Il n’est plus question que les budgets soient en déficits. La France est épargnée pour l’instant mais les autres pays européens, notamment ceux du sud, sont dans la
tourmente. Toutes les bourses chutent, l’or devient valeur refuge, les entreprises commencent à diminuer leurs productions. Est-ce une nouvelle crise qui commence? En tout état de cause, elle est
également mondiale.
Il va falloir faire des efforts.
Il est maintenant évident que les impôts vont augmenter pour tous. Mais préservons au mieux les entreprises qui doivent bénéficier de toutes les attentions. Ce
seront elles, et elles seules, qui permettront de s’en sortir; elles sont le lieu de l’innovation, de la recherche et donc du salut.
La droite doit accepter cette hausse d’impôts, la gauche, elle, doit accepter l’aide aux entreprises.
L’austérité est à double tranchant. Si elle est indispensable pour réduire nos déficits, elle ne doit pas pour autant geler l’élan des entreprises. C’est entre ces
deux barrières que l’État doit évoluer. Notre État est obèse et constitue un refuge pour certains pour qui la solution réside dans les nationalisations et l'embauche massive dans le secteur
public. Fausse bonne idée qui ne fera qu’augmenter la dette. Imposer davantage les sociétés est aussi une mauvaise solution, elles sont source d’avenir et d’emplois.
Le temps des élections n’est pas favorable à l’austérité, il est source de démagogie et d’inepties: augmentation des dépenses d’État, promesses incongrues. Il faut
de la stabilité.
Nous ne nous en sortirons que si les impôts sont mieux répartis, si les efforts sont mieux partagés, si les fraudes sont traquées.
Peut-on imaginer qu’un jour droite et gauche puissent s’entendre sur des fondamentaux acceptés par tous? C’est bien sûr une illusion. La gauche ne veut pas entendre
parler de « règle d’or » qui interdirait les déficits. Mauvais commencement! La droite ne veut pas d’augmentation d’impôts. illusion démagogique! Le temps presse, la crise sera très forte, tous
et toutes seront touchés si nous ne faisons rien.
Un gouvernement de Salut Public? J’ai peur qu’en ces temps d’élection cela soit une chimère.
Pr. Bernard Debré
Ancien Ministre
Député de Paris