Que c’est-il passé chez les Verts ? Comment ce sympathique vent de fraicheur, qui souffla sur la politique dans les années 80/90, s’est-il transformé en courant politique sans scrupule ?
Quel est ce parti qui dissimule derrière son masque de « sauveur du monde », le rictus de la décroissance et du dictat de la morale, à l’instar d’une certaine gauche qui pensait avoir le
monopole du cœur ?
Quel est ce parti dont les élus pratiquent le cumul de mandats, négocient des places à toutes les élections avec leurs alliés socialistes, quitte à mettre leurs convictions dans leur
poche.
Nous le savons, les Verts pratiquent l’écologie spectacle. Ainsi, à grand coup de communication et d’actions symboliques et surtout médiatiques, les Verts gesticulent afin de montrer qu’ils
existent.
Pourtant localement, ces élus ne s’expriment librement qu’à condition de ne pas entraver la politique du maire de Nantes. Car en réalité, les élus verts sont tenus par les accords électoraux
qui leur permettent de siéger au sein des collectivités locales. En d’autres termes, on échange des places sur les listes contre une opposition médiatique mais factice sur des projets.
Sinon, comment justifier la fusion entre les listes conduites par Jean-Philippe Magnen (anti-aéroport) et Jacques Auxiette (pro-aéroport) lors des élections régionales de 2010 ? Comment
expliquer la présence massive de Verts sur la liste municipale de Jean-Marc Ayrault alors que son programme prévoyait noir sur blanc d’accompagner le projet du nouvel aéroport ?
Cette réalité est à présent en pratique au niveau national comme l’illustre les négociations pour les législatives 2012. Ainsi lors des journées nationales d’Europe Ecologie à Nantes, José
Bové indiquait que l’abandon du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes était un préalable à tout accord pour 2012. Ronan Dantec, Sénateur de Loire Atlantique, assurait que Notre Dame des
Landes était non négociable. François de Rugy et ses collègues indiquaient qu’ils préféraient affronter des candidats socialistes aux législatives que de reculer sur l’aéroport. Eva Joly, la
candidate des Verts aux élections présidentielles, déclarait encore hier, qu’il fallait abandonner les projets d’aéroport et d’EPR.
Pourtant, un accord a été trouvé, permettant aux Verts d’obtenir un groupe parlementaire à l’Assemblée Nationale, sans avoir obtenu gain de cause. Une fois de plus, ils ont montré les muscles
avant de rentrer dans le rang !
En d’autres termes, Europe Ecologie est devenue officiellement un courant du PS : la branche Verte de la Rose, branche sans épines et dont l’influence reste marginale. Car le PS, en cas de
victoire à la Présidentielle se passera simplement de Ministres Verts. En définitive, voter Verts ou PS c’est du pareil au même, l’EPR et Notre Dame des Landes seront bien achevés, mais les
Verts auront plus de députés. Les Verts tentent de nous faire croire qu’ils rugissent pour défendre leur cause haut et fort. Mais à chaque élection c’est la même chose (municipales 2008,
régionales 2010, sénatoriales 2011) : ils obtiennent plus de responsabilités rémunérées par le PS et les projets controversés avancent.
Les élus du groupe Ensemble pour Nantes posent la question : quand François de Rugy compte t-il adhérer au Parti Socialiste, afin de mettre son positionnement politique en cohérence avec le
programme qu’il mettra en place en 2012 en cas de victoire de la Gauche ?