Voici qu'on s'oriente vers des primaires particulières. Martine Aubry et Dominique Strauss-Kahn vont s'entendre pour ne
présenter qu'une seule candidature... Ils vont certainement aussi lancer un appel aux autres candidats potentiels pour qu'ils s'effacent. Ainsi tout sera réglé autour d'une table et d'une
bouteille de bon champagne, voici la meilleure attitude pour gruger les électeurs socialistes.
Il est vrai que les petits candidats vont pousser des cris, vite étouffés par cet appel à l'unité dans le camp socialiste. Ne l'oublions pas il y aura aussi un écologiste ou deux, Nicolas Hulot
s'il accepte de participer aux primaires, et Eva Joly dans le cas contraire, et Jean-Luc Mélenchon bien entendu. Les électeurs auront le choix, à gauche.
Ces primaires socialistes risquent d'être une véritable arnaque, quoiqu'annoncées avec beaucoup de bruit, un battage médiatique : « voici l'exemple de la démocratie » mais elles se termineront
dans le ridicule d'une séance dinatoire. Les Français apprécieront !
D'autant plus que si DSK est le candidat désigné, il aura du mal à défendre le programme socialiste qui prône l'exact contraire de ce que dit le président du F.M.I... Nouvelle arnaque, cette
fois-ci beaucoup plus grave. Décidément les socialistes prennent les Français pour des immatures.
Cette situation est grave, je le dis sans crainte. Elle va entraîner un nouveau rejet des « politiques ». Elle fait le jeu des extrêmes. Mélanchon et Le Pen : même combat. J'aurais préféré que
les partis dits de Gouvernement s'affirment comme tels. A l'UMP, des candidats potentiels apparaissent. Je suis persuadé que ni Jean-Louis Borloo, ni Dominique de Villepin n'iront jusqu'au bout.
L'un comme l'autre regagneront la formation majoritaire actuelle. Sera-ce Nicolas Sarkozy ? Oui, s'il le décide et que l'UMP l'accepte -ce qui ne fait aucun doute pour l'UMP. Dans le cas
contraire, nous désignerons un candidat alternatif mais nos chances de gagner seraient – je l'affirme – amoindries.
Une élection présidentielle ne s'improvise pas, il faut de l'ardeur, de la pugnacité, du temps. Il faut surtout l'envie d'y aller, y penser (pas seulement « en se rasant »), une cuirasse épaisse
car les coups pleuvent et peuvent faire mal.
Un an ! La campagne est lancée. Ou plutôt : c'est le « tour de chauffe ».
Pour les socialistes, vous l'avez compris, les dés sont pipés. D'ailleurs, ce tour de chauffe chez eux a commencé mais s'arrêtera le 13 juillet, date ultime de dépôt des candidatures aux
primaires. Puis ce seront, pour tous les vacances, leurs troupes ne pourront pas se révolter devant l'arnaque... Les militants seront sur les plages. A la rentrée, l'organe fixé par le candidat
désigné sera accepté, faute de choix alternatif...
Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris