François Mitterrand avait du charisme, savait parler aux foules, savait entraîner les Français, même lorsqu'ils n’étaient pas d’accord avec lui. Il avait une aura
particulière. Moi qui l’ai approché de très près, aussi bien à Cochin que lorsque j’étais Ministre pendant la cohabitation avec Edouard Balladur, je peux dire qu’il était séduisant, aimable et
qu’il avait une parole forte.
A côté, François Hollande apparaît falot. Il essaie par tous les moyens de l’imiter dans sa gestuelle, ce qui en devient ridicule, dans son parler et sa syntaxe, ce
qu’il n’arrive pas à faire correctement, mais malheureusement, il n’a ni le charisme, ni l’intelligence, ni l’aura de François Mitterrand.
François Hollande est allé hier dans les Landes essayer de retrouver l’âme de Mitterrand. Il en a été ridicule à un point que je n’osais pas imaginer. Oui, c’est
vrai, actuellement, François Hollande diminue doucement dans les sondages. Il n’a plus de programme car celui qu’il avait présenté, il y a quelques mois, était tellement ridicule et obsolète
qu’il n’a plus de raison d’être. Il n’a plus d’allié car ceux qu’il avait privilégié, les Verts, se sont effondrés dans les sondages et celui qu’il n’attendait pas, Jean-Luc Mélenchon, est en
train de lui prendre ses voix.
Il ne lui reste qu’une seule chose à faire : « taper » sur le Président sortant. C’est un peu court, et la campagne prend un tour misérable chez François
Hollande. Je ne dis pas qu’il a perdu, non bien sûr. La France est secouée par une crise non seulement économique, sociale, mais aussi morale. Elle est inquiète, elle a peur. Peur de ce qui se
passe à l’intérieur de l’Hexagone : le chômage, l’insécurité, la montée de l’islamisme incontrôlé et assassin, mais aussi de ce qui se passe au niveau de l’Europe car elle voit qu’une fois la
crise grecque réglée, se profile une crise en Espagne.
La France se demande quand la crise s’arrêtera. Elle a également peur de ce qui se passe à l’étranger, hors de l’Europe : la Syrie qui n’arrête pas de
s'entre-déchirer, la Libye qui va devenir islamiste, l’Egypte qui est soumise à des soubresauts dangereux et surtout l’Iran qui s'arme et qui prépare la bombe atomique.
Ces nuages qui s'amoncellent font peur. Les Français les plus craintifs et surtout les moins clairvoyants pensent qu’ils peuvent changer d’équipe. Ils auraient tort
car c’est justement dans ces moments là qu’il ne faut pas en changer. Les autres, et ils sont de plus en plus nombreux, font confiance à Nicolas Sarkozy. Ils ont raison car il a démontré qu’il
était fort, déterminé, justement dans ces crises les plus graves.
Devant un être falot, qui d’ailleurs a été critiqué et décrit comme tel par ses propres amis (souvenez-vous de Jean-Luc Mélenchon qui l’appelait « le
capitaine de pédalo », de Martine Aubry « la gauche molle », de Laurent Fabius « une fraise des bois », j’arrêterai là les énumérations assassines
des amis les plus proches de François Hollande), après avoir fait illusion pendant quelques semaines ou quelques mois, le voici qui reprend son rôle.
La France n’a pas besoin d’un homme hésitant, sans charisme. Il nous faut, au contraire, un homme fort, fonceur, écouté par les autres pays du monde et déterminé. Le
choix, une fois encore, est simple : Nicolas Sarkozy doit être réélu !
Pr. Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris