Jean-François Mancel va être élu, c’est évident maintenant, et
c’est une bonne chose. Cette élection a montré, outre le fait qu’il y a eu beaucoup d’abstention, comme dans toutes les élections partielles, un effondrement total du Parti socialiste. Madame
Houssin n’a même pas le nombre de voix nécessaires pour se maintenir au second tour. C’est dire si le PS est en pleine décrépitude.
Il s’agit là de la conséquence de la désillusion des Françaises et des Français vis-à-vis du PS, de François Hollande, du gouvernement et de sa politique. L’espoir
entrainé par l’élection de François Hollande n’était bâti que sur du sable, c’est-à-dire uniquement sur de fausses promesses. D’ailleurs, rappelons que beaucoup d’électeurs ont voté contre
Nicolas Sarkozy plutôt que pour François Hollande. Bref, la réalité a rattrapé l’idéologie et les Français rejettent maintenant, avec une violence formidable, le système socialiste mis en
place.
Cela pose la question d’un certain nombre de lois qui sont très durement combattues par les Français. Des manifestations extrêmement importantes ont lieu, en
particulier sur le mariage homosexuel. Des référendums sont demandés, mais jamais les socialistes ne reconnaîtront qu’ils sont désormais minoritaires, et très largement.
Le deuxième fait qu’il faut souligner est la percée du Front national. Cette percée était attendue. Beaucoup de personnes modestes, oubliées, sont désespérées car
elles sont touchées par le chômage et certaines d’entre elles ne se reconnaissent plus ni dans l’UMP, ni dans le Parti socialiste. Elles se retournent vers le Front national pour la plupart,
certaines vers le Front de gauche.
Il ne faudrait pas, parce que l’UMP est divisée et surtout absente du débat, que les Français se retournent durablement vers le FN. Il est indispensable que nous
nous reprenions à l’UMP. Il est indispensable que cette guerre qui, quoi qu’on dise, existe encore entre François Fillon et Jean-François Copé, cesse. La direction actuelle du mouvement, avec
ses doubles commandes qui font penser à une armée mexicaine, est insupportable, pesante, véritablement inacceptable. Il faut que l’on y remédie de la façon la plus rapide. Les élections du mois
de septembre sont indispensables. Elles clarifieront, j’espère, les situations que nous vivons aujourd’hui. Dans le cas contraire, je crains fort que notre division ne serve encore plus le
Front national.
Nous sommes à un tournant de notre histoire. Le Parti socialiste s’est effondré. Son idéologie passéiste n’est plus acceptée par personne. L’a-t-elle d’ailleurs
jamais été ? La France vit une période extrêmement dure, dramatique, mais peut-être notre pays est-il encore plus touché que d’autres qui ont fait des réformes. Je ne parle pas de la Grèce
évidemment. Il ne faudrait pas que les socialistes ne continuent pas trop longtemps à abîmer notre pays et nous avons, dans cette période, un risque non négligeable de nous retrouver comme
l’Italie avec des élus contestataires, impréparés et surtout sans aucune idéologie que les hurlements dans la rue, sans qu’il n’y ait véritablement d’objectif.
Gagnons les élections municipales le plus vite possible ! Demandons et exigeons du Parti socialiste qu’il recoure au référendum sur les grands sujets d’importance
et peut-être arriverons-nous à tenir jusqu’à 2017 pour faire en sorte que les socialistes s’en aillent et qu’ils n’affichent pas leur morgue intenable et insoutenable.
Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris