En effet, à grand coup de communication et d’actions symboliques et surtout médiatiques, mais sans réelles conséquences (dépôt d’arguments sur le registre
du commissaire enquêteur, plantation d’un arbre sur le lieu de la piste du futur aéroport, vigie anti-aéroport…) les Verts tentent de se faire passer pour une force politique qui pèse
au sein de la vie politique locale.
Pourtant, ces élus ne s’expriment librement qu’à condition de ne pas risquer d’entraver la politique du maire de Nantes. Plusieurs exemples en attestent
:
- alors que les élus du groupe Ensemble pour Nantes font des propositions d’exonérations fiscales écologiques défendues par les Verts de Saint-Herblain,
ils n’ont reçu le soutien d’aucun élu vert nantais,
- lorsque les élus du groupe Ensemble pour Nantes proposent de décliner localement le Grenelle de l’Environnement voté par les députés Verts, les Verts
locaux ne les soutiennent pas…
En réalité, les élus verts sont tenus par les accords électoraux qui leur permettent de siéger aux seins de collectivités locales. En d’autres termes, on
échange des places sur les listes contre une opposition médiatique mais factice sur des projets.
Sinon, comment justifier la fusion entre les listes conduites par Jean-Philippe Magnen (anti-aéroport) et Jacques Auxiette (pro-aéroport) lors des
élections régionales de 2010 ? Comment expliquer également la présence massive de Verts sur la liste municipale de Jean-Marc Ayrault alors que son programme prévoyait noir sur blanc
d’accompagner le projet du nouvel aéroport ?
Lors des journées nationales d’Europe Ecologie à Nantes, José Bové indiquait que l’abandon du projet Notre Dame des Landes était un préalable à tout
accord pour 2012. Par ailleurs, les Verts disposent à présent de la minorité de blocage au Conseil Régional des Pays de la Loire, car Jean-Philippe Magnen l’avait promis en octobre
2009, « on en reparlera s’il faut voter des crédits pour financer le nouvel aéroport ». Il avait ainsi pris l’engagement de refuser tout financement régional de l’aéroport et de ses
dessertes. L’occasion de ne pas donner un feu vert devrait bientôt se présenter pour les opposants au projet. Arrêteront-ils l’écologie spectacle ou comme d’habitude feront-ils semblant
pour conserver leurs places au sein des instances locales ?
Paris valait bien une messe, quelques mandats vaudront bien un aéroport, car ne nous n’y trompons pas, la part de financement de l’aéroport des
collectivités locales sera votée par chacune d’entre elles, sans pour autant que les Verts quittent les exécutifs.