Les Français sont fatigués de voter. Chaque année, depuis des années, ils
doivent se déplacer pour des élections dont ils ne comprennent pas toujours les enjeux.
Certes, ils ont compris l’élection présidentielle, voulant pour les uns faire battre Sarkozy, pour les autres donner leurs voix à François Hollande. Ont-ils
vraiment été informés des programmes de l’un et de l’autre ? Peut-être pas.
Les élections législatives arrivent dans quelques jours maintenant. 577 députés. Beaucoup de Français qui voient « midi à leur porte » (c’est le cas de
le dire) demandent aux députés d’augmenter le nombre de crèches, de nettoyer les rues, d'enlever les feuilles qui tomberont à l'automne, de leur trouver à chacun un logement dans leur
circonscription. Depuis des années, ce sont les demandes de certains Français lorsqu’ils vont voter pour un député, confondant ainsi complètement les élections municipales (ou même régionales)
avec les élections nationales des députés.
En effet, le député est le représentant du peuple français à l’Assemblée nationale. Il doit y faire les lois, en proposer, les amender. Bref, il doit, quand il est
dans la majorité, s’associer au gouvernement pour lui apporter aide et conseil ou, lorsqu'il est dans l’opposition, empêcher le gouvernement de transformer notre pays dans un sens ne lui
convenant pas.
Le député a un rôle fondamental en ce qu’il représente la vraie démocratie. Nous avons certes, par la Vème République, un mode de gouvernement
« bicéphale » puisque le président de la République est élu par les Français comme le sont chacun des députés. Ils ont l’un et l’autre la légitimité démocratique. C’est ce qui peut
entraîner l’ambiguïté.
En effet, les Français pensent, après avoir élu le président de la République, que les députés sont une partie négligeable dans cette démocratie. Or c’est tout le
contraire. Ce sont eux qui ont le pouvoir absolu. Ce sont eux qui décident, votent, amendent, refusent, transforment les lois. C’est de la majorité des députés que sont issus les membres du
gouvernement. Le Premier ministre est nommé par le président de la République, mais il est issu lui aussi des rangs de la majorité parlementaire.
Autrement dit, le scrutin des 10 et 17 juin prochains est un vote particulièrement important pour notre pays. Celles et ceux qui ont voté contre Nicolas Sarkozy
parce qu’ils ne le supportaient pas, et je le regrette, peuvent se dire aujourd’hui qu’ils ont dans leurs mains l’avenir de la France tel qu’ils le voient et le souhaitent. Les Français ont ce
pouvoir extrême de donner à la France la majorité et l’orientation qu’ils désirent.
Beaucoup disent que le Parlement doit avoir la couleur politique du chef de l’État. Certes, c’est une possibilité, mais que l'on ne demande pas à l’UMP et à la
droite de se faire « hara kiri » simplement pour qu’elles n’aient pas la majorité. Non, au contraire, dans chaque circonscription, les citoyens qui se sentent porteurs des valeurs de
droite, des valeurs humanistes, des valeurs de réalité, doivent se mobiliser pour voter pour eux, leurs candidats UMP, Nouveau Centre, pour que la France n’aille pas en chantant tomber dans un
précipice. C’est pourquoi les élections législatives sont d’une importance absolue.
Pr. Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris