Il faut attendre. Je constate que dans la journée d'hier je n'ai jamais entendu défendre avec une telle constance répétitive la présomption d'innocence, au moins dans les interventions officielles et médiatiques. Qu'elle se rapporte à DSK n'empêchera pas demain, je l'espère, de la défendre avec la même ardeur au bénéfice de n'importe qui.
Je constate aussi que la justice américaine, sur le plan technique, n'hésite pas avec une rapidité foudroyante à appréhender les personnalités même les plus emblématiques. En France, celles-ci, si elles avaient été dénoncées dans les mêmes conditions, n'auraient pas été ainsi interpellées : elles auraient eu le temps de préparer leur vérité ou leur mensonge.
Si DSK est coupable, l'affaire est à la fois gravissime et absurde. Et il faudrait alors peut-être, comme l'a rappelé Jean-Marie Colombani (France Inter), ne pas oublier la victime dans l'émotion générale et la stupéfaction collective.
S'il est déclaré innocent - il a d'ailleurs décidé avec ses avocats de plaider "non coupable" -, sur le plan politique les dégâts seront tout de même immenses.
Ce n'est pas seulement "un séisme pour l'euro, le FMI et la gauche" (Le Monde) mais pour la France, pour tous les citoyens, de quelque bord qu'ils soient, qui vont devoir désinvestir d'une certaine manière pour retrouver un second souffle.
Je comprends que l'image de DSK menotté et abattu ait suscité infiniment de commisération partout. La détresse d'un homme dans l'instant l'emporte, d'abord et avant tout, sur ce qui va plus tard l'accabler ou non.
Gaullistes de Bretagne et Pays de la Loire