Economie et social | Ajouté le 29.06.2011 à 17H45
Quand la France et l’Europe de l’ouest, à l’époque, sortaient de la guerre, les finances de ces pays
étaient exsangues. Il a fallu le plan Marshall pour que nos pays s’en sortent. C’est à dire d‘énormes investissements, privilégiant l’avenir au quotidien.
Pour revenir encore plus en arrière, quand en 1929 la crise économique et financière mondiale s’est abattue sur tous les pays, les Etats-Unis ne s’en sont sortis que par le New Deal qui a lui
aussi favorisé les grands investissements.
Nous voici dans la même situation : une crise économique mondiale, suivie, comme c’était prévisible, par une immense crise sociale. Il fallait gérer cette crise au quotidien : sauver les banques,
sauver le plus possible d’industries, préserver notre modèle social. Cela a été fait, plus particulièrement en Allemagne et en France. Nicolas Sarkozy s’est imposé aux autres pays européens mais
aussi plus loin aux autres pays par le G8 et le G20. La France aurait pu s’en sortir plus mal, on l’oublie un peu vite. Certes, il y a 500 000 chômeurs de plus. Certes, la crise a secoué les
citoyens, mais nous ne sommes ni dans la situation de la Grèce, ni celle du Portugal, de l’Espagne, ou de l’Irlande.
Aujourd’hui, la sortie de crise est presque là, timidement bien sûr, mais le travail reprend, le chômage stabilisé va à la baisse, il semble que notre croissance atteindra 2,1% en 2011, que 150
000 chômeurs trouveront du travail…
Il faut maintenant passer à la vitesse supérieure et investir pour l’avenir.
C’est à l’évidence dans la recherche et l’enseignement supérieur qu’il faut investir, dans les communications et les nouvelles technologies. Il en va de l’avenir de notre pays, pour qu’il
devienne compétitif vis-à-vis des autres (Chine, Inde…). Certes, il faut continuer à traiter la crise qui n’est pas terminée, mais surtout déjà prévoir les lendemains
Le parti socialiste et ses amis de gauche sont restés à des idées du Xxème voire XIXème siècle. Ils font fausse route. Quant à Marine Le Pen, elle s'essaie, après son père, à une démagogie
dangereuse. Il est tentant pour ces partis d’opposition de ne voir que le conjoncturel. Promettre toujours promettre (35 heures, retraite à 60 ans, emplois aidés de fonctionnaires...), ces idées
sont mortifères. C’est la le danger du parti socialiste et de ses amis de gauche.
Les gisements d’emplois sont certes à trouver dans les nouvelles technologies ; elles ne sont pas encore aujourd’hui inventées, mais demain elles révolutionneront le monde.
Le challenge est important. Dans 25 ans seront-nous capables de concurrencer les autres pays du monde ? Oui si nous investissons dans l’intelligence, c’est à dire dans la recherche. C’est le sens
du grand emprunt, c’est la seule voie possible.
Pr Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris