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Conseiller Municipal 44640 SAINT JEAN DE BOISEAU Président de l'Association "LE C.R.I"....... CITATION: A la base de notre civilisation, il y a la liberté de chacun dans sa pensée,ses croyances, ses opinions, son travail, ses loisirs. Charles De Gaulle

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François Fillon : la réforme des retraites sera votée

Lundi 18 octobre 2010 1 18 /10 /2010 18:34

François Fillon réaffirme que la réforme des retraites sera votée, à l'occasion d'un entretien avec Claire Chazal sur TF1 le 18 octobre 2010.

 

 

 

 

Claire CHAZAL

Bonsoir Monsieur le Premier ministre.

 

François FILLON

Bonsoir.



Claire CHAZAL

Merci beaucoup d’être là. Alors, après plusieurs semaines de conflit, avec même un risque de durcissement que l’on sent ce soir, est-ce que vous pouvez proposer une solution concrète pour sortir de la crise ?



François FILLON

J’ai écouté François CHEREQUE hier sur votre antenne ; il a notamment indiqué que le blocage venait du Gouvernement. François CHEREQUE sait que ma porte est ouverte. Il se souvient que nous avions signé ensemble en 2003, un accord sur une réforme des retraites qui s’applique aujourd’hui et qui est d’ailleurs acceptée à peu près par tout le monde…



Claire CHAZAL

Mais il dit aujourd’hui que vous n’avez pas assez négocié et assez discuté.



François FILLON

La vérité, c’est que le blocage est lié au fait que les partenaires sociaux, en tout cas les organisations syndicales, depuis le mois d’avril, depuis que nous discutons avec elles de cette réforme des retraites, refusent de discuter d’un sujet qui est celui du report de l’âge légal de 60 à 62 ans. Or cette question, c’est la clef du financement des retraites demain. Si nous ne pratiquons pas cet allongement de l’âge légal de départ à la retraite, alors nous ne pourrons plus financer les retraites, c’est la question qui est posée…



Claire CHAZAL

C’est quelque chose de symbolique pour eux, on l’a bien compris et ils demandent le report…



François FILLON

Oui mais les symboles… c’est justement la clef du financement et quand madame AUBRY dit, comme on vient de le voir « suspendez votre réforme », ça veut dire quoi ? Ca veut dire qu’on suspend le paiement des retraites ?! Ca veut dire qu’on continue…



Claire CHAZAL

C’est une réforme qui est une réforme pour l’avenir, donc à l’heure d’aujourd’hui, ce n’est pas parce que vous suspendez le débat…



François FILLON

Mais on est déjà aujourd’hui en déficit s’agissant du financement des retraites des Français. Il y a déjà une retraite sur dix qui est payée par l’emprunt et les mesures que nous proposons, les mesures d’âge, sont les plus efficaces et les plus rapides à entrer en vigueur.



Claire CHAZAL

Ca veut dire que concrètement vous refusez cette suspension du débat… il ira donc à son terme au Sénat.



François FILLON

Bien sûr, le débat ira à son terme au Sénat…



Claire CHAZAL

Et ce sera voté mercredi en principe, cette loi, en fonction des amendements…



François FILLON

Ce sera voté… le Sénat va à son rythme, je ne sais pas si ce sera voté mercredi, mais ce sera voté et j’ajoute que François CHEREQUE qui est un homme de dialogue, ne peut pas ne pas voir que cette solution de l’allongement à 62 ans est très raisonnable par rapport à tout ce qu’ont fait les autres pays européens autour de nous : les Allemands sont en train de passer de 63 à 67 ans, les Danois sont en train de passer de 65 à 67 ans ; les Espagnols, les Portugais, les Italiens, les Britanniques sont en train de discuter de l’allongement de l’âge légal de départ à la retraite. Ce n’est pas réaliste de nier cette solution…



Claire CHAZAL

Mais ce que proposent les partenaires aujourd’hui, c’est aussi une autre forme de financement, François FILLON. Vous, vous taxez le travail, en tout cas vous allez peser sur ceux qui travaillent ; eux, ils proposent de taxer aussi davantage le capital ; est-ce que vous êtes d’accord avec ça ?



François FILLON

Les propositions qui sont faites par l’opposition sur ce sujet, en réalité, c’est une sorte de… je vais employer un mot un peu fort, mais d’escroquerie ! La taxation du capital n’a jamais permis de trouver des financements suffisants pour les masses qui sont en cause en matière de retraite.



Claire CHAZAL

Ca peut être un complément déjà…



François FILLON

C’est ce que nous faisons dans la réforme pour financer un certain nombre de mesures de justice sociale, sur la pénibilité, sur les carrières longues, qui sont financées grâce à une imposition des plus riches. Mais, quand madame AUBRY la semaine dernière a expliqué qu’ils reviendraient, si demain ils revenaient au pouvoir, sur la retraite à 60 ans, mais qu’ils continueraient à allonger la durée de cotisation au-delà de 41 ans, il faut que le Français comprennent bien ce que ça veut dire : ça veut dire qu’avec les socialistes, on pourrait peut-être toujours partir à la retraite à 60 ans, mais avec une retraite extrêmement diminuée, c'est-à-dire avec une retraite qui ne permettrait pas de vivre décemment. C'est-à-dire que c’est un choix qui en réalité n’en est pas un.



Claire CHAZAL

Alors qu’est-ce que vous répondez à François CHEREQUE, on va l’entendre de façon très courte, mais c’est important ; il parle de ceux qui commencent à travailler à dix-huit ans et qui en vertu de votre réforme, vont devoir cotiser pendant 44 ans. On va l’écouter juste un instant.



François CHEREQUE, secretaire general de la CFDT

Tout le monde sait qu’il faut faire un effort. Mais pourquoi cet effort n’est fait que par les ouvriers et ceux qui ont commencé à travailler jeunes ? Aujourd’hui si vous avez commencé à travailler à 18 ans, vous cotiserez 44 ans ; si vous avez commencé à travailler à 22 ans, que vous avez fait des études, que vous êtes devenu cadre, vous cotiserez 41 ans. Pourquoi c’est l’ouvrier qui paie pour les autres ? C’est ça l’injustice !



Claire CHAZAL

Alors qu’est-ce qu’on peut répondre ?



François FILLON

D’abord ce n’est pas exact ce que dit François CHEREQUE, il me le pardonnera, mais la plupart des ouvriers ont des carrières complètes et arriveront à 62 ans avec l’ensemble de leurs annuités ; ce sont plutôt ceux qui ont commencé à travailler beaucoup plus tard, notamment parce qu’ils ont fait des études longues, qui seront obligés, en tout cas s’ils veulent avoir une retraite complète, d’aller au-delà de 62 ans. Mais j’ajoute que cette situation n’est pas nouvelle ; c’est le principe même de la répartition. Depuis que le régime de retraite par répartition a été instauré au lendemain de la Seconde guerre mondiale, ça a toujours fonctionné comme ça. C'est-à-dire que quelqu’un qui commence à travailler plus tôt, cotisera plus longtemps que quelqu’un qui a commencé à travailler plus tard…



Claire CHAZAL

D’autant plus que l’âge de la retraite est retardé…



François FILLON

Pas d’autant plus Madame CHAZAL. Il aura deux ans de cotisations de plus comme tout le monde. L’ensemble du système bouge de deux ans.



Claire CHAZAL

Mais pour ces carrières longues, c’est vrai que c’est difficile.



François FILLON

Quand la gauche était au pouvoir, pendant de très longues années, elle n’a pas trouvé ce système si injuste que ça, puisqu’elle ne l’a pas modifié. J’ajoute et François CHEREQUE le sait bien, que nous avons pris en compte ceux qui commencent vraiment à travailler tôt. Dans la réforme de 2003, avant, ce n’était pas le cas ; ceux qui ont commencé à travailler à 14, 15, 16 ans peuvent partir avant soixante ans ; et dans la réforme qui est en cours de discussion, ceux qui ont commencé à travailler juste avant 18 ans. Il y a donc une vraie avancée sociale dans cette réforme. Si cette réforme n’était pas votée, ça veut dire que ceux qui ont commencé à travailler à 17 ans, continueraient à partir comme les autres. J’ajoute enfin, que le système dans lequel chacun pourrait partir en fonction de son effort de contribution, c’est un système individualisé, c’est un système qui ressemble beaucoup plus à la capitalisation qu’à la répartition. C’est donc un système qui est contraire à l’esprit même de solidarité qui avait prévalu à la création du régime des retraites au lendemain de la Seconde guerre mondiale.



Claire CHAZAL

Alors Monsieur le Premier ministre, on sent bien tout de même que ce mouvement se durcit ; les syndicats attendaient un geste de votre part ; ils ont annoncé un durcissement du mouvement. On a bien le sentiment que maintenant l’économie risque d’être bloquée, en tout cas c’est le cas depuis quelques jours. Qu’est-ce que vous pouvez faire concrètement, j’allais dire ce soir, pour assurer pour les Français qui vont travailler demain matin un approvisionnement en essence par exemple ?

François FILLON

Je voudrais dire qu’il y a eu beaucoup de gestes déjà de faits, notamment au Parlement sur les retraites des mères de famille, sur les longues carrières, sur la pénibilité. On est maintenant au bout du système parce qu’au-delà, la question qui est posée, c’est la question des 62 ans et si on revient sur cette question des 62 ans, alors on ne paie plus les retraites des Français demain. Ce que je veux dire sur la question du carburant, il y a aujourd’hui des difficultés qui sont liées en particulier à une augmentation très forte de consommation ; il n’y aura pas de pénurie. Pourquoi il n’y aura pas de pénurie ? Parce que nous allons prendre les décisions nécessaires et je n’ai pas besoin de les détailler devant vous, pour faire en sorte…



Claire CHAZAL

C'est-à-dire avec des déblocages autoritaires de dépôts…



François FILLON

que notre pays ne soit pas bloqué. Le droit de grève est respecté en France mais le droit de grève, ce n’est pas le droit d’empêcher l’accès à un dépôt de carburant ; ça c’est une action illégale. Ce n’est pas non plus le fait d’interdire l’accès des locaux de travail à des salariés qui ne sont pas grévistes. Donc je le dis, je ne laisserai pas bloquer notre pays, je ne laisserai pas l’économie française étouffer par un blocage de l’approvisionnement en carburant. J’ajoute, qu’au moment même où la reprise économique se manifeste, ceux qui prennent ce genre de décisions devraient réfléchir à deux fois, parce que ce sont des emplois derrière qui vont disparaître.



Claire CHAZAL

François FILLON, est-ce que vous n’avez pas le sentiment aussi qu’il s’agit d’un mouvement plus profond de protestation et même de protestation contre le pouvoir en place, type mai 68 puisque certains l’ont dit…



François FILLON

Si j’en juge par cette mobilisation qui est à peu près la même, même un peu en baisse, mais qui est à peu près la même depuis plusieurs semaines, franchement, ceux qui aujourd’hui présentent le pays comme dressé contre le pouvoir et la politique qu’il conduit, font un peu d’exagération. J’ajoute que nous sommes dans une situation économique et financière difficile au sortir d’une crise difficile. Quand vous regardez autour de nous, ce qui se passe en Espagne, ce qui se passe en Allemagne, ce qui se passe en Grande-Bretagne, il y a aussi des mouvements de contestation parce que c’est difficile, la sortie d’une crise économique et financière comme la nôtre. Simplement nous, nous avons choisi de prendre nos responsabilités. Quand le Parti socialiste dit « suspendez la réforme », ce qui est surtout suspendu chez le Parti socialiste, c’est son courage à affronter les réalités.



Claire CHAZAL

On disait opposition peut-être plus globale ; est-ce que vous avez le sentiment que c’est une crise importante qui peut justifier, disons les choses, un remaniement ministériel ou en tout cas un changement d’équipe gouvernementale ?



François FILLON

Je ne crois vraiment pas que la réponse à une crise sociale dont nous sommes en train de sortir, dont nous essayons de sortir, à une crise économique et financière dont nous sommes en train de sortir, soit dans un remaniement. La réponse, c’est la politique que nous conduisons, ce sont les choix que fera le Président de la République. Mais je peux vous dire qu’avec lui, nous sommes dans nos conversations quotidiennes, totalement concentrés sur la sortie de la crise sociale. Le Président de la République suit cette crise heure par heure, nous en parlons tous les jours, nous en avons encore parlé cet après-midi ; et puis nous travaillons à la sortie de la crise économique et financière, en particulier avec le budget dont la discussion va commencer demain au Parlement.



Claire CHAZAL

On va en parler dans un instant, mais est-ce que l’annonce de ce remaniement - pardon de rester sur ce sujet mais c’est important – est-ce que ça n’a pas d’une certaine façon gelé l’action des ministres et votre propre action d’ailleurs, quand on l’annonce si longtemps à l’avance ?



François FILLON

Vraiment cette question du remaniement, c’est une question qui est de la compétence du Président de la République. C’est un choix qu’il fera le moment venu…



Claire CHAZAL

Oui, enfin ça vous concerne, vous, en tant que Premier ministre…



François FILLON

Mais ça ne m’a absolument pas empêché de continuer à travailler avec les membres du Gouvernement et en particulier s’agissant de cette réforme des retraites. Vous pouvez constater que le calendrier a été respecté, les débats au Parlement se déroulent normalement, la démocratie fonctionne, le dialogue social a eu lieu, il y a eu un temps pour ce dialogue social et le Gouvernement est là, présent et à la disposition de tous ceux qui veulent parler avec lui.



Claire CHAZAL

Vous aurez le sentiment, si vous avez fait voter cette réforme importante des retraites, que vous aurez, d’une certaine façon, accompli votre mission à Matignon ?



François FILLON

J’aurai accompli en tout cas une mission, en faisant voter deux fois une réforme des retraites dans notre pays, qui correspond au sens que je me fais du devoir en politique.



Claire CHAZAL

Le budget va être examiné à partir de demain. Est-ce qu’au cours de la discussion, vous allez proposer ou vont être examinées la suppression du bouclier fiscal et une modification de l’impôt sur la fortune ?



François FILLON

Non, nous avons dit clairement avec le Président de la République, que ce débat-là serait un débat pour l’année 2011 et pour le budget 2012. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas une réforme qui s’improvise. Il y a quatre milliards d’euros, grosso modo, qui correspondent aux rentrées de l’impôt sur la fortune ; on ne peut pas faire un trait sur ces quatre milliards d’euros dans un pays qui a autant de déficits que le nôtre. Donc il faut trouver des recettes de substitution, si on veut corriger un certain nombre d’anomalies de notre système fiscal. Pour le moment, nous avons préféré ouvrir un grand débat avec les parlementaires, avec l’ensemble de l’opinion publique.



Claire CHAZAL

Mais c’est dans les têtes, c’est en germe, c’est en réflexion…



François FILLON

Je crois que tout le monde constate que l’ISF est un impôt qui a des bases qui sont des bases injustes. Nous avons mis en place le bouclier fiscal pour corriger les injustices de ce système. On peut dans une grande réforme fiscale, qui ne concernerait pas d’ailleurs que l’ISF et le bouclier fiscal, apporter plus de justice et en même temps plus d’efficacité économique. Parce que le but c’est bien, à la fois la justice sociale à travers la fiscalité et la redistribution, mais en même temps aussi une économie qui fonctionne, une économie qui attire les investisseurs, une économie qui ne repousse pas vers les pays voisins ceux qui pourraient créer des emplois chez nous.







Claire CHAZAL

Un dernier mot peut-être sur la fiscalité : les propositions du rapport ATTALI, il y a notamment une augmentation de la TVA dans cet effort pour réduire le déficit budgétaire. Est-ce que vous êtes d’accord ?



François FILLON

C’est une proposition qui n’engage que monsieur ATTALI. Il n’y aura pas d’augmentation de la TVA. La France est un pays qui a déjà un taux de TVA élevé. En réalité, tous ceux qui réfléchissent à des miracles fiscaux, devraient se poser une seule question : comment réduire la dépense publique ? La question ce n’est pas d’augmenter les impôts, c’est de réduire la dépense publique.



Claire CHAZAL

Merci beaucoup Monsieur le Premier ministre d’être venu sur ce plateau. Merci infiniment.



 

 

 

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