Monsieur le Maire, mes chers collègues,
Vous nous présentez aujourd’hui le volet nantais du PLH, sur lequel nous nous sommes abstenus lors de la session de juin dernier de Nantes métropole. Si les
objectifs sont partagés par tous et qu’il s’agit bien de mettre en œuvre une politique destinée à répondre au mieux aux besoins de tous, avec des projets de vie, de mode de vie mais surtout
de budgets différents, et si nous reconnaissons qu’un effort a été accompli, nous voudrions pointer aujourd’hui quelques lacunes ou ratés de cette politique.
Trois échecs majeurs :
1) des difficultés pour lutter contre l’étalement urbain
2) Des offres nouvelles qui rencontrent peu de succès
3) une tension importante entre l’offre et la demande de logement social
1) Il y a en effet urgence à tout mettre en œuvre pour renverser la tendance de l’étalement urbain.
En 1982, 84 % de l’agglomération nantaise des habitants travaillaient dans l’aire intercommunale de leur résidence. En 2000, ils n’étaient plus que 70 %. Les
tendances s’inversent alors que l’enjeu est de plus en plus important, au regard des contraintes environnementales mais aussi économiques. L’étalement urbain se poursuit avec près de 2.000
hectares urbanisés depuis 2.000.
La déconnexion entre les prix de l’immobilier et les revenus des ménages induit un phénomène d’accélération des mobilités résidentielles au-delà de
l’agglomération. Entre 1999 et 2006, la couronne périurbaine a davantage porté la croissance démographique que l’aire urbaine de Nantes Métropole (47 % contre 53 % de la part de croissance
de l’aire urbaine). Chaque année, environ 1600 ménages originaires de Nantes Métropole accèdent à la propriété à l’extérieur de la Métropole, alors que l’essentiel des emplois et des
services restent sur ce territoire.
De 1960 à nos jours, l’aire urbaine s’est étendue 2 fois plus vite que la croissance de l’emploi et de la démographie
Les ménages ont pris l’habitude de privilégier une résidence principale hors de l’agglo, pour des raisons budgétaires et pour être à mi chemin entre l’emploi
et les loisirs ou la mer, dans un département où il fait bon vivre.
Cette tendance à l’évasion des familles est d’ailleurs caractéristique de la plupart des grandes agglos françaises.
Aujourd’hui, malgré des efforts réalisés pour soutenir le développement de l’agglo grâce à un appui au développement économique, grâce à la croissance de
l’offre kilométrique de transports, la dynamique de l’étalement urbain reste une problématique importante
Tous les responsables ont bien conscience que l’augmentation de l’offre de transports collectifs loin des centralités participe à l’étalement urbain et on
peut regretter qu’il n’y ait pas une meilleure connexion entre politique du logement et politique des transports comme chez nos voisins allemands.
A l’intérieur de la ville, la restructuration des lignes de bus pose d’ailleurs problème, rendant moins attractifs des quartiers désormais moins bien
desservis
Notons également le caractère irrationnel des réserves foncières avec des projets encore à la traine ; je veux évidemment citer les célèbres brasseries de la
meuse, vendues en 1993.
Aujourd’hui il y a de nombreuses incertitudes sur l’avenir de sites : caserne Mellinet, école d’architecture, mais aussi l’île de Nantes avec le projet de
l’Hôpital qui occuperait des hectares qui auraient pu être réservés pour assurer la densification urbaine. : il est urgent de communiquer clairement sur tous ces espaces.
C’est pourtant cette urgence de la redensification urbaine qui nous permettra de réduire les coûts économiques et environnementaux de l’étalement qui ne fait
que croître.
2) Deuxième difficulté les projets récents ne sont pas tjrs couronnés de succès
Le grand projet de l’ile de Nantes dont on vantait les vertus de mixité sociale
Il est aujourd’hui difficile de savoir précisément comment il sera desservi par les TC
Le projet du grand CHU capterait une réserve foncière importante qui aurait été mieux dévolue à de l’habitat regroupé en centre de la ville et enfin le prix
de nombreux projets en font un échec patent ,même si MR le Maire je vs ai entendu dire devant un parterre de journalistes que vous interdisiez de dire qu’il est destiné aux bobos ;est-il
donc attirant pour des familles de classes modestes, pour des jeunes ménages, alors que ds le même tps vs ns demandez de revoir à la baisse la capacité d’une école ds ce quartier
- Les démarches d’éco-quartiers ou d’éco-habitats n’ont pas été très lisibles, comme le projet Bottière, qui cumule les problèmes et les mécontentements et
dont l’ambition est sans commune mesure avec des villes comme Londres, Lille ou encore Narbonne. Des nouveaux quartiers qui n’ont pas toujours été accompagnés par des offres de transports
collectifs adaptées.
- Les politiques de réhabilitation ont été peu ambitieuses avec seulement 2 OPAH en cours dans la ville de Nantes (Bas Chantenay et Bouffay). On le sait, le
logement réhabilité permet à des nouveaux locataires d’avoir accès au cœur des villes. La aussi la comparaison n’est pas favorable à Nantes, comparée à des villes comme
bordeaux,nancy,Angers et tant d’autres.
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3) troisième point votre politique du logement est insuffisante
Parce que vs avez supprimé le- Prêt à Taux Zéro de Nantes Métropole qui facilitait l’accès à la propriété, que nous regrettons. Destiné aux jeunes
primo-accédants, il a été victime de son succès, tant il répondait à un véritable besoin. Le nouveau dispositif 1ère Clé n’apporte pas la même aide et ne concerne pas l’ancien. Ainsi, les
acheteurs ne disposeront plus des 48.000 euros prêtés via le PTZ par les banques. Cette somme était prise en compte au titre d’apport et permettait d’obtenir un taux intéressant pour le
prêt principalD’autre part, aujourd’hui, 80 % des logements neufs sont achetés par des investisseurs. Il est donc évident qu’on se trompe complètement d’objectif. Il aurait fallu maintenir
le dispositif précédent.
Ces dispositions mises en œuvre par Nantes Métropole ne vont donc pas limiter l’étalement urbain, ni relancer le parcours social locatif, surtout avec un
objectif de seulement 500 dossiers par an. A ce titre, il convient de rappeler que seulement 38% des résidants nantais sont actuellement propriétaires de leur logement.
Enfin, plus de 10.000 demandes de logements social ne sont pas satisfaites sur la seule ville de Nantes (environ 17.000 au total pour la métropole). Le délai
d’attente pour obtenir une réponse favorable est en moyenne de 20 mois. Le parc de logement social reste encore inadapté à la demande.
La construction de logements doit être mieux adaptée aux habitants. Ce n’est pas le cas du parc nantais : environ 80 % des logements sociaux sur Nantes ont
été construits avant les années 1980 et correspondent à la population de l’époque. Ainsi, les ¾ des logements sociaux à Nantes sont de grands appartements alors que les candidats au
logement social sont des petits foyers. Aujourd’hui dans le parc locatif social, 2 ménages sur 5 ne comptent qu’une personne. En effet, la population a évoluée sociologiquement avec la
croissance des petits ménages (en particulier suite à des séparations).
Il nous faut donc construire des logements qui répondent aux réalités sociales et familiales de notre société, mais la faiblesse de la mobilité dans le parc
social ne permet pas de répondre aux attentes des nombreux demandeurs. Développer un accompagnement, aider les locataires à construire un parcours locatif s’adaptant à l’évolution de leurs
besoins permettrait de libérer le parc social au profit de ceux qui en ont le plus besoin. Le constat est simple : la mobilité dans le parc se situe aujourd’hui autour de 10% ; et
contrairement a votre discours, l’Etat reste aux cotés des organismes HLM. Le budget pour le logement est de 20 milliards d’euros dont 9 pour le logement social qui se traduisent notamment
par 5 Milliards d’APL directement versé aux bailleurs sociaux, et 500 millions d’aide à la pierre ;le logement social reste donc une priorité du gouvernement, qui depuis 2007 a fait plus
que tous les gouvernements précédents.