Economie et social | Ajouté le 20.09.2011 à 11H26
Depuis un ou deux ans que la Grèce affronte officiellement la crise de l’Euro, nous savons comment
fonctionne son économie ou plus exactement comment elle ne fonctionne pas…
Il n’y a pas de cadastre, donc pas de taxe d’habitation, ni d'impôts fonciers. Quand une maison pourrait être estimée à 2.000.000€, le propriétaire ne la déclare que pour 20000€… Il n’y a pas de
paiement par carte bleue, ou très peu car l’économie est en « liquide » ce qui veut dire qu’elle est souterraine, pas d’impôt, pas de TVA, pas de taxe…
Comment veut-on que la Grèce accepte les décisions de l’Union européenne ? Il y a donc deux solutions : ou bien le gouvernement grec peut « seul » réformer et rendre efficace l’économie de ce
pays (et il doit alors le faire vite et sans tergiverser), soit il ne le peut pas ce qui implique, si la Grèce veut rester dans l’Euro, d'être mise sous « tutelle » de l’Europe, une équipe
européenne prenant la place de l’équipe économique du gouvernement grec ! Tel est la seule alternative du gouvernement grec à ce jour.
Impossible pensez vous ? Alors que faire ? Combler à l’infini les pertes et les dettes ? Impossible économiquement, intolérable moralement, car nous, quand je dis nous, ce sont les autres pays de
l’Europe, disparaîtront, entraînés par la faillite grecque et nous ne pouvons exiger des contribuables des autres pays de la « zone euro » de multiplier les sacrifice pour remplir le tonneau des
Danaïdes.
Il y a un autre point qu’il faut détailler. Si l’Europe veut se faire entendre des « économistes » il faut qu’elle parle vite, agisse vite et de manière cohérente, sans cacophonie. Rien n’est
plus mauvais que de voir des querelles s’étaler au grand jour, les décisions attendre. Cette fédération économique de l’Euro-zone est indispensable pour retrouver de la crédibilité.
Aujourd’hui, je ne vois pas ce qui pourrait enrayer la crise de confiance des économistes :
- la nationalisation des banques ? Impossible, inutile et sans effet.
- la séparation entre les banques de dépôts et les banques d’investissements ? Pourquoi pas, mais toutes les mesures n’entraîneront pas la diminution de la dette souveraine.
Nous, Français, avons réagi avec vitesse sans précipitation, mais les autres pays de la « zone Euro » sont trop lents, trop hésitants. Que veulent-ils ? La chute de l’euro ? Ce serait une crise
bien plus importante qui verrait le jour. Les démocraties occidentales risqueraient de tomber, l’euro entraînant le dollar dans sa chute… Je n’ose y penser.
Cette crise déboucherait sur des tensions politiques, peut-être militaires d’une puissance inouïe !
Restons optimistes malgré tout !
Pr Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris