Aujourd'hui n'est pas un jour comme les autres pour nous autres Parisiens. Il y a 67 ans, la 2ème DB du
Général Leclerc et le peuple de Paris libéraient notre capitale de la botte nazie sous laquelle nous étions maintenus depuis quatre ans.
Notre devoir est celui du souvenir, de la mémoire. Il ne faut pas oublier ceux qui ont accepté, pour la liberté, la patrie et leurs concitoyens ce sacrifice suprême contre l'idéologie nazie. Le
XXème siècle aura été celui de deux grandes idéologies matérialistes également dangereuses : le communisme et le nazisme.
Le XXIème siècle, notre siècle, n'est pas exempts d'idéologies menaçantes.
Certains historiens considèrent qu'il s'est ouvert par la chute du mur de Berlin et l'effondrement du bloc soviétique. Il ne faut pas oublier que des régimes communistes totalitaires écrasent
encore des peuples, en Asie notamment, et restent une potentielle menace -économique- quand ils rachètent les dettes de nos pays occidentaux, qu'ils colonisent l'Afrique, qu'ils maintiennent une
croissance à deux chiffres, accaparent des stocks colossaux d'or, de matières première indispensables aujourd'hui (hydrocarbures) et demain (métaux rares).
D'autres historiens placent le commencement de notre siècle au 11 septembre 2001. Voici un autre défi pour nous autres et nos enfants, celui de l'Islamisme. L'intégrisme n'a pas sa place en
France, a fortiori dans une République laïque. Cette question est liée à celle du développement serein d'un Islam tolérant et tolérable en France, porté en grande partie par une population
immigrée profondément intégrée, partageant et respectant nos valeurs et nos racines.
Troisième défi pour la France, celui d'un libéralisme solidaire avec nos concitoyens, c'est le sens des mesures fiscales proposées hier par François Fillon. Ce libéralisme doit être rationalisé
par un Etat et une Union européenne soucieux de ne pas laisser nos concitoyens sur le bord du chemin, avec une vraie cohésion, une solidarité efficace, incitative et non un assistanat dont nous
avons pu, depuis des décennies constater les effets néfastes. Réussir ce défi suppose donc une cohésion. Cette cohésion des Français, à Paris, il y a 67 ans, nous devons la retrouver, car les
défis et les menaces, s'ils ont pris une autre forme que celle de 1944, demeurent.
A Paris même, d'autres problèmes restent sans réponse. Quid de la construction, selon les besoins, et non par calcul politique de places de crèches, de logements sociaux ?
Pourquoi la Mairie de Paris dépense-t-elle tant pour fêter la rupture de jeûne du Ramadan, comme hier soir à l'Hôtel de Ville, en violation de la laïcité comme l'a rappelé le Préfet de Paris ?
Démagogie !
Pourquoi fermer tout l'été les voies sur berges et bloquer la circulation des nos concitoyens qui, par choix ou par obligation, continuent à travailler à Paris ? Gabegie !
Je n'évoquerai pas les subventions somptuaires aux associations « amies » du Maire de Paris. Clientélisme !
De telles dépenses ne sont vraiment pas raisonnables alors que le Gouvernement et l'ensemble des contribuables font des efforts sans précédents pour contenir la dette en période de crise. Puisse
la sagesse et le bon sens toucher ceux de nos dirigeants qui en sont tant dépourvus.
Vive Paris ! Vive la France !
Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris