Economie et social | Ajouté le 30.05.2011 à 12H35
Au début des années 70, la réunion des chefs d’Etat était vraisemblablement un rendez-vous agréable au
coin du feu. Souvent décriée, cette réunion n’a jamais traité des affaires du monde de façon efficace.
Il a fallu Nicolas Sarkozy et sa pugnacité pour qu’aujourd’hui le G8 apparaisse enfin comme une institution importante.
Il est vrai que le monde a diablement changé: crise économique majeure, révolutions arabes, émergence de pays autrefois bien oubliés mais qui sont aujourd’hui parmi les plus puissants...
A Deauville, le G8 s'est donc clôt sur des résolutions fondamentales, notamment vis-à-vis des pays arabes.
Les révolutions arabes font naître dans le monde des espérances majeures. Mais sans aide, que deviendraient ces pays? Il faut donc les aider et 40 milliards d'euros ont ainsi été débloqués. Mais
ce qui est important ce sont les conditions auxquelles cette aide est subordonnée: liberté religieuse, rôle de la femme, démocratisation. Quel changement!
Cette décision est remarquable, elle donne au G8, mais aussi au Président de la République, une lisibilité fondamentale.
Que feront ces pays de cet argent? Ils devront, et c’est naturel, veiller à leurs évolutions politiques. Il est vrai qu’après les révolutions le chemin à tracer est parfois difficile:
désorganisation institutionnelles, expressions des extrêmes, doutes multiples. En Tunisie par exemple, certains réclament déjà une nouvelle révolution.
Pour que ce chemin soit plus calme, il faut que la révolution n’entraîne pas avec elle la misère qui était probable à cause de la désorganisation économique, de la perte des apports touristiques
et de l’insécurité croissante. L’argent débloqué assurera aux gouvernements en place la possibilité d’une relance économique fondamentale.
Nicolas Sarkozy a une nouvelle fois fait preuve de sa stature internationale, stature que les socialistes lui contestaient.
Pr. Bernard Debré
Ancien Ministre
Député de Paris