Chaque jour apporte son lot de nouvelles sur le Mediator et le laboratoire Servier !
Aujourd’hui on apprend que le « patron » voudrait minimiser le nombre de morts, il n’y en aurait eu que trois, les autres étaient déjà malades. Quel cynisme !
L’agence, quant à elle, annonce qu’elle a bien reçu un rapport démontrant enfin la nocivité du médicament en 2009. Que n’ont-ils regardé les précédentes observations !! Que n’ont-ils demandé aux
espagnols et aux italiens même aux américains, les raisons de leur refus de vendre le médiator.
Allons il faut donner un grand coup de balai dans les agences qui n’ont pas rempli leurs rôles, qui ont manqué d’éthique.
Qu’en est-il des médecins prescripteurs ? Ils ont été abusés par les visiteurs médicaux du laboratoire Servier qui, non officiellement leur ont dit que le Mediator était un « coupe faim »
puisqu’il faisait maigrir les diabétiques traités par d’autres médicaments mais en surpoids. Il pouvait faire maigrir les obèses non diabétiques…
Cela pose le problème de l’enseignement post-opératoire des médecins qui actuellement n’est fait que par les laboratoires eux mêmes. Ceux qui fabriquent des médicaments expliquent à ceux qui les
utilisent comment s’en servir, et cela tient lieu de formation continue.
Il faut de grandes réformes, dans ce domaine :
Fusionner les différentes agences qui donnent l’autorisation de mise sur le marché pour les unes, fixent les prix pour les autres…
Laisser à côté l’agence de pharmacovigilance. Lors de la mise sur le marché d’un médicament celui ci doit être comparé aux autres médicaments de sa classe (identique). Il ne sera remboursé que
s’il apporte une véritable amélioration médicale sinon il n’a pas à l’être. Le prix soit être fixé pour la classe du médicament et non pas pour le médicament seul. La pharmacovigilance doit être
faite par les médecins eux mêmes qui chaque 6 mois doivent adresser à l’agence nationale leurs observations. Un journal, pourquoi pas « prescrire », le seul journal indépendant, doit encore comme
il le fait aujourd’hui, pourvoir tout dire et lorsqu’il pose une question doit en avoir la réponse des agences ou du ministère.
Enfin, il faut une véritable formation post-universitaire indépendante des laboratoires.
Le Mediator sert de révélation au dysfonctionnement de notre système, réformons le.
Pr Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris
Chef de service à l'hôpital Cochin