Sur le fond, cette tranche politicienne a été d’un ennui extraordinaire. Trop long, trop incantatoire.
Les mots lancés, les intentions affichées étaient d’une banalité incroyable.
Croissance ? Bien entendu ! mais comment ?
Emploi ? Bien évidemment ! mais comment ?
La réforme fiscale ? mais quelle réforme fiscale ?
Je suis sorti épuisé de cette écoute, en mélangeant les propositions qui n’en étaient pas. Surtout ne pas recommencer l’exercice.
Quant aux candidats... Jean Michel Baylet a été sans hésitation le plus mauvais (qu’il me pardonne). Incompréhensible et approximatif, il n’avait pas l’air de connaître ses sujets quand il parle
d’économie. Il est dangereux quand il évoque le cannabis. Il reste inaudible sur les questions de société.
Arnaud Montebourg n’a pas été bon non plus. « La démondialisation »... Que veut-il dire ? Les barrières douanières aux frontières de la France ou de l’Europe ? Voudrait-il revenir au XIX siècle ?
Son incantation vis-à-vis de la finance était attendue mais tellement confuse !
Je dirais que Manuel Valls a été le plus à l’aise. Il voulait faire du socialisme avec des idées libérales ! Ses attaques contre Nicolas Sarkozy étaient déplacées, surtout qu’il l’a remercié de
sa politique étrangère. Néanmoins, humainement, c’était le plus sympathique.
Du côté des femmes, Ségolène Royal, fidèle à elle même, mais agaçante avec ses répétitions permanentes, reste étonnante et même comique avec les tracts qu’elle brandissait à tout bout de champs.
On aura compris qu’elle va distribuer ses papiers, n'en déplaise aux Verts...
Que dire de Martine Aubry ? Disons tendue, mais dangereuse. Elle va provoquer des dépenses, « lever l’impôt », mais n’a pas pu convaincre. Oh, elle n’a pas déçu, car elle était aussi transparente
que d’habitude.
Last but least (!), François Hollande. Je l'ai trouvé décevant.Il était considéré comme le premier de la classe, le plus attendu des socialistes mais s’est montré d’une agressivité déplacée dès
le début, à la limite du mépris tant vis-à-vis de David Pujadas que de Martine Aubry.
Finalement, cette première émission a eu un grand mérite : elle a montré que ni les uns ni les autres ne sont capables de gouverner la France.
- Quel programme économique ? Taxes, impôts, déficits, chasse aux riches aux classes moyennes.
- Quelle solution pour combler le déficit de la sécurité sociale ? Tiens, personne n’en a parlé.
- L’immigration ? Seul Manuel Valls a osé aborder ce thème.
- La sécurité ? A peine abordée, sauf par Manuel Valls, encore une fois.
- Quelle politique étrangère ? Personne n’a abordé le début du commencement d’une position. Même l’Europe a été oubliée sauf par Jean-Michel Baylet qui veut faire disparaître la France dans une
entité supranationale. Vaste programme...
Je pourrais ainsi décliner mes déceptions et pourtant comme beaucoup j’aurais tant aimé comprendre autre chose que ce que j’ai compris. Ils n’ont vraiment pas la surface pour diriger la
France.
Pr Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris