Le parti socialiste existe : il dispose même de la quasi-totalité des régions, d'une bonne partie des
départements, des grandes villes. Est-ce bien le même parti qui sévit au Parlement ? Est-ce bien le même qui s’exprime par la voix de Martine Aubry ou des autres « éléphants » ?
D’ailleurs, on aurait pu imaginer que les présidents des exécutifs locaux se réunissent solennellement pour appuyer les caciques de la rue de Solférino dans leur affrontement vis-à-vis du
Gouvernement. Rien, aucune manifestation, ils sont restés muets !
On a l’impression qu’il y a deux France, celle des régions et des départements confrontés aux véritables problèmes de chômage à la véritable vie des Français. Cette France industrieuse connaît
les difficultés de la crise, sait qu’il est dramatique de s’arrêter de travailler ou pour le moins d'entraver le travail quotidien des Français. Elle sait les efforts à fournir pour rester dans
la compétition, aux côtés des pays qui gagnent.
Mais il y a une autre France, celle du Parlement où la gauche irresponsable et braillarde jette l’huile sur le feu, manie la démagogie avec une truelle, une gauche hors du coup qui appelle à
manifester.
D’ailleurs cette gauche artificielle est traversée par de multiples courants contradictoires. Tantôt favorable à l’allongement du temps de travail, acceptant les 62 ans, puis se rétractant avec
facilité pour affirmer le contraire. Cette gauche là n’est manifestement pas prête à prendre le pouvoir. Imagine-t-on Martine Aubry à la tête de l’Etat ? Ni Laurent Fabius, ni François
Hollande.
C’est la caractéristique de cette gauche restée aux idées du XIXième siècle, tout au plus à celles du début du XXième. En tout état de cause, en retard de plusieurs décennies.
Ne parlons pas de l’extrême gauche avec un Mélanchon qui n’a que des injures à la bouche associées à des idées encore plus folles refusant le monde tel qu’il est, imaginant des solutions que le
mettrait à feu et à sang, exigeant des barrières douanières autour de la France, autour de l’Europe envoyant à l’échafaud ses anciens amis ; lui est revenu au XVIIIième siècle, à la Révolution
française se comparant volontiers à Robespierre, celui qui instaura la « terreur ».
La France est réformable, elle doit l’être, elle doit vivre dans son siècle même si celui-ci est brutal et exigeant. La réforme des retraites vient d'être adoptée par l'Assemblée nationale. Ca a
été une épreuve, mais cette réforme était indispensable ; et a été réalisée dans tous les pays. Voici même qu’en Angleterre, les réformes sont plus profondes, plus drastiques sans pourtant
provoquer de manifestation. Il ne s'agit pas de résignation mais de compréhension.
Finalement, Nicolas Sarkozy a eu raison, même si la France a été ébranlée, raison de voir l’intérêt national, de remettre la France sur les rails de la solidarité. Car en arrière-fond de cette
réforme, c’est bien la solidarité qui est en jeu ; sans réforme, plus de sécurité sociale par répartition, plus de solidarité !
Espérons que les grèves vont se calmer, que le travail va reprendre, la France puisse se remettre au « boulot ».
Resteront d’autres réformes, celle de la dépendance, celle des finances publiques, celle de la fiscalité… Sans réformes d’envergure, la France ne survivrait pas…
Les Français s’en rendront compte en 2012, je l’espère, ils auront le choix entre le courage et la démagogie.
Pr Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris