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Conseiller Municipal 44640 SAINT JEAN DE BOISEAU Président de l'Association "LE C.R.I"....... CITATION: A la base de notre civilisation, il y a la liberté de chacun dans sa pensée,ses croyances, ses opinions, son travail, ses loisirs. Charles De Gaulle

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L'après Médiator

 

Santé | Ajouté le 08.08.2011 à 09H58
Le projet de loi a été présenté au Conseil des ministres. Il est bon! Même Gérard Bapt, député socialiste, président de la commission parlementaire sur la réforme du médicament à l’Assemblée nationale, est d’accord.

J’aimerais (comme je l’ai déjà fait) attirer l’attention des parlementaires et du Ministre sur quelques points qui doivent être approfondis:

Les conflits d’intérêts y sont bien abordés, mais il faut lever une ambiguïté sémantique lorsqu’il est dit que « certains champs du savoir » sont tellement pointus que les experts pourraient aussi être liés aux laboratoires. Je ne suis pas d’accord. Ces experts «  pointus » doivent démissionner pour au moins cinq ans et ainsi couper leurs liens avec les laboratoires qui les emploient. Je poserais donc un amendement dans ce sens.

Autre remarque. Un peu plus loin, au titre II, il est indiqué que pour tout médicament il faut évaluer le « bénéfice risque ». Certes, mais il n’est pas dit que l’on doive évaluer le nouveau médicament par rapport aux anciens traitements. Je m’explique. En ce qui concerne le diabète, les sulfamides hypoglycémiants sont très efficaces. Ils n’ont jamais été surpassés même par les dizaines d’autres médicaments mis sur le marché ces dernières années. Ceux-ci ont pourtant eu l’AMM et sont d’ailleurs prescrits « larga manu » sans pourtant apporter de révolution par rapport aux sulfamides hypoglycémiants. Ces nouveaux médicaments (dont certains ont du être retirés en hâte des ventes, coûtent plus chers que les anciens.

J’aurais d’autres exemples dans la pharmacopée. C’est le point faible du projet de loi.

L’autre point faible est celui de l’enseignement. Il faut renforcer l’enseignement initial, mais il s’agit là d’une « loi » relevant du Ministère de l’Enseignement Supérieur.
Il faut aussi et surtout renforcer l’enseignement continu. Il est pour l’instant à 80% dans les mains des laboratoires ainsi d’ailleurs que les journaux médicaux (sauf la revue Prescrire).

Je le répète, ce projet de loi est bon et marque une étape importante dans notre système du médicament. Nous allons ensemble, majorité et opposition travailler avec le Ministre sur les amendements. Ce n’est pas une loi politique, elle est bien au-dessus, nous agissons pour le bien des Français.


Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris
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