Economie et social | Ajouté le 09.09.2011 à 13H11
Il faut rééquilibrer nos comptes publics. Depuis des années et des années nous avons vécu au dessus de
nos moyens, comme d’ailleurs les autres pays développés. L’heure de la facture est arrivée, elle est salée ! Faute de la droite ? Faute de la gauche ? Faute des Français qui en demandent toujours
plus ?
Le gouvernement a présenté hier un plan en deux parties. Un milliard d'euros en taxes supplémentaires pour finir l’année. 11 à 12 milliards pour l’année prochaine.
Attention, car ces taxes qui « pleuvent » sont certes indispensables mais il faudra à l’évidence faire de véritables réformes de structures pour assurer à l’avenir un équilibre de nos finances
publiques.
Tout d’abord diminuer les dépenses de l’Etat, je l’ai dit depuis des années (j’ai écrit un livre une dizaine d’années sur ce sujet). Il faudra supprimer les départements qui ne servent à rien et
entraînent des dépenses énormes en fonctionnement. Quant à leurs prérogatives, elles doivent être dévolues à la région. De même, dans ce mille-feuille territorial, aux effectifs en explosion, Il
faut fusionner les communes de façon profonde pour n’en laisser de 10 000 à 15 000 alors qu’elles dépassent les 36 000. Il fat réfléchir à un meilleure réorganisation de ces fusions qui n'ont pas
été plébiscitées, loin s'en faut par les collectivités territoriales.
Déjà, nous pouvons nous réjouir de la création des conseillers territoriaux. Cependant, nous ne pouvons nous permettre de rester au milieu du gué et cette réforme, si elle va dans le bon sens,
n’est pas suffisante, le nombre d’élus va diminuer mais les infrastructures resteront les mêmes et les fonctionnaires territoriaux tout aussi nombreux. Quant aux villes, même si
l’intercommunalité existe, elle n’est pas équivalente à la fusion complète.
Au niveau national, pourquoi ne pas aussi s’attaquer aux chambres nationales ? Il y en a trois (dont une souvent oubliée), Assemblée nationale, Sénat, Conseil Economique social et
environnemental. Demandons la fusion du Sénat et du Conseil économique, formant une seule chambre composée pour la moitié d’élus, pour ¼ de représentants socioprofessionnels et pour le ¼ restant
de personnalités désignées par les grandes instances indépendantes.
Les AAI ? Là encore, les rapports se multiplient pour appeler à leur diminution ou fusion. Depuis la première de 1978; elles sont maintenant plus de 40. Elles coûtent cher. Hormis deux, la HAS et
l'Autorité de régulation des Activités ferroviaires, elles sont situées dans les quartiers les plus cossus de Paris, et les fonctionnaires qui y sont détachés disposent de bureaux plus spacieux
que ceux des autres fonctionnaires. L'immobilier (a fortiori avec la hausse du prix de son marché) est le point noir. Sont-elles utiles ? La Cour des comptes à maintes fois les a «
épinglées ». Je pourrais ainsi énumérer d’autres économies que l’Etat doit s’imposer, et les autres personnes publiques.
Parlons de la Santé : là aussi, une responsabilisation des Français est nécessaire. Nous sommes les plus grands consommateurs de médicaments au monde… Au niveau social, en réduisant les arrêts de
travail intempestifs et en ne remboursant plus les cures thermales (nous sommes le seul pays à les rembourser), nous économiserions de deniers précieux.
Vous allez me dire : « les élections arrivent, il ne faut pas désespérer les électeurs », c’est la phrase que l’on entend depuis quelques mois. Je suis pour ma part persuadé que les Français,
dans leur sagesse éliront celui et ceux qui auront tenu le discours de la vérité et agi avec sens de l'Etat et des responsabilités.
Réforme de l’état, réforme des mentalités, réforme de la gouvernance avec la règle d’or. Une règle d'or bien nécessaire, malheureusement, puisque les politiques ne sont pas capables, seuls, de
présenter un budget en équilibre. Voici une nouvelle mission pour cette autorité supérieure, le Conseil constitutionnel
Allons, les années qui vont venir seront difficiles, serrons les coudes pour faire en sorte que notre pays les traverse avec calme et dans la solidarité.
Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris