe à l'ensemble de la communauté internationale. De plus, cette crise a trop longtemps perpétué le sentiment d'impunité politique et met place les conditions de migrations dans et au-delà de la région.

Qu'en est-il de la légalité de cette intervention au point de vue international ?

Si évidemment, cette évolution politique concerne au premier chef les Ivoiriens, les derniers événements ne sont pas nés de la volonté de quelques hommes politiques en mal d'actualité internationale. Au contraire, toutes les actions des casques bleus de l'ONUCI (créée en 2004) et des militaires français sous l'égide de l'opération Licorne (en place depuis 2002) visent à permettre la pleine application de la résolution 1975 du Conseil de Sécurité de l'ONU du 30 mars 2011. Elle vise non seulement ses résolutions antérieures en particulier de 2009, 2010, 2011 mais réaffirme l'attachement du Conseil de sécurité « au respect de la souveraineté, de l’indépendance, de l’intégrité territoriale et de l’unité de la Côte d’Ivoire », et « des principes de bon voisinage, de non-ingérence et de coopération régionale ». Rappelons en outre que les trois États africains membres non permanents du Conseil de sécurité (Afrique du Sud, Gabon et Nigeria) ont tous voté cette résolution demandant aux Nations-Unies d'agir pour protéger les populations et neutraliser les armes lourdes.

En outre, au delà du respect du droit international, les puissances internationales ne peuvent que se sentir concernées par ce processus de démocratisation et les efforts pour redonner à l'Afrique sa stabilité. Les nations Unies, la France, puis la Communauté des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), ont ainsi envoyé d'importants contingents militaires pour séparer les belligérants . Ils ont agit comme forces d'interposition permettant d'éviter sinon certains drames comme ceux de Duékoué où plus de 800 Guérés (ethnie largement favorable à Laurent Gbagbo) ont été tuées le 1er avril dernier, du moins une guerre civile et d'encore plus nombreux massacres.

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Enfin, pour évoquer la situation plus particulière de la République française, il faut préciser que les Français étaient 13 000 en Côte d'Ivoire, il y a encore quelques semaines. C'est notamment pour protéger ces ressortissants, que la France a constitué cette force de réaction rapide de troisième rang susceptible d'agir au profit de la force onusienne, qui elle-même intervient en soutien à l'action des forces armées ivoiriennes. La France a une mission particulière auprès de la Côte d'Ivoire, en application des accords de défense signés entre les deux pays le 24 août 1961.

En France et dans quelques pays francophone d'Afrique, le débat autour de la question ivoirienne reste purement francophone malgré la volonté affichée par ceux qui y participent de rénover les rapports entre Paris et ses anciennes colonies afin de mettre un terme au tête-à-tête bilatéral Afrique / France. Les troupes de l'opération Licorne ont agi sous mandat de l'ONU, à la demande du Secrétaire général de l'ONU, M. Ban Ki Moon. Nicolas Sarkozy a donc accepté, le 4 avril dernier d’y engager  nos forces. La situation n'est donc plus celle des années 1960 ou 1970, que l'on évoque 1964 et l'intervention de Paris au Gabon ou, et 1977, l'action de la Légion étrangère française à Kolwesi au Congo Kinshasa, ou encore les multiples interventions au Tchad dans le cadre des opérations « Éperviers ». En ce sens, critiquer les actions de la France est une chose, ignorer l'évolution du cadre des décisions et la légitimité d’une action soutenue par un vote unanime du conseil de sécurité en est une autre. Bien entendu, et heureusement pour elle, la France à une politique étrangère qui a répondu à une forte attente en Afrique .

Aujourd'hui, il est souhaitable que la politique étrangère de la France continue à appuyer la démocratisation de l'Afrique  et son développement. Mais cette conception n'est pas celle de la seule France : les organisations africaines régionales et continentales (CEDEAO et Union africaine), comme les Etats Unis et l’UE ont reconnu le Président Ouattara comme président légitime et démocratiquement élu de la Côte d'Ivoire. Confondre la promotion de la démocratie et la défense de la liberté aux liens entre la France et ses ex-colonies est peu défendable. La politique étrangère française doit continuer à penser aux aspirations des populations et surtout des jeunes qui comme en Tunisie et en Égypte veulent le changement, loin de relents colonialistes ou françafricains. Mettre en œuvre les décisions prises à l’unanimité par l'Union africaine, la CEDEAO et les Nations – Unies pour faire avancer la démocratisation du continent est une priorité et critiquer les forces des Nations Unies ou Licorne pour y avoir contribué est difficilement défendable après les échecs de négociations et les violences continuelles contre des civils innocents

Il nous semble que l'action des Nations-Unies et l'appui de Paris sur le terrain à l'application de la Résolution 1975 du Conseil de Sécurité mérite d'être saluée. Pour une fois qu'une décision de cet ordre est mise en place rapidement. Le courage et la détermination du Secrétaire général, M. Ban Ki Moon aussi doivent être reconnus.

Faire respecter un vote démocratique est louable, encourage le progrès et fait reculer les violences. Les Africains et les Arabes veulent, eux aussi, le respect des résultats des urnes. Nous devons les appuyer, comme cela fut fait en Europe centrale et non, sous des prétextes divers, les décourager ou ignorer leurs légitimes aspirations. Aujourd’hui, la légalité démocratique étant restaurée, le seul débat qui reste à mener doit porter sur la nature et l’urgence de l’assistance que la communauté internationale doit apporter au président Alassane Ouattara pour la réconciliation, la réhabilitation et la reconstruction de la Cote d’Ivoire.



M. Ahmedou OULD ABDALLAH

Ancien Représentant spécial du Secrétaire général des Nations -Unies
Ancien Ministre des Affaires étrangères de Mauritanie
Président du Centre 4S (Think Tank sur le Sahel)


Pr. Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre de la Coopération
Député de Paris
 
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