Qu’on se souvienne du contexte. La France était engluée dans
une guerre en Algérie. Je sais que le mot « guerre » n’est pas souvent employé et que certains préfèrent celui d’ « opération de maintien de l’ordre » avec des accents hypocrites.
Fallait-il pour autant, sans que l’on ne connaisse exactement les circonstances de ce drame, battre sa coulpe devant le monde entier, méprisant la France, ses
forces de l’ordre et la politique menée à cette époque ?
N’oublions jamais les attentats qui surgissaient partout et même en France. N’oublions jamais nos troupes qui, en Algérie, ont été exemplaires, même si des
critiques par-ci, par-là ont pu fleurir, sans fondement.
Une guerre n’est jamais propre. Une guerre n’est jamais belle. Mais de là à stigmatiser notre pays, il y a un pas à ne pas franchir. Notre président de la
République est en train de battre sa coulpe partout, pour tout, critiquant en permanence le pays qu’il devrait représenter. En Afrique, il a de nouveau attaqué la « Françafrique », terme qui
non seulement est ambigu, mais qui n’existe plus depuis fort longtemps. Il a, par son attitude, aussi bien à Dakar qu’au Congo, mal représenté notre pays. Le voici qui voudrait faire du
sous-Chirac.
En effet, Chirac avait reconnu à juste titre l’action inacceptable de certains lors de la rafle du Vel d’Hiv’. Ces hommes et ces femmes représentaient, c’est vrai,
l’Etat français. N’oublions cependant pas que de Gaulle était en Angleterre justement pour sauver l’honneur de notre pays. N’oublions pas non plus qu’en 1961, le général de Gaulle, encore une
fois, a mené l’Algérie à l’indépendance. Il a dû lutter à la fois contre des Algériens, en France, qui étaient déterminés à obtenir leur indépendance et contre des extrémistes français, en
Algérie comme en France, qui ne voulaient pas de la politique d’apaisement du général de Gaulle.
Ce n’était donc pas le moment, uniquement pour se faire bien voir des Algériens, de critiquer aussi clairement notre pays qui a mené, grâce au général de Gaulle,
une politique remarquable, difficile en Algérie.
Une nouvelle fois, on peut se poser la question sur François Hollande de savoir s’il représente vraiment correctement notre pays, lui qui semble le mépriser, le
négliger et l’humilier.
Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris