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Conseiller Municipal 44640 SAINT JEAN DE BOISEAU Président de l'Association "LE C.R.I"....... CITATION: A la base de notre civilisation, il y a la liberté de chacun dans sa pensée,ses croyances, ses opinions, son travail, ses loisirs. Charles De Gaulle

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Désertification médicale en milieu rural - Question d'André Trillard

 Madame la Ministre, mes chers Collègues,

 

Permettez-moi de revenir sur le problème essentiel de la désertification médicale, principale faiblesse de notre système de santé, dont les chiffres sont connus. Je me bornerai à rappeler que le nombre de médecins en France devrait encore chuter d’ici 2019, alors que la population augmentera de 10%.

 

Maisons de santé pluridisciplinaires, bourses aux étudiants s'engageant à exercer en zone rurale, augmentation du numerus clausus, reconnaissance de la médecine générale comme spécialité…. Telles sont, parmi beaucoup d’autres, les mesures, souvent innovantes, mises en place par l’État et les collectivités depuis des années.

 

Si je souscris au parti pris de l’incitation, je crains toutefois que certaines d’entre elles ne soient incomplètes pour répondre au défi du vieillissement de la population et du maintien à domicile- souhaitable- des personnes âgées. C’est un véritable plan ORSEC qu’il faut mettre en œuvre, sous peine de voir se généraliser des situations parfois dangereuses, que nous connaissons dans certains cantons de Loire-Atlantique. Et que dire de ces maires appelés le week-end sur les lieux de morts violentes ou de suicides, qui ne trouvent le week-end aucun médecin pour signer le certificat de décès ?

 

Élu de terrain d’un département bien doté mais très déséquilibré, puisque l’essentiel du corps médical se concentre à Nantes au détriment de 4 zones déficitaires, je m’interroge sur le bien fondé des seules incitations financières. Bien des généralistes gagnent mieux leur vie en milieu rural qu’urbain (eu égard à leur charge de travail considérable) et il est surtout nécessaire de compléter la « carotte » financière par des contreparties sur le plan de l’environnement de travail, l’accueil familial et la qualité de vie. Au Canada, les jeunes médecins se voient proposer une prime au départ, mais aussi un emploi pour leur conjoint, une maison en échange de 5 années d’exercice dans une région isolée, autant de ferments d’enracinement…

 

Et pourquoi ne pas mettre en place un système de bourses plus ambitieux, destiné à inciter des bacheliers issus du monde rural, qui n’envisagent, pour des raisons financières, qu’une formation bac +2, à choisir ce métier. Je connais des jeunes qui, s’ils avaient la chance d’être aidés à réaliser un tel rêve, ne quitteraient pas pour un empire leur canton rural une fois devenus médecins !!

 

Ces mesures inspirées de la réalité du terrain, tout comme celles proposées par Élisabeth HUBERT dans son rapport sur la médecine de proximité, sont autant de pistes à creuser. J’aimerais connaitre votre avis ainsi que les intentions du gouvernement pour désamorcer ce qui est en passe de devenir une véritable bombe à retardement.

Par André TRILLARD - Publié dans : Au Sénat
Mercredi 19 janvier 2011 3 19 /01 /Jan /2011 08:52

Mme Nora Berra, secrétaire d'État auprès du ministre du travail, de l'emploi et de la santé, chargée de la santé. - De fait, nous avons privilégié des mesures incitatives pour rendre la médecine générale plus attractive et garantir partout l'accès aux soins, notamment au travers de la loi HPST -contrats d'engagement de service public, définition des missions de la médecine générale de premier recours, structuration de la filière universitaire. Une réflexion est en cours sur une modification du numerus clausus, sachant que l'effet ne pourrait s'en faire sentir à court terme et sur le dispositif post-internat.

 

Le regroupement des professionnels est une autre réponse. Le statut juridique spécifique des maisons de santé doit favoriser une réorganisation des soins ambulatoires, sur un mode pluridisciplinaire.

 

M. André Trillard - Le premier problème n'est pas médical, c'est l'accès de tous les jeunes au même type d'études. Dans mon canton, où le taux de réussite au bac dépasse 90 %, la plupart des jeunes ne dépassent pas bac+2 parce qu'ils peinent à financer leurs études et leur logement. Pour beaucoup de familles, c'est mission impossible ! Le même problème se posera bientôt pour la médecine vétérinaire. L'égalité d'accès aux études est en jeu ! (Applaudissements).

Par André TRILLARD - Publié dans : Au Sénat
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