Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Conseiller Municipal 44640 SAINT JEAN DE BOISEAU Président de l'Association "LE C.R.I"....... CITATION: A la base de notre civilisation, il y a la liberté de chacun dans sa pensée,ses croyances, ses opinions, son travail, ses loisirs. Charles De Gaulle

Publicité

DE LA CHUTE DE L'HOMME OU DE L'UTILISATION DES DROGUES

De tout temps, les drogues ont été utilisées pour transformer le fonctionnement du cerveau. Les chamans, les sorciers, les grands prêtres vaudous et tant d’autres utilisaient ces drogues hallucinogènes leurs permettant de voyager ou d’accéder à d’autres mondes factices.

Les chanteurs, les peintres, les écrivains en faisaient leurs compagnes pour, eux aussi, accéder à l’étrangeté d’un monde irréel et inaccessible.

Des jeunes de toutes conditions partagent ces moments décalés pendant lesquels ils peuvent soit affronter les misères de la vie, soit s’affranchir des lois de la société, voire partager un moment festif mêlant sexe, alcool et drogue levant leurs inhibitions et les tabous de la société.

Et pourtant, les drogues sont elles tellement différentes les unes des autres?

Bien entendu, elles le sont par leur fonctionnement biologique, par leur « dureté », par leurs effets.

Qu’y a-t-il de commun entre le hasch, le LSD et le crack, entre l’opium de nos grands pères et l’héroïne de nos « grands frères », voire entre la feuille de coca mâchée par les Indiens et la cocaïne vendue dans nos pays?

Rien bien entendu, et c’est pour cette raison que beaucoup, de façon insidieuse, veulent légaliser le cannabis présenté tantôt comme un médicament (le cannabitol) permettant de lutter contre les douleurs ou la dépression, tantôt comme un simple joint, à l’égal du tabac, et dont les effets sont moins importants que ceux de l’alcool.

Toutes les drogues ont ceci de semblable qu’elles modifient parfois de façon immédiate le cerveau des consommateurs, favorisant ici des tendances schizophrènes ou paranoïaques, là d’autres troubles du comportement alliant dépression et excitation. Elles entraînent presque  toujours une addiction destructrice.

Il y a un siècle et demi, en Chine, les Anglais ont favorisé l’usage de l’opium cultivé en Birmanie. Quand les empereurs ont voulu s’y opposer, ce fût la guerre (il y eut deux guerres de l’opium) et la fin de l’empire chinois.

En Afghanistan aujourd’hui, la culture du pavot rapporte plus que toute autre culture, favorisant les « chefs de tribus » et les talibans, obligeant les Américains et les autres membres de la coalition à partir.

Toutes ces drogues, celles dite dures, comme les autres, sont intimement liées les unes aux autres. Beaucoup commencent par le hasch puis s’adonnent aux autres, celles de plus en plus sophistiquées comme le DMT. Elles ont toutes une action sur les « neurotransmetteurs » cérébraux. Leurs modes d’action commencent à être connus grâce aux nouvelles technologies d’imagerie médicale. Activation du cortex préfrontal, zone cérébrale qui gère l’affectivité et le contrôle de l’action ; le cortex angulaire antérieur, le cortex insulaire etc… Toutes ces zones du cerveau qui font de l’homme un être à part, social, capable de comprendre et d’anticiper, capable d’agir. Toutes ces zones qui sont, par les drogues, inhibées et transformées, qui font alors de l’homme un être différent, asocial, dangereux et bestial.

Amy Winehouse est morte ces jours-ci, elle qui fût une chanteuse hors paire alors qu’elle ne prenait pas de drogue est devenue une épave, incapable ni de chanter ni de parler lors de son concert raté à Belgrade.

Il est de bon ton de rappeler que les chanteurs morts à 27 ans l'ont été soit par overdose, soit par suicide ou accident. Ces chanteurs par leurs talents sont toujours des idoles pour les jeunes (et les moins jeunes). Faut-il pour autant, avec ces admirateurs béats, applaudir? Tristesse, oui, bien entendu, mais deux types de tristesse: d’abord qu’une voix se soit éteinte si jeune, ensuite que la drogue ait été insidieusement valorisée par leur notoriété.

Toutes ces drogues, dures ou non, participent à la chute de l’homme. Ce qui le caractérise ce sont bien ses qualités particulières: pouvoir de réflexion, d’inventivité, de vivre en commun. Toutes ces valeurs  disparaissent avec la drogue.

Il est des temps où l’homme ne peut plus se supporter et avance sur le chemin de la déchéance. Faut-il que l’Etat, par essence social et socialisant, soit complice?

Ces débats sur la dépénalisation, d’abord du cannabis puis, à l’évidence, d’autres drogues, sont une curieuse façon d’aider l’homme à se trouver, à marcher sur le difficile chemin de l’humanité.


Pr.Bernard Debré
Ancien ministre
Député de Paris
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article