Conseiller Municipal 44640 SAINT JEAN DE BOISEAU Président de l'Association "LE C.R.I"....... CITATION: A la base de notre civilisation, il y a la liberté de chacun dans sa pensée,ses croyances, ses opinions, son travail, ses loisirs. Charles De Gaulle
Faut-il légaliser les drogues douces ? En publiant un rapport qui préconise la "légalisation contrôlée" du cannabis et la mise en place d'une "filière nationale" de contrôle sur le modèle du tabac ou de l'alcool, le député-maire du 18e arrondissement de Paris et ancien ministre de l'intérieur Daniel Vaillant n'a pas fait l'unanimité dans son camp.
Quelques personnalités socialistes ont emboîté le pas à l'ancien ministre et au groupe de députés qui s'est prononcé en faveur d'une
légalisation. C'est le cas du député-maire de Sarcelles (Val-d'Oise), François Pupponi, qui estime que "si on peut limiter les trafics de drogue par l'encadrement, et ainsi éviter leur
développement, ce sera un accompagnement d'une politique globale".
Mais la plupart des personnalités du PS ne sont pas du même avis. Si le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault, préfère botter en touche en estimant que la question "n'est pas tranchée" malgré un "constat d'échec" de la politique française en matière de drogues, d'autres sont résolument contre toute idée de dépénalisation. A commencer par les candidats à la primaire socialiste, conscients que le sujet est potentiellement explosif. La plupart préfèrent donc jouer la carte de la fermeté plutôt que de risquer d'être taxés de laxisme.
Ségolène Royal a ainsi affiché clairement sa position en expliquant qu'elle n'était "pas favorable à la libéralisation du cannabis tant qu'on n'a pas prouvé qu'on a mis tous les moyens pour démanteler les réseaux" de trafiquants." "Je crois par ailleurs que si on dépénalise le cannabis, le trafic se fera sur des drogues plus dures", estime-t-elle.
Même avis pour le député-maire d'Evry, Manuel Valls. "L'idée de légaliser le trafic de cannabis, de l'officialiser, d'en organiser la diffusion, va à l'encontre de mes valeurs", a-t-il estimé, mercredi 15 juin, ajoutant qu'il s'exprimait comme un candidat à la primaire de son parti. "Quand on est de gauche, épris de liberté, on ne peut pas accepter l'idée de légaliser quelque chose qui crée de la dépendance. La drogue crée de la dépendance", a ajouté M. Valls, tout en interrogeant : "Si demain le crack, l'héroïne, la cocaïne prennent la même ampleur, cela veut dire qu'il faudra aussi légaliser ces drogues dures ?"
Dans le camp de François Hollande, on a une position plus mitigée. Le député Bruno Le Roux explique ainsi qu'il n'est "pas un grand fan" de cette idée, aujoutant que "le commerce génère des choses inadmissibles". Le député de Corrèze et candidat à la primaire, lui, expliquait début juin être favorable à réunir "une commission à l'échelle de l'Europe" pour comparer les politiques nationales sur la question, qui permettrait de faire "une proposition pour l'Europe entière". Il prenait l'exemple d'une commission réunie sur la question aux Etats-Unis, qui a conclu que "la situation actuelle n'est pas la bonne, ni pour les pays producteurs ni pour les pays consommateurs".
Arnaud Montebourg n'a pas réagi aux propositions de Daniel Vaillant. Mais il a déjà fait part de sa position sur la question. Dans un chat sur le site Rue89 le 30 mars, il expliquait : "Je suis opposé à toute forme de dépénalisation du cannabis. On lutte déjà contre les autres addictions, n'en rajoutons pas. On a besoin d'un certain nombre de limites dans nos comportements. J'y suis donc particulièrement défavorable".
Martine Aubry, qui n'est pas officiellement candidate à la primaire, a préféré rester dans le flou, en se disant favorable à "un grand débat", estimant qu'il s'agit "d'un sujet trop sérieux pour qu'on prenne des positions tranchées".
Le Monde.fr