Société | Ajouté le 06.12.2011 à 20H07
Voici maintenant que la RATP est épinglée par la Cour des Comptes. J’espère que la justice ira jusqu’au
bout.
Comme je le disais dans un précédent article, des milliards d’euros sont distribués par l’Etat à ces syndicats, vraisemblablement pour acheter la paix sociale. Il s’agit là d’une honte absolue.
Cet argent est celui des Français. En aucune façon, il n’est dû à ces organismes par l’intermédiaire de leur comité d’entreprise.
La Cour des Comptes a montré qu’il y avait non seulement des milliards de réserves mais surtout une utilisation invraisemblable des fonds de ces comités au bénéfice de leurs seuls adhérents
(voyages, fêtes, subventions, centres de vacances, et parfois même, semble-t-il, enrichissement personnel, …). Tout cela est inacceptable !
Comme je le disais récemment par ailleurs, la Majorité n’a pas cru devoir voter le rapport, présenté par le Nouveau Centre, qui « épinglait » ces syndicats, ces comités d’entreprises. Il est vrai
que la paix sociale coûte cher ! Il faudra néanmoins un jour réfléchir au syndicalisme en France et à ses dérives.
Avec un taux de 8% de la population active, la France est le pays où la syndicalisation est la moins élevée et pourtant aussi celui où les syndicats font le plus parler d’eux : grève sur grève,
manifestation sur manifestation.
Loin de moi l’idée de supprimer les syndicats mais leur action devient inacceptable lorsque, par exemple, ceux de l’Education nationale organisent des grèves dès le mois de septembre, après les
si longues « grandes vacances », uniquement pour se mettre « en forme », sans aucune revendication véritable. Lorsque, comme récemment, les grèves d’Air France ciblent les week-ends de grand
départ, ou celles envisagée au sein de la SNCF pour les week-ends du mois de décembre ou les départs en vacances, on ne peut que mal réagir et se demander s’il ne devient pas nécessaire de
changer ce syndicalisme outrancier, franco-français.
Je ne dis pas qu’il faudrait une obligation d’adhérer à un syndicat mais il serait certainement préférable de donner une plus grande liberté pour la création des syndicats et peut-être moins de
monopole dans les négociations. Ces veilles centrales issues de la Guerre sont obsolètes.
Quoi qu’il en soit, ce nouveau scandale qui touche la RATP montre que nous vivons dans une basse époque, qu’il serait temps de réagir.
Pr. Bernard DEBRE
Ancien Ministre
Député de Paris