Conseiller Municipal 44640 SAINT JEAN DE BOISEAU Président de l'Association "LE C.R.I"....... CITATION: A la base de notre civilisation, il y a la liberté de chacun dans sa pensée,ses croyances, ses opinions, son travail, ses loisirs. Charles De Gaulle
La fin d’une histoire. Vendredi dernier, Laurent Ruquier a annoncé au Parisien son intention de se séparer d’Eric Zemmour et Eric Naulleau pour la prochaine saison de l’émission On n’est pas couché. Le temps pour nous, en marge des commentaires concernant cette décision surprenante, de nous intéresser au cas du premier cité, et de relever les côtés positifs de cette éviction qui en aura déçu plus d’un.
Des mots qui ont fait réagir. Si certains, comme Français Lalanne, Isabelle Alonso ou encore Le Nouvel Observateur, se réjouissent de ce licenciement, d’autres, beaucoup plus nombreux car constituant une bonne partie du public de l’émission, s’en trouvent déçus. Ici on juge que la liberté d’expression est mise à mal. Là on jure de ne plus jamais regarder cette émission. Une chose est sûre, cette décision est une aubaine pour la prospérité de l’hypocrisie télévisuelle dominante, qui peut ainsi enfin retirer cette épine de son pied douloureux. Car que l’on apprécie ou non les deux Eric, il faut leur reconnaître une honnêteté et une franchise bien supérieure au reste de leurs homologues des médias. Sans aucun doute, après leur absence, l’émission phare de France 2 risque de plonger en eaux profondes.
Le cas Zemmour
Parmi les contestataires, beaucoup se sont particulièrement émus de l’éviction d’Eric Zemmour. Se revendiquant lui-même bonapartiste, marxiste et nostalgique indéfectible, il incarnait la
pensée traditionnelle et réactionnaire. Pour beaucoup, il était le porte-drapeau d’une idéologie, d’une vision de la société, en nette perdition en cette époque ultralibérale, capitaliste et
féminisée. Que l’on partage ou non ses opinions tranchées, force est de constater sa grande utilité dans le débat public.
En s’émouvant de sa disparition de l’émission On n’est pas couché, ses supporteurs ont tout à fait raison. Une tribune de moins pour leur favori correspond logiquement à une défaite pour eux
et leur cause. Cependant et en dépit des apparences, cette éviction, si l’on réfléchit bien, n’est pas une si mauvaise chose que cela pour le principal intéressé.
Tout d’abord, le chroniqueur n’est pas à plaindre en terme de présence médiatique (RTL, Le Figaro, I>Télé, Historia…). Autant dire que son avenir professionnel proche n'est pas compromis,
loin de là. Il ne faut donc pas voir dans cette fin de contrat surprenante un drame pour l’homme, mais se concentrer sur les aspects positifs de cette situation sur le plan intellectuel.
Depuis quelques temps, Eric Zemmour est cantonné à une image de méchant provocateur payé pour descendre en public. Ce qui faisait la force de l’émission à ses débuts s’est finalement
transformé en faiblesse. Une faiblesse dont les principales victimes furent ceux là même qui ne faisaient que donner leur avis sur les œuvres présentées, en toute franchise et sans
concessions aucunes. Emprisonné dans ce costume d’inquisiteur cruel et mesquin, Zemmour voyait donc sa crédibilité d’intellectuel et d’écrivain en prendre un coup.
Et ses adversaires ne se privaient pas pour utiliser cette arme contre lui. Remercié par Laurent Ruquier, il se voit désormais libéré de cette image d’amuseur public, de petit extrémiste de
service dont tout le monde guette les éventuels « dérapages ». Car ce côté tyran de la télévision est en contraste total avec la réalité de celui qui s’est bien vite retrouvé
prisonnier de l’image que les projecteurs ont fait de lui. Commenter les livres d’Annie Lemoine, les films de Michaël Youn, ou les albums de Joey Starr ; l’auteur de Mélancolie française
vaut mieux que ça.
Eric Zemmour a été piégé par la télévision. Son éviction d’une émission de divertissement ne peut donc être qu’une bonne nouvelle pour l’écrivain brillant et l’intellectuel éclairé qu’il est.
« Cette décision vient de moi » a affirmé Ruquier dans un entretien avant de préciser ses intentions : « je veux apporter un souffle nouveau. (…) J’ai plaisir à casser les habitudes ». Sûr de lui et de son projet, il poursuit : « au bout de cinq saisons, on sait d’avance comment pensent Eric Naulleau et Eric Zemmour et ce qu’ils vont dire. Les invités qui reviennent savent donc comment ça se passe. Ils se préparent. Ou au contraire, certains ne veulent plus venir. Le public ne s’amuse plus. Les chroniqueurs ne doivent pas être toujours les mêmes si on ne veut pas lasser ».
Christopher Lings