L’UMP a abandonné son « centre » pour aller vers une « droite » plus classique. Jean-Louis Borloo s’est
donc engouffré dans cet espace libéré. Que veut-il exactement ? Il y a plusieurs hypothèses :
1/ Celle dont il a parlé qui envisage que Nicolas Sarkosy ne se représente pas, des sondages qui restent calamiteux, un risque de se faire doubler par Marine Le Pen... Il faudrait
alors un candidat de rechange. Si Borloo était resté à l’UMP, il n’aurait jamais pu être ce candidat. Fillon et Juppé auraient à l’évidence été préférés. En quittant l’UMP, il devient libre de se
présenter, attirant en plus du Centre ceux qui à l’UMP l’auraient rejoint. Et pourquoi pas Hulot qui ne se sent pas à l’aise avec les écologistes extrémistes ? Il dynamiterait l’UMP et la
gauche écologiste. Son départ de l’UMP avec le trouble qu’il crée favorise la baisse des sondages de Nicolas Sarkozy et augmente la force de cette hypothèse. Il gagne sur les deux tableaux,
fédérant le Centre et affaiblissant l’UMP. C’est le pompier pyromane.
2/ L’autre hypothèse est plus crédible : Nicolas Sarkozy se présente, Borloo ne peut pas se présenter : il risquerait de diviser la droite et favoriserait Marine Le Pen qui se trouverait au
deuxième tour face au socialiste. Il deviendrait le « Chevènement » de la droite. C’est Chevènement prenant des voix à Jospin qui a entrainé sa chute le 21 Avril 2002. Ne se présentant pas
il reste néanmoins une force incontestable et indispensable à la victoire de Sarkozy, son ralliement redonnant à l’UMP plus de crédibilité. Il pourrait alors non seulement apparaître comme
Le Sauveur, négocier sa place de Premier Ministre et exiger un grand nombre de circonscriptions gagnables aux élections législatives, préparant ainsi sa candidature de 2017….
3/ Je n’ose imaginer la troisième hypothèse, celle qui verrait un Centre négocier avec la Gauche… avant le premier tour de la présidentielle. Cette défection, manœuvre politique habile, est
néanmoins assimilable à de la politique politicienne digne de la quatrième République.
4/ A moins que Jean-Louis Borloo n’imagine être le sauveur de la droite, arriver deuxième et être opposé au socialiste, éliminant et Sarkozy et Le Pen.
Quoi qu’il en soit, cette défection est le signe maléfique d’une UMP fatiguée. Il faut que Nicolas Sarkozy se détermine rapidement pour que la clarté règne à droite, l’attente ne peut être que
néfaste pour tous.
La France traverse encore une crise économique et sociale grave, elle doit éviter les ambiguités politiques, les manœuvres politiciennes.
Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris