Dominique de Villepin a « franchi le Rubicon ». Il était un peu
pathétique, notre ami Dominique ! A peine sorti de toutes ses affaires déprimantes, le voici à la reconquête de sa respectabilité.
Bien entendu, il n’ira pas jusqu’au bout, arguant de l’absence de ses 500 signatures et qu’une nouvelle fois, un complot a été fomenté contre lui mais le fait même
d’annoncer cette candidature lui permet un accès aux médias un peu plus important qu’il y a peu.
Cela dit, bien que les sondages ne créditent Dominique de Villepin que de tout au plus 1 % d’intentions de vote, sa candidature jette un trouble au niveau de la
droite et du centre, témoignant d’une mésentente.
Le paradoxe de Dominique de Villepin est surprenant. Tantôt il appelle à l’union nationale, à l’unité, à l’effort des politiques pour qu’ils puissent s’entendre,
tantôt il provoque lui-même la division. Je crois profondément que cet homme est en manque de reconnaissance. Il a peut-être beaucoup souffert ces derniers temps, été beaucoup suspecté pour
d’autres affaires. Il l’a mal supporté et je le comprends. Est-il pour autant nécessaire de se présenter à l’élection présidentielle car, au lieu de gagner une nouvelle respectabilité, il va se
glisser au rang d’un Hervé Morin et écorner l’image, qu’il veut se donner, d’un gaullisme intransigeant.
De Gaulle, lui, avait une sacrée stature et n’est pas de Gaulle qui veut ! Lançons un appel à la raison : que Dominique de Villepin renonce à sa candidature au nom
justement de l’union nationale ! C’est ainsi qu’il pourra être respecté par les Français et qu’il aura retrouvé un peu de l’image gaullienne dont il se revendique.
Pr. Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris