Les chiffres sont terribles. 2,1 millions de votes blancs ont suivi les
instructions de Marine Le Pen et, à moindre niveau, celles de François Bayrou.
Marine Le Pen qui, tout au long de la campagne, a été d’une violence inouïe contre Nicolas Sarkozy, a finalement envie de détruire la droite pour pouvoir y régner
en maîtresse. Elle a donc fait élire François Hollande en sachant qu’il allait faire voter les ressortissants non communautaires, qu’il allait bouleverser toutes les valeurs que nous voulons,
nous, en France préserver. Elle fait la politique du pire pour une petite ambition qu’elle n’arrivera jamais à assouvir. Cette attitude est véritablement inacceptable.
Comme est tout à fait aussi inacceptable la diffusion d’une liste noire de personnes à « abattre ». Il s’agit là d’une attitude révoltante, inacceptable,
inimaginable. Je sais bien que les Français se révoltent régulièrement contre les partis traditionnels. Je sais bien qu’il faut vraisemblablement un renouveau idéologique et sémantique dans ces
partis de droite et de gauche. Mais ne tombons pas du côté de la Grèce où, mis à part les problèmes financiers, il existe des problèmes idéologiques majeurs. On y voit siéger un parti
ouvertement nazi et des partis d’ultra gauche ouvertement communistes. Ce volcan que représente la Grèce risque de contaminer toute l’Europe.
Je sais que François Hollande a passé des « pactes avec le diable », accords avec les Verts qu’il va respecter alors qu’ils ne représentent rien, accords
avec d’autres partis qui ne représentent rien non plus. Il faut que François Hollande comprenne qu’il n’y a pas un élan de gauche dans le pays. Il y a eu malheureusement un élan « anti
sarkozyste » alors que Nicolas Sarkozy avait fait tant de réformes. Il y a un élan de craintes, mais ce ne sera certainement pas François Hollande et ses alliés qui pourront apaiser ces
craintes, lui qui n’a pas l’adhésion populaire qu’il croyait avoir. En effet, si on fait le total des voix de gauche à la présidentielle, il arrive à peine à 44 % des suffrages
exprimés.
Alors, il nous faut, comme je le répète sans cesse à travers mes chroniques quotidiennes, rester unis. Il faut que l’UMP fasse preuve de volonté et de
détermination, sans états d’âme et sans conflits de personnes. C’est ce qui semble se passer, tant mieux !
Mais n’oublions jamais que Marine Le Pen a fait élire celui qu’elle considère comme son pire ennemi pour pouvoir faire exploser la droite. Ne rentrons pas dans son
jeu.
Pr. Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris