Voici de nouveau remis sur le tapis le problème des
allocations familiales. Les socialistes voudraient maintenant que ces allocations soient versées sous condition de ressources. Autrement dit, les classes moyennes se verraient privées
d’allocations familiales ou celles-ci seraient diminuées de façon importante. Ne parlons pas de ceux qui gagnent encore plus et qui ne les toucheraient évidemment plus.
Il s’agit là d’une grave atteinte à l’égalité des Français. En effet, je rappelle que les prélèvements sociaux sont proportionnels aux revenus, c’est-à-dire que
les Français paient d’autant plus qu’ils gagnent plus, ce qui est tout à fait normal. Mais voici que ce qu’ils vont payer pour les allocations familiales ne leur reviendra jamais. Les
allocations familiales faisaient partie de la politique de la famille, qui a permis à la France d’avoir une natalité supérieure à celle des autres pays européens.
Les allocations familiales sous condition de ressources vont à l’évidence profiter aux familles qui ont 3, 4, 5, 6 enfants et l’on voit parfaitement bien qui est
concerné en priorité. Ces allocations, déjà aujourd’hui, sont assez souvent distribuées à des familles qui trichent. Est-ce tellement iconoclaste que de dire que certaines familles, polygames –
même si la polygamie est interdite en France – peuvent bénéficier (et ne s’en privent pas) d’allocations familiales importantes ? Tout ceci n’est pas acceptable.
Il y avait une politique familiale qui était efficace, coordonnée et juste. Voici encore une fois, qu’au nom du socialisme, celles et ceux qui travaillent, qui
font marcher le pays, vont être encore pénalisées. Ils ne toucheront plus d’allocations familiales, mais en plus, paieront plus cher leur électricité, leur gaz, bientôt plus cher leur baguette
ou leur essence.
Nous sommes véritablement dans un régime qui perd la tête ou qui, du moins, est influencé par un régime passéiste si ce n’est maoïste. Je sais que ces termes sont
excessifs, mais comprenez bien que cette attaque contre la politique familiale est sérieuse, dramatique et surtout très mauvaise pour la France.
Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris