Les socialistes sont donc contre le cumul des
mandats.
Leurs arguments sont simples. Les députés ou les sénateurs ne peuvent pas être en même temps parlementaires et élus locaux. Question de temps, mais aussi question
de renouvellement des générations.
Ce cumul est déjà règlementé depuis longtemps. J’ai déjà dit que j’étais pour que les parlementaires puissent exercer un mandat national et un mandat local. Ce
dernier mandat leur permet de rester au contact de la vie réelle de leurs concitoyens.
L’inverse nous conduirait à une coupure dangereuse avec les réalités et conduirait inévitablement à l’instauration du scrutin proportionnel, règne des partis
politiques, ce que je ne souhaite pas et qui dévaloriserait l’esprit de la Ve République. François Mitterrand avait en son temps instauré le scrutin proportionnel pour que la droite n’obtienne
pas la majorité. C’était une « magouille » inacceptable.
Voici maintenant une autre idée stupide avancée par les socialistes. Le cumul serait autorisé, mais le second mandat ne serait pas payé ! Toute la théorie
socialiste s’effondre puisque ce cumul existerait.
Déjà, les mandats locaux ne sont pas bien indemnisés (moins que dans tous les pays d’Europe). Il y aurait donc des élus qui exerceraient leur mandat sans être
payés tandis que d’autres le seraient.
Deux types d’élus ? C’est une aberration. A force de paupériser la fonction politique, on va parvenir à détruire cette fonction. Etre maire, conseiller général,
régional impose des obligations et surtout des responsabilités importantes vis-à-vis des concitoyens, mais aussi vis-à-vis de la loi.
Les socialistes ont l’esprit fertile, mais tirer à boulets rouges sur les élus dévalorise la fonction. La liberté et la démocratie ont un coût qu’il faut assumer.
Déjà, François Hollande et ses ministres ont réduit leur indemnité. C’était de la poudre aux yeux, une bonne grosse démagogie. Ne recommençons pas !
Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris