Une nouvelle fois, le Parti socialiste veut « agiter le chiffon rouge »
devant le peuple français. Comment peut-on accepter que des étrangers non communautaires puissent voter aux élections locales (municipales, cantonales, régionales) ?
Comme l’ont dit Nicolas Sarkozy, François Fillon ou d’autres encore, le droit de vote est intimement lié à la nationalité. S’ils veulent s’intégrer à la communauté
française, ces étrangers doivent d’abord demander leur naturalisation au bout de 10 ans et, le cas échéant, pourront voter comme tout Français. Il en va de la cohérence même de la
Nation.
Ce droit de vote, préconisé par les socialistes, est extrêmement dangereux car il provoque un communautarisme. C’est une brèche démagogique dans notre Pacte
national républicain. De plus, pour éviter la création d’un paradoxe naissant d’étrangers votant tant chez nous que dans leur pays, il serait dès lors nécessaire de supprimer la double
nationalité. En passant, n’oublions pas que séjour régulier n’est pas nécessairement synonyme d’intégration : voyez le vote des Tunisiens habitant en France ; ils se sont massivement prononcés
pour les partis islamistes, illustrant une nouvelle fois la difficulté qu’ils ont de s’intégrer à la France. Mais surtout, une fois le droit de vote acquis, le risque apparaît de voter non plus
pour notre pays mais pour son identité ou les représentants de l’Islam souvent parmi les plus virulents.
Cette volonté socialiste (et plus largement de la gauche) est une provocation pure et simple pour faire monter le vote « Le Pen ». Le Parti socialiste espère par
là que le deuxième tour se résumera à un duel Hollande/Le Pen. Cette volonté peut également résulter d’un idéalisme déplacé ou d’une nouvelle génuflexion devant les Verts.
Le Sénat, passé à gauche, va évidemment voter ce texte. Le traumatisme ou le bouleversement provoqué par cette nouvelle majorité sénatoriale n’a pas encore été
mesuré. La gauche en fait un emblème et, je dirai même, un terrain d’expérimentation. Nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous mêmes ! Les élections sénatoriales ont été perdues à trois voix
près, à cause des ambitions personnelles de certains qui ont cassé les majorités et les listes majoritaires.
Il a également basculé à gauche à cause de la réforme territoriale qui a été mal conçue ou mal comprise et construite comme une « usine à gaz ». Depuis longtemps,
j’ai attiré l’attention du Gouvernement, de mes collègues, du Président de la République sur le fait que ces élections locales ont été perdues car peu s’en sont occupés.
Un changement radical nous attend si jamais la gauche gagne les élections présidentielle et législatives à la suite. La totalité des structures politiques
françaises seront à gauche. Cette gauche n’est pas celle de Guy Mollet ou de Mendès France mais une gauche des Verts, de Mélenchon : dure, idéaliste, qui va totalement à contre-courant de notre
temps au nom des principes fumeux du 19ème siècle.
Il nous faut au contraire une France unie dans l’Europe, fière de son destin et surtout capable de rentrer en concurrence avec les autres pays du monde, car voilà
ce que veut dire le vote des étrangers : l’abandon d’une certaine idée de la France !
Pr. Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris